Post n°11
Auteur : Sion Kumitomo
Les questions s’enchaînaient avec fougue et passion. Décidément, même après plusieurs années, l’hypocrisie et l’encre coulent toujours autant sur le sujet. C’était sans doute un pari osé que j’avais fait là, celui de reprendre le clonage jadis signature de notre avance technologique. Depuis son interdiction, Kamino ne bénéficiait plus de cette aura de qualité. C’était presque si la plupart n’avait pas retourné leur veste après l’annonce. La bêtise n’avait pas de limite… Je prenais sciemment le temps de m’hydrater, afin de couper un peu la cadence infernale des dernières questions et je reprenais déjà, les mots s’emboîtant dans mon esprit, la suite et fin des questions. « Bonsoir M. Calorissiano. C’est un plaisir que de pouvoir répondre à votre question. Je vous écoute. » Sa question était basique mais fichtrement bien pensée. Si simple que pas une seule personne ne l’avait effleurée auparavant. Si simple et pourtant si importante. Il convenait ici de jouer la carte du secret. « En tant que commerçant émérite, je suppose que vous devez savoir - commençais-je d’un ton plus calme - que le besoin caractérise la demande? Si demande il y a, besoin il y a, selon une simple histoire de corrélation. Et, sans malheureusement pouvoir rentrer dans les détails - chose bien arrangeante ici - je peux vous assurer que la demande est présente. Ainsi, quand les contrats seront potentiellement révélé dans le futur, je vous invite à leur poser directement la question. - dis-je avec un sourire. » Effectivement, j’étais tout à fait en train d’éluder avec convenance la question de notre ami. Quel était le besoin de clone si ce n’était d’une armée ou de main d’oeuvre. C’était une pensée que tout le monde avait mais que peu n’avouait. Et j’en faisais parti pour le bien de ma propre entreprise. « Quand à la suite de votre question, pouvez-vous me retrouver la preuve d’un juste appel d’offre provenant de la République sur quelque matière que ce soit? Est-ce déjà ici normal? De plus, pour caractériser une atteinte à la libre concurrence, il faudrait déjà qu’il y ait des concurrents, n’est-ce pas. Or Kamino est bel et bien la seule planète pouvant offrir une qualité inégalée dans le domaine si tant est que d’autres aient pu s’y essayer un jour. Enfin, pour apaiser vos craintes, il n’y aucune dangerosité dans le fait de n’avoir qu’un seul « fournisseur » tel que vous l’appelez si celui-ci oeuvre main dans la main avec avec la République. Notre but n’étant effectivement pas le contraire. Je ne vois pas pourquoi Kamino viendrait à être « pistée » étant donné notre réputation sans équivoque. Malgré tout, permettez-moi de douter sur la légalité de vos commerces - conclus-je avec amusement. » Voilà un bon bougre. Mes équipes ayant d’ores et déjà briefées la production, ce fut la dernière question posée. La danse des mots était enfin finies et les questions hypocrites avec. Les gens ne s’étaient pas posés tant de questions quand le clonage battait son plein ma foi. Le présentateur refermait la marche ainsi. « Eh bien, ce fut riche n’est-ce pas! Voilà donc que nous touchons à la fin de notre émission exceptionnelle. J’espère que vous avez passé un agréable soirée en notre compagnie, M. Kumitomo et moi-même après ce débat questions/réponses autour du clonage. Si vous avez loupé la diffusion, n’hésitez pas à vous rendre sur les raisons de l’Holonet pour voir ou revoir le débat et surtout, n’oubliez pas, VOTEZ! Le référendum est là pour vous donner la parole! Bonne soirée à tous! - Bonne soirée et merci à tous pour votre soutien! » Ce furent mes dernières paroles sous les applaudissements alors que les lumières baissaient en puissance pour laisser le plateau dans le noir. Enfin, je pouvais classer cette soirée comme étant finies. Le repos serait bien mérité ce soir et la prochaine étape sur notre route était le référendum lui-même qui viendrait confirmer ou non le futur de la planète.