Bienvenue sur SWRPG !

Créé en septembre 2006, ce RPG situé dans l'univers Star Wars a démarré à l'aube de la Guerre des Clones. Nous avons cependant pris une trajectoire bien différente de celle de la saga. 18 ans plus tard, nous voilà dans un univers parallèle aux films de George Lucas, un univers unique dans lequel nos propres personnages ont eu (et auront) un impact sur sa destinée.

Contexte: Il n'y a pas si longtemps que ça, dans une galaxie lointaine, très lointaine... L'Ancienne République influençait les quatre coins de la Galaxie, guidée et protégée par les légendaires Chevaliers Jedi, gardiens de la paix et de la justice. De nombreuses années plus tard, on dénombre de nombreux régimes successifs, mais aucun n'a réussi à s'imposer durablement. Empire Démocrate... Empire Sith... Voilà que les différents chemins empruntés nous ramènent donc à une République Fédérale, sans que l'on soit assuré qu'elle parvienne à durer dans le temps. Une République Fédérale qui décide de miser sur la nouvelle Garde Républicaine, vouée à remplacer un Ordre Jedi dont on refuse le dogme si particulier.

Pendant ce temps, Sith, Séparatistes et Chasseurs de Primes ont su se préserver à différentes échelles de l'échec de l'Ancienne République. Tandis que l'Ordre Sith a connu récemment sa fin sur Cathar, laissant la place à différents cultes bien moins influents mais tout aussi dangereux, les Chasseurs de la Guilde de Dantooine n'ont jamais été aussi nombreux, parcourant les mondes à la recherche de primes qui en valent le coup. La Confédération des Systèmes Indépendants, elle, résiste aux fluctuations du temps et se préserve des menaces extérieures en n'hésitant pas à agir lorsqu'il le faut, comme l'en atteste son intervention musclée sur Cathar. La même Cathar qui avait accepté d'accueillir les Vestiges de l'Empire suite à la scission de l'Empire Sith, et qui aujourd'hui se retrouve sous la tutelle des Séparatistes.

Les temps sont sombres, le ciel annonce de mauvais présages comme c'est le cas à chaque nouvelle ère. Les relations entre les grandes puissances ne sont pas au beau fixe, les Sith sont de nouveaux reclus dans l'ombre -là où ils sont les plus menaçants- et les Jedi se terrent sur Endor, bien décidés à ne pas dévoiler leur présence à ceux qui leur sont hostiles et bien décidés à s'en tenir à leur but éternel : l'étude de la Force.

Jamais une ère de SWRPG n'aura été si indécise et pourtant, il y aura toujours quelqu'un pour bouleverser l’échiquier galactique. Comme ce fut le cas ces huit dernières années. Peut-être que tu seras cette personne, qui sait? Notre Galaxie t'attend !

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    #1

    Post n°1
    Auteur : Pete Jeabro


    Ses yeux étaient rouges tant il avait pleuré. Ses joues impeccablement rasées n’avaient pu retenir les larmes qui s’y étaient épanchées. Son regard, hagard, ne parvenait à se détacher d’une silhouette invisible, celle de la femme qu’il ne reverrait plus. Il contemplait cette image fantôme, comme pour en garder un souvenir impérissable. Graver dans son esprit son rire, son regard vif et intelligent, sa silhouette charmante, son sourire radieux, son nez fin, ses cheveux toujours trop bien coiffés. Mais plus il y repensait, plus il en souffrait. Rapidement, une nouvelle marée de larmes s’échappa de ses yeux et un long sanglot le prit à la gorge. De rage comme de tristesse, Oscar pleura à nouveau, gratifiant la paroi métallique d’un furieux coup de poing. En retour, sa main lui lança un vif élan de douleur. Son geste était stupide, il le savait. Mais c’était le seul moyen qu’il avait trouvé pour évacuer sa tristesse. Seulement, pas même la douleur physique n’effaçait le tourment de ses émotions. Par l’Empereur, qu’avait-il fait pour souffrir ainsi ? Pourquoi les gens qu’il aimait lui étaient-ils retirés ? Le pauvre Oscar ne comprenait pas pourquoi le destin se jouait ainsi de lui et de ses proches. Pour le moment, face à son chagrin insondable, sa seule réponse était les larmes.

    Une porte qui s’ouvre.

    Les réflexes d’Oscar reprirent le dessus : il se redressa immédiatement. Depuis combien de temps s’était-il réfugié dans ces toilettes ?

