Post n°7
Auteur : Rylen Korr
- Jack Bwilver dit "Le Pouilleux" -S'il y avait une ville pourrie jusqu'au fond de l'âme sur Tatooine, c'était bien Mos City. Au contraire de Mos Espa et de Mos Easley qui, bien que très pauvres à l'échelle galactique, étaient les deux plus grands spatioports de la planète aride et désertique. Mos City traînait la misère du monde et ce même si le gouvernement du Sénateur Glonk y était stationné. La petite colonie mêlait dans le même temps chasseurs de primes, contrebandiers, criminels et hors-la-loi en tout genre. Il s'agissait d'un modèle de ville à absolument éviter pour un étranger. Ces derniers étaient en effet des proies faciles pour les prédateurs qui remplissaient les cantinas et autres tavernes, les seuls lieux "habitables" de Tatooine. Mais certains touristes avaient réussi à se fondre au paysage, comme le vieux mendiant Jack Bwilver plus connu sous le nom du "Vieux Jack" ou encore sous le pseudonyme du "Pouilleux" dans les rues désertes de Mos City. Le vieil homme mendiait 24 heures sur 24 sur la chaussée avoisinant "Chez Pépé Jawa", bar préféré des voyous de la colonie déchue. Assis en tailleur sur un ancien tapis rongé par les mites, le vieux birbe passait ses journées à racontait sa vie aux passants et à brailler des anciennes musiques paillardes en espérant qu'ils aient pitié de sa pauvre âme pour qu'il puisse en tirer quelques pièces de monnaie. Argent qu'il dépensait souvent pour acheter des bouteilles d'alcool ou pour s'offrir des verres à la cantina du coin, histoire de s'offrir quelques minutes de bonheur et de plaisir dans cette vie misérable. Bwilver avait hérité des pires malheurs qui puissent exister, dont celui de perdre partiellement la vue. Bien qu'il n'était pas complètement aveugle, ses yeux le faisaient tellement souffrir qu'il ne pouvait absolument pas les utiliser. Il portait donc un chiffon en guise de bandeau pour les couvrir. Mais s'il s'agissait d'un fardeau au tout début, le Pouilleux apprit à vivre sans ce sens au fil des années. Il était aidé pour cela par son fidèle chien et seul compagnon qui restait tout le temps à ses côtés pour veiller sur son âme perdue. C'était cet animal qui lui ramenait le seul repas du soir (souvent des Rats Womp et des Scurriers avec de la chance). Autant dire que sans lui il était foutu.-Et on lui pèlera le jonc comme au bailli de Mos Easley! [...] Qu'on a pendu! Avec ses trip'euh!Cette journée était banale pour le vieux Jack. Il avait décidé pour ce jour-ci de fredonner des airs anciens, espérant gagner un peu plus qu'à l'ordinaire. Mais malheureux soit-il, il ne fit pas de bénéfices importants. Il avait juste assez pour se payer un verre à la taverne du "Duchenot", l'une des seules auberges où il était encore accueilli. Bwilver se leva donc de son tapis pour aller dépenser ce qu'il venait d'acquérir. Cette ruelle où il avait élu domicile n'était décidément pas rentable. Il devrait en repérer une autre en évitant le quartier des esclaves. Mais le mendiant devait auparavant avaler ses quelques gorgées de Bliel Rubis, sa boisson préférée. Cependant, il ne se dirigea point vers l'auberge de son ami le "Duchenot" mais bien vers la cantina "Chez Pépé Jawa", là où était régulièrement viré car il n'avait pas assez d'argent pour s'offrir à boire. Pourquoi privilégier un repère de voyous où on le considérait comme un déchet de la société (ce qui n'était pas tout à fait faux, à vrai dire) à une brasserie amicale où il ne se faisait pas traiter comme un bon à rien? Les quelques fois où il avait osé pénétrer dans la cantina préférée des chasseurs de primes, ces derniers lui avaient demandé de faire quelques pas de danse pour eux. Sous les tirs de leur blaster, Jack Bwilver dut détériorer encore un peu plus sa dignité qui était déjà bien amochée. Personne n'aurait pensé le revoir aussi tôt.. Et pourtant, ce fut le vieux Jack qu'on accueillit avec quelques applaudissements et des sifflets amicaux à son entrée dans la cantina.