Peur bleue [CDP]
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Post n°1
Auteur : LOm DOnOsLe landspeeder vert rouille traçait son chemin à travers les dunes des plaines de Dantooine, après avoir traversé une foret Blba , le paysage se faisait plus lunaire, et on voyait le bleu de l'océan à l'horizon.
Les chasseurs de prime arrivèrent finalement à destination: des petits baraquements sur pilotis se dessinaient sur l'étendue bleue de l'océan.
Grodi gara son engin devant une des grandes baraque, sans doute celle du chef du village, le crane d'un animal inconnu ornait l'entrée de la cabane du pécheur.
Un homme d'age mur sortit de la hutte, le sel et le soleil avaient attaqué son visage, il avait été attiré par le bruit du moteur vieillissant du landspeeder, devant l'entrée des poissons séchaient dans un vieux filet.
-Que pouvons nous pour vous étrangers?
Le Rodien remarqua du coin de l’œil que d'autres pécheurs s'étaient rapprochés, certains tenaient des harpons ou des crochets à la main.Visiblement les étrangers n'étaient pas les bienvenus sur cette partie de la planète.
-C'est sa majesté qui nous envoie.
Un sourire illumina le visage du vieil homme ridé qui écarta les bras dévoilant une maigreur maladive.
-Enfin! ça fait des jours que je demande de l'aide!
-Explique moi plutôt ce qui t'arrive bonhomme?
Jem Wade, le chef du village, invita alors Grodi et son apprenti à entrer dans son humble demeure.
Au centre de la hutte se tenait une cheminée, dans un coin d'autres poissons séchaient suspendus par la queue, des assiettes contenaient des arrêtes, des écailles et des morceaux de chair.
Wade et ses invités ainsi que deux autres pécheurs, des anciens, s'assirent sur des couvertures, une femme leur présenta à chacun une soupe de poisson.
-Des pécheurs disparaissent, cela fait le troisième bateau en une semaine, des pécheurs expérimentés!
On a jamais retrouvé leur corps, et un des bateaux s'est échoué sur la plage.
Un autre ancien ajouta en tapant du poing sur le sol.Il avait perdu deux de ses fils récemment.
-C'est pas naturel!!
Grodi vida d'un trait son bol de soupe et demanda soudainement intéressé:
-Et on peut le voir ce bateau?
-Bien sur, suivez nous...
Derrière la hutte du chef, une barque était posée sur le sable à l'envers, celle ci présentait de nombreuses traces de fissures sur le bois, une des rame était cassée net mais aucune trace de tir. L'extorqueur après avoir étudié le bateau, se tourna alors vers on apprenti.
-Qu'est ce que t'en penses toi?
Le guichetier l'avait bien dit, dans la Guilde, il fallait aussi savoir se servir de son cerveau... -
Post n°2
Auteur : LoctonLa route avait été assez longue et depuis la banquette arrière du landspeeder j'avais pu découvrir des paysages et des espèces animales dont j'ignorais totalement l'existence. Parfois il m'arrivait de repenser à ma famille et mes amis, je m'imaginais l'admiration de mon père devant cette fabuleuse planète. Nous étions arrivés devant un village, un village assez pauvre d'ailleurs. Ces gens semblaient vivre essentiellement de la pêche. Mon maître descendais du landspeeder puis moi également. Je le suivais de prêt.
J'étais occupé d'observer l'horizon et cette magnifique étendue d'eau lorsque des êtres humains s'avancèrent vers nous harpons et crochets à la main. Je glissais silencieusement mes doigts sur mon arme afin d'être prêt en cas de rixe mais mon maître expliqua la raison de notre venue. Celui qui semblait être le chef du village nous invita dans sa demeure. Ils vivaient tous dans de petites maisons sur pilotis mais celle du chef se démarquait facilement des autres maisons. Elle était très grande et assez bien décorée. Une fois à l'intérieur ils nous invitèrent à la table et posèrent devant chacun d'entre nous une soupe de poisson qui ma fois était très appétissante. Cela faisait déjà un jour que je n'avais pas manger et mon ventre commençait à me le faire savoir. D'une seule gorgée j'aspirais la soupe, reposant le bol au centre de la table. Je n'étais pas très concentré et étais plutôt occupé à observer la salle lorsque le chef attira mon attention. Il parlait de pêcheurs expérimentés disparus, un des bateau utilisés par ceux-ci avait été récupéré. Et tout ça en une semaine. Pour un petit village cela signifiait beaucoup et je pouvais comprendre que cette situation les inquiétait.
Suite à la demande de Grodi, le chef du village nous invita à le suivre afin de nous montrer la barque échouée. Nous le suivirent donc jusque sur la plage. C'est en observant la barque je prenais alors conscience de la gravité de la situation. celle-ci était extrêmement amochée. La rame était complètement brisée, il y avait des trou partout dans la coque dont un gros à l'avant puis à l'arrière.
Je lançais un regard au chef puis m'approchais de celle-ci, je cherchais un quelconque indice qui pouvait nous mettre sur le bon chemin. Je connaissais assez bien les animaux marins et l'envergure des trous à l'avant puis à l'arrière me faisaient penser a la largeur d'une défense de "Perce-écume".
(http://www.starwars-holonet.com/encyclopedie/creature-pierceskimmer.html)
-Hum, j'ai bien l'impression qu'un perce-écume est derrière tout ça. Ces animaux marins pullulent dans tout les océans de la galaxie et ont tendance à s'attaquer aux bateaux. Je ne peux pas affirmer que cet animal est derrière tout ça mais il faut savoir qu'ils ont un caractère assez agressif. Je pense que le mieux serait de nous rendre nous même en mer et à l'emplacement de pêche. Je suis très efficace sous l'eau et s'il faut faire des recherches en profondeurs alors je pourrais le faire. disais-je en regardant mon maître, le chef et les autres paysans qui nous avaient suivis.
