Post n°7
Auteur : Leiel Osso
Hey. Salut Crevette.La petite ouvre les yeux. De beaux yeux au beurre noir, avec ses iris violets, l'effet est pas mal intense. Je lui souris. Faut dire que je suis plutôt rassuré. - T'as l'air d'un Aqualish comme ça, tu verrais ta tronche.Je passe les doigts sur son front bandé, je prends sa main dans la mienne. J'ai pas l'air comme ça, mais c'est quand même rassurant qu'elle se réveille enfin.- Bon, t'as pris pas mal cher. Bouge pas trop, t'as des côtes cassées. On t'a recousu le crâne, on a viré les bouts de métal dans ta cuisse. On t'a refilé des litres de raisiné aussi. Pendant un moment, t'avais de bonnes raisons d'être pâlotte comme ça.Elle est pas encore bien là, mais c'est pas grave. J'ai hâte de lui raconter.- Tu pensais pas qu'on viendrait te chercher, hein ? Tu dois une fière chandelle à Drisk, Crevette. Bon, on n'avait pas prévu le transporteur qui a défoncé le fourgon. Mais le reste, t'aurais vu ça ! Déjà, on les a floués dès le départ. Ils ont bloqué l'astroport civil, tu penses. On les a semés sous le pont. Drisk a bidouillé l'autopilote comme un as, on a remis la bête en route droit sur eux et nous, on a fauché un deuxième speeder pour filer dans l'autre sens. Avec la fumée, ils n'ont rien bité. Le temps qu'ils comprennent ce qui s'était passé, maquillé comme l'était le Wampas, vol commercial tout ce qu'il y a de réglo, on a quitté la bille sans embrouille. Du. Grand. Art. Bah alors ? Allez, ça va maintenant, Loupette. Regarde, on est à la maison !La voilà qui pleure alors que j'ai envie de sourire. Bon, elle a dû se voir y passer, c'est vrai. Mais tout va bien à présent.- Jayce...- Je suis là, Douce. Parle pas trop, tu dois te reposer. T'as besoin d'un peu de temps pour être opérationnelle.- Jayce, s'il te plaît...Elle serre ma main. Pas fort, c'est pas ça, elle a autant de force qu'un porg. Mais déjà j'aime pas où ça va.- Jayce... parle à Ravell...- L'appelle pas comme ça.- Parle au Maître... s'il te plaît...- Hey... ça va aller maintenant. T'as plus rien à craindre. Tu sais, j'ai trouvé les neuf crédits que tu planquais, vaurienne, va. Moins dix pour cent, hein, ceux-là, c'est ma taxe.Je lui tapote la main, mais c'est pas la première fois que ça arrive. Et déjà, ça me gave doucement.- S'il te plaît... j'en peux plus... je veux plus... c'est trop dur...- Mia, écoute. Tu t'en es tirée, t'es en un seul morceau. On n'a pas eu la cartouche, cela dit. Alors je vais certainement pas...- Je veux plus... qu'on me touche... je veux plus qu'on... qu'on me tape dessus...Ca y est, les grandes eaux. Ca coule en cascades, je sais pas d'où elle sort toute cette flotte.- Mia, arrête ça. Tu m'entends, t'arrête ça tout de suite. On en a déjà parlé. Laisse tomber, tu veux ? On fait une bonne équipe, non ? Regarde, on est même venu te chercher, tu trouves pas que t'exagères un poil, là ?- C'est... c'est trop dur... Jayce... s'il te plaît...Elle est mignonne, la petite, mais faut pas me gonfler. Elle voudrait que je fasse quoi au juste ? Me présenter devant le patron et lui dire qu'elle démissionne ? Elle croit quoi ? Que je suis le grand sauveur, le héros des conneries qu'elle lit en cachette ? - Hey, ça suffit, là.Je dégage ma main de la sienne. Elle veut la rattraper, et elle grimace un coup. Faut pas jouer à ça quand on a les côtes en miettes. Bien fait, tiens.- Jayce !- Ah mais fous-moi la paix, merde ! - Je veux plus... je...- Ta gueule Mia ! Tu décides de rien, t'entends ! T'as rien à demander. J'ai rien à demander pour toi. Tu piges ? Je lui presse les joues avec mes doigts libérés et je la tourne vers moi, qu'elle comprenne bien ce que je dis. Elle tend les bras, elle essaye d'attraper ma manche. De l'autre main, je saisis ses poignets. Ca m'enflamme et ça me douche, ses plaintes.- T'arrête ça tout de suite. Maintenant ! Pour qui tu te prends, chutta ? T'as le boulot le plus facile du lot. Tu veux que je te rappelle ? T'ouvres la bouche, t'écartes les cuisses, et tu penses à autre chose. Tu vois, c'est pas compliqué. C'est quoi le problème ? Les hololivres que tu crois planquer dans ta piaule ?- Jayce... non... s'il te...- Ta. Gueule. Mia. Tu ravales toutes ces conneries, là. Les larmes, le baratin. Tu réalises pas ta chance. Et tu commences à me faire sérieusement chir. Arrête de chialer. Arrête ça !- Mais...Ah putin, j'en peux plus. Je la relâche sèchement, je me lève, je flanque un coup contre le senseur. La porte de l'infirmerie s'ouvre, mais ça suffit pas de sortir de là. Je l'entends sangloter, à grandes goulées, malgré ses côtes. Alors c'est le mur qui prend. Deux, trois bons pains, à en faire un trou. Putin, je me suis fait mal. Elle chiale librement maintenant, même à travers la porte fermée, ça me résonne dans la tête. On dirait une gosse. Ah, merde. Je retourne dans l'infirmerie. Elle a les deux bras repliés sur le visage. Tant mieux, je vois pas sa sale gueule. Le droïde médical valse. C'est moi qui injecte le calmant. Qu'elle pionce. Qu'elle m'emmerde plus. Après tout ce qu'on a fait pour elle, putin !Je la regarde, encore secouée par les longues plaintes, mais ses bras se relâchent, retombent à ses côtés. Sa respiration saccadée s'apaise un peu. Bien. Du calme, de la paix, du repos. Comment elle fait pour me retourner comme ça !Drisk est dans la cambuse, et voit ma tronche, forcément.- Elle t'a encore fait le coup, je parie.C'est lui que j'ai envie de cogner. Envie de lui défoncer la face à lui faire sortir les os. D'ailleurs, ça doit tilter dans sa tête, parce qu'il ne dit plus rien. Le Gran, lui... lui il s'en fout d'elle. Moi aussi ! Moi aussi. Moi aussi, je m'en fous. Et puis elle a vraiment pas de quoi se plaindre. C'est vrai qu'elle se prend une torgnole de temps en temps. C'est le boulot qui veut ça. Et j'ai pas le choix. Elle a pas le choix. On lui fout quand même assez la paix comme ça. Sérieux. Voilà, faut pas charrier. Elle a de la bouffe, des fringues. On la rafistole quand elle a besoin. Et même, cette fois, elle a gagné, quoi, huit put*in de crédits.