    Quelques pas. Puis le bruit de l’eau qui sort d’un robinet.

    Rapidement, Oscar sécha ses joues. On ne pouvait pas le voir dans cet état. Il se leva et affaissa les plis de son uniforme d’un geste de la main. Il raidit ses jambes, reprenant la posture droite qu’on lui avait apprise à l’armée. Une fois satisfait de son allure, il tira la chasse et sortit de la cabine.

    Deux pas devant lui, en train de se laver les mains, c’était le Major Seenah. Oscar se rapprocha du lavabo et entreprit de se laver les mains à son tour, se contentant de saluer son comparse d’un signe de tête. Son regard ne trompait pas : il savait. Une expression de compassion, mêlée à de la gène, s’afficha sur le visage du major. Mais aux habituelles condoléances, Seenah préféra le silence. Il s’empressa de terminer ses affaires, pour quitter la salle d’un pas précipité. Oscar, quant à lui, observa son reflet dans la glace. Il avait l’air ravagé. Ses yeux étaient rouges et ses traits marqués. Il distinguait encore le sillon de ses larmes, bien qu’il les avaient séchées. Même sa moustache, dont il prenait habituellement grand soin, paraissait en deuil. Ses yeux s’ancrèrent dans ceux de son reflet, comme pour se lancer un défi silencieux. Mieux que ça : une promesse. La vengeance.


    *
    * *

    La feuille se détacha de l’arbre, emportée par le vent. Elle fit quelques soubresauts, avant de se laisser porter au loin. Un peu plus bas, une armée de soldats impériaux se trouvait à l’entrée d’une grotte. Oscar était l’un des leurs. Il ressentait la tension incroyable, celle qui précédait les assauts importants. Oscar avait une confiance absolue en la stratégie mise en place. C’était l’avantage de l’Imperium : on pouvait détester les personnes aux commandes, dès lors qu’elles appliquaient les procédures, les opérations avaient de grandes chances de succès. Et Oscar était exactement dans ce cas de figure. Il n’avait aucune confiance en ce Dark Pyrthel, qu’il détestait d’ailleurs au plus haut point. Mais la stratégie était bonne et les ordres clairs. Bientôt, Gantz donnerait l’assaut et le groupe d’intervention rentrerait dans la grotte. Mais pour Oscar, la tension était plus grande encore. D’un côté, il voulait intervenir rapidement. De l’autre, il redoutait ce qu’il allait trouver. Car l’homme qu’ils s’apprêtaient à arrêter, c’était son fils.

    - On y va !

    Comme un seul homme, le groupe se mit en mouvement. On pouvait reconnaître l’efficacité de l’Imperium dans sa capacité à agir en unisson, à déployer des stratégies complexes et, surtout, à être redoutable au combat. Ce qu’Oscar s’apprêtait à exécuter n’était qu’un simple rôle dans un plan bien ficelé. Laisser progresser l’ennemi pour l’emmener là où il serait le plus vulnérable. Voilà la stratégie qu’avaient déployé les soldats sur Broh. Un sens tactique hors-pairs, sur le point de porter ses fruits. Précédé par plusieurs soldats avançant en file indienne, Oscar sentait l’appréhension monter. Il crut d’abord à l’angoisse de ce qu’il allait trouver. Chaque pas le rapprochait d’une confrontation dont il redoutait le résultat. Il le savait : en ce moment-même, sa femme était déjà en train de s’opposer à leur fils. Une rencontre incompréhensible, entre l’amour de sa vie et la chair de sa chair. Aucune famille ne devait être amenée à vivre ça. Pourtant, Oscar allait être témoin d’une scène dramatique. Mais les ordres étaient les ordres et le père de famille, en aucun cas, n’était responsable des choix de son fils. Oscar avait beau penser de la sorte, alors pourquoi son angoisse se transformait-elle en un lugubre pressentiment ? Quelque chose d’affreux allait se produire, il le sentait !

    - Deux personnes à terre !

    Le corps d’Oscar se raidit alors que la voix dans son comlink venait de grésiller.

    - R.A.S.

    - R.A.S.

    Alors que les soldats investissaient l’objectif -une cave où les Sith avaient tendu une embuscade aux Jedi- les informations pleuvaient pour dresser l’état de la situation. L’endroit était désert, à l’exception de...

    - Absence de pouls.

    Le soldat devant Oscar se tourna vers lui, le saisissant soudainement.

    - Reculez, sergent.

