Post n°2
Auteur : Hivernus
"Lorsque enfin les ténèbres refluèrent,Par les lueurs de l'aube incendiées,Face au Mal, les hommes se levèrent,Défiant leur mort, leur destinée..."Secteurs militarisés. Centre de détention du Bureau de Sécurité de l'Impérium. De retour au bloc E.Des bruits de pas résonnent à nouveau dans les couloirs de la prison souterraine. L'écho des cris, qui se répercute sur les murs, ne semble nullement perturber l'escouade impériale chargée d'escorter le major Futhark jusqu'à destination. Les déplacements réguliers du Chiss au sein du centre de détention ne sont pas le fruit du hasard. Aujourd'hui, il vient pour l'une des criminelles parmi les plus dangereuses que peuvent compter les cellules du BSI : Une tueuse en série Anzat qui prend du plaisir à vider de toute matière cérébrale ses victimes et arrêtée il y a à peine quelques jours de ça.La cellule dans laquelle est confinée la tueuse en série est aménagée pour éviter toute tentative d'évasion de sa part. De même, toute tentative de communication avec la détenue doit faire l'objet d'une autorisation spéciale. Autorisation qu'a bien évidemment obtenu le Chiss en ce moment-même. Le caporal qui dirige l'escouade ordonne à ses dix hommes de se disperser et prendre leurs positions. Quelques minutes plus tard, plusieurs silhouettes se présentent dans le sas qui sépare la cellule de la pièce dans laquelle se situe Nash et les soldats chargés d'assurer sa protection. La porte se dérobe et disparaît dans le mur, laissant alors apparaître une tenue grise flanquée par deux uniformes noirs. Les agents de détention disposent de perches qui tiennent littéralement en laisse la détenue et l'empêche ainsi de s'en prendre au personnel. De plus, ses poignets et ses chevilles sont entravés de façon à ce qu'elle ne puisse pas se mouvoir à sa convenance. Quand il s'agit de préserver les intérêts et les secrets du Bureau de la Sécurité de l'Impérium, on ne lésine pas sur les moyens.Le temps de quelques battements de cils, le Chiss détaille silencieusement la femelle Anzat. Une peau aussi pâle que la lueur des astres, une silhouette malingre à peine dissimulée sous la tenue, un nez à peine déformé et de longs cheveux bruns. Voilà une créature de charme qui risque d'en attirer plus d'un dans ses petits jeux malsains. Le regard voilé de la femme scrute les moindres détails, observe les moindres failles à exploiter. Des soldats sur les passerelles et au sol pointent leurs blasters sur elle, prêts à l'éliminer au premier signe suspect. Ils sont équipés de protections complètes et sophistiquées, qui permettent en outre d'éviter à l'Anzat de sonder leur esprit et d'user de ses dons sur eux. Satanés casques à impulsions électriques ! Elle jette alors son dévolu sur l'étrange humanoïde à peau bleue dont le regard de feu transperce le sien. Il se tient fermement droit, bien qu'appuyé sur une canne des plus réductrices au niveau de la décoration. Il est le seul à ne pas porter l'un de ces foutus engins. Peut-être que...- Vous pouvez toujours tenter de m'attirer dans vos manigances, mais cela serait une pure perte de temps. Je sais exactement de quoi vous êtes capable Mademoiselle Azah Suutrar. Votre dossier est des plus intéressants. Tueuse en série, parfois employée comme assassin, vous avez plus de soixante victimes à votre actif et êtes recherchée dans pas moins de quinze systèmes différents. Vous avez toujours réussi à échapper aux forces de sécurité, mais le BSI a finalement eu raison de vous. Commence avec sa froideur habituelle le Chiss. Vos compétences pourraient être utiles à l'Impérium, si vous n'étiez pas aussi obstinée et têtue.La condamnée hausse légèrement un sourcil. Pour qui il se prend celui-là ? Personne n'arrivera à la soumettre ! Personne ! Néanmoins, elle doit admettre que le charmant inconnu lui plaît. Son air mystérieux et son regard froid lui donnent un air irrésistible... Qu'est-ce qu'elle ne ferait pas pour obtenir un peu de sa... "soupe".