Unis par le coeur, aux quatre chemins partons... [2]
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Post n°1
Auteur : Kath AplazmNote HRP: post perdu pour cause de panne informatique. Prière de pardonner la qualité douteuse de ce deuxième jet.
Des pas lestes sur les racines noueuses, une silhouette volant au vent. Les gens qui connaissaient l'homme depuis longtemps auraient eu peine à croire qu'il s'agissait bien de lui, sautant de branches en sentiers. Il ne dégageait aucune grâce et fort peu de dextérité, mais sa vivacité et son assurance tranchait avec sa maladresse passée. Il ne lui fallut qu'un instant pour parcourir le chemin - certes court - qui séparait le Sanctuaire Jedi d'Endor et le village Naa'Fruu. Sur place, l'endroit était désert. Enfin, pas vraiment, puisque les habitants vaquaient à leurs occupations - nourrir les gaupas, rassembler du petit bois - sans prêter attention au nouvel arrivant. Mais le calme et l'harmonie des lieux donnaient l'impression à Kath Aplazm qu'il était mort.
Il manquait certainement une âme à ce village. Celle des guerriers disparus, depuis longtemps partis en croisade à l'autre bout des forêts et des jungles. En y pensant, le novice alderaani se rendit compte qu'il n'avait jamais foulé la terre du village en plein jour. Il ne connaissait que ses prisons, que les ombres impressionnantes des guerriers Ewoks projetées par des feux belliqueux. Il était heureux de ne pas retrouver une telle atmosphère cette fois mais... quelque chose manquait, ici, cela se sentait.
Un cri jaillit d'une hutte plus lointaine, située en surplomb d'un arbre vénérable qui toisait la jeune forêt, tout juste repoussée, qui grandissait en lisière du village sur les cendres d'un incendie dont le souvenir avait laissé des marques, comme Kath s'en rendrait bien vite compte. Pour l'heure, il sourit : il avait localisé l'objet de sa venue. Il n'était pas venu ici pour larmoyer sur le sort des jeunes ewoks disparus dans les feux de forêt qu'il avait accidentellement déclenchés, ni pour admirer la magnificence avec laquelle la végétation reprenait ses droits. Cela, il le ferait plus tard. D'un pas décidé, il se dirigea en direction de la hutte d'où provenaient les cris, plus réguliers.
Arrivé en bas d'une petite échelle de branches et de cordes, le novice se retourna. Une motte de terre, lancée à pleine vitesse, venait de s'écraser sur sa joue et son épaule droite. La cohue des villageois qu'il découvrit n'avait plus rien à voir avec les mornes paires d'yeux qui l'avaient scruté à son arrivée. Si on ne l'avait ps reconnu alors, c'était bien le cas à présent. Le "Pyromane de la Nuit", comme on le surnommait ici selon Nass, n'avait pas bonne réputation au village et l'Ewok Kolkur, qui menait la troupe, savait recevoir les intrus. Une volée de bâtons, galets, pots de chambre et autres morceaux de terre vint fusiller Kath qui tenta tant bien que mal d'éviter les projectiles.
- Ehda Jeroota ! Weewa siz, No Shetai ?! Wer Shetai ? Ehda Jeroota, ehda !
"Ehda jeroota" ? Qu'on l'appelle "mauvais ami" était déjà une amélioration, compte tenu du fait que les autochtones avaient fait de Kath l'incarnation d'une divinité de la destruction, quelques mois auparavant. Restait que leurs intentions n'étaient pas celles d'amis prêts à panser ses plaies - mais il se doutait qu'une telle réception l'attendait avant même de revenir.
Une tête d'Ewok, couverte de bandages, émergea soudain de la hutte en surplomb, interrompant le tintamarre de la foule surexcitée. Les yeux noirs et brillants de la créature se posèrent sur Kath avec un cri étranglé :
- Chyse Woopee ! Chyse fruk shetai ..!
Le visage de Woopee fut happé par une paire de bras vers l'intérieur de la cabane et ses derniers cris se mêlèrent à un concert de bruits de casseroles et de poêles. Kath rit intérieurement : son camarade était vraisemblablement en pleine scène de ménage. Celle-ci lui avait offert un répit face à la foule désemparée, ce dont il profita pour s'introduire dans la hutte et échapper à la nouvelle volée de pierres qui se préparait. Jetant un regard derrière son épaule, il n'aperçut pas le rouleau à pâtisserie qui s'apprêtait à percuter son occiput.* * *
Après un repas frugal, dont Kath ne profita pas, la main posée sur l'énorme bosse sur son front, la matrone qui retenait Woopee sur une paillasse de foin en lui bandant les bras semblait s'être calmée. Elle dévisageait l'Alderaani sans un mot, tout en s'affairant, tandis que son compagnon Ewok restait muet.