    Le coeur d’Oscar battait de plus en plus fort, comme s’il voulait contempler le désastre qu’il ne voyait pas encore, mais dont il comprenait la nature. Oscar voulut se dégager de l’emprise de son camarade. Il commença à s’agiter, le comlink continuant de cracher des bribes d’informations.

    - Bravo, évacuez le sergent Jeabro. Charlie, scannez le péri...

    Oscar n’écoutait plus. Il voulait avancer, mais on l’en empêchait. Bientôt, d’autres bras s’agrippèrent à lui, faisant bloc dans sa progression. Il sentait une force sur-puissante l’entraver alors qu’une autre, bien plus profonde, s’emparait de lui : le chagrin.

    - Nooooooo... commença-t-il, vainement.

    Les soldats en face de lui criaient quelque chose, mais il ne les entendait pas. Ils le fixaient droit dans les yeux, mais il ne les voyait pas. Sa seule énergie, celle du désespoir, lui intimait de mettre un pas devant l’autre. Il devait voir pour croire son coeur. Il devoir voir pour apaiser sa rage. Il devait voir pour taire son chagrin. Mais on l’en empêchait. Il aurait cru que sa rage démultiplierait sa force, que sa volonté plierait ses opposants, mais il ne fut rien de tout cela. À la place, son énergie fut drainée en un instant. Après une lutte interminable, Oscar finit par abandonner. Son esprit était aussi vide que son coeur. Il se laissa emporter par les hommes, ne cherchant plus à comprendre ce qui lui arrivait. Le destin avait décidé pour lui. Il venait de le condamner au malheur.

    *
    * *

    Face à son miroir, Oscar retint un nouveau sanglot. C’était des souvenirs douloureux. Mais cette fois, rien ne sortit. À la place, il fut envahi par un sentiment de gène, à l’idée que quelqu’un puisse le voir dans cet état de faiblesse. Il était un soldat. Toute sa vie, il l’avait dédiée à l’armée. Mieux que ça : il l’avait dédiée à l’Empereur. On ne pouvait le voir dans pareil état. Déjà que sa carrière avait été mise à mal depuis la désertion de son fils et la chute de l’Empire, il n’était pas l’heure de montrer des signes de faiblesse. Quels qu’ils soient.

    Oscar prit une longue inspiration. Il se débarbouilla une dernière fois le visage puis contempla son reflet. Quelle que soit la personne qui avait tué sa femme, il la trouverait. Et il la vengerait.


    Spoiler : HRP
    Merci Kryann qui a été très inspiré pour nommer ce PNJ occupé à se laver les mains dans les toilettes. Vous serez ravis d'apprendre que son prénom est Jon.
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      #2

      Post n°2
      Auteur : Pete Jeabro

      La morgue de l’Académie Impériale de Broh était toute aussi lugubre que n’importe quelle autre morgue. Pendant longtemps, Oscar n’y avait presque pas mis les pieds. Broh, située dans la planète extérieure, s’était tenue éloignée des grands conflits galactiques. Les changements de régimes successifs n’avaient eu que peu d’impact dans la vie des habitants. Jusqu’au jour où l’Empire Démocrate avait renforcé la présence militaire dans la région : une aubaine pour la carrière d’Oscar mais également pour celle de sa femme, une jeune politicienne pleine d’ambition. Pour autant, les activités militaires étaient assez calmes. Les officiers bénéficiaient de la structure et des méthodes de l’Empire, mais ceux stationnés sur Broh -pour la plupart, des locaux, comme Oscar- étaient rarement dans le feu de l’action. Finalement, leurs opérations relevaient davantage de l’aide aux populations lors de catastrophes naturelles, ou d’opérations de surveillance et de contrôle. Ce calme convenait parfaite à Oscar, qui avait décidé de rejoindre l’armée davantage pour le prestige de l’uniforme que pour la quête d’aventure. Aider son prochain, obtenir l’admiration de ses proches et avoir une carrière toute tracée : voici la quiétude à laquelle Oscar avait toujours aspiré.