Cette enquête allait être très enrichissante pour le nouveau chasseur, la seule chose à espérer c'est qu'il ni laisse pas la vie... -
Post n°3
Auteur : LOm DOnOsLe novice observa le bateau attaqué et en vint à une conclusion hâtive: le coupable devait être un Perce écume, un prédateur vorace possédant quatre nageoires dorsales et une longue défense saillant de leur front, il serait originaire de Drexel II, mais qu'est ce qu'un spécimen pouvait bien faire dans les océans de Dantooine.
Tête de Poulpe proposa de prendre la mer pour en avoir le cœur net, Grodi déglutit, ce n'est pas qu'il avait le mal de mer c'était surtout qu'il ne savait pas nager , spécialement au milieu de prédateurs marins, il avait une peur bleue des Requins Fixarans.
LOm avait fait installer une cuve dans la salle des Dangers et certaines recrues avaient du nager plus vite que le Fixaran pour faire partie de la Guilde, heureusement pour le Rodien il n'avait pas du passer cette épreuve, ou il aurait fait office de festin de requins.
Mais la, il comptait bien rester à bord et laisser son apprenti faire la sale besogne.
-Très bien l'ami, on va aller voir ça de plus près.
L'ancien prépare nous des appâts, on part à la pêche aux gros!
Les pécheurs opinèrent de la tête et quelques minutes plus tard, ils apportèrent un gros panier contenant des dizaines de tête de poissons qu'ils chargèrent à bord d'un bateau à répulsion.
Jem Wade, mit également deux gros harpons dans l'embarcation, le vieux souriait en haussant les épaules, mais Grodi comptait plus sur son fusil à lunette que sur cette arme trop rustique à son gout.Jadis il était membre du Gao Ato, un clan de chasseurs sur sa planète natale, ce n'était pas un prédateur marin qui allait l'impressionner.
Motivé comme jamais, il monta à bord du bateau en compagnie du Quarren, il mit le cap sur les soleils couchant, dans une mer plutôt calme, après s'être suffisamment éloigné de la cote, il commença à balancer les appâts, serrant fortement son fusil kisteer contre lui, il attendait que la bête pointe le bout de son nez...Spoiler : Spoiler
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Post n°4
Auteur : Vangar VlessLe voyage en speeder avait été plus long que ce à quoi Vangar s’attendait d’abord. Plusieurs heures après le départ de la base. Au moins il avait put faire un peu connaissance avec Kidder, ce gamin recueilli par la Guilde. Il en avait aussi un peu appris sur la planète où il se trouvait. Il apprit notamment que la faune locale se composait principalement des Chiens Kaths, des Laigreks et des Grauls.*J’espère pouvoir voir des spécimens d’une de ces espèces. Des prédateurs pareils ça doit représenter un défi digne de ce nom. Et puis ramener la dépouille d’un Laigrek à la base me permettrait de leur prouver que je ne suis pas juste un clown avec un flingue.*
Il fallait pourtant admettre que les paysages étaient magnifiques, même sans la perspective des prédateurs locaux. Lui qui n’avait jamais vraiment put profiter des paysages de Barab en journée, voir des paysages tout court quand il était pourchassé sur Teth, c’était un changement rafraichissant. Mais le Barabel n’était pas là pour faire du tourisme, il était là pour chasser. A cette pensée il sentit son sang frémir. Il allait bientôt pouvoir sentir à nouveau l’excitation du danger, la traque d’un ennemi sur des kilomètres, et la joie de mettre à bas son adversaire.
Kidder arrêta le speeder à côté d’un groupement de huttes de bois sur pilotis avant de lui dire qu’ils étaient arrivés. Vangar descendit du speeder qui repartit en trombe.
-Hohé, il y a quelqu’un ?
C’est alors qu’il vit une chose qui le rendit perplexe, une barque en sale état qui était percée de partout. Qu’est ce qui avait put faire ça à l’embarcation ? Il se dit que la cause des disparitions ne devait pas être humaine. Pourquoi un humain ferait des trous dans une barque pour kidnapper des gens ? Il allait devoir demander aux locaux quelle espèce du coin était capable de se genre de choses.*Si c’est un animal, comment des Chasseurs aguerris de la Guilde ont put succomber aussi facilement ? Ils auraient au moins put opposer un peu de résistance, non ? -
Post n°5
Auteur : LOm DOnOsCela faisait plusieurs jours que les chasseurs de prime étaient partis à la pêche au gros, et cela faisait aussi plusieurs jours qu'ils n'avaient plus donné de nouvelles. Le Quarren avait pourtant été sur de lui, précisant même être capable de faire des recherches aux profondeurs, et Jem Wade, le chef du village y avait cru. Mais depuis aucun de ses pécheurs n'avaient osé s'aventurer sur l'océan, tous avaient peur de ce monstre qui terrorisait le littoral. Si cela continuait ainsi, ils devraient sans doute aller plus à l'Est pour installer un nouveau village et tout quitter ici.
Le vieux barbu fut sorti de ses pensées par le bruit d'un speeder qui se stationnait à coté de sa hutte suivi d'une voix rauque qui demandait s'il y avait quelqu'un. Le chef sortit rapidement armé de son harpon pour se trouver face à un reptile à deux pattes.
Les divinités de la mer se déchainaient elles contre les pauvres pécheurs?
