Post n°38
Auteur : Hivernus
Darel accepte de jouer le jeu et de révéler au capitaine Himron le peu qu’elle sait… Ou plutôt, le peu qu’elle consent à dévoiler. L’Ordre Jedi est en vie. Enfin si l’on se fie à ses dires. Mais la Jedi se garde bien de dire où les siens ont pris leurs quartiers, et s’ils sont assez nombreux pour représenter une quelconque menace. L’officier impérial respecte sa volonté de protéger ses pairs d’individus qui pourraient éventuellement leur vouloir du mal. Cependant, il ne doute pas un instant que Swedberg et Festus verront dans cette décision un comportement suspect. Cacher des informations au commandement impérial, c’est prendre le risque de passer pour quelqu’un qui a de mauvaises intentions.Le reste s’avère aussi nébuleux, malheureusement. Néanmoins, Darel évoque plusieurs éléments intéressants à relever. La République est à l’origine de l’intervention des Jedi sur le croiseur. Et ce même croiseur agirait potentiellement à l’appel d’un Sith très puissant, du moins si l’on prend en compte l’hypothèse émise par la Jedi. L’information donne de quoi s’inquiéter… Mais la Confédération des Systèmes Indépendants et l’Impérium sauront se charger du problème en temps voulu. Il ne fait aucun doute que séparatistes et impériaux mobiliseront diverses ressources pour enquêter sur les origines mystérieuses de ce destroyer. Visiblement, les Jedi accepteront également de donner un coup de main si on leur demande gentiment. Tant mieux… En espérant toutefois, comme l’annonce si bien Darel, qu’ils aient réellement choisi de couper les ponts avec la République. Car le contraire aurait tendance à compliquer les relations entre l’Ordre Jedi et l’Impérium... Et puisqu’elles ne sont déjà pas fameuses, autant dire que cela nuirait grandement à l’installation d’une relation de confiance entre les deux factions.- Je vous remercie pour ces éclaircissements, chevalier. Lâche finalement Himron, songeur.Avant qu’il ne puisse ajouter autre chose, un “toc-toc” de l’autre côté de la vitre sans tain se fait entendre.- Veuillez m’excuser. Ce ne sera pas long. L’homme récupère son casque, qu’il glisse sous son bras, puis quitte la salle d’interrogatoire afin de rejoindre la petite pièce qui lui est adjacente. A l’intérieur, Swedberg et Festus, bras croisés sur la poitrine ou mains croisées dans le dos, l’attendent patiemment. Le colonel affiche l’ombre d’un sourire sur son visage. Il a l’air aux anges, probablement ravi à l’idée de pouvoir casser du sucre sur le dos de la Jedi. Le connaissant, il doit probablement la remercier pour lui avoir refilé du grain à moudre… Il est vrai que les informations nébuleuses de Darel ne jouent guère en sa faveur. Le contre-amiral, pour sa part, demeure impassible.- Vos résultats ne sont pas fameux, Himron. Lance alors le commandant de l’ACTU, un sourire aux lèvres. Je crains, hélas, de devoir recourir à une méthode plus frontale.- Certes. Il est vrai que les réponses de notre captive sont pour le moins… Déconcertantes. Admet Festus, perplexe.- Sauf votre respect, amiral, j’ai réussi à la faire parler sans avoir eu besoin de recourir aux méthodes brutales et, disons-le franchement, très discutables du colonel Swedberg. Réplique alors le capitaine en adressant à son rival un regard particulièrement évocateur. Je pourrais probablement obtenir plus d’elle avec un peu de temps et de patience.- Oui… Vous marquez un point, capitaine. Répond son supérieur, soupirant doucement. Je doute cependant de la bonne foi de votre prétendue amie Jedi. Elle nous cache des choses et cela ne me plaît guère. Peut-être même qu’elle se joue de nous, qu’elle se sert de cette relation de confiance qu’elle a commencé à nouer avec vous pour nous la mettre à l’envers.Se faire traiter de pigeon par son supérieur n’a rien d’agréable. Néanmoins, Himron ne rétorque pas. Même s’il doute que Darel puisse être du genre malveillante, il comprend qu’on ne puisse pas exclure d’office la possibilité qu’elle soit un agent Sith sous couverture. L’influence que ces ravagés du cerveau ont eu sur les impériaux est telle que nombre d’entre eux sont désormais persuadés de voir des ennemis partout. Il ne fait aucun doute que le contre-amiral pourrait être de ceux qui voient derrière chaque visage angélique un potentiel traître ou un assassin Sith. - Si vous voulez mon avis, tout cela fait partie de son stratagème. Pour le dire en des termes plus directs : Elle se fout volontiers de notre tronche. Ajoute à sa suite Swedberg, qui n’en démord pas. On ne devrait pas accorder la moindre importance à tout ce qui sort de la bouche de cette sale petite sorcière. Amiral, donnez moi carte blanche et je vous assure que vous aurez des aveux complets de sa part dans deux heures.