- Oh chéri... Si tu savais... J'ai déjà dit non à tes copains plusieurs fois. Tu as une belle gueule, mais crois moi, tu ne me feras pas changer d'avis. Lâche alors l'Anzat avant de rire à gorge déployée, le regard provocateur. Et puis... mes parents m'ont appris à ne pas parler aux inconnus ! Haha !Plusieurs agents de détention sortent leurs matraques électriques et s'apprêtent à corriger l'attitude de la femme, mais une fois de plus, ils sont retenus par le major. Celui-ci a un don pour les empêcher de prendre du plaisir au travail, mais parfois, les punitions qu'il ordonne sont tout aussi satisfaisantes à exécuter. Le Chiss se contente simplement d'observer la prisonnière, qui semble sourire à tout le monde. Il essaye de deviner l'emplacement exacte des membres tentaculaires préhensiles sous la peau, mais la tâche est rendue difficile lors que ces tentacules sont au repos. Les impériaux retiennent leur souffle lorsque Nash s'approche de la tueuse en série. Son visage n'affiche aucune peur, aucune crainte. - Vous avez entièrement raison. Pardonnez mon attitude grossière, je suis le Major Futhark du Bureau de Sécurité de l'Impérium, officier traitant de la Division Infiltration et Manipulation. Annonce simplement l’humanoïde à peau bleue en esquissant l'ombre d'un sourire. Il marque un temps de pause, avant de reprendre, toujours plus froid. Mademoiselle Suutrar, votre résistance est admirable, mais combien de temps pensez-vous pouvoir tenir sans "soupe" ? Une semaine ? Deux peut-être ? Je vous conseille sincèrement de réfléchir à mon offre.La femelle Anzat perd tout à coup son sourire provocateur. Comment pouvait-il être au courant ? Non... La question ne se pose même pas. Le Bureau de Sécurité de l'Impérium est réputé pour ses informations fiables, qu'il récupère de façon peu... Orthodoxe. Il est fort probable qu'ils ont enquêté dans les moindres recoins de la galaxie à la recherche d'informations compromettantes. A moins qu'ils n'aient tout simplement installé des micros un peu partout dans sa cellule de confinement... Ce qui expliquerait beaucoup de choses. Sur ce coup là, elle avait été naïve de se croire invincible. C'est l'alien bleu au visage sombre qui est en position de force.- Oh... J'ai peut-être parlé un peu trop vite, je suis du genre... Impulsive ! Haha ! Mais... Qu'as-tu à m'offrir joli minois ? Se décide t-elle enfin à répondre, en glissant ses doigts fins dans ses cheveux.Le major impérial boîte jusqu'à être à quelques centimètres à peine de la détenue. Il suffirait de quelques secondes à l'Anzat pour glisser ses tentacules à l'intérieur de ses narines, il le sait très bien, mais cela n'a aucune importance. Azah sait très bien de son côté qu'elle n'a rien à gagner à faire ça. A la surprise de tous, elle se tient étrangement tranquille, comme si elle est captivée par le personnage qui lui fait face. Le temps de quelques battements de cœur, on pourrait penser que leurs souffles chauds se mêlent agréablement. Les deux individus ne se quittent pas des yeux. D'un côté, un regard morne et un visage sans expression, de l'autre, un regard pétillant et un sourire bien affiché. Le jour et la nuit. Les deux agents de détention resserrent leur emprise sur les perches, tandis que leurs camarades armés de blasters mettent le doigt au dessus de la gâchette. - Gardez votre salive pour plus tard. Il serait dommage que l'on en vienne à vous couper la langue... Lui susurre alors le Chiss à l'oreille.La femelle Anzat se mord la lèvre inférieure jusqu'au sang, avant d'éclater à nouveau de rire, tandis que son interlocuteur s'éloigne afin de reprendre une distance de sécurité convenable. Certains pourraient penser qu'elle est complètement folle, et c'est peut-être un peu le cas, mais dans l'immédiat, tout ce qu'elle veut, c'est un peu de la "soupe" du major Futhark. Un hochement de tête de la part de l'impérial