D'autres habitants du village encerclèrent Vengar, l'un d’entre eux jeta même un filet sur l'infortuné chasseur de prime à écaille , les autres s'approchaient tenant gourdins, crochets et autres outils tranchants, bientot la peau du Barabel allait sécher sur le fil à linge.
Heureusement pour lui Kidder intervint fort à propos en s'interposant en boitant.
-ARRÊTEZ! nous sommes de la Guilde!! nous venons vous aider!!!
Bon, l'orphelin ne faisait pas vraiment partie de la Guilde, il n'était qu'un simple apprenti armurier mais ces paroles firent mouche et les pécheurs reculèrent tandis que Jem et Kidder sortaient Vanglar des mailles du filet.
-Excuse nous l'ami, nous n'avons jamais vu un membre de ton espèce.
Nous t'avons pris pour une créature des profondeurs...
Les autres pécheurs baissèrent la tête, il est vrai que nous nous trouvions dans une région reculée et ces pauvres Dantari, n'avaient sans doute pas vu grand chose à part l'océan dans leurs misérables vies.
-Nous venons aux nouvelles concernant des chasseurs de prime, un Rodien et un Quarren?
Le vieux chef soupira, en s'essuyant le front.
-Oui ils sont bien venus, il y a quelques jours déjà. Ils ont pris un de nos bateaux pour comprendre ce qui étaient arrivés aux pécheurs , mais nous ne les avons jamais revu...
Les choses se corsaient, Grodi était un chasseur de prime réputé, on ne se débarrassait pas de lui aussi facilement et il avait même vendu personnellement une cabine blaster à Locton il aurait du se défendre. L'apprenti observait Vanglar, après tout c'était lui qui avait l'instinct de chasse c'était à lui de découvrir ce qui s'était passé... -
Post n°6
Auteur : Vangar Vless
Voilà qui allait poser problème. Ce satané vieillard ne lui avait pas parlé du fait que l’incident était dans l’eau.*Je suis un lézard habitué aux étendues désertiques moi, j’suis pas un de ces satanés poulpes qui peuvent respirer sous l’eau!*
Vangar se perdit un moment dans ses réflexions. Il allait devoir ruser, surtout qu’il n’avait jamais essayé de nager. Peut-être était-ce inné pour sa race, peut-être pas. Il allait devoir s’en assurer avant de se lancer dans l’aventure sans réfléchir sinon il allait être dans de beaux draps, surtout vu la coque de la barquasse qui traînait là.
-Pas d’offenses, je suppose que vous avez jamais vu de fier guerrier de Barab. Après tout c’est pas la porte à côté et on préfère de jolis désert en général. Il se tut et son regard se fit distant quelques secondes, l’air absorbé dans ses réflexions.
Vous avez une petite idée de ce qui peut traîner par là comme bestioles ? Visiblement un prédateur marin, de bonne taille et avec une corne ou quelque chose de similaire ?
Ça risquait d’être compliqué, surtout que les gens du cru n’avaient pas l’air d’avoir mieux à lui proposer que leurs petites embarcations qui devaient prendre l’eau rien qu’en approchant du lac. Première chose, il allait devoir voir s’il savait nager, mais faire ça devant la moitié du village allait être embarrassant. Mieux valait qu’il essaie à l’écart afin qu’on ne le voit pas se ridiculiser, après tout la réputation de la Guilde était en jeu. C’est là qu’il eut une idée pour résoudre les deux soucis en même temps.
-Vous avez des animaux terrestres de bonne taille dans le coin ? J’aurais besoin de chasser quelque chose pour servir d’appât pour la créature. De préférence une créature nocturne, je suis plus à l’aise pour chasser dans ces moments là. Il se tourna ensuite vers Kidder.
- A tout hasard tu n’aurais pas avec toi un respirateur ? Je n’ai pas pensé à en prendre un en partant et si je me retrouve à devoir aller sous l’eau je ne vais pas pouvoir tenir longtemps sans.
Si en plus ça lui permettait de s’éloigner du village et éloigner Kidder quelques heures –si celui-ci devait aller en chercher à la base, ça lui simplifierait grandement la vie. Comme ça il allait pouvoir tester ses capacités dans l’eau, s’équiper proprement et en plus il pourrait peut-être obtenir un appât afin de ne pas être la cible principale de la bête.*Après tout si je peux éviter d’être la cible principale, c’est d’autant mieux. Je tiens à ma peau et comme ça je pourrais forcer cette satanée bestiole à se montrer et lui tirer dessus sans être sur la défensive.
Toujours se débrouiller pour que l’ennemi soit occupé avec autre chose pendant que tu essaies de le descendre, ça évite qu’il te troue avant que tu puisses le faire. Une maxime pleine de sagesse que le vieux Pyr lui avait apprit sur Teth et qu’il avait gravé dans sa mémoire depuis lors. Ça lui avait sauvé la peau une paire de fois.Spoiler
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Post n°7
Auteur : LOm DOnOsLe saurien se présenta aux pécheurs comme un fier guerrier de Barab, évidemment, Jem Wade qui n'avait jamais quitté ses plages de sable fin de Dantooineen avait jamais entendu parler .Le Barabel demandé également si le chef du village avait une idée des créatures qui rodaient dans les profondeurs.
Du haut de son demi siècle de pêche, Jem en avait vu des monstres dans l'océan, fallait dire qu'il péchait depuis ses 10ans, on vivait à la dure dans les villages de pécheurs Dantari.Il avait même failli être emporté une fois par une tentacule sortie de nul part.Il essaya de se remémorer le nom des principaux prédateurs de Dantooine, il parlerait pour commencer de celui que l'on surnommait le poisson loup.