      Une quiétude néanmoins chamboulée par un adversaire trop souvent négligé : l’amour. Un soir, les jeunes officiers avaient été conviés à une cérémonie militaire. À l’époque, Oscar appréciait encore ce genre de festivités, dont la monotonie n’avait pas encore eu raison de son enthousiasme. Qui était cette jeune demoiselle dont il venait de croiser le regard et qui avait fait chavirer son coeur ? Par une audace qui lui était rare -mais qui restait certainement son plus grand fait d’armes- il était parvenu à l’aborder. Aussitôt, son rire innocent l’avait séduit. Ses manières, raffinées, l’envoutaient. Ses yeux, brillants d’intelligence, étaient une invitation à la discussion. Son parfum, sucré, réveillait ses narines. Même son nom, Léopoldine, sonnait comme une radieuse mélodie ! Oscar n’aurait su dire ce qui c’était passé ce soir-là, mais il avait suffisamment aiguisé la curiosité de la jeune femme pour qu’elle daigne spontanément lui adresser la parole lors d'une autre soirée mondaine, quelques mois plus tard. Rapidement, il entreprit de courtiser l’élue de son coeur. Une romance torride naquit entre les deux amoureux tant et si bien que trois années plus tard, ils se mariaient.

      La morgue. Celle de l’Académie Impériale de Broh devenait plus lugubre que n’importe où ailleurs, dès lors où elle hébergeait l’amour de votre vie. Dans un stoïcisme surprenant, Oscar attendait devant une porte à double battants. Cependant, sa respiration courte trahissait son impatience ; son regard nerveux révélait son agitation ; sa bouche renversée affichait son tourment. Oscar Jeabro était meurtris et malgré ses efforts pour le cacher, la vérité était étalée au grand jour. Rien d’autre que la vengeance ne pourrait mettre fin à sa colère.

      Finalement, les portes s’ouvrirent et un homme en blouse blanche fit irruption :


      - Bonjour Sergent.

      Le ton était cordial et attristé à la fois.

      - Bonjour Docteur.

      - Je vous en pris, suivez-moi.

      Le docteur Noer invita Oscar dans une grande salle. Le sergent passa devant des tables métalliques et des tiroirs où étaient rangés des panoplies d’instruments. Le docteur se posta devant un mur de casiers fermés. Oscar déglutit péniblement en réalisant que sa femme se trouvait dans l'un d'entre eux.

      - Écoutez, ce que j’ai à vous dire est difficile.

      - Moins, je suppose, que d’avoir à enterrer sa femme, répondit Jeabro d'un ton acerbe.

      Noer prit une mine déconfite. Ce qu’il avait à dire était plus délicat que la pique qu’il venait de recevoir.

      - J’ai procédé aux analyses que vous m’avez demandées.

      - Les faits, s’il-vous-plaît.

      Oscar n’avait pas besoin qu’on le chouchoute. Il savait pourquoi il était là : il voulait des informations.

      - Eh bien... commença le docteur, cherchant soigneusement ses mots, Léopoldine est décédée d’un tir de blaster.

      Un nouveau battement de coeur fracassant. Oscar resta de marbre, attendant les suites des conclusions.

      - Ça m’a surpris, car les rapports font état de quatre bretteurs : des adeptes des sabre-lasers.

      - Ce peut-il que l’un d’entre eux ait utilisé un blaster ?

      - Je ne peux pas vous répondre. La seule chose qui est certaine, est que la... victime… Léopoldine...

      Noer s'arrêta en pleine phrase, réalisant subitement son manque de tact. Il bafouilla légèrement, avant de reprendre d'un ton plus ferme qu'il ne voulut :

      - ... Elle a été abattue d’un tir à bout portant !

      - Vous voulez dire qu’il s’agit d’une exécution ? demanda Oscar, sa voix trahissant la surprise.

      - Oui, probablement. En tous cas, l’assaillant ne devait pas être loin.

      - Vous en êtes sûr ?

      Le docteur Noer prit un air attristé. Toujours de sa voix désolée, il expliqua :

      - Ça ne fait aucun doute. Je me suis permis d’examiner le reste de son corps et aucune trace de sabre-laser n’y est visible. C’est bel-et-bien le tir de blaster qui a été fatal.

      Oscar ne réagit pas. Mais dans sa tête, les hypothèses se bousculaient. Tout comme les interrogations. Il était rentré dans la grotte et, tout comme le commando, avait découvert les cadavres. On l’avait empêché de les voir mais ce qui était certain, c'était l’absence de personne sur les lieux. Or, le légiste attestait d’une mort par blaster. Peut-être les Jedi avaient-ils changé leurs méthodes. Après tout, même si les rapports de précédentes confrontations attestaient d’usage de sabre-lasers, rien ne prouvait qu’ils avaient utilisé leurs armes traditionnelles lors de cet affrontement. Autrement, Oscar devait garder une autre hypothèse en tête, bien plus dérangeante. Se pouvait-il qu’une cinquième personne ait été témoin de la scène ? Mais qui cela pouvait-il bien être ? Et pourquoi abattre sa femme ? Dans un éclat de clairvoyance, une autre question lui vint à l’esprit :

      - Et Dark Pyrthel, avez-vous pu l’examiner ?

