Assemblées de l'état-major de la CorSec
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Post n°1
Auteur : Asavar Phocas
Spoiler : Etat-major de la CorSec :
La CorSec. Ancienne force de sécurité de Corellia, rien n’avait destiné ce corps armé à devenir ce qu’il était désormais. De simple force coercitive chargée du maintien de l’ordre, totalement dépassée sur une planète où la pègre proliférait et sur laquelle les enfants issus de quartiers défavorisés rêvaient de la vie libre et exaltante de contrebandier, elle était devenue l’une des plus glorieuses armées planétaires que la galaxie ait connu. Au sein des récentes dictatures qui avaient su contre toute attente maintenir leur contrôle sur une poudrière comme Corellia, la CorSec avait désormais un rôle prépondérant en devenant l’arme principale du régime, mais aussi un symbole d’intégration et d’unité nationale et sociale. Toutes les belles promesses des autocrates n’auraient pu maintenir le peuple corellien au pas sans le concours absolument inestimable de cette prestigieuse institution. Et désormais, alors que le régime était plus autoritaire et plus populiste qu’il ne l’avait jamais été auparavant, la CorSec atteignait le paroxysme de sa puissance.
Cette nouvelle aube pour l’armée de Corellia vit la refonte totale de l’organisation hiérarchique, ce qui se manifesta notamment par un changement total de l’état-major. Georg Dexter, le général et commandeur en chef de la CorSec, décida que compte tenu de cette nouvelle organisation, la mise en place d’un bilan régulier des différents départements de l’état-major réunis en assemblée s'imposait. Ce jour-là, les nouvelles figures de proue de la force militaire corellienne se réunissaient pour la première fois dans la salle de conférence du siège de la CorSec, un imposant bâtiment aux allures de bunker situé en plein centre du pouvoir, dans la ville de Coronet, capitale planétaire.
Après avoir rendu leur salut à ses subordonnés, réunis autour de la vaste table de réunion ovale, le général Dexter ouvrit la discussion.
- Compagnons, nous ouvrons aujourd’hui la première assemblée ordinaire de l’état-major de l’Armée nationale populaire de la CorSec. Changement de régime oblige, de nouveaux projets ont été mis en oeuvre, et nous allons devoir commencer à réfléchir ensemble à leur exécution. Rien qu’avec ça, la charge de travail qui nous attend est assez conséquente. Un ancien projet approche également de sa phase finale. En effet, la Corporation Technique Corellienne travaille en collaboration avec nos ingénieurs du département de la Recherche militaire sur la version finale des plans d’un modèle de vaisseau dernier cri qui sera amené à jouer un rôle prépondérant dans nos opérations militaires à venir. Le colonel Pretorio abordera également la question de la découverte d’une de nos patrouilles dans l’espace proche du système corellien. Lui et l’amiral Feuerman nous en parlerons plus en détail. Nous laisserons ensuite la parole au colonel Romanski, qui nous dressera un bilan des cibles prioritaires de la Sécurité d’Etat. Mais pour commencer cette réunion, penchons-nous sur le projet d'expansion du Diktat, à savoir la colonisation des mondes de Crollia et Soronia, en bordure du système corellien.
- Rien qui puisse nous être reproché ? demanda le général Crane, officier à la tête des forces militaires terrestres.
- L’annexion ne pose aucun problème sur le plan diplomatique : les planètes étant totalement hospitalières, aucun gouvernement étranger n’a jugé bon de dépenser du temps et de l’énergie à en faire quelque chose de concret et ces territoires demeurent donc exempts de la moindre revendication étrangère. Et quand bien même cela poserait problèmes, la question du bien fondé de l’opération est exclusivement politique et ne regarde donc nullement la CorSec. Je sens bien que certains d’entre vous doutent de l’utilité de cette conquête, mais nous ne lançons bien entendu pas dans l’inconnu sans raison. Les conditions inhospitalières de Crollia et Soronia sont particulièrement intéressantes. Ces territoires seront administrés par l’armée et des bases militaires aux multiples fonctions y seront mises en place. Elles serviront à la fois de zones de recherche, notamment utiles pour le test de nos nouvelles armes dans le cadre de la politique de développement d’autonomisation militaire de Corellia initiée par le Diktat, mais elles auront également une fonction d’avant-poste aux lisières du système. On peut même imaginer le développement d’institutions carcérales de haute sécurité sur ces territoires. Le projet est coûteux, mais nous en avons les moyens, et le jeu en vaut la chandelle. Nous espérons disposer des vaisseaux des SMP des présidents Mufus et Fear au moment des opérations, mais le projet de nationalisation avance difficilement. Nous allons donc devoir commencer les préparatifs en partant du principe que ces appareils n’ont pas été acquis. Concernant l’administration de ces territoires, Soronia intégrera la juridiction du département de la Recherche Militaire sous la direction du colonel Pretorio, qui en sera nommé gouverneur militaire, et Crollia sera cogéré par le département de l’Administration carcérale et les Forces Spatiales. Le colonel Adamus, du département de l’Administration carcérale, en sera nommé gouverneur militaire, mais il devra partager cette compétence avec l’amiral Feuerman lors de certaines circonstances que nous détaillerons plus tard. Mais pour l’heure, je laisse la parole au colonel Pretorio. Colonel, si vous le voulez bien.
