Post n°12
Auteur : Erys Talmark
Je tambourine des doigts sur la vaste table autour de laquelle j’ai rassemblé les quelques personnes que je connais sur Arkinnea. Une belle idée de merde, tiens, j’aurais mieux fait de me casser une jambe, plutôt que de l’ouvrir. Je me déteste déjà. A ma droite, Nyméia est plutôt silencieuse, elle m’a juste fait passer un datapad contenant toutes les données rassemblées… Flemme. A ma gauche, Shayn’a est là, mais elle n’a pas prononcé un mot non plus. Faudrait pouvoir. Et surtout, un peu plus loin à gauche, le bon vieux lieutenant Aster qui tient le crachoir depuis qu’on est assis. -… et il important de noter que la milice avait tout de même réussi à ramener un peu de calme et d’ordre avant que d’autres… -Oh, la ferme. Je me passe une main sur le visage et je cale ma joue dans l’autre en soupirant à fendre l’âme. Qui aurait cru que ce serait aussi chiant, ce genre de choses ? Je fusille du regard le lieutenant qui n’en a que le nom et je tape du poing sur la table. -Votre fameuse milice qui mettait le feu aux poudres et n’était pas capable de maintenir un semblant d’ordre, je l’ai balayée d’un geste de la main, et je suis littérale. Une bande d’escrocs et d’incapables à peine à même de différencier un canon d’une crosse. J’en ai assez de vous entendre gesticuler, « lieutenant ». Ce que vous allez faire, c’est me dresser une liste complète de vos effectifs. -Mais je… -PAS DE MAIS ! Cette fois, je me suis levée de ma chaise en frappant des deux poings sur la table, j’ai haussé le ton sans doute plus que je ne l’aurais voulu. Derrière moi, mon fauteuil a valdingué, je crois que j’ai utilisé la Force, vu comment il a fracassé le mur et est maintenant en morceaux. Tant pis, j’assume. Je reste debout et je garde mes yeux dans les siens. -Depuis que je suis là, je vous ai entendu chouiner, pleurer, pigner, vous plaindre constamment, mais j’attends encore le moindre bénéfice à votre présence. Donc, « lieutenant »… Je sais qu’il a entendu la variation de ma voix. Je vois dans ses yeux la terreur. Je n’ai pas hésité à lui prendre un doigt, je lui prendrai la main si il ose encore me contredire en ne servant à rien. Il a entendu la manière dont j’ai évoqué son foutu grade. Il sait. -Donc, disais-je… Vous allez me dresser une liste de votre milice. Les moutons noirs, dehors. Gare à vous si j’en trouve. Le reste passera entre les mains d’instructeurs. Et vous aussi. Vous avez intérêt à mériter votre grade. Suis-je claire ? Il hoche à peine de la tête, manifestement terrorisé. Bien, mais pas encore assez. Je reprends d’une voix plus légère, mais pas moins menaçante. -Suis. Je. Claire ? -Oui… Madame. Parfait. Au moins, il comprend la violence et le rapport de force. Aaah, ça fait du bien de se libérer un bon coup, là, de se sentir un peu vivante et libre de gueuler. Je sens bien les regards de la Twi’lek et de la Togruta, mais je m’en fous. -La milice sera transformée en force de sécurité locale. Shayn’a, Nyméia, qu’en est-il de la population ? -Pour l’instant, les gens ne savent pas où ils vont. Ce n’est pas le premier convoi humanitaire qui arrive, ils en sont reconnaissants mais ils savent que ça pourrait ne pas durer. Ils sont encore dans le brouillard, perdus. La sidération n’est pas encore partie… -Dans ce cas, il faut les mettre au travail. Nyméia, tu étais censée me trouver des spécialistes. -Je les ai. Mais je me suis dit que tu ne voudrais pas t’en occuper, alors j’ai commencé à compiler des données, je te ferai un résumé à la fin. Je regarde la Twi’lek. Je n’aurais pas pu rêver meilleure aide de camp, c’est une certitude. Je crois qu’elle a compris que je n’avais pas la tête à tout ça, ni les compétences… Elle me laisse driver et prend en charge les emmerdes. J’adore. Puis mon regard se tourne vers la Togruta. -Shayn’a, qu’en est-il de la résistance ? -Calme, pour l’heure. La fin du Leader les a un peu laissés sans raison d’être. Le pardon que vous avez initié les incite à ranger les armes. -Il nous en faudra de la Résistance aussi parmi la milice. Et quelques chefs à mon bureau. Ce sont les plus extrêmes, il faut entendre ce qu’ils ont à dire. Occupe-t’en, et donne leur à s’occuper les mains. -Oui… Et vous ? -Je vais continuer les tractations avec la République, voir ce qu’on peut faire. Chercher des experts, des industriels. Oh, et ne me cherchez pas dans les prochains jours. J’ai besoin de prendre l’air.