Messes basses dans les ruelles de Base Vergesso.
-
Post n°1
Auteur : HivernusPrécédemment.
Le quartier des Affranchis est pour l’heure l’un des pires endroits où traîner au sein de Base Vergesso. Malgré les nettes améliorations des conditions de vie, l'augmentation des patrouilles et le passage régulier d’ouvriers pour remettre à neuf les bâtiment tombant à l’état de ruines, il reste encore beaucoup à faire. C’est dans l’une des nombreuses ruelles malfamées du quartier qu’un type en imperméable vient frapper à une porte. Personne ne répond. L’homme frappe une nouvelle fois, avec plus de conviction. Une voix nerveuse se fait finalement entendre.
- Qui est-ce ?
- Ressler.
La porte disparaît dans le mur et laisse apparaître la silhouette d’un gaillard effrayé.
- Vous en avez mis du temps. Je vous en prie, entrez. Souffle t-il, les jambes tremblantes.
Il jette un coup d’oeil dehors, puis se rassure en voyant que personne d’autre ne semble pointer le bout de son nez dans la ruelle. L’autre rentre mais n’essuie pas ses pieds sur le tapis de l’entrée, trop occupé à examiner l’intérieur de la pièce.
- Ne vous inquiétez pas Fernier. Personne ne m’a suivi jusqu’ici. Commente le deuxième type, les mains fourrés dans les poches de son imperméable. Bon… Si vous m’en disiez plus sur ces… “Mystérieux” types qui semblent vouloir votre peau.
- Ah euh oui oui agent Ressler… Bien entendu. Le dénommé Fernier se vautre dans un fauteuil et se sert un verre de jus de Juri. Vous avez retrouvé mon pote dans une ruelle de l’Allée des Pèlerins pas vrai ? J’sais pourquoi on l’a flingué… Et c’est pour ça qu’ils veulent me flinguer aussi.
- Très bien Fernier. Vous avez toute mon attention. Abrégez. Soupire l’agent du Coeur Ardent.
- Ok euh… Donc avec mon pote Tsyur, on avait pour habitude de faire notre tournée des bars dans l’Allée des Pèlerins et euh… J’voyais très bien qu’il était pas dans son état normal. Il m’a raconté, après quelques verres dans l’pif, qu’il avait vu un truc pas très… Euh… Légal… ‘fin vous voyez quoi. Débute l’hôte en sirotant son jus de Juri.
- Poursuivez… Commente l’enquêteur, à moitié sur les nerfs.
- Il m’a tout balancé… Ces gars, qu’il a surpris, beh… Ils… Euh… Ils transportaient d’autres types dans des… Euh… Conteneurs. Continue l’autre, avalant une nouvelle gorgée de son breuvage.
Ressler, qui voit bien que son indic’ n’a pas les idées claires, décide d’employer une autre méthode. Le verre de jus de Juri est confisqué. Son contenu est directement envoyé à la figure du pauvre Fernier. Le pauvre homme fait la grimace, sans vraiment comprendre ce qui lui arrive. Visiblement, l’alcool a fait des ravages sur son cerveau. Quelques baffes dans la face réveillent l’informateur, qui sursaute et pousse un petit cri.
- Concentrez-vous. Qui sont ces gens ? Est-ce que Tsyur vous a donné des détails précis ? Demande l’agent.
- De la carbonite… Ils transportaient des types dans des blocs de carbonite ! S’exclame soudainement Fernier.
- Qui ?
- Je… J’en sais rien !
- QUI ? Répète Ressler d’une voix qui fait frémir son indic’.
- Ororo… Oui ! Tsyur a parlé d’Ororo ! Affirme tout à coup l’homme, complètement effrayé.
