Post n°4
Auteur : Arda Moonshade
Arda était assez agacée. Elle n’avait pas trouvé ce qu’elle cherchait, et en était arrivée à la conclusion que ce scientifique de bas étage devait avoir gardé les documents avec lui.Ce qui l’obligeait à l’attendre, et elle n’était pas vraiment du genre à aimer attendre.Elle décida donc de fouiller une nouvelle fois la cuisine, en réorientant l’axe de ses recherches cette fois. Elle finit par dénicher ce qu’elle cherchait : une bouteille d’alcool de qualité.-Une honte de laisser ça à Lithius…Alors qu’elle avait débouché la bouteille et commençait à savourer la liqueur, un bruit attira son attention. Il venait du mur du fond de la cuisine. Elle reposa doucement la bouteille sur la table (sale) et, se levant en souplesse et silence, avança à pas de loup vers ledit mur. Elle l’étudia de plus près que lors de son premier tour, et y découvrit finalement les traces indubitables de la présence d’une porte. Qu’y avait-il derrière ? Un simple placard ? Une sortie, une pièce, les fameux plans ? En tout cas, il y avait quelque chose ou quelqu’un qui frappait pour attirer l’attention…Il fallait qu’elle en ait le cœur net. Il lui fallut à peine 5 minutes de tâtonnements pour ouvrir la porte et découvrir un cagibi. A l’intérieur, des étagères pleines de documents et… -Tchiort ! C’est quoi ça !?!Une boule de poils venait de se jeter dans les jambes de notre intrépide chasseuse de prime. La… bestiole… couinait lamentablement, et Arda eût le plus grand mal à l’écarter suffisamment pour pouvoir l’identifier.-Saleté d’ewok… Bon, voyons ce qu’il y a ici…Et, l’ewok toujours collé à ses basques, elle fouilla les étagères.-Euréka ! Voilà les plans ! Plus qu’à me débarrasser du pseudo Einstein véreux et ce sera parfait. Tiens ? Je crois qu’il arrive…En effet, le bruit caractéristique de la porte d’entrée se faisait précisément entendre. Arda attrapa l’ewok, le posa sans douceur sur la table et le toisa d’un regard sévère :-Toi, pas bouger !Puis elle gagna un recoin de la pièce d’où elle pouvait apercevoir l’entrée.… la porte s’ouvrit pour laisser entrer l’IG et son propriétaire dans une maison qui était exactement telle qu’ils l’avaient laissée. Nulle trace d’effraction ou d’intrusion.Pourtant, une fois la porte refermée sur les trois miliciens, le droïde commença à faire le tour des lieux. Il n’eut pas la moindre chance de l’achever.Le droïde fut renversé par une masse (pas très importante mais déterminée) et se retrouva au sol. Avant que Lithius ait eu le temps de réagir, la masse (qui se révéla être une silhouette fine, vêtue de noir) bondissait sur lui et l’envoyait promener à l’autre bout de la pièce, le plus loin possible de la porte.Arda tourna à nouveau son attention vers la boîte de conserve qui se relevait déjà et dégainait un blaster.Pendant ce temps, de l’autre côté du battant, les miliciens avaient remarqué que quelque chose n’allait pas et tambourinaient désespérément pour qu’on leur ouvre. Comme elle l’avait espéré, ils n’avaient pas accès à la maison. (Heureusement d’ailleurs, sinon, son beau plan d’attaque se retrouvait mis à mal).Surveillant Lithius du coin de l’œil pour s’assurer qu’il n’ouvre pas la porte, elle entreprit de démonter le droïde. (Oui, Arda n’aime vraiment pas ça, les droïdes.)Premièrement, éliminer le risque représenté par le blaster. Elle devait s’arranger pour forcer le combat rapproché. Arda se jeta donc à nouveau sur l’IG. Ce qui prit celui-ci complètement par surprise. Il n’y avait pas beaucoup de gens suffisamment inconscients pour attaquer au corps à corps un droïde de combat…C’était peut-être un des avantages (et des défauts) d’Arda, elle avait le don de faire le truc fou auquel personne n’aurait jamais pensé.Evidemment, elle ne cherchait pas à frapper le droïde. Elle n’était quand même pas aussi inconsciente… Elle cherchait plutôt à le faire tomber, à lui tordre les bras ou les jambes. Elle avait remarqué, lors de sa première attaque, qu’il n’était pas vraiment agile.Alors qu’elle tentait de se remettre d’un uppercut assez vicieux donné par un poing de fer, elle eut le temps de s’étonner que Lithius n’agisse pas plus que ça. Idée qu’elle écarta en se disant qu’il était juste trop lâche pour ça.Elle esquiva de justesse un nouveau coup métallique et grogna.Bon… assez joué. Passons aux choses sérieuses…Et, dégainant son blaster, elle tira à bout portant dans l’épaule du droïde, le bras mécanique se détacha et tomba au sol avec fracas, accompagné par une odeur de roussis, et une sensation de brûlure dans le bras de chair de la chasseuse de prime. Elle jeta un regard sur son bras, constata que sa manche droite était brûlée, de même, vraisemblablement, que le bras en dessous, haussa les épaules et recula d’un pas.Alors que l’IG luttait pour se remettre debout, elle tira à nouveau, dans l’autre épaule cette fois. Puis, ce fut le tour de la jambe gauche, puis de la droite. Arda procédait avec une minutie chirurgicale, jusqu’à ce que le droïde ressemble à une tortue retournée, et totalement inoffensive.Arda se décida alors à s’informer de ce que devenait Lithius. Elle se retourna vers le coin où elle l’avait balancé quelques minutes auparavant, et haussa les sourcils, surprise.L’ewok était assis sur le ventre de Lithius, une louche à la main, et l’empêchait de bouger. Pour être exact, il le frappait avec la louche chaque fois que le skakoan faisait mine de bouger. Elle eut un petit sourire, visiblement, Lithius n’était pas un problème, autant en finir donc avec l’IG d’abord.Elle jeta un coup d’œil autour d’elle, avisa une chaise qui avait été réduite un morceaux lors du combat et récupéra un de ses pieds : une barre de métal bien solide.Elle se planta au-dessus de ce qui restait du droïde, faisant tournoyer la barre dans ses mains.