Unis par le coeur, aux quatre chemins partons... [3]
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Post n°1
Auteur : Kath AplazmRP précédent.
Deux jour s'étaient écoulés depuis le retour de Kath au Sanctuaire depuis le village Ewok. Il avait bu, mangé, dormi, tout cela dans le désordre. Il s'était habillé, aussi, d'une bure défraîchie qu'on avait pu lui trouver. Mais il gardait sa barbe mal rasée et ses cheveux longs et sales ; ils cachaient ses expressions tantôt apathiques, tantôt sinistres. Il n'avait pas fait grand chose depuis son entrevue avec les maîtres, les petits rituels d'adieu avaient été les premiers pas vers une guérison de son esprit blessé. Les esprits de Bareman et des Naa'Fruu tombés avaient trouvé le repos dans sa mémoire, du moins il le pensait. Restait qu'il n'avait rendu aucun hommage à celle qui lui avait directement sauvé la vie. Pas plus que le reste du Sanctuaire d'ailleurs, qui restait étonnamment calme pour qui venait de perdre des membres de sa famille. Une famille sans cesse plus petite et déchirée.
Kath retint un soufflement agacé. Pas un Jedi n'était venu s'enquérir de son sort, de celui de ses compagnons. Peut-être s'étaient-ils gardés informés auprès du Conseil et avaient-ils décidé de le laisser à ses démons, car il avait besoin de calme. Le jeune homme était conscient de cet éventualité, mais s'agaçait tout de même de ce manque d'attention. Malgré leurs dessous chaleureux et empathiques, les Jedi lui renvoyaient encore cette image de chevaliers indifférents que rien ne perturbe... presque indolents. Il n'avait bien sûr pas la prétention de faire mieux... mais lui n'était que Kath Astrophe, citoyen d'Alderaan et ...
Non.
Non, il était Kath Aplazm, novice de l'Ordre Jedi. On le lui avait assez répété, et il avait lui même insisté pour continuer son enseignement. Ce n'était pas "eux" et "lui". Il faisait désormais partie de cette famille, même s'il l'avait rejointe par hasard... ou grâce à la volonté de la Force, comme l'aurait dit Vendar Olorin. Mais s'il était encore ici, c'était bien du à son propre choix de persévérer. Il était un membre de l'Ordre à part entière et il se devait d'agir en membre de l'Ordre. Peu devait lui importer que les autres se conforment à l'image que renvoient les Jedi dans les récits pour enfants, tant qu'il y parvenait, lui. Le Jedi idéal ne se trainait pas à quatre pattes dans le Sanctuaire comme un animal blessé. Le Jedi idéal ne jetait pas le blâme sur les autres. Le Jedi idéal n'attendait pas qu'autrui fasse la démarche de saluer la mémoire d'un camarade défunt, il s'en chargeait lui-même.
Kath Aplazm sauta sur ses pieds, serra la ceinture de sa bure désormais délestée du sabre défectueux et rejeta ses cheveux longs en arrière d'une main ferme. Son pas assuré le mena sur les passerelles et par delà, sans pourtant qu'il sache où ses pieds le mèneraient. "La forêt", lui disait son instinct. Oui. C'était là que tout avait commencé, qu'il avait rencontré Saecha. Plus de traces du chasseur d'Alya Thamriel à l'horizon, mais il reconnaissait néanmoins les sentiers qu'il avait empruntés à la poursuite de Woopee et de son caleçon, près de deux ans auparavant.
Il s'arrêta net. Quelque chose dans l'air l'intrigua. Comme une aura mauvaise, similaire mais différente de celle qu'il avait ressentie dans la montagne, localisée autour de l'entrée en fer de ce qui, de loin, ressemblait à un Labyrinthe.< Bogan. >
Il ne prêta pas attention à cette rumeur dans le vent. Ni aux pleurs sourds dans l'air de cette femme si longtemps enfermée, enfin libérée. Il ne faisait pas partie de ces histoires que racontaient les arbres, il suivait son propre chemin.
Kath s'arrêta de nouveau sur le sentier après quelques minutes. A partir de ce point, s'étendait la vaste jungle qui engloutissaient les chemins des hommes. Il n'avait pourtant pas fini son voyage, pensa-t-il. Il manquait quelque chose, une étape. Il devait aller jusqu'au bout, pour Saecha, pour sa paix intérieure. Mais la route restait désespérément incomplète, comme une métaphore de ses aventures.
Comment se faisait-il que son sabre n'avait pas frappé l'ennemi, quand celui de Saecha lui avait par deux fois sauvé la mise ? Pragmatiquement, Kath savait qu'il devait manquer un composant essentiel au fonctionnement de l'arme, incomplète elle aussi. Mais symboliquement, le jeune homme devinait qu'il manquait plus que ça. Il lui manquait le cœur, la conviction. Ce qui lui permettrait de voir le bout du chemin. Cela lui avait coûté bien des choses. Y compris son amie.
Un Jedi idéal n'hésitait pas. Un Jedi idéal débordait de conviction car son cœur était pur et porteur de lumière. Kath inspira. Il serait un Jedi idéal, il le deviendrait. Voilà l'hommage qu'il rendrait à Saecha.
Kath savait ce qui lui restait à faire. Il s'était débarrassé d'un sabre sans cœur, inutile. Il lui en fallait un nouveau, le sien. Un sabre qui aurait un cœur, qu'il brandirait avec conviction. Comme un Jedi idéal. Pour Nass. Pour Vendar Olorin. Pour Saecha.