La voix froide et métallique de l’inquiétant cyborg fut tel un coup de tonnerre dans l’imposante mais austère salle de conférence.
- Merci, mon général. Compagnons, c’est un grand jour pour les Forces Spatiales de la CorSec. Notre arsenal de dissuasion et notre force de frappe s’apprêtent à accueillir un nouvel appareil révolutionnaire, un bijou de technologie corellienne.
Le scientifique militaire appuya sur un interrupteur, et une projection holographique apparut au milieu de la salle, révélant un intimidant vaisseau spatial à la forme atypique. Le colonel Romanski, à la tête de la Sécurité d’Etat, siffla à la vue des plans, visiblement enthousiaste.

- Compagnons, je vous présente le Bunker buster de classe Free Virgillia, une corvette d’un nouveau genre, plus lourde que nos productions habituelles, mais surtout dotées d’un pouvoir de destruction bien plus important que tout ce que nous avons pu produire jusqu’à aujourd’hui. Ne vous fiez pas à sa taille modeste, compagnons. Il a beau ne mesurer que 316 mètres de long pour 240 de large, cet appareil est aussi redoutable que son allure agressive le laisse croire. Son arsenal est composé de deux tourelles turbolaser lourdes et quatre tourelles de défense, et il est conçu pour embarquer huit cargos d’artillerie à son bord. Mais ce n’est pas tout, compagnons ! Nous avons là une arme conçue pour le bombardement orbital s’inscrivant totalement dans notre stratégie de dissuasion. Le département de la Recherche Militaire est en train de travailler sur un nouveau prototype de bombe à plasma. Puissance estimée : cent mégatonnes. De quoi rayer de la carte une grande capitale planétaire. Les premiers tests se feront très prochainement sur la surface de Soronia, avant que les premières bases militaires n’y soient installées. Avec ces vaisseaux, nous disposerons d’une immense force de frappe, à la fois mobile et économe en ressources humaines, puisqu’un très petit nombre d’hommes seront en mesure de l’utiliser convenablement. Il sera difficile de cacher l’existence du Free Virgillia, mais là encore, sa taille raisonnable constitue un atout, puisqu’elle rend sa force de frappe totalement insoupçonnable.
L’ensemble état-major hocha la tête en signe d’approbation. Ce nouveau vaisseau se révèlerait fort utile compte tenu des ambitions de Corellia sur le long terme.
- Ce petit bijou ne sera sans doute pas le seul apport à notre flotte défense. En effet, au cours d’une opération de patrouille sectorielle menée par les Forces Spatiales, des carcasses de vaisseaux intéressantes ont été retrouvées à proximité d’un champ d’astéroïdes. Les appareils étaient à la dérive et lourdement endommagés, sans doute suite à une bataille navale dans le secteur.
Le colonel Pretorio fut interrompu par la Commissaire-générale Jissard, du département de la Sécurité Civile.
- Des pirates peut-être ? Il n’est pas rare de voir des brigands un peu trop téméraires se risquer sur la Voie Marchande Corellienne pour tenter de faire fortune en pillant les vaisseaux de commerce.
Pretorio sembla ricaner, bien que le bruit émis par son respirateur artificiel fût totalement inidentifiable.
- Des pirates avec beaucoup de moyens, dans ce cas. Je parierais sur des Hutt un peu trop présomptueux. On parle quand même de deux vaisseaux de guerre de conception mandalorienne absolument redoutables : des croiseurs de classe Keldabe. Visiblement, quelqu’un a misé gros en s’aventurant sur la Voie Marchande et a perdu sa mise. Les appareils sont en mauvais état, cependant, après examen, il ne semble pas totalement impossible de procéder à des réparations. En améliorant la flexibilité de nos chantiers navals afin de pouvoir travailler sur des vaisseaux de lourd tonnage, nous devrions pouvoir les remettre en état afin de renforcer notre flotte. Ces appareils sont très efficaces pour abattre les vaisseaux capitaux ennemis, ils nous seront utiles. De plus, des chantiers navals plus efficaces seraient fort appropriés pour concevoir de nouveaux appareils.
L’amiral Rikaard Feuerman, resté silencieux jusque-là, alluma une des cigarettes faisant sa réputation et rebondit sur l’exposé de son collègue.
