Post n°10
Auteur : Erys Talmark
Précédemment...Comme d'habitude en descendant de l'habitacle de mon vaisseau, je suis courbaturée. Être engoncée dans ce chasseur pendant des heures en hyper-espace, sans action, sans bagarre, sans rien d'autre que consulter un peu l'Holonet au cas où des choses intéressantes se passeraient... La définition même de l'ennui mortel. Bah, on dira que je tue le temps, mais difficile de vous restituer ce que j'ai pu lire pendant ce temps-là, parce que c'est chiant comme la pluie. Comment les politiciens font pour s'amuser, franchement ? Toutes ces commissions, ces séances pleinières, ces assemblées extraordinaires... ça a l'air d'un CHIANT ! Du coup, j'arrive à peine à me rappeler les noms des sénateurs. Même si ça me fait penser qu'un jour, peut-être, il faudra bien que j'y passe, avec Arkinnea dans les tuyaux. On verra le moment venu.Je laisse à Redcask le soin de s'occuper de la maintenance du vaisseau, en espérant qu'il ne me le foute pas en l'air, et je plisse un peu ma tenue. Pas folle, j'ai troqué mon uniforme de militaire, on sait jamais. Parce qu'à force, je connais bien les regards un peu suspicieux... Même si là, ils avaient l'air plutôt cramés. Et en même temps, heureux. Il ne me faut pas longtemps pour comprendre que ça vient de la cargaison. La République n'a pas traîné pour nous livrer, elle doit vraiment tenir à nous récupérer dans son giron, c'est une bonne nouvelle pour tout le monde. Ou au moins pour les réfugiés de la planète qui vont pouvoir manger pendant quelques semaines.Lorsque j'arrive à mes appartements, je me débarrasse de mes frusques et je me laisse tomber dans le canapé. L'avantage de gérer toutes ces merdes, c'est qu'on a le droit à un peu de confort, et ce divan, piqué à l'ancien gouverneur (et nettoyé au cas où l'ancien avait des puces), fait parfaitement le boulot. Je tends le bras vers mon enregistreur. Normalement, Nyméia, qui doit être bien occupée, a dû me laisser ses retours.-Erys, les cargaisons de la République sont arrivées. Pour la discrétion, on repassera, note-le quelque part : ils sont venus avec un Amiral que je ne connaissais pas, Falco. Si tu dois contacter quelqu'un, c'est lui, à l'avenir. Il avait l'air chafouin au départ, mais il a pris conscience qu'on y allait pas totalement à l'aveugle. Il faudra que je te parle de ses suggestions, aussi. Je reviens dans pas longtemps, je dois finir de faire le tour des points d'appro'. Dans trois jours, je suis de retour.Un Amiral, carrément. Ouais, la République doit vraiment y tenir. Mais c'est pas plus mal, ça me donne un contact, une idée, un début de piste pour la suite. Même si je ne compte pas dévier de mon plan, ce sera intéressant d'écouter Nyméia, si ça se trouve, le gradé a eu une bonne idée, on peut pas tout exclure de but en blanc. Mais ça attendra demain. Pour l'instant, j'ai encore besoin de réfléchir, et de souffler un peu, seule. Je ne vais pas dire que la mission m'a ébranlée, ce serait mentir, mais elle soulève des questions intéressantes. Notamment sur ma place dans tout ce chantier. Il y a moyen de progresser encore. Reste à savoir dans quel sens. Mais encore une fois... Ce sont des questions que je me poserai le moment venu. Et le moment, c'est pas avant demain.