      - Pas encore, répondit Docteur Noer, j’ai voulu donner la priorité à Léopoldine.

      - Pouvez-vous vous pencher sur son cas ?

      - Bien entendu, je vous tiendrai informé. D’ailleurs, à ce propos...

      Oscar l’interrompit immédiatement, en lui mettant une main sur l’épaule :

      - J’apprécie ce que vous faites, docteur.

      Oscar, pour des raisons évidentes, n’était pas en charge de l’affaire. En réalité, aux yeux de l’armée, il n’y avait aucune raison d’enquêter. Deux dangereux terroristes, des Chevaliers Jedi, avaient assassiné deux éminents représentants de l’Imperium. L’un d’entre eux avait commis l’atroce crime d’un matricide. Naturellement, des hommages militaires seraient portés aux défunts : les Sith avaient encore ce statut spécial et vénéré sur Broh. Les années de bons et loyaux services d’Oscar pesaient aussi dans la balance, à n'en pas douter. Néanmoins, ces hommages à venir et ces « pertes de guerre » faisaient qu’il n’y avait aucune raison de réclamer des autopsies. Par conséquent, les agissements d’Oscar et du docteur Noer devaient rester à l’abri des regards indiscrets. C’était un fier service que lui rendait-là le médecin militaire. Mais rien ne pouvait arrêter la détermination d’un veuf.

      - Je vous remercie. À bientôt.

      D’un pas assuré, Oscar quitta la pièce avec une dignité retrouvée : celle d’un mari décidé à retrouver l’assassin de sa femme.

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        #3

        Post n°3
        Auteur : Pete Jeabro

        - Tu ne devrais pas être là.

        La phrase sonnait comme une sentence, mais elle était prononcée avec bienveillance. Interrompu dans sa lecture, Oscar leva les yeux pour voir qui venait d’entrer dans son bureau. Il s’agissait de Harl Brummer. Avec un triste sourire, le sergent soupira et retira les pieds de son bureau. Il se leva ensuite pour saluer aussi chaleureusement qu’il le pouvait son vieux camarade. Il ne l’avouerait jamais, mais au fond, ça lui faisait plaisir de le voir. Depuis le décès de Léopoldine et la fuite des Jedi, Brummer était régulièrement venu lui tenir compagnie. Voir un visage familier et bienveillant, voilà qui aidait Oscar à tenir. Quelque peu.

        - Tu bois quelque chose ? demanda le sergent, sortant une bouteille de whisky Corrélien de son tiroir.

        - Ça aussi, tu ne devrais pas, fit Brummer d’un air faussement réprobateur.

        L’instant d’après, Oscar tendait un verre, rapprochant le second de ses lèvres. Son acolyte but une gorgée également et demanda :

        - Non, sérieusement Oscar. Comment tu tiens le coup ?

        À nouveau, le soldat laissa échapper un soupir. Tout d’un coup, il retomba dans son fauteuil.

        - C’est difficile...

        Ce fut au tour de son ami de soupirer. Malheureusement, il ne pouvait pas faire grand chose d’autre. Sur un ton peu convaincu, il tenta de consoler Oscar :

        - Tu sais, tu devrais peut-être prendre du temps pour toi. Ici, on peut gérer sans toi quelque temps.

        C’était faux et ils le savaient tous les deux. Non pas qu’Oscar soit un élément central de la chaîne de commandement -la défection de son fils avait clairement ruiné sa carrière. Mais depuis la défaite de Dark Pyrthel et Léopoldine, les pro-Républicains de Broh enchaînaient les victoires face à l’Imperium. Le destin de la planète se jouait en ce-moment. L’armée était sur le qui-vive et le bruit courait que Cathar pourrait cesser de les approvisionner. Broh était une planète mineure, sans réelles ressources. À l’heure où l’Imperium connaissait une transformation inédite, il se pouvait que l’État-Major décide de quitter certaines planètes. De toute évidence, la situation devenait critique sur Broh. Oscar, aveuglé par le chagrin, ne s’en rendait pas réellement compte. Mais autour de lui, le moral était bas. Certains envisageaient même de passer à l’ennemi.

        - Ferme la porte, veux-tu ?