-Eh barman! Sers un verre à mon ami Polo! C'est ma tournée! dit le vieillard lorsqu'il fut assis sur une chaise haute face au bar, un Bliel Rubis, je te prie!L'humain, certainement un contrebandier, fit une tape dans le dos au vieux birbe avant de railler en compagnie de ses camarades. Jack déposa alors ses quelques pièces de monnaie avec fierté sur le comptoir avant d'adresser un large sourire à l'ensemble des clients pour leur montrer qu'il n'était pas aussi pauvre qu'ils ne le pensaient. Le barman attrapa l'argent et servit donc le vieillard avant de prendre une autre bouteille et de servir "l'ami Polo" qui avala le verre en une seule prise. Il fit une nouvelle tape encore plus forte que la première dans le dos de Jack qui pouffa de rire. Tous se moquèrent du mendiant à qui ils allaient certainement demander de danser devant eux. Mais Bwilver ne semblait pas être venu pour se taper une nouvelle fois la honte devant une bande de cons. Non, en aucun cas il le ferait. Il semblait, cette fois-ci, avoir un but. Il n'avait jamais eu d'ambition dans sa vie mais cette fois-ci il semblerait qu'il ait débarqué dans cette cantina pour atteindre un objectif.-La vie, elle est merdique. Pourquoi?! J'en sais rien! Mais elle l'est! J'aimerais bien sortir de ce trou perdu et me rendre au Sénat pour cracher sur la gueule de l'homme qui est responsable de notre pauvreté! Le vieux Jack était vraisemblablement déjà bourré, rien qu'après avoir consommé un verre.. qui n'était pas de l'alcool! Mais je n'ai ni les moyens, ni la vue pour me rendre jusqu'à Coruscant! Et ça m'fait chier! Alors que l'ensemble de la cantina éclatait de rire devant la scène qui était jouée par le vieillard, ce dernier se rapprocha de la table où se déroulait l'étrange conversation entre un chasseur de prime et un étranger qui avait eu l'audace de s'interposer dans une querelle entre voyous, mon nom est Jack! Vous s'riez assez sympa pour m'emmener jusqu'à la Capitale? Ça ne prendra que quelques secondes, le temps d'trouver l'homme qu'il me faut.. dit-il en posant un bras autour du cou du soldat qui faisait face à Coy, c'est mon odeur qui t'dérange? Mon dernier bain remonte à.. quand est-ce que Raf Rez a démissionné de son poste? Attrapant une chaise avoisinant la table, Jack se posa dessus avant de prendre la bouteille et d'avaler la moitié de son contenu à la bouche en seulement quelques secondes. Il finit par s'essuyer la bouche avant d'esquisser une expression de dégoût, mais c'est dégueulasse ton truc! Jack recracha alors une partie du liquide sur les pieds du clone avant de souffler en direction de son visage, désolé pour l'haleine, c'est certainement le Rat Womp de la veille. Ça a été difficile de le digérer, crois-moi!Le vieux Jack se leva alors mais tituba dès qu'il posa les deux pieds au sol. Il faillit tomber sur le chasseur de primes mais se rattrapa heureusement sur la table qui s'écroula sous le poids du mendient. Jack chuta alors sur Coy Sjanneur qui ne put se protéger et qui céda en même temps que le vieil homme. Tout deux se retrouvèrent au sol. Dans le même temps, le chien de Bwilver débarqua dans la cantina et vînt chatouiller les pieds du clone, comme si le geste avait été programmé. Sans le savoir, il venait d'avertir le vieil homme d'un danger imminent. Dans la chute, Jack rapprocha alors intelligemment sa bouche vers l'oreille droite de l'étranger avant de glisser quelques mots furtivement..-Sors par la porte de derrière, rejoins la taverne du Duchenot et restes-y.. Il ne devait pas discuter. Jack se releva alors et reprit ses airs de faux éméché, toutes mes excuses, jeune homme! Vous auriez du utiliser vos dons de Jedi! Faites attention à l'avenir, car votre nature est facilement identifiable! Vous sentez le forceux à des kilomètres à la ronde! conclut-il avec ces paroles ironiques et légèrement moqueuses.Alors que Coy répondait à sa tâche et que le chien du vieillard se faisait exclure de la salle par le barman, le vieux Jack se retourna vers le clone. Et alors que les clients de la cantina riaient toujours à haute voix de la maladresse du mendiant, celui qu'on surnommait "Le Pouilleux" venait subitement de prendre une toute autre personnalité. Il paraissait beaucoup plus sérieux, ce qui n'était pas du tout son caractère habituel. Il se rapprocha alors doucement du chasseur de prime sans éveiller la curiosité du barman et de ses clients.-Tu vas te retourner, quitter ce bar et oublier ce jeune homme. Est-ce bien clair?Cela semblait être une menace en l'air, surtout venant du vieux Jack. Cet ivrogne ne pouvait pas faire de mal à une mouche! Mais là, le clone savait qu'il ne plaisantait pas. Lorsqu'on apercevait un sabre laser prêt à être allumé au niveau des bijoux de famille, rire était la dernière des choses à faire. Car le vieux Jack avait soudainement pris la place du Jedi..Prochainement..