Le retour du roi [Yasilor]
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Post n°1
Auteur : HivernusCode“Au Capitaine Slaryn, commandant du corps expéditionnaire.
Vos ordres sont de rassembler les divers groupuscules armés encore fidèles au prince dans l’optique de préparer une offensive à grande échelle. Il nous faudra le soutien de l’ensemble des forces loyalistes pour espérer avoir le dessus sur les troupes putschistes.
Il a été décidé de vous parachuter au nord de Yasilor afin de menacer les intérêts des forces combinées du Syndicat Tenloss et de leurs alliés dans cette région. Un certain nombre de soldats et de volontaires seront placés sous vos ordres afin que vous puissiez remplir vos objectifs. Ces frères et sœurs d’armes sont pour la plupart des combattants aguerris et beaucoup ont des origines criminelles ou autrement suspectes. Nous comptons sur vous, et sur vos commandos, pour former, diriger et garder sous contrôle ces individus.
Vous êtes chargé de faire de ce groupe de loups et des troupes loyalistes une force de combat efficace dans la région. Vous êtes libre d'utiliser vos hommes comme bon vous semble. Les actions de guérilla sont encouragées.
Nous essayerons de briser la flotte en orbite dans les plus brefs délais. Mais pour l’heure, il vous faudra compter sur vos compétences et votre expérience pour survivre. Vous serez mon représentant sur Yasilor jusqu’à ce que je mette moi-même les pieds sur la planète. Considérez-donc chacune de vos décisions comme l’une des miennes.
Longue vie au Seigneurat de Bajic. Longue vie à ses soldats.“
Slaryn consulte une énième fois toutes les indications disponibles sur Yasilor puis pose son bloc de données. Il jette un coup d’oeil à l’heure. Si le vaisseau-cargo n’a pas pris de retard, ils devraient être au dessus de l’objectif. L’officier nouvellement promu enfile son casque et se dirige vers la soute, où un bataillon entier attend ses ordres. Un deuxième bataillon occupe un autre transport. La tension est palpable sur les visages des soldats. Le capitaine lui-même n’est pas serein. Débarquer sur une planète inconnue et tenter de se faire discret avec plus d’un demi-millier d’hommes ne sera pas une mince affaire. S’il parvient à réaliser cet exploit… Il entrera sûrement dans la légende.
- Messieurs, il n’y a pas de retour en arrière possible. Nous marcherons vers la gloire ou vers la mort, mais nous marcherons tout droit vers notre destin ! Le seigneur Hivernus compte sur nous. Nos familles comptent sur nous. Les gens que nous nous apprêtons à aider comptent sur nous. Alors faites preuve de courage et de ténacité, car c’est tout ce qu’on attend de vous.
Les combattants du premier bataillon de volontaires font d’ultimes vérifications, nerveux. Les quelques commandos qui les encadrent sont tout aussi méticuleux. Ils ont déjà contrôlé leur paquetage deux ou trois fois.
- Messieurs, vos casques !
Les soldats exécutent l’ordre sans broncher. Peu à peu, les visages humains et aliens disparaissent. Il ne reste désormais plus qu’une légion d’individus en armure. Slaryn passe entre les rangs, pose parfois une main chaleureuse sur l’épaule d’un combattant, puis continue son inspection. Sa présence semble rassurer les hommes. Le capitaine jette un coup d’oeil discret aux armures expérimentales portées par les volontaires. Il espère secrètement qu’elles seront efficaces… La perte d’un seul soldat se fera ressentir sur le champ de bataille.