- C’est quand même incroyable d’en vouloir à ce point là à quelqu’un. Dites-moi, colonel, les Jedi vous auraient ils volé votre goûter dans la cour de récréation ? Ou peut-être vous ont ils refusé l'entrée de leur temple ? A vous entendre, on dirait qu’ils sont à l’origine de tous les maux de la galaxie. Se permet de répondre le capitaine, caustique dans ses propos. J’espère que vous avez une meilleure opinion de nos camarades de la Chevalerie Impériale… Quoi que, vous auriez probablement raison de leur en vouloir à eux aussi, vu qu’ils vous volent une partie de votre boulot. Peut-être même que vous les détestez parce qu'ils représentent un danger potentiel, eux aussi.- Hmpf…Le manque de riposte du colonel est particulièrement évocateur. Festus pourrait s’amuser de cette petite guerre d’égo entre deux de ses officiers subalternes mais il n’en est rien. Une telle querelle n’est pas bonne pour le moral des troupes. L’Impérium a assurément besoin d’unité en ces temps troublés, pas de divisions. D’un geste de la main, le commandant de la première flotte d’intervention rapide fait signe à ses subordonnés de calmer leurs ardeurs.- Capitaine, je comprends votre agacement. Vous partez du principe que cette… Darel, ou quel que soit son nom, est bel et bien ce qu’elle prétend être : Une Jedi. Indique le contre-amiral. Toutefois, on ne peut pas exclure le fait qu’elle mente, ou bien sur sa réelle identité, ou bien sur ses réelles motivations. De ce fait, je ne peux pas totalement me prononcer contre les méthodes proposées par le colonel Swedberg, qui sont certes discutables mais nécessaires… Surtout quand il en va de la sécurité de l’Impérium et du maintien de la paix dans la galaxie.- Je ne remets pas en question votre jugement, amiral… Cependant, je constate que l’Impérium est incapable d’aller de l’avant. On nous force à croire que toute personne qui ne coopère pas pleinement est au mieux un individu suspect qu’il faut surveiller, au pire un ennemi du régime qu’il convient de neutraliser. Explique alors le capitaine. Pour le colonel Swedberg, il ne fait aucun doute que le chevalier Darel est forcément coupable de quelque chose. Hors, vous ne semblez pas prendre en compte que sa méfiance est naturelle. L’Impérium est l’héritier direct d’un régime qui a persécuté et assassiné des dizaines de ses semblables. Croyez-vous réellement qu’un Jedi se jetterait volontiers dans nos bras, tel un vieux frère, pour nous révéler tout ce qu’il y a à savoir sur les siens ? Certes, son comportement peut sembler suspect, mais au vu de la situation, j’aurai tendance à dire que c’est normal.- Vous n’avez pas les idées claires, capitaine. Cette foutue prétendue Jedi vous a jeté un sort, c’est évident. Siffle le commandant de l’ACTU. Amiral… Comme je le craignais, le capitaine Himron est tombé sous le charme de cette sorcière. Il a l’esprit embrumé.- Et vous, colonel, vous avez l’esprit trop étroit. Vous seriez prêt à vous aliéner l’ensemble de la galaxie juste pour avoir raison. Réplique Himron. Amiral, Darel est probablement notre première chance de renouer le contact avec les Jedi. Au lieu d’en faire des ennemis, nous devrions en faire des amis. En cas de conflit armé, il vaudrait mieux les avoir de notre côté plutôt que du côté de nos ennemis… Ou tout du moins s’assurer qu’ils respectent un semblant de neutralité.- Nous n’avons toujours pas pu confirmer l’appartenance de votre prétendue Jedi à l’Ordre, capitaine…- Accordez-lui le bénéfice du doute, je vous en prie. Peu importe qu’elle nous refile des informations sans valeur, qu’elle nous dissimule des choses. Il vaut mieux s’estimer chanceux d’avoir, ne serait-ce qu’une fois, la possibilité de se rapprocher des Jedi.Bon sang… C’est qu’il est têtu ! Face à tant d’insistance, le contre-amiral semble découragé. Festus inspire profondément, comme pour se redonner du courage (ou plutôt une certaine motivation), puis se décide enfin à faire un choix.- Très bien, capitaine, vous avez gagné. J’accepte de vous donner raison et d’accorder le bénéfice du doute à votre amie Jedi. Que ce soit bien clair, cependant… Si j’entends à nouveau parler d’elle d’une quelconque façon que ce soit, je vous en tiendrai personnellement responsable et je m’assurerai de vous faire regretter votre décision. Vous m’avez bien compris ?