-Donnez-moi un point d’appui et je soulèverai le monde.Elle plaça son « levier » à la jointure entre le corps et la tête mécaniques, et fit sauter cette dernière.A ce moment, il lui sembla bien entendre couiner le skakoan derrière elle.Elle le rejoignit, un sourire mauvais aux lèvres.-Le monsieur a peur que ce ne soit son tour, maintenant ? Comme le monsieur a raison. Pour un peu, je pourrais croire que le monsieur a un minimum d’intelligence… Malheureusement, tout ce que tu as fait dans ta misérable vie me prouve le contraire… Enfin, rassure-toi, ton calvaire s’achève ici, je vais t’épargner de longues années de reptation médiocre à la surface des mondes de cette galaxie.Bouge de là, boule de poil !L’ewok obéit plus au ton péremptoire et au geste du blaster qui l’accompagnait qu’aux paroles de la jeune femme, et s’écarta prudemment de quelques pas.L’instant d’après, ce fut lui qui, cette fois, couina, quand le blaster redécora le coin de la pièce avec la cervelle (de bien mauvaise qualité) du transfuge de la CSI.-Bien, ça c’est fait, allons-nous en maintenant !… Ah non, pas toi, tu crois quand même pas que je vais m’encombrer d’une peluche !...Tiens… j’ai oublié les miliciens… qu’est-ce qu’ils trafiquent à ton avis…Arda avait un peu perdu la notion du temps. Cela faisait quoi ? 3 minutes, cinq, pas plus de quinze que le combat avait commencé. Les trois gardes avaient arrêté de frapper à la porte. Est-ce qu’ils étaient allés cherché du renfort ?Sans même s’en rendre compte, elle avait commencé à recensé les différents objets à sa disposition, et son esprit (qui était, lui aussi un esprit de scientifique, mais un vrai) avait commencé à échafauder une solution.Elle se mit au travail et, rapidement, avec les meubles de la pièce et l’arme abandonnée par l’IG, elle avait mis au point un système de défense de la porte (ou un système d’attaque de ce qui pouvait se trouver derrière la porte, selon le point de vue).Elle trafiqua pour finir les commandes de la porte pour pouvoir l’ouvrir de plus loin, et activa l’ouverture.Les trois miliciens étaient derrière, indécis, ils restèrent quelques instants, en joue, à guetter la sortie d’éventuels agresseurs, mais rien ne venait.Alors, ils avancèrent, l’un derrière l’autre.Le système de défense commença à tirer, le premier s’effondra aussitôt, le deuxième s’affala contre la porte, seulement blessé apparemment, le troisième prit courageusement ses jambes à son cou.Arda éteignit le blaster et sortit calmement de la maison.Dans la rue, elle prit dix secondes pour s’orienter puis se dirigea vers l’aéroport.Elle n’avait pas fait cinquante mètres qu’elle s’arrêtait et se retournait. L’ewok était derrière elle.-Va-t-en, toi…Il baragouina quelque chose dans sa langue incompréhensible, mais semblait biendécidé à la suivre coûte que coûte. Arda haussa les épaules et reprit sa route.Arrivée à l’aéroport et au hangar où était garé son vaisseau, elle se retrouva nez à nez avec un technicien qui inscrivait des choses sur une tablette en contemplant la poubelle volante d’un air dégoûté. Elle se planta devant lui glaciale :-Et vous êtes… ?-Agent technicien Grab Tree, ma’ame. Je ne sais pas si je dois vous autoriser à repartir dans ce vaisseau, il est en mauvais état. Il aperçut l’ewok derrière elle. Aucun papier d’admission ne mentionne un passager, encore moins un ewok, je vais devoir faire un rapport. Veuillez rejoindre votre lieu de séjour en ville je vous prie.-Tu n’as aucune idée de qui je suis, et de ce qui t’attend si tu me gênes. Tu vois ça ? C’est le symbole de la Guilde des Chasseurs de Prime. Si tu ne veux pas te retrouver avec une prime sur ta tête et l’ensemble de ta guilde à tes trousses, tu vas me signer l’autorisation de décoller tout de suite et tu vas retourner jouer aux billes en m’oubliant et en oubliant tout ce qui a un rapport avec moi. Compris ?Le type s’était apparemment enfoncé dans le sol à chaque phrase, et c’est à peine s’il réussit à prononcer un vague acquiescement, à signer l’autorisation demandée, et à fuir le hangar.Arda secoua la tête et ouvrit la passerelle d’embarquement. L’ewok se précipita à l’intérieur avant qu’elle ait pu l’en empêcher. -Bojé moï…Fataliste, elle monta à bord à son tour et se prépara au décollage (après avoir chassé la boule de poil du siège de pilote et l’avoir admise sur celui de copilote).Une heure après, elle enclenchait le pilote automatique direction Dantooine.Jetant un regard fatigué sur son nouveau compagnon de voyage, elle murmura :-Je crois qu’il va falloir que je te trouve un nom, je vais pas t’appeler Boule de poils tout le temps quand même…Il se contenta de la regarder sereinement.-Bon, bah, ce sera Eron. Et maintenant, je vais dormir un peu…