        Oscar fit un signe du menton, désignant l’entrée de son bureau. Se faisant, il n’avait pu déguiser l’excitation dans sa voix. Harl, bon public, obtempéra, voulant décidément savoir ce qu’on son camarade s’apprêtait à lui révéler. Il revint à sa chaise, face au bureau, prêt à découvrir la vérité. De l’autre côté, Oscar se pencha en avant avec une étrange lueur dans le regard. Il s’empara de l’un des rapports qu’il était en train de lire :

        - Tu gardes ça pour toi, hein ?

        - Évidemment ! répondit Brummer, de son sourire charismatique.

        - Léopoldine ! Elle a été assassinée !

        Une lueur d’incompréhension passa dans le regard de Brummer. Finalement, ses traits se figèrent alors qu’il constatait la folie dans laquelle était en train de glisser son ami de longue date. Son sourire s’interrompit, se transformant en une espèce de moue dubitative. Ses yeux pétillants de complicité s’écarquillèrent, accompagnés par des sourcils qui se haussèrent. Un air peiné recouvrit alors son visage :

        - Oscar, je sais que c’est difficile pour toi.

        - Regarde ! insista le pauvre bougre, brandissant une photo.

        Harl retint un haut-le-coeur. Il s’agissait d’un buste dénudé et, là où aurait dû se trouver une tête, il contemplait un visage déformé. Il n’y avait aucun doute : Léopoldine était plus ravissante de son vivant que sur une table de la morgue. Comment Oscar pouvait-il brandir cette photographie avec autant d’enthousiasme ?

        - Aucun sabre laser ne peut laisser pareille trace.

        Le désarroi se lisait sur le visage de Brummer. Il entendait ce que racontait son comparse, mais il était désemparé. Les idées se bousculaient dans son esprit. Jusque-là, il trouvait cela naturel de prêter une épaule amicale à un ami en deuil. Mais il se voyait mal l’encourager dans sa folie. Oscar traversait une période difficile, mais que venait-il raconter avec ces histoires d’assassinat ? Certes, Léopoldine avait pris un tir en pleine tête. Mais fallait-il ouvrir une enquête pour autant ?

        - Il y avait quelqu’un d’autre !

        Harl reprit ses esprits. Il se leva, tenant toujours la photo à sa main.

        - Ça ne veut rien dire. L’ennemi pouvait très bien être équipé de blasters.

        - Tu parles là de mon fils.

        Brummer passa une main sur son visage, comme pour évacuer ses soucis d’un geste de la main. Jeabro était trop impliqué dans ce qui se passait. Peut-être que Brummer n’aurait pas dû le défendre becs-et-ongles à l’époque où le commandement avait voulu l’exclure de l’armée.

        - Harl, je dois trouver qui a assassiné ma femme.

        Brummer soupira :

        - Ouais, je comprends.

        - J’ai besoin d’identifier l’arme qui a fait ça.

        - Mais tu sais très bien que c’est impossible !

        Oscar s’immobilisa, frappé par les paroles de son ami. Il avait raison, et il le savait. C’était la raison pour laquelle il parcourait encore et encore ces rapports, la raison pour laquelle il continuait de contempler le visage meurtri de sa femme. Oscar se trouvait dans une impasse et il n’aimait pas ça. Dans un regain d’énergie, il agrippa une autre liasse de papiers et les brandit à Brummer : 


        - Toi, tu as le niveau d’accréditation nécessaire ? Je n’ai pas accès à l’intégralité du rapport et j’ai besoin de savoir !

        Depuis des jours, Oscar lisait inlassablement la documentation sur l’opération qui avait coûté la vie à sa femme. Même si les forces impériales de Broh étaient aux abois, l’archivage et la transmission de l’information restait une activité primordiale. Cependant, le niveau d’accrédition de Jeabro était limité. La première raison était sa perte de grade survenue quelques années plus tôt, au lendemain de la désertion de son fils. La deuxième était le lien étroit qu’il entretenait avec la victime. L’armée avait ces garde-fous qui en assurait le bon fonctionnement, en toutes circonstances. Oscar enfonça le clou :

        - Ce n’est pas normal, tu le sais comme moi ! Pourquoi est-ce qu’une partie du rapport serait classifiée, y compris pour ceux qui ont participé à la mission ?

        Brummer finit par concéder, sur un ton résigné :

        - Je vais voir ce que je peux faire. Mais je ne te promets rien.

        - Merci !

        Pour montrer l’étendu de sa gratitude, Oscar resservit un verre à son camarade. Il était bien décidé à explorer toutes les pistes qui s’offraient à lui, aussi maigres étaient-elles.

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