Un type retire rapidement son casque et répand le contenu de son estomac sur le sol du vaisseau. Ses voisins fixent la flaque de vomi, perplexes, mais gardent le silence. Peut-être sont-ils indifférents… Ou peut-être sont-ils préoccupés par leurs propres problèmes. Un autre combattant remue frénétiquement sa jambe droite, rongé par l’angoisse. Ils ont tous la trouille, ça se voit. Et ça se sent. Ils s’embarquent dans une sale aventure, et ils ne semblent s’en rendre compte que maintenant. C’est souvent comme ça. On fait le malin, on signe sans trop penser à l’avenir, on profite du prestige de l’uniforme pour faire l’intéressant devant les copains et les donzelles, puis la réalité fait surface…
Une sonnerie donne le signal. La soute du vaisseau-cargo s’ouvre brusquement. Le chef de soute donne le feu vert. Slaryn, à ses côtés, supervise le parachutage de ses hommes. Un par un, les soldats s’élancent dans le vide, un lourd paquetage à leurs pieds. Pour la plupart, ce saut dans l’inconnu est une première. Ils n’ont reçu qu’une formation théorique destinée à réduire les risques. Les autres, les vétérans, ne sont qu’une poignée à avoir effectué des dizaines de sauts opérationnels. Il faut espérer que tout le monde s’en sorte en un seul morceau… Lorsque tous les volontaires se sont jetés dans le vide, le capitaine en fait autant. Le chef de soute lui lance un “bonne chance” presque inaudible.
Le temps dégagé est une aubaine pour les parachutistes novices. Mais du point de vue de l’officier, c’est aussi un désavantage. Ils feront d’excellentes cibles d’entraînement pour les mercenaires et leurs petits copains. Si jamais quelqu’un s’aperçoit de quelque chose au sol… Tout risque de foirer dès les premières minutes. Slaryn ne souhaite pas être tué dans les airs comme du vulgaire gibier. Les parachutes s’ouvrent par dizaines. C’est un spectacle impressionnant. L’atterrissage dans la clairière, quelques minutes plus tard, l’est tout autant.
- Sergent ! Gueule le capitaine dans la direction d’un commando.
Le sous-officier se présente devant son supérieur en faisant claquer ses bottes.
- J’ai vu un groupe d’au moins quinze personnes se déporter vers le sud. Indique Slaryn à son comparse. Et nous avons quelques gars coincés dans les arbres. Vous avez vingt minutes pour régler ce problème. Pas une de plus !
- A vos ordres, Capitaine. Lâche le sergent, la voix modifiée par le casque.
L’homme se précipite vers un détachement de combattants déjà opérationnels et donne ses ordres. La clairière grouille bientôt d’activités diverses, occupée par une véritable fourmilière d’armures grises ou couleur sable. Les soldats, sous la supervision de leur commandant, s’organisent en groupes distincts chargés de tâches différentes. Certains se débarrassent rapidement des parachutes et les dissimulent dans la forêt. D’autres rassemblent à la hâte le matériel militaire et les vivres. Un dernier groupe s’occupe de la protection temporaire du site de l’atterrissage. Avec toute cette agitation, Slaryn ne remarque même pas l’arrivée d’un gamin escorté par deux de ses hommes.
- Qui c’est lui ? Demande l’officier.
- Il prétend avoir un message à vous transmettre. Répond un soldat.
- Je t’écoute. Lance le capitaine à l’attention du gosse.
- L’indésirable vautour règne en maître dans les cieux… Souffle mystérieusement ce dernier.
- Mais l’aigle royal s’apprête à livrer un combat furieux… Continue l’autre, sans étonnement.
- Afin de libérer Yasilor d’un mal pernicieux. Termine le môme.
- C’est bon les gars, vous pouvez le lâcher. C’est notre contact.
Les deux combattants font claquer leurs talons et retournent à leur poste. Le capitaine observe le temps de quelques battements de coeur son contact. Le gamin doit avoir onze ou douze ans. Il est bien trop jeune pour être impliqué dans une quelconque guerre… Mais il a au moins l’avantage de passer inaperçu. Et puis, qui se méfierait d’un gosse ? D’une certaine façon, son rôle fait sens.