-Y'a bien le tueur des mers Opée, c'est un chasseur silencieux dotée d'une langue préhensile avec une carapace et des grandes antennes.
Pis on croise aussi le perce écume,un poisson avec une longue défense saillant de leur front.
Le chasseur de prime écouta les explications du pécheur , Kidder lui,semblait impressionné par la description des prédateurs marins.Puis Vangar demanda quelle créature il pourrait utiliser éventuellement comme appât.
Après s'être massé les tempes Jem répondit.
-Bah y'a bien un troupeau d'Iriaz pas loin, mais faudra être rapide, ça trace ces bêtes la!
http://star-wars-rpg.soforums.com/t7933-L-ile-a-la-Faune-et-la-Flore.htm#p8…
Puis le lézard se tourna vers le jeune mécanicien lui demandant s'il avait pensé à prendre un respirateur, à voir la tête qui jeune Dantari qui virait au cramoisis c'était visiblement pas le cas.Il n'avait pas songé non plus que les hommes de la Guilde devraient peut être se mouiller.
-Non... mais je peux aller en chercher un à la base. j'en ai pas pour long en speeder.
Un peu honteux et sans même attendre la réponse du Barabel, le jeune homme sauta dans on engin et mit les gaz en direction de la base, il n'aurait qu'a aller à l'armurerie prendre ce qu'il fallait.Il en profiterait aussi pour s’équiper d'un harpon au cas ou.
Ne restait plus qu'a Vangar d'aller à la chasse à l’appât en attendant...
-HRP-Spoiler : Spoiler
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Post n°8
Auteur : John HarveySpoiler : Avant
Le speeder dépota jusqu’à arriver aux abords du village de pêcheurs. Heureusement, le trajet n’avait pas été trop long et John avait su garder son calme face à son compagnon de route. Le gars, qui avait fini par lâcher son nom, « Lee Vaughn », était tellement bavard que Harvey pensait déjà connaître toute sa vie, de son entrée dans la guilde à sa dernière mission. Sans oublier les milliers de pensées parasites qu’il n’avait pu s’empêcher de formuler, au gré du paysage qui défilait sous leurs yeux. Fidèle à lui-même, John avait gardé son calme et principalement répondu par onomatopées. Il n’avait pas de temps à perdre avec ce genre de conversations inutiles. Car, tout au long du trajet, il n’avait cessé de ressasser l’angoisse montante alors qu’ils se rapprochaient de leur destination : un village de pêcheurs.
Comme toujours, cette mission qui lui avait été confiée par la Guilde, Harvey ne la sentait pas du tout. Mais là, ils couraient carrément à la catastrophe ! Retrouver des chasseurs perdus en mer, voilà qui était mission impossible dans la tête de John. Oh, jouer les détectives ne l’inquiétait pas plus que ça. Au contraire, il n’était pas si mauvais lorsqu’il s’agissait d’aligner deux neurones. Non, le problème était ailleurs.
L’éclat du soleil qui se reflétait dans la mer dessinait des trainées blanches, à en éblouir les admirateurs contemplatifs de l’étendue bleue. Alors que le speeder était en fin de course, John ne parvenait pas à détacher son regard de l’océan. De petites tâches noirs apparaissaient et disparaissaient dans la forme blanche, au rythme des vagues. Il en avait mal aux yeux mais était fasciné par cette immense flaque d’eau.
- Terminus, tout le monde descend !
Vaughn le tira de sa rêverie. John n’avait pas fait attention : le speeder stationnait à côté des première huttes du village. Reprenant ses esprits, il amboita le pas de son comparse. Un vieillard, les voyant arriver, s’était approché :
-Que pouvons nous pour vous étrangers?
John fut légèrement pris de cours lorsque que Lee se tourna vers lui et le regarda, comme pour appuyer la question du villageois. Fidèle à son habitude, le tueur à gages se contenta de l’essentiel :
- Nous sommes des chasseurs de prime et venons rencontrer Jem Wade au sujet de disparitions.
Le villageois poussa une exclamation avant de répondre :
- Je suis Jem Wade et vous n’êtes pas le premier à parler comme ça ! Plusieurs de vos amis sont déjà venus avant de disparaître, comme nos pêcheurs !
- Nous sommes justement là pour tirer ça au clair, tenta John pour rassurer le pauvre bougre.
- Et vous croyez faire mieux que les autres ? Bah ! On verra bien ! Voilà les bateaux que l’océan nous a remontés ! Si ça peut vous aider…
Le villageois désignait deux embarcations retournées, au bord de la mer. Elles avaient l’air en piteux état : fissures, bris de bois, … Elles avaient été bien tourmentées. Harvey s’accroupit pour observer l'une des barques.
- C’est la première que nous avons récupérée, il y a quelques jours. Vos amis ont d’abord pensé à un Perce-Écume.
John n’avait aucune idée de ce que pouvait être un Perce-Écume et il n’était pas pressé de le savoir. Il continuait d’examiner la coque, en partie recouverte de sable. Derrière lui, le villageois semblait lancé et pas prêt de s’arrêter :
- Ils ont pris la mer et ont disparu à leur tour. Ensuite, sont arrivés deux autres gaillards, dont un très étrange !
Sans se retourner, John demanda :
- « Étrange », pourquoi ?
- Sa peau était couverte d’écaille, comme un monstre marin ! Nous avons d’abord cru qu’il était responsable de ces disparitions, mais son collègue nous a prévenu qu’ils étaient de la Guilde, comme vous ! Juste à temps, si je dois dire ! On était à deux doigts de le zigouiller !