Kath percevait la honte dans ses yeux et son expression enfouie sous des bandages et des poils à moitié brûlés ; à en juger par la tête que tiraient Kolkur et son groupe, Woopee avait du faire son retour peu de temps auparavant, et certainement pas par la grande porte. Quoi de plus compréhensible ? Lui, guerrier Naa'Fruu réputé, avait ramené kath avec lui et laissé ses frères d'armes seuls contre les Sanyassans. Il ne faisait aucun doute qu'aucuns d'entre eux n'avaient encore eu vent de la mort de Chitupa, auquel cas le sort de Kath eut été bien pire.
- Ehda Jeroota chyse Woopee im Churee e eekeekeek. Ehda jeroota e Woopee fruk.
Les mots du guerrier s'adressaient à sa compagne et semblèrent la déraidir. La petite Ewok boulotte lança un "Acha" à mi-voix mais cessa de fixer le novice Jedi de son regard sombre. Kath frotta encore son front en observant les mimiques amusantes des deux compagnons qui grignotaient des baies sur un tapis de paille. Mais il se ressaisit rapidement : il n'était pas ici pour tailler le bout de gras, quoique le confort relatif de la hutte était préférable aux jets de boue dehors.
- Teeha, prononça-t-il lentement en tâchant de choisir ses mots. Ceux-ci s'étranglèrent dans sa gorge. Le regard du petit autochtone et le sien se croisèrent un instant. Baissant la tête, Kath déposa alors entre les mains de son ami un objet métallique en forme de cylindre. Les Naa'Fruu sont un peuple fort, qui se relèvera de ces épreuves. Mais il vous faut un leader, quelqu'un qui vainque les ténèbres et mène le village vers des jours meilleurs.
Woopee jeta un oeil au sabre-laser défectueux que le novice lui tendait. Il manquait quelque chose à cet objet, il l'avait vu dans les plaines. Quelque chose qui le rallumerait et lui permettrait d'être fonctionnel.
- ...Ce sabre, c'est l'espoir. Un jour, quelqu'un trouvera ce qui lui manque pour répandre la lumière et chasser les ténèbres d'Endor. Et ce quelqu'un dirigera les Naa'Fruu. Moi, je ne suis pas digne de le porter, mais... (Kath marqua une pause.)... Les Naa'Fruu se relèveront, leur chef brandira ce sabre, symbole d'espoir. J'aimerais qu'il reste ici.
Chitupa ne reviendrait jamais, Kath et Woopee le savaient. Les Naa'Fruu devraient bientôt s'en apercevoir. Le novice Jedi espérait que ce sabre raviverait le souvenir de vieilles amitiés, que ce symbole signifierait quelque chose pour les pieux Ewoks. La lame de lumière fendant les ténèbres, le retour de la justice, la fin des temps sombres. Quelqu'un se devait de porter cette arme de paix et guider Endor vers un jour nouveau.
Et ce quelqu'un ne pouvait être le Pyromane de la Nuit, le mauvais ami. Ce quelqu'un serait un Naa'Fruu. Il y avait de la sagesse dans les mots d'Elyna Faràn, Kath tentait de s'en inspirer. Cette aventure dans la Montagne Noire devait aussi aider les Ewoks à grandir, à se dépasser. Ils étaient l'harmonie de ce monde. De cela, il ne doutait plus. S'ils devaient vaincre un jour, ce devait être sans les Jedi. De cela, il doutait encore.
Le guerrier eut un mouvement de recul mais Kath lui referma les doigts sur l'arme froide. Les deux compagnons se regardèrent longuement sans mot dire. Puis, l'Alderaani se retourna, saluant d'un geste poli de la tête la matrone encore crispée sur ses chaudrons. Il regarda encore Woopee, dont le regard pensif était plongé sur le sabre-laser que le fantôme de Vendar Olorin avait laissé dans la forêt.
- Yeha, Woopee. Que la Force soit avec toi.
Le jeune homme quitta la pièce sans attendre son reste. A l'extérieur, le vent s'était levé, la foule s'était dispersée. Kath n'attendit pas longtemps avant de reprendre le chemin du Sanctuaire. Reviendrait-il un jour en ces lieux ? Peut-être. En attendant, il devait déguerpir, s'il ne désirait pas avoir à manger les pissenlits par la racine pour seul repas.