- Le baron Hiller m’a chargé de vous guider jusqu’à un endroit sûr. Indique le môme. Je pense qu’on vous a vu descendre en parachute sur des kilomètres à la ronde. Il vaudrait mieux partir rapidement avant que la cavalerie débarque.
- Très bien… Slaryn soupire, puis lance aux hommes les plus proches. Bougez vous l'cul Messieurs ! On quitte les lieux !
Les soldats disparaissent dans la forêt au pas de course. Dans la clairière, il ne reste plus aucune trace de leur passage, si ce n’est peut-être quelques empreintes de bottes. L’officier s’informe sur la situation du groupe envoyé à la rescousse des parachutistes déportés ou coincés dans les arbres. Le sergent indique à son supérieur qu’ils seront tous opérationnels d’ici dix minutes. Le sous-officier rapporte cependant qu’il y a quelques blessés légers, mais qu’ils ne vont pas ralentir le groupe. Une chance. Si le gosse a raison, des mercenaires ne vont pas tarder à pointer le bout de leur nez. Mieux vaut se planquer dans un coin sûr avant d’en venir aux mains avec ces trous du cul.
D’immenses tours sont visibles depuis la cime des arbres. Enfoncées dans le flanc d’une montagne, elles dominent silencieusement le paysage environnant et semblent offrir un message clair aux potentiels assaillants : Il ne sera pas aisé de s’emparer de la place forte. Lorsqu’il s’engage sur le sentier montagneux, le capitaine Slaryn pense reconnaître une inspiration Naboo dans le style architectural du château. Les couleurs douces des bâtiments, les dômes couverts de tuiles vertes et les nombreuses statues stylisées ressemblent fortement à ce qu’il a déjà pu observer sur la planète Naboo. Le petit jardin exotique qui entoure le château donne envie de se poser un instant.
L’officier rive ensuite son regard vers la forêt qu’il vient de quitter. Ses hommes se sont enfoncés au plus profond des bois, à l’abri des regards et des suspicions… Nul ne viendra les chercher là où ils sont. Si jamais les mercenaires et leurs petits copains tentent de les localiser via une patrouille… Et bien cette dernière disparaîtra à tout jamais, sans laisser de traces. Le commandant du corps expéditionnaire se dit toutefois qu’ils ne pourront pas rester indéfiniment dans le coin. Le soutien des loyalistes sera donc nécessaire et vital pour éviter de perdre inutilement des hommes…
Lorsqu’il reporte son attention sur le sentier qu’il emprunte, le capitaine constate qu’un cortège se porte à sa rencontre. Un immense gaillard au ventre gras et portant un uniforme particulièrement chargé en décorations est à la tête du groupe. Il doit s’agir du dirigeant des lieux, ou d’un type particulièrement important pour qu’on daigne l’envoyer accueillir des soldats étrangers. Le reste du cortège se constitue de domestiques et de quelques gardes armés. La visite d’hommes en armes n’est pas forcément bien vue… Et cela peut se comprendre. La présence du gamin aux côtés de Slaryn et des quelques gradés l’accompagnant permet néanmoins de lever les doutes. Ils sont tous dans le même camp.
Le gras du bide pousse un rire ignoble, puissant. Le colosse écarte les bras, en guise d’amitié, et vient serrer l’homme qui lui fait face avec force. Le commandant du corps expéditionnaire a l’impression qu’il va étouffer… Mais le supplice s’arrête rapidement.
- Je suis le Baron Hiller. Les terres qui vous entourent m’appartiennent. Et je veille sur les gens qui les occupent. Soyez les bienvenus. Indique sur un ton chaleureux le dirigeant des lieux.
- Merci pour… Cet accueil Baron. Répond simplement Slaryn en retirant son casque. Je suis le Capitaine Slaryn, à la tête du corps expéditionnaire du seigneur Hivernus. Nous sommes ici en amis, pour aider votre prince à reprendre ce qui lui revient de droit.