L’enquêteur fronce les sourcils et s’apprête à balancer une nouvelle gifle histoire de confirmer l’information. Mais lorsqu’il lève la main, Fernier jure sur sa vie qu’il a dit tout ce qu’il savait. Si ce que l’informateur raconte est vrai, le danger est bien plus présent qu’il n’y paraît… Si les Transports Ororo se servent de leur flotte pour débarquer en toute impunité des troupes sous le nez des forces seigneuriales, alors on pourrait rapidement se retrouver avec une série d’attentats ou une invasion surprise sur les bras. Pire encore, s’ils se sont servis de la carbonite pour dissimuler leurs mystérieux amis dans les cargaisons, comment pourrait-on estimer avec précision le nombre de mercenaires et assassins planqués sur le planétoïde ? Ressler enrage. Il tourne en rond le temps de quelques secondes, sous le regard terrifié de son indic’, puis s’empare d’un comlink dissimulé dans son imperméable et le règle sur une certaine fréquence.
- Ici l’agent Ressler, numéro de matricule 17CA1815. J’ai besoin d’une extraction dans les minutes qui suivent dans la cinquième allée du quartier des Affranchis. Code Écarlate.« Bien compris agent. Un détachement de sécurité se dirige vers votre position. »
- Hé ! Qu’est-ce que vous faites ? J’vous ai dit tout ce que je savais ! Je le jure ! Z’avez pas besoin de m’emmener dans votre sombre citadelle ! S’inquiète Fernier.
- Je ne peux pas vous croire sur parole Fernier. J’ai besoin de faire vérifier vos info’. Réplique l’agent en glissant hors de son étui le blaster qui pend à son épaule. Et si je me fie à mon instinct et à vos dires, il se peut que vos copains soient déjà dans le coin pour vous flinguer.
- Oh bordel… J’crois que j’vais gerber… Se lamente l’informateur en portant les mains à ses lèvres.
- Est-ce qu’il y a d’autres entrées ou sorties ? Demande soudainement l’enquêteur du Coeur Ardent en vérifiant par la fenêtre qu’aucun intru ne se présente dans la ruelle.
- Oui… Une porte... A l’arrière… Indique l’autre, de plus en plus blanc. Qui donne accès sur l’arrière-cour…
- Faites moi plaisir Fernier, évitez de vous montrer à la fenêtre.
Ressler disparaît le temps d’un instant pour faire le tour du logement. Il souhaite sécuriser les lieux dans le cas où quelqu’un chercherait à pénétrer de force pour liquider ou embarquer son précieux témoin. Lorsqu’il revient dans le salon, Fernier se tient à quatre pattes dans une flaque de vomi. L’abruti… Il l’a vraiment fait ! Une odeur nauséabonde vient bientôt chatouiller les narines de l’agent, qui se couvre le bas du visage à l’aide de son avant-bras. Soudainement, quelque chose retient son attention. A l’extérieur, plusieurs civils se mettent à courir dans un sens, l’air paniqué. L’enquêteur se jette contre le mur, observe rapidement par la fenêtre et constate qu’une bande armée progresse rapidement dans la ruelle. Rien ne permet d’identifier les soudards de ce groupe comme étant des soldats de Bajic. Il faut donc considérer la deuxième option. Ils sont venus s’en prendre à Fernier.
- Abritez-vous derrière le fauteuil et couchez-vous ! Ordonne sèchement l’agent.
Le pauvre homme ne met pas longtemps à comprendre qu’il va avoir des ennuis s’il n’obtempère pas. Il se jette derrière le fauteuil dans un bruit sourd. Ressler braque son blaster sur la console de la porte et tire plusieurs fois. Cela devrait ralentir les assaillants un petit moment. L’enquêteur se dirige ensuite vers la table et la pousse sur le côté afin de s’en servir comme d’une barricade improvisée. Il ne reste plus qu’à attendre les renforts…
Dehors, plusieurs silhouettes se présentent devant la porte et tentent de l’enfoncer, sans grand succès. Quelqu’un grogne quelque chose et l’un des assaillants s’empresse de partir quelque part. Ressler, derrière sa table, demeure attentif à la porte qui mène à l’arrière. Ces vauriens, qui qu’ils soient, vont probablement tenter de s’introduire à l’intérieur par toutes les issues possibles. Un calme suspect s’installe doucement. Fernier redresse la tête, curieux. Puis les traits laser se mettent à pleuvoir à travers la fenêtre.