- Oui, amiral.- Bien… Réglons cette histoire une bonne fois pour toute.Swedberg s’apprête à protester mais se ravise en voyant le regard que le commandant de la première flotte d’intervention rapide lui adresse. Il ne serait pas avisé de le contredire… Le colonel se contente donc de ruminer sa défaite en silence. Il aura sa revanche un autre jour. Le contre-amiral quitte donc la pièce, flanqué par ses subordonnés, puis pénètre dans la salle d’interrogatoire. L’homme ne salue pas la captive et ne cherche pas à se présenter. Cette affaire le contrarie déjà suffisamment et il ne souhaite pas dépenser plus d’énergie que nécessaire.- Chevalier Darel, après discussion avec mes officiers, j’ai décidé de vous accorder le bénéfice du doute. Vous pouvez remercier dès à présent le capitaine Himron… Sans ses efforts déployés pour me convaincre, la décision de vous laisser croupir dans une prison impériale aurait probablement été la mienne… Indique Festus d’une voix qui n’inspire guère la sympathie. Mettons-nous d’accord dès à présent, si vous le voulez bien. Je ne veux plus vous revoir, vous ou l’un de vos semblables, agir en toute impunité lors d’une opération militaire pour laquelle vous n’avez pas été conviés… Nous ne serons pas aussi cléments à chaque fois. La prochaine fois que l’un des vôtres sera surpris à agir de manière clandestine sur l’une de nos missions, croyez-moi qu’il ne sera pas reçu avec autant de bienveillance. Et si jamais j’entends à nouveau parler d’un Jedi agitant un sabre laser à lame rouge devant mes hommes, je donnerai l’ordre de l’abattre sur-le-champ, padawan ou pas.Placé derrière le contre-amiral, Himron ne peut s’empêcher de froncer les sourcils. L’approche de son supérieur n’est guère la plus diplomate. Certes, la frustration d’avoir à gérer des éléments perturbateurs sur un théâtre d’opérations, tels les Jedi, peut expliquer en partie le ton désobligeant. Mais est-ce réellement nécessaire d’en venir aux menaces ? Swedberg, à ses côtés, esquisse l’ombre d’un sourire et acquiesce en silence. Il n’est pas mécontent du choix des mots… Et s’estime satisfait par les promesses du commandant de la première flotte d’intervention rapide. Au moins, les choses sont dites. Il n’y aura pas de seconde chance pour la vermine Jedi.- Bien… Puisque cela est dit, venons-en maintenant au reste. Nous vous fournirons un transport afin que vous puissiez partir où bon vous semble. Cependant, pour des raisons de sécurité évidente, tant pour vous que pour nous, votre départ ne se fera pas dans l’immédiat. Poursuit Festus, jaugeant la Jedi qui lui fait face. Vous serez confinée dans votre cellule jusqu’à ce que nous ayons atteint un système jugé sans danger. Considérez cela comme une mesure de sécurité supplémentaire… Cela devrait également laisser assez de temps à mon équipage pour remettre en état l’un de nos vieux transports déclassés et s’assurer qu’il fonctionne bien. Voyez le bon côté des choses... Cela vous laissera le temps de méditer.Il ne faudrait pas en demander plus au contre-amiral. Il fait déjà l’effort d’offrir un vaisseau à un individu qui ne le mérite pas et semble prêt à mobiliser une partie de son équipage pour le remettre à neuf. Certes, il ne s’agit pas d’un vaisseau de dernière génération… Mais l’officier ne compte pas offrir le fleuron de la marine impériale à une ennemie potentielle. La technologie impériale restera entre des mains impériales. Darel, ou quel que soit son nom, devra se contenter d'un vieux vaisseau récupéré lors de leurs explorations au sein des Régions Inconnues ou sera éjectée de force par un sas.- Capitaine Himron. Veuillez raccompagner notre invitée à ses quartiers. - Oui, amiral. Chevalier Darel, si vous voulez bien me suivre… L’homme enfile son casque, attend que la Jedi soit dans son sillage puis s’engage dans le couloir. Plusieurs commandos se placent derrière la captive, prêts à faire usage de leurs armes au moindre geste suspect… Une courtoisie du contre-amiral et du colonel Swedberg. Tout le monde semble sur les nerfs. Cette affaire agace irrite autant qu’elle épuise et les impériaux sont susceptibles d’y mettre fin à tout moment, de quelque façon que ce soit. Himron, le plus diplomate d’entre tous, reste optimiste malgré tout. D’ici quelques jours, tout ceci ne sera plus qu’un mauvais souvenir…