John se redressa et se dirigea vers l’autre embarcation. Le chef du village expliqua :
- Celle-là, c’est celle de vos amis. On l’a repêchée l’autre soir. Là, c’était du gros calibre ! Aucun doute qu’ils ont trouvé le Perce-Écume qu’ils recherchaient !
La barque avait été déchirée en deux. Aucun matériel ne subsistait. Il ne s’agissait que d’une épave sans grand intérêt. L’enquête commençait difficilement.
- On n’a qu’à aller faire un tour, proposa Vaughn.
Voilà qu’il se remettait à parler ! Si c’était pour dire des bêtises pareil… Il était hors de question que Harvey pose un doigt de pied dans cette eau de malheur !
- Non, répondit-il. C’est ce qu’on fait les autres, sans succès. Allons plutôt longer la côte. Peut-être trouverons-nous d’autres indices.
Vaughn haussa les épaules et se mit tranquillement en route, comme pour montrer son indifférence face à la solution choisie. En réalité, John avait besoin de prendre l’air et de digérer toutes ces informations. Il ne tirait rien de concret de son examen des barques, ni du discours du vieux bougres. Pourtant, il sentait qu’il passait à côté de quelque chose. -
Post n°9
Auteur : John HarveyLe calme des vagues. L’océan était apaisé, comme on peut l’être après une longue bataille. John n’était pas du genre à philosopher devant les paysages. Souvent, il n’en avait rien à faire, pour être honnête. C’était le genre de gars pragmatique, qui se pointait pour réaliser sa mission (souvent une salle besogne), sans états d’âme sur le paysage, que ce soit un entrepôt désaffecté ou l’une des merveilles de la galaxie. Mais là, il était captivé par l’océan de Dantooine. Celui qui, de toute évidence, avait englouti chasseurs et pêcheurs.
Affublé de Lee Vaughn, le tueur à gages était en train de longer la côté, comme s’il s’attendait à tomber sur la solution de cette enquête. Il se repassait en boucle les paroles du vieux pêcheur. Il le savait, John était passé à côté de quelque chose. Quelque chose gros comme une pastèque ! Marcher l’aidait à réfléchir. Mais, même s’il avançait en suivant la côté, il avait l’impression de tourner en rond.
OK. Des gars montent dans une barque et disparaissent. Seule trace laissée derrière eux : la barque, amochée. La Guilde envoie des renforts. Ils disparaissent. Seule trace derrière eux : une barque, sérieusement amochée. Conclusion ? Baignade interdite.
Bon, pour en arriver là, John n’avait pas eu besoin de repêcher des bouts de bois. Il y avait autre chose qui, jusque-là, était passé inaperçu. Pourtant, le tueur à gages sentait cette autre chose. Mais qu’est-ce que c’était, bon sang !
L’agacement du mercenaire se manifesta par ses sourcils froncés, mais aussi par une démarche amplifiée : ses pas s’enfonçaient plus profondément dans le sol et ses enjambées étaient plus grandes. Cela ne passa pas inaperçu aux yeux de son compagnon de route :
- Hey, on ne se connaît pas, tous les deux. Mais du peu que j’ai vu, fait sacrément te chercher pour que tu te mettes en rogne comme ça !
Et voilà que l’autre pipelette se remettait en marche ! Il ne pouvait pas la fermer plus de dix minutes, celui-là ? John ne prit pas la peine de répondre, mais il n’était pas au bout de ses peines. Le gaillard, glissa la main à sa poche intérieure pour en sortir une flasque, qu’il tendit à Harvey :
- Brandy ? Demanda-t-il, les sourcils soulevés, pour appuyer sa question.
D’un geste de la main, John rejeta la proposition, tout en faisant « non » de la tête. Il ne mangeait pas de ce pain-là. En tous cas, pas en mission. Mais l’idée de son acolyte n’était pas si ridicule pour autant. À son tour, il sortir sa boîte à cure-dents et en mâchonna un. Ça l’aidait à réfléchir. Et puis, foutu pour foutu, il décida de s’arrêter totalement et de scruter l’océan face à eux.
Le calme des vagues. L’aspect paisible du calme, après la tempête. Les reflets du soleil dans l’eau. D’un mouvement de langue, John fit passer son cure-dent d’une extrémité à l’autre de sa bouche, signe chez lui d’une intense réflexion. Un peu en retrait, Vaughn avait compris qu’il valait mieux le laisser tranquille.
Le calme des vagues. Le vent marin avec ses odeurs d’iode, attaquant les narines. L’odeur était forte, d’ailleurs, à tel point que John dut froncer le nez. Une odeur qui… Mais oui, c’était ça ! Sans un mot envers son partenaire (pour changer), John se précipita vers le village d’où ils venaient. Surpris par le comportement du mercenaire, Vaughn fut contraint de prendre le train en marche et de le suivre. John fila à toute allure, jusqu’à se retrouver près des barques qu’il venait d’examiner. Il gratta l’un des endroits qu’il avait touché lors de son inspection, puis se renifla les doigts. Oui, c’était ça ! Enfin, il tirait un quelconque avantage de ses six longs mois au trou ! À force de travailler dans les mines de Kessel, on s’habituait à l’odeur si particulière des épices que l’on était chargé d’extraire.
Le coeur de John Harvey battait à tout rompre alors qu’il ressentait, pour la première fois depuis bien longtemps, l’excitation de quelqu’un enfin sur la bonne piste ! Les deux bateaux avaient en commun d’être imprégnés d’épices. Le mercenaire se redressa, un sourire aux lèvres (fait immensément rare pour être souligné ici). Il dévisagea Vaughn et, à cet instant très précis, son sourire se transforma en un rictus.
