Post n°8
Auteur : Atreïs Helcar
La Générale Valkoinen se détestait dans cette tenue. Les uniformes d’apparat étaient vraiment tout sauf pratiques. Engoncée dans les galons et les médailles, elle n’était ni plus ni moins que ridicule. Pire, elle couvrait l’armée de ridicule. Inacceptable. A ses yeux, plus l’uniforme était ostentatoire, plus il montrait la faiblesse de celui qui le portait. Le simple fait de penser à ces officiers en fin de carrière, bardés de médailles inutiles qui étaient des vestiges d’anciens temps et absolument pas une marque de valeur… Elle pourrait en vomir. Et elle en voyait régulièrement, dans son bureau ou par holocommunication, des hommes et des femmes de haut rang qui revendiquaient des positions qu’ils ne pourraient jamais tenir. Sa dernière action devrait les calmer sur leurs doléances. Ils ne prendraient pas le risque de solliciter des positions trop dangereuses. La solde est trop bonne, et le danger trop grand. Non, elle était entourée d’incapables. Hormis une poignée de fidèles disséminée aux quatre coins de la Galaxie… Mais elle ne devait compter que sur elle-même, désormais. Pour la dixième fois, elle réajusta son col de manteau. L’épaisse fourrure censée relever la noblesse et la dignité de ses traits lui donnait chaud. Les gants de cuir de rancor, qui marquaient l’appartenance à une certaine caste, étaient aussi impraticables que désuets. Et ces bottes, par la Force, quelle torture ! Pourtant, elle était passée par les rangs inférieurs et avait donné elle aussi son corps à la CSI, mais à ce point ? Même son honneur avait des limites, et cet accoutrement la poussait au bord de la révocation de tout ses serments… Heureusement, cela serait bref. Ceux de l’Assemblée des Préfets Séparatistes qui assisteraient à son discours n’oseraient certainement pas la contredire. Et si cela devait advenir… Eh bien, tant pis pour leur solde. Bien sûr, l’orgueilleuse Générale s’était refusée à se déplacer, et à attendre que les Préfets daignent se montrer. Ceux qui n’étaient pas présents l’apprendraient en différé. C’était l’une des vertus de la loi martiale, évidemment. Et sans doute la plus douce d’entre toutes… Ne pas avoir à écouter les jérémiades de ces parvenus. Alors, bien sûr, il faudrait les recadrer pour certains. Et d’autres se montreraient utiles. Mais elle verrait cela en temps et en heure. Elle relut ses notes une ultime fois, puis rentra dans le cercle d’holocom qui projetterait son image. Sa voix se fit claire et ferme. -Préfets. Si j’ai tenu à être devant vous aujourd’hui, c’est pour vous parler de cette situation rocambolesque. Une fois encore, les planètes de notre Confédération sont sous le coup d’une attaque. Après Korriban, après Utapau, c’est désormais Raxus Secundus qui est visée. A nouveau, des individus cherchent à profiter de notre magnanimité pour abattre ce qui nous est cher. L’heure n’est plus à la tergiversation. L’heure n’est plus à l’hésitation. Il est temps de prendre des décisions fortes, de suivre des hommes forts. C’était maintenant. Un coup de grâce qu’ils sentaient venir depuis bien longtemps, elle en était persuadée. -Nous ne pouvons plus continuer à disperser ainsi le pouvoir. Nous ne pouvons plus nous permettre de nous montrer faibles et désunis face à ces menaces intérieures qui semblent vouloir nous montrer faibles face aux ennemis de l’extérieur. Nous ne pouvons pas afficher une image de faiblesse face à la République Fédérale. Vous savez comme moi qu’elle n’attend qu’une chose, c’est que nous montrions un fléchissement de notre volonté pour frapper. Mais nous ne sommes pas faibles. Nous avons les moyens de nous montrer forts. Et c’est ce que je partage avec vous aujourd’hui. A partir de maintenant, et jusqu’à ce que la situation soit rétablie, chaque planète devra se montrer plus ferme, plus dure, plus en accord avec ce qui a fait notre force : notre armée. Nous sommes en guerre, préfets, ne l’oubliez jamais. Et pour contrer ces attaques, nous mettons en place la réponse adaptée : forte, létale, unie sous un seul commandement. Elle ne laissait aucun choix. Il n’y aurait pas de contestation. Le menton haut, les épaules rejetées en arrière, tout respirait la fierté. -A partir d’aujourd’hui, vos efforts et vos actions seront coordonnées à partir de Géonosis. Vous en répondrez sous l’autorité de l’armée. La seule qui vaille en temps de guerre. Votre fidélité à la cause nous guidera à la victoire. Mesdames, messieurs les préfets : unissons nos efforts. Une seule bannière, une seule cause, une seule victoire. Pour la CSI.