- Le seigneur Hivernus a mon entière reconnaissance… Et il aura celle de notre bien-aimé prince. Mais venez. Il sera plus prudent de parler dans un endroit plus approprié. Ajoute le baron, qui surveille le ciel avec appréhension.
L’officier du Seigneurat de Bajic comprend que des drones et autres appareils de reconnaissance peuvent éventuellement se balader dans le coin. Ce qui explique la nervosité affichée des gardes. Les domestiques proposent généreusement de porter le matériel encombrant des divers combattants étrangers. Mais un soldat qui se respecte ne remet pas ses armes à un individu quelconque. Un tel comportement semble déplaire aux locaux. Peut-être qu’il est coutume, par ici, de s’appuyer sur du petit personnel pour les moindres tâches… Slaryn se dit qu’il va devoir faire attention. Il ne voudrait pas se mettre à dos ses seuls alliés potentiels…
Le baron Hiller pose ses mains sur la table à projection holographique. Il inspire profondément et racle le fond de sa gorge. Le colosse a l’air anxieux. En face de lui, le capitaine Slaryn, dont le casque est posé sur la table, affiche un air détaché, indifférent. Les nombreux sous-officiers et officiers réunis autour de la table ne sont pas forcément aussi détendus que ce dernier. Chez les Yasiloriens, le simple fait de participer à une conspiration, qu’elle soit justifiée ou non, semble les rendre particulièrement nerveux. Ils ont peur des conséquences.
- De combien d’hommes disposez-vous Capitaine Slaryn ? Demande l’imposant dirigeant des lieux.
- J’ai sous mon commandement un peu plus de cinq cent hommes. Déclare le commandant du corps expéditionnaire. Il y a dans le lot quelques blessés. Nous avons eu un atterrissage plus ou moins compliqué…
- Je vais demander à mon médecin de s’occuper de vos blessés Capitaine. Indique le baron. Je pensais toutefois que le seigneur Hivernus enverrait plus de soldats pour nous aider…
- Nous ne sommes qu’une avant-garde Baron. Rétorque son interlocuteur. Le reste des troupes arrivera lorsque nous aurons unifié toutes les forces loyalistes sous une même bannière. Je dois savoir si je peux compter sur vous et sur vos hommes.
- Vous pourrez compter sur nous lorsque notre prince aura été libéré. Tant qu’il sera retenu en otage par les putschistes et les mercenaires, nous ne tenterons rien qui pourrait nuire à sa vie. Annonce Hiller, d’une voix grave.
- Et bien… Soit. Sa libération est donc une priorité. Admet Slaryn. Il va me falloir des renseignements sur l’endroit où il est enfermé… Et il me faudra aussi un ou deux de vos hommes pour nous guider.
- Je vous remercie Capitaine. Vous pourrez compter sur le soutien de mes deux meilleurs soldats. Acquiesce d’un signe de tête le colosse.
- Il me faudra aussi des informations sur la Maison de Courtage Palkandi. Ajoute le capitaine en raclant le fond de sa gorge. Tout ce que vous avez à ce sujet m’intéresse fortement.
- Bien… Je peux éventuellement me renseigner à ce sujet… Mais puis-je demander l’intérêt de cette demande particulière ? Vient l’interroger l’imposant et gras Hiller.
- Le seigneur Hivernus veut s'assurer qu'il mettra bien à terre le Syndicat Tenloss. Lâche évasivement l’officier.
- Je vois. Nous allons mettre à votre disposition toutes les informations que nous pourrons récupérer sur le terrain. Convient finalement le baron.
- Je vous remercie Baron.
- Nous sommes dans le même camp vous et moi. Il est donc de mon devoir de vous aider au mieux.
Les deux hommes se serrent la main. Les premiers pions se positionnent sur l’échiquier qu’est Yasilor...
[HRP : Il s'agit du déplacement d'un post datant de 2019 pour nettoyer un sujet que je compte réutiliser pour autre chose.]