Bon, ok, il y avait un lien avec des épices. Mais ça lui servait à quoi ? -
Post n°10
Auteur : John HarveyNon, non et non ! Il était catégorique là-dessus ! Vaughn avait, une nouvelle fois, proposé de prendre le large. Mais ça ne servait à rien, John le savait ! La preuve en était que les autres n’étaient pas revenus. Si même les pêcheurs les plus aguerris n’étaient pas fichus de revenir sur la terre ferme, c'était qu’il y avait une bonne raison de fermer la saison de la pêche !
Comme pour se rassurer d’avoir pris la bonne décision, John avait farfouillé dans son datapad pour vérifier qu’aucun navire de pêche (ou tout autre vaisseau inattendu) n’avait été repéré dans les environs. Et il avait bel et bien raison : aucun mouvement inhabituel n’avait été signalé. Donc, s’ils voulaient aller à la pêche aux épices, Vaughn et Harvey pouvaient très bien le faire en restant les deux pieds sur terre.
- Je ne comprends pas ! avait tenté d’argumenter Lee Vaughn. Contrairement aux autres, nous savons qu’il y a des épices. Il nous suffit de nous couvrir le visage pour en éviter les effets.
Le raisonnement n’était pas mauvais, mais il était foncièrement limité. Tout d’abord, les deux chasseurs de primes ignoraient quel était l’impact des épices sur les disparitions. Ensuite, John continuait de penser que se jeter à l’eau était la pire des idées. Pour aller où ? Non, de sa connaissance des épices, il valait mieux regarder du niveau de la côte. Car, si aucun navire ou véhicule marchand n’avait circulé dans les environs, il était envisageable que ces épices proviennent de Dantooine… Et, partir sur une barque pour revenir à la nage n’était définitivement pas une option envisageable pour le tueur à gages. John se rapprocha du chef du village et demanda :
- Y a des grottes dans les parages ?
- Y a des falaises par là-bas, fit le pêcheur en désignant une masse dans le lointain. C’est possible qu’il y en ait, oui, mais nous ne nous y aventurons jamais.
- Pourquoi ?
- Les amas rocheux nous empêchent de pêcher près des falaises. Et y aller pour récupérer des crabes est une perte de temps. Demandez aux gamins, il leur arrive de s’aventurer là-bas, parfois.
John détestait les mômes. Ça courait, ça braillait, ça se prenait pour des grands alors que ça n’avait même pas idée de ce que c’était la vie d’adulte.
Il resta interdi.
Bon… Il était vache. Certains, malchanceux, n’avaient pas une enfance facile. John venait de se remémorer cette gamine sur Dagobah, qui avait été brûlée par un soldat impérial fou furieux et dont l’un des parents avait été assassiné. Mais il ne fallait pas faire d’une exception une généralité ! D’un air renfrogné, Harvey se rapprocha des enfants qui jouaient sur la plage, Vaughn sur ses talons. Ils ne lui prêtèrent pas tout de suite attention. Puis, sentant la présence immobile des deux chasseurs de primes, certains d’entre eux finirent par interrompre leurs activités afin de leur demander ce qu’ils faisaient plantés là. Harvey laissa son acolyte expliquer la situation et ce qu’ils recherchaient. Bavard comme il était, le gaillard était bien mieux taillé que lui pour le rôle. En plus, il semblait apprécier parler avec les gamins. En attendant que la conversation prenne fin, John se détourna pour scruter à nouveau l’horizon. Son regard s’arrêta sur la masse rocheuse dans laquelle les enfants allaient parfois jouer.
- Ils n’y vont plus, annonça Vaugh en revenant vers John. L’un des mômes s’est blessé en tombant d’un rocher. Visiblement, c’était le plus brave d’entre eux et ils sont tous terrorisés à l’idée de retourner là-bas.
À son tour, Vaughn observa les falaises. Puis il ajouta :
- Ça me paraît louche. Bizarre que toute une bande de gamins soit terrorisée à l’idée de retourner là-bas. Ils doivent en dire moins que ce qu’ils savent…
Harvey devait admettre que le raisonnement du chasseur de primes tenait la route. S’il était aussi malin que bavard, alors le duo avait ses chances de retrouver les quatre disparus. Ne voulant pas perdre une minute de plus, le tueur à gages se mit en route, destination : les falaises. Il ne savait pas trop à quoi s’attendre, mais son instinct le poussait à aller voir de quoi il en retournait. Si son comparse avait la bonne intuition, alors ils trouveraient peut-être des réponses là-bas. -
Post n°11
Auteur : John HarveyLee Vaughn avait été plus prévoyant. Il avait eu le mérite d’embarquer une lampe torche ce qui, Harvey devait le reconnaître, était très utile pour explorer une grotte. Les deux comparses avaient fait route jusqu’aux falaises, celles que leur avaient indiquées les mômes. John avait même du se mouiller pour entrer dans l’une des grottes. Ce n’était pas la première que le duo visitait. Celles d’avant n’étaient pas très profondes et ils en avaient rapidement fait le tour. Celle-là était un peu plus longue et ils étaient bien contents que Vaughn ait apporté sa lampe torche. Tout au long de leur expédition, ils avaient revêtu un foulard afin de se préserver des éventuelles odeurs d’épices. À présent, ils pataugeaient dans l’eau salée de l’océan. Elle s’étendait dans la grotte à perte de vue. Faut dire que la lumière du camarade ne portait pas très loin. Mais c’était suffisamment d’eau pour savoir que les deux comparses n’allaient pas en ressortir sec. Au moins, ils avaient largement pieds... pour le moment.