suffit à mettre fin au petit jeu. La décharge électrique d'une matraque envoyée sans ménagement dans les côtes la ramène à la réalité. Elle épouse le sol dans un cri de douleur, le corps encore parcouru par d'intenses picotements. - Bien... Reprenons. Continue le Chiss en affichant de nouveau son habituelle froideur.Secteurs militarisés. Centre de formation du Bureau de Sécurité de l'Impérium. Secteur Aurek.Les six détenus recrutés par le Chiss sont au garde-à-vous, impeccables dans leurs uniformes noirs neufs. Ils sont encadrés par plusieurs agents de détention chargés de les corriger à la moindre petite erreur. L'attente commence à être insupportable, voilà bientôt trente minutes qu'ils sont figés dans leur posture militaire. C'est une torture autant physique que psychologique. Le but de "l'exercice" est bien évidement d'inculquer la discipline et la rigueur militaire à des vermines qui n'ont que faire des règlements. Finalement, une porte se dérobe et laisse apparaître la silhouette atypique du major, puis celle de son subalterne. L'Anzat commence à montrer des signes d'impatience et piétine sur place, dévorant du regard le froid personnage qui fait son entrée. Le son des matraques qui s'activent semble toutefois la remettre dans les rangs. Nash détaille un à un les individus qui lui font face, et ce afin d'oublier le temps d'un instant la douleur qui s'installe dans son moignon. Il reconnaît rapidement les deux frères humains originaires de Coruscant, Jek et Lars Narson, experts dans la falsification de documents impériaux et dans la contrebande d'armes. Ils font néanmoins pâle figure à côté de l'imposant Rattataki, Dekar Lin, un terroriste anarchiste notoire. Le prochain sur la liste est Jitti Cooc, un Devaronien réputé pour ses courses folles en milieu urbain. L'avant-dernier membre recruté est un Kiffar reconnu pour ses nombreuses cibles abattues à des distances vertigineuses et répondant au simple pseudonyme "Nightbeast". Et bien sûr... La meilleure pour la fin, celle que l'on ne présente plus au sein du centre de détention; l'Anzat Azah Suutrar. Un seul regard en biais de sa part suffit à glacer le sang du cadet avec autant de force que l'attitude dérangeante et froide de son supérieur Chiss. La vue d'autant d'uniformes noirs à l'allure impeccable semble satisfaire celui-ci, qui se permet d'afficher un sourire en coin.- Messieurs, Mademoiselle, vous savez tous ce que vous faites ici. Vous avez accepté de travailler pour le Bureau de Sécurité de l'Impérium, acceptant dès lors les avantages et les risques liés au métier. Les risques sont bien évidement plus nombreux que les avantages, mais j'imagine que cela vous est bien égal et qu'il est préférable de mourir en jouissant d'une certaine liberté, quand l'on est un mort en sursis. Vous avez tous été sélectionnés pour vos compétences, mais ne vous méprenez pas, vous n'êtes pas irremplaçables. Il prend une légère inspiration, son regard fixé sur l'Anzat, la plus indisciplinée du groupe. De même, je tenais à vous rappeler certaines règles à ne pas oublier. Si vous manquez de respect à un supérieur, ou que vous faites preuve d'indiscipline, je veillerai à ce que nous revoyez jamais la lumière du jour. Si vous tentez quoi que ce soit à l'encontre d'un impérial, quel que soit son statut, vous mourrez. Et si vous tentez de vous échapper, vous mourrez. Des représailles à l'encontre de vos familles et proches ne sont pas à exclure non plus. Je vous conseille donc d’obéir de faire votre boulot sans trop vous poser de questions. Un instructeur des Opérations Spéciales Impériales vous attend à l'extérieur et sera chargé de vous former afin de vous "doter" des meilleures chances de survie en milieu hostile. Maintenant, rompez.Suite à l'injonction d'un agent de détention très à cheval sur le règlement et la hiérarchie, les six recrues font claquer leurs bottes afin de saluer le major, puis quittent la salle dans le