- La réputation de l’industrie corellienne n’est plus à faire, mais nous avons néanmoins l’inconvénient de ne produire que des appareils militaires de taille relativement réduite. Le Free Virgillia sera un véritable atout, mais si nous voulons assurer totalement notre autonomie militaire, nous devons être en mesure de produire par nous-mêmes des croiseurs lourds susceptibles de rivaliser avec les vaisseaux amiraux des flottes républicaines, impériales et confédérées. De ce fait, il serait judicieux d’étudier la structure de ces Keldabe. Nous pourrions essayer d’en reproduire par nous-mêmes. Nous sommes par ailleurs toujours à la recherche d’un partenariat pour la recherche militaire. La rumeur prétend que le Diktat envisage un rapprochement avec les autorités révolutionnaires de Kuat, mais pour l’heure, nous devons continuer de collaborer avec la conseillère Vaetta pour trouver un partenaire adéquat.
Le commandant en chef de la CorSec reprit la parole.
- Merci pour ce compte-rendu, compagnons. La parole est dorénavant au colonel Romanski qui va nous dresser le bilan des enquêtes en cours de la Sécurité d’Etat. Compagnon, je vous en prie.
Le colonel Lorne Romanski adressa un sourire glaçant à ses homologues. Le maître espion ne pouvait s’empêcher d’effacer cet air narquois en présence de ses soi-disants supérieurs. A vrai dire, il peinait à comprendre la raison de sa présence en ces lieux, lui qui dirigeait la section la plus secrète et la plus crainte de la CorSec, lui qui recevait ses ordres directement du Diktat. Personne autour de cette table n’appréciait Romanski, ce qui ne manquait pas de l’amuser. Il prenait un malin plaisir à observer les officiers généraux devenir soudainement tendus lorsqu’il refusait de répondre à leurs interrogations en invoquant le sceau du secret d’Etat.
- La Sécurité d’Etat mène actuellement des investigations sur le groupe terroriste connu sous le nom de FLC et dirigé par le criminel et dissident politique Hector Maknov.
Un long silence suivit l’intervention du chef des renseignements.
- Et ? demanda le général sur un ton autoritaire.
- Et c’est tout.
La commissaire-générale Jissard eut soudainement l’air furieux et frappa du poing sur la table.
- Et c’est tout ?! Vous vous fichez de nous, Lorne ?! Vous qualifiez un groupuscule dissident sur lequel vous enquêtez de terroriste et vous affirmez qu’il n’y a rien à dire ?! Je vous rappelle que ce n’est pas vous qui êtes à la tête de la Sécurité Civile, Romanski. Si jamais, il y a des raisons de croire ces marginaux dangereux, alors j’estime être en droit d’être mise au courant !
Lorne Romanski répondit en ricanant.
- J’ai dit terroriste ? Vraiment ? Veuillez m’excuser, chère Kandri. Il n’y a rien qui mérite d’être porté à votre attention pour le moment, rassurez-vous. Et quand bien même je disposerais d’informations, vous pensez bien que je serais incapable de les divulguer sans l’accord du Diktat. Après tout, je ne suis qu’un humble serviteur de la présidence de la République populaire de Corellia !
- Vous êtes insupportable, Lorne…
Romanski reprit un air plus sérieux.
- Peut-être, mais je ne suis pas votre subordonné. La Sécurité d’Etat estime que, pour les besoins de l’enquête, les données dont nous disposons pour l’heure doivent rester confidentielles.
- Et je devrais faire confiance à la Sécurité d’Etat ? Permettez-moi de vous rappeler que cet agitateur de Maknov est issu des renseignements… et qu’il est un de vos vieux amis.
- Assez ! hurla le général Dexter.Un peu de tenue, compagnons ! Vous êtes au service de l’Etat ! Jissard, laissez les renseignements faire leur travail, et vous, Romanski, faites preuve d’un peu plus de respect envers vos homologues.
- Je vous présente mes excuses, mon général, répondit l’espion en souriant de plus belle.
- Je ne veux pas d’excuses, mais des résultats. Déterminez rapidement si le FLC constitue une véritable menace et tâchez de nous faire un rapport prochainement. Je vous rappelle que le sceau du secret d’Etat ne nous prive plus d’avoir affaire aux informations de votre département en cas de menace terroriste avérée. Sur ce, cette assemblée a assez duré, vous pouvez disposer, compagnons.
Romanski se dirigea vers la sortie la plus proche sous le regard méfiant de ses homologues. Est-ce qu’il pensait le FLC dangereux ? Oh oui, pour lui ça ne faisait pas le moindre doute. Cependant, il était encore trop tôt. Romanski avait hâte que la traque commence et se languissait de l’odeur métallique du sang frais sur sa lame. Patience… Les sbires de Maknov étaient pour l’heure habilement dissimulés et protégés, mais il ne faisait pas le moindre doute qu’ils finiraient par sortir de l’ombre pour frapper, et quand ce moment viendrait, Romanski s’en donnerait à cœur joie.