Le son caractéristique d’un tir de blaster accompagna celui, non moins surprenant, d’une lampe qui vole en éclat. L’instant d’après, John était au sol (ou plutôt « à l’eau »), bien abrité derrière un gros cailloux. On venait de leur tirer dessus. Désormais, la seule source de lumière était celle de l’extérieur. Elle venait mourir à quelques mètres de l’entrée. Autant dire que les chasseurs de primes ne pouvaient pas voir grand chose. En revanche, leurs silhouettes pouvaient facilement se dessiner dans la lumière tamisée. Donc il valait mieux s’économiser tout mouvement. Ayant du mal à évaluer la situation, Harvey s’enquit tout de même d’un « Ça va ? ».
- Comme sur des répulseurs ! Mais ce taré à intérêt à me racheter une lampe !
Lee fut interrompu par une nouvelle salve, qui fit voler en éclat le sommet du rocher derrière lequel il s’était abrité. C’était sûr, ils n’avaient pas affaire à des rigolos ! Apparemment, Vaughn paraissait du même avis. Bientôt, un objet clignotait entre ses doigts.
- Qu’est-ce que tu fais ? Demanda John, les dents serrés.
Cet abruti n’allait tout de même pas leur balancer un détonateur thermique ?
- Ça va les calmer, expliqua Lee Vaughn.
- Certainement pas ! gronda cette fois son acolyte.
Cette fois, le tir de blaster s’abattit juste au-dessus de sa tête. Par réflexe, John baissa la tête, histoire d’être bien sûr de ne pas se faire allumer. Vaughn était devenu fou ! Il y avait des épices à l’intérieur de cette grotte et peut-être même des prisonniers. Faire sauter le barda, c’était se tirer une balle dans le pied. Ceci dit, son camarade venait de lui donner une idée...
- Envoie ! Ordonna-t-il à Vaughn.
Après un regard incompréhensif, Lee balança le détonateur à Harvey, qui le réceptionna difficilement. L’objet explosif rebondit dans ses mains, avant que le tueur à gages ne parvienne à le rattraper de justesse. Il envoya un regard insistant à son acolyte, dont la qualité du lancer avait failli les pulvériser tous deux.
Puis il activa la charge explosive.
Le pouce lourdement enfoncé sur le bouton, il leva doucement la main et cria à destination du tireur isolé :
- Halte-là ! Si tu nous touches, on fait tout sauter !
Cette fois-ci, aucun tir ne vint ponctuer les paroles du chasseur de primes. Bien. Au moins, le gars en face avait un minimum de présence d’esprit. Le bras toujours en l’air, Harvey enchaîna :
- Doucement ! On va sortir.
Calmement, Harvey leva son deuxième bras, puis se redressa lentement. D’abord sa tête, puis son buste furent à découvert. Le sang battait dans ses tempes mais, à son grand soulagement, aucun tir ne vint le cueillir. Subitement, il ramena son bras armé au niveau de son buste. Il préférait garder le détonateur prêt de ses parties vitales. Si le gars en face était malin, peut-être éviterait-il toute tentative désespérée. Bon, maintenant, que faire ? Harvey avait désamorcé une situation, mais pour aller où ? Car, maintenant que son pouce était enfoncé sur son détonateur, les marges de manoeuvres étaient très réduites.
- On cherche des amis à nous ! Lança Lee à la volée.
John fit un mouvement de tête exaspéré. Il ne pouvait jamais la fermer, celui-là ?
- Allez vous-en !
C’était une voix de femme. Et elle n’avait pas l’air très ouverte à la négociation. John leva sa main valide, dans un signe d’évidence :
- On sait que vous êtes réglos. Vous avez épargné le gamin.
John commençait à y voir plus clair. La réaction en face avait eu tendance à confirmer ses premières intuitions. Tout d’abord, des épices font disparaître des pêcheurs. Ensuite, des gamins n’osent plus aller dans les falaises où ils jouaient. Enfin, Vaughn et Harvey tombent sur un tireur isolé qui a peur de tout faire sauter. Ces trois éléments le laissent penser que des petits malins cultivaient des épices ici. Pour une raison ou pour une autre, une partie avait été déversée dans l’océan et avait conduit les pêcheurs (et chasseurs de primes) à leur perte : les illusions suite à la consommation d'épices les avaient sûrement conduits au sabordage ou à la noyade. En parallèle, les brigands avaient effrayé les enfants pour qu’ils arrêtent de rôder dans les parages.
- Il n’y a personne que vous cherchez ici. Maintenant, partez !
Les négociations n’allaient pas dans le bon sens. John ignorait encore tout des gens qu’il avait en face. Quel était leur nombre et leur motivation ? Il continuait de discuter avec un écran noir en face de lui. La personne pouvait s’en aller qu’il ne s’en rendrait même pas compte.
- Alors qu’est-ce qui nous empêche de tout faire sauter ?
Pas de réponse. L’argument avait visiblement fait mouche. La tireuse embusquée ne savait visiblement pas quoi répondre. Mais la satisfaction de Harvey tourna court :
- @#!/ ! maugréa-t-il en s’élançant en avant.
La femme venait de mettre les voiles.
- Aïe !
Et John venait de se manger une paroi. Portant sa main valide à son nez, il constata avec soulagement qu’il n’avait rien de grave.
- On décampe ! entendit-il crier.
Des lampes plasma illuminaient un tunnel au dessus-de lui. Avec l’aide de Vaughn, il escalada la paroi qu’il venait de heurter et s’engouffra dans le tunnel. Il arriva dans une grande salle et eut tout juste le temps de voir déguerpir deux silhouettes dans un tunnel en face. Sans réfléchir, il les prit en chasse. Tout en courant, il vit sur sa gauche la carrière dans laquelle les brigands cultivaient leur épice. Un rapide coup d’oeil en arrière lui confirma que Lee était toujours à une enjambée derrière lui. Allez, il était temps de se débarrasser de ce détonateur encombrant ! D’un mouvement ample, il expédia l’explosif sur sa gauche, là où se trouvaient les épices. John sourit intérieurement. Il n’avait pas besoin de voir l’expression ahurie de Lee pour deviner sa panique soudaine. Les deux chasseurs s’engouffrèrent dans le tunnel au moment où la caverne s’effondrait. Ça s’était joué de peu. John déprimait déjà en imaginant les complaintes de Lee lorsqu’ils seraient tirés d’affaire. Mais, pour l’heure, ils devaient encore arrêter les deux fuyards.
Le tunnel était ascendant. Et très long. Harvey faisait de son mieux pour ne pas perdre le rythme. Les brigands avaient déjà une avance suffisante et il ne pouvait pas se permettre de leur laisser le moindre avantage. Plutôt que de ralentir, autant s’arrêter. Réduire la cadence, c’était abandonner. John avait pris de l’avance sur Lee. Il finit par sortir à l’air libre. Le tunnel débouchait sur les plaines. À travers ce passage souterrain, Harvey venait de remonter tout en haut des falaises.
Il interrompit sa course dans les hautes herbes. Il put observer les deux bandits chevaucher des moto-jets. Et ils se croyaient tirés d’affaire ? Essoufflé, Harvey prit le temps de sortir son blaster S-5 et de la paramétrer sur la bonne fonctionnalité. Les moto-jets venaient d’entamer leur course. John prit solidement position dans le sol, bloqua sa respiration et visa l’une des deux moto-jets. Le grappin s’élança et vint percuter l’un des deux véhicules.
Lee Vaughn, sortant à son tour du tunnel, eut tout juste le temps de voir son compagnon embarqué en avant, traîné malgré lui par la motojet. Mais John s’était préparé à l’événement. Bon, ok, il ne s’était pas attendu à être ainsi trainé. Mais il était bien mieux préparé que la cavalière qui ne sut pas comment réagir. Sans qu’elle ne comprenne pourquoi, sa moto fut déviée et commença à faire des embardées. John était dans une situation inconfortable. Il était trainé de tout son long. Son plan n’avait pas réellement tourné comme prévu. Il avait pensé pouvoir ralentir la moto-jet. Il avait été stupide. En toute logique, le voilà qui faisait du ski nautique. Sans ski et sans eau. À la place, il était en train de bousiller ses vêtements, ses genoux, son torse et peut-être bien son visage s’il ne trouvait pas rapidement une solution. Harvey aggrava sa peine en activant le rambobinement du câble. Mais voilà qu’il se rapprochait d’une distance raisonnable de la moto-jet et de sa cavalière. Celle-ci se retourna, inquiète de voir cette menace se rapprocher. Concentré sur la situation, John ne prit pas le temps de la détailler. D’autant plus qu’elle venait de sortir un couteau. Cela ne présageait rien de bon.
Il fallut de nombreux roulé-boulé pour arrêter sa course. Le sol paraissait tournoyer autour de Harvey. Il mit un instant pour se relever, crachant au sol. Le voyage avait été mouvementé. En face de lui, les motojets filaient au loin. L’une était hors de portée. Mais pas la seconde, passablement ralentie par le numéro de John. Le tueur à gages passa sa manche sur les lèvres, comme pour les essuyer, puis il sortit son Kisteer 1284. Debout, droit comme un i, il visa la moto-jet. Où tirer ? Sur la cavalière ? Sur le moteur, histoire de créer un joli feu d’artifice ? (Ça avait toujours son petit effet !) Comme à son habitude, John opta pour la solution la plus pragmatique. Au loin, la silhouette s’effondra au sol et la moto-jet continua un instant dans le vide.
Essoufflé, Lee Vaughn venait de rejoindre John.
- Eh ben... , murmura-t-il, joli carton !
Au loin, la silhouette au sol remuait légèrement. Elle avait été touchée à l’épaule. Lentement, John retira son foulard et glissa un cure-dent dans sa bouche. Puis il se dirigea d’un pas serein vers la fugitive. Arrivé à son niveau, il la dévisagea calmement. Entre temps, elle s’était redressée. C’était une jeune femme, à peine plus jeune que lui. Elle se tenait l’épaule et lui jetait un regard plein de défi. Harvey se contenta de déplacer son cure-dent d’un bord à l’autre de sa bouche. Sans mot dire, il jeta un regard à Vaughn. Ce-dernier sortit tranquillement des menottes et les glissa aux poignets de la jeune femme, les refermant dans son dos. La captive réprima une grimace, le mouvement amplifiant la douleur de son épaule blessée. Lee ne trouva rien de mieux à dire que :
- Allez, très chère ! On va voir si les geôles de Dantooine sont à ton goût !
Le trio entama la longue marche jusqu’au village de pêcheurs, où le speeder de Lee était stationné. Au fond de lui, John ressentait une rare satisfaction : celle du travail bien fait. Marchant de tête et dos à ses compagnons de route, il s’autorisa quelque chose que personne ne l’avait jamais vu faire. Dans l’intimité du soleil éclairant son visage, dans l’impunité de la solitude et l’espace d’un court instant, John Harvey sourit.Spoiler : Après