- A terre ! Hurle l’agent à l’attention de l’imprudent.
L’enquêteur ne tente même pas de répliquer. Ce serait bien vain, tant le feu de l’ennemi est nourri. Un tir passe au dessus de sa tête et s’écrase sur le mur derrière lui en crépitant. Profitant de la confusion, un premier assaillant tente de passer par la fenêtre. Il est froidement abattu par Ressler. A l’arrière, les soudards tentent de forcer le passage à l’aide d’un chalumeau. L’agent du Coeur Ardent fait signe à Fernier de le rejoindre. Le pauvre bougre rampe sur plusieurs mètres et essaye de ne pas penser aux multiples traits laser qui strient l’air un peu partout autour de lui.
- Dépêchez-vous bon sang ! Grogne l’enquêteur en tirant quelques salves destinées à couvrir la manoeuvre désespérée de l’informateur.
L’indic’ fait de son mieux pour rejoindre la position de son protecteur. Mais il est touché à la jambe par un tir et se tord de douleur en poussant un hurlement assourdissant. Ressler laisse son arme parler pour lui et tente tant bien que mal de traîner Fernier vers la barricade improvisée. Un pan entier de la porte arrière s’effondre dans un bruit sourd. Plusieurs assaillants, blaster au poing, se ruent à l’intérieur et prennent position ici et là. L’agent lâche un juron. Les voilà encerclés ! Les salves fusent de toute part. Un forcené s’écroule contre une commode, la gorge percée par un trait laser. Dans la mêlée, un tir perce la manche de l’enquêteur et lui arrache un léger grognement. Le laser lui a brûlé l’avant-bras. Notre homme sent son coeur s’emballer au moment où un nouveau flot d’adrénaline se répand dans son sang. La douleur s'estompe temporairement, bientôt remplacée par un sifflement aigu dans les oreilles et des tremblements intenses. Alors que tout semble perdu, un miracle se produit.
Les quelques vauriens bloqués à l’extérieur s’agitent et prennent la fuite. L’un d’eux s’écroule, touché dans le dos par plusieurs tirs. La cavalerie est arrivée… Les forcenés qui se sont introduits à l’intérieur cherchent à se replier en bon ordre. Un type plus brave que les autres couvre la fuite de ses comparses et fonce vers l’enquêteur en vidant un chargeur entier de gaz tibanna sur la table qui lui sert de couverture. Ressler surprend son adversaire en roulant sur le côté et tire un seul coup. L’assaillant tombe en arrière en poussant un cri, blessé à l’épaule. L’agent du Coeur Ardent se jette sur le soudard pour le maîtriser. Il y parvient finalement après une brève lutte.
Dehors, plusieurs soldats en armure grise se déplacent rapidement d’un bout à l’autre de la ruelle. Quelques échanges de tirs sporadiques se poursuivent durant quelques minutes, puis le bruit des sirènes de véhicules de police arrivant en trombe sur les lieux de l’attaque vient prendre le dessus sur tout le reste. Un poing vient tambouriner sur la porte d’entrée.
- Ouvrez ! Lance une voix étouffée par un casque.
L’enquêteur, qui termine de ligoter son prisonnier avec un morceau de tissu arraché à un rideau en lambeau, se redresse subitement puis se dirige vers la fenêtre pour présenter son badge au soldat d’élite.
- Agent Ressler. J’ai condamné la porte d’entrée. Passez par l’arrière.
- Bien reçu. Vous avez entendu les gars ? On se déploie et on reste sur ses gardes !
D’un geste de la main, le commando en armure grise donne l’ordre de marche. Les hommes achèvent de sécuriser le périmètre, bientôt aidés dans leur tâche par les forces de sécurité locales. Sous le regard curieux ou apeuré des résidents, des dizaines de stormtroopers se déploient afin de boucler le périmètre. Une chasse à l’homme est sur le point de débuter...