Post n°2
Auteur : Hivernus
Quelques heures plus tard.On peut se demander ce que le Bureau de Sécurité de l'Impérium vient chercher dans un centre hospitalier. La raison est évidente; des renseignements, des réponses. Pourtant, quelques curieux s'acharnent à vouloir connaître la véritable raison de la présence des services de renseignements "internes" au sein d'un hôpital... Sans toutefois revenir de leurs investigations. Quoi qu'il en soit, nombreux sont les médecins et les officiers de l'armée impériale à venir se plaindre -ouvertement ou non- d'un tel favoritisme. Car en effet, le BSI demeure l'outil privilégié du gouvernement et dispose donc de nombreuses prérogatives, permettant ainsi à l'institution préférée des dirigeants d'espionner ou d'éliminer n'importe qui, n'importe quand. Même les personnalités les plus influentes de l'Impérium -à l'instar des Moffs- ne sont pas à l'abri de possibles représailles. La toute puissante organisation de l'ombre en inquiète plus d'un... A juste titre.C'est dans l'un de ces locaux réquisitionnés que le Chiss enfile son bas d'uniforme dans le silence le plus total, sous le regard gêné du jeune cadet. L’humanoïde bleu effleure du bout des doigts l'endroit où il avait été touché sur Mygeeto par un tir allié. Il est surpris de constater qu'il ne reste pas une seule trace de ce qu'il a enduré sur la planète à ce moment précis. De cette blessure qui aurait pu lui être fatale, il ne conserve que le souvenir des douleurs passées sous silence. Mais même si le bacta permet d'effacer les cicatrices physiques indésirables, il ne peut rien faire contre les blessures ouvertes qui viennent troubler le Chiss.Nash reste un bon moment plongé dans ses pensées, penché en avant, le torse nu et les mains croisés. Il ne peut pas s'empêcher de se poser de multiples questions, de ressasser le passé. Un raclement de gorge de la part de Doxal le ramène à la réalité. Les deux impériaux s'observent un instant, dans cette atmosphère corrompue par les sombres pensées de l'alien. Finalement, l'ex-marin se décide enfin à s'habiller complètement, sans dire un mot toutefois. Le temps de quelques battements de cœur, le cadet se demande s'il est bien à sa place, quelque peu dérangé par l'attitude étrange et froide de son supérieur... Mais sa réflexion n'a pas le temps d'aller plus loin. Un fou furieux en blouse blanche débarque dans le local réservé aux agents du BSI et fait face aux deux uniformes noirs qui le dévisagent silencieusement. - Monsieur Futhark ! Vous avez complètement ignoré mes instructions ! C'est intolérable ! S'indigne le docteur dont les cheveux se dressent tout seuls sur la tête. Vous n'êtes pas en état de reprendre vos activités ! Je vous demande de regagner votre chambre... Tout de suite ! - Sauf votre respect Monsieur... Le Major... Tente timidement Doxal.- Restez à votre place soldat, je me fiche de ce que vous avez à me dire ! Le coupe sèchement le médecin.- Vous prenez des risques en manquant de respect à un agent du Bureau de la Sécurité de l'Impérium... Se décide enfin à ajouter Nash en posant son regard ardent sur le grincheux en blouse blanche. Vous le savez Docteur... N'est-ce pas ?Un bip sonore tente de se faire entendre dans tout ce vacarme, seul le cadet semble y porter attention. Le médecin est trop occupé à déballer tout son sac d'insultes et autres commentaires sur le Chiss. - Vous osez me menacer ? Je ne vais pas en rester là ! Votre pitoyable organisation de raclures sans nom va entendre parler de moi ! Vous entendez Futhark ? J'vais vous coller un rapport sur le dos ! Vocifère alors le docteur en levant un point, se voulant menaçant.- Je vous en prie Docteur Fields, ne vous gênez pas. Lâche soudainement une nouvelle voix dans son dos. Je serai ravi de vous accueillir... Nous pourrions peut-être parler de vos problèmes dans une cellule... loin de votre famille et de votre travail. A moins que vous ne décidiez de coopérer... Fields se retourne vers la petite silhouette holographique qui se dessine sur le bureau. Le médecin baisse un instant les yeux, le temps de trouver une excuse valable et de se remettre en question. Il sait très bien ce qui l'attend s'il ne satisfait pas le BSI. Il se mord les lèvres et ravale sa salive, presque de travers, sous l'effet de la pression. Quelques battements de cœur plus tard, l'homme en blouse blanche redresse la tête et fait face à la silhouette translucide, dont l'image vacille de temps à autre. Son visage pâle et couvert de sueur indique son état d'anxiété, mais il est prêt à accepter la sentence.Une scène qui tourne au comique aux yeux du Chiss, aussi silencieux que l'officier qui foudroie du regard le "malheureux" médecin. Voilà qui devrait lui faire les pieds, on ne se moque pas impunément d'une institution impériale. Nash s'imagine à nouveau en train de l'achever d'un tir de blaster entre les deux yeux. Oui, cela pourrait bien lui plaire. - Je... Je suis désolé... Cela ne se reproduira plus Capitaine Jaboth. Murmure Fields en s'empêchant de détourner le regard, de plus en plus livide. - Être désolé ne suffit pas. Répond froidement l'officier en redressant légèrement son menton. Mais estimez-vous chanceux, nous avons besoin de vos... compétences. La prochaine erreur pourrait bien vous être fatale. Un conseil, ne l'oubliez pas.- Hmpf... Oui... L'homme quitte la pièce sans se faire prier et semble longer les murs. Sûrement pour éviter de se prendre la honte devant les collègues, il a l'air d'avoir vu un fantôme. Il ne serait même pas étonnant qu'il se soit fait dessus. Le cadet Doxal verrouille l'accès à la porte d'un simple glissement de doigt sur le datapad qu'il tient en main. Plus personne ne viendrait les importuner. Un autre glissement de doigt lui permet de faire tripler de volume la silhouette menaçante du capitaine Jaboth, qui semble jauger le Chiss. Celui-ci entreprend de se redresser afin de saluer convenablement son supérieur, mais il se ravise lorsque l'officier lui indique de rester assis d'un simple mouvement de la main. - Ne vous embêtez pas avec les politesses Major Futhark, vous n'êtes pas réellement en état de le faire. Je ne voudrais pas être responsable d'une chute involontaire. Reprend le capitaine, presque caustique dans ses propos. Vous avez pu l'entendre, je suis le Capitaine Jaboth, du Département Opérations et superviseur en second de la Division Infiltration et Manipulation. Votre dossier est des plus exemplaires, et votre avenir semble tout aussi prometteur que celui de multiples agents. De nombreux officiers vous ont recommandé lors de votre service actif au sein de la Marine Impériale, néanmoins, vous n'avez décroché de promotion qu'à la toute fin de celui-ci. Une carrière unique en son genre, intéressante et intrigante. Vos "échecs" récents -durant lesquels vous sembliez être en désaccord avec vos supérieurs- nous amènent à reconsidérer votre avenir au sein de notre organisation. Nous avons décidé de vous accorder une proposition qui ne se présentera pas deux fois...L'officier rectifie un instant les plis de son uniforme, avant de se décider de cracher le morceau. Comme s'il s'y opposait.- Votre... état ne vous permet pas de réintégrer les rangs des agents de terrain, cependant... Il semblerait bien que vous ayez réussi à obtenir un poste d'officier traitant au sein de la Division Infiltration et Manipulation. Félicitations Major.Jaboth ne s'embête pas avec les formalités et passe directement au topo, les mains croisés dans le dos.- L'Impérium est en train de subir une vague de changements, sous l'impulsion de la Grande Moff Ashe. Une opération militaire d'une grande ampleur semble se présenter à l'horizon... Et le BSI a été choisi pour préparer le terrain. Vous aurez en charge la planification des opérations clandestines. Bien évidement, nous vous laissons carte blanche pour la constitution de vos équipes et pour ce qui est de l'élaboration des plans. Les détails de la mission ont été transférés sur le datapad du Cadet Doxal, qui servira sous vos ordres. Nous attendons votre rapport dans les plus brefs délais. Capitaine Jaboth, terminé.La communication holographique s'achève brutalement. Nash semble toujours aussi perplexe, il n'a pas décroché un seul mot. A croire que cela ne dérange nullement le capitaine. Peut-être que celui-ci n'accorde d'importance qu'aux résultats. Doxal reste planté là, droit comme un I, à attendre qu'on lui donne ses directives, bien que légèrement nerveux. Le silence éloquent de l’humanoïde est bien plus flippant que la voix autoritaire de Jaboth. Les personnes sensées auraient sûrement été honorées à l'idée de recevoir une promotion, mais ce Chiss est aussi bavard qu'une pierre tombale. Il semble indifférent, comme si cela ne lui fait pas plaisir. Est-ce là une mauvaise habitude qu'il a pris ? A moins que ce ne soit une particularité de l'espèce. A vrai dire, le jeune cadet ne connaît pas vraiment l'espèce que représente le major. Il faudrait qu'il se renseigne un de ces jours... Cela lui éviterait d'avoir des surprises à l'avenir...Doxal sursaute et manque de faire tomber sa casquette impériale. Nash vient de planter son regard de braises ardentes sur lui. Une sueur froide commence à coller l'uniforme noire du gosse. L'alien esquisse l'ombre d'un sourire, ce qui n'est pas pour rassurer le cadet.- Et bien... Qu'attendez-vous pour me présenter votre datapad Cadet ? Demande froidement l'impérial à peau bleue, massant alors son moignon douloureux. - Ah... Euh... Oui... Voilà ! Tenez Major. Bafouille le jeune homme en tendant son datapad au Chiss. - Je vous remercie Cadet. Vous pouvez disposer... Continue avec une simplicité déconcertante l’humanoïde. Vous pourriez me rendre un dernier service toutefois... J'ai besoin de concentration, je ne tiens pas à être dérangé. Si vous voyez ce que je veux dire... - C'est bien noté Monsieur. Le gosse effectue un salut militaire règlementaire et s'empresse presque de quitter l'endroit, comme s'il fuit la mauvaise humeur de Nash, qui semble déteindre sur son environnement. Les plus suspicieux pourraient presque croire que la lumière blanche et vive qui filtre à travers les fenêtres s'obscurcit à force de côtoyer l'unijambiste et son humeur massacrante. Le Chiss hausse un sourcil, le cadet, bien que jeune, le surprend. Il manque de confiance, mais il est vif d'esprit, un atout certain. L'ex-marin se penche donc en toute tranquillité sur les données remises par le capitaine Jaboth, sûr et certain que des gardes armés empêcheraient qu'un autre fou furieux débarque en toute impunité dans les locaux du redoutable Bureau de la Sécurité de l'Impérium. Une nouvelle chance se présente à lui, et il ne compte pas la gâcher. S'il le faut, il ne dormirait pas avant d'avoir élaboré de fond en comble le plan qui conviendrait à son esprit affûté. Son excès de zèle porte ses fruits, puisqu'il oublie complètement l'environnement qui l'entoure, totalement absorbé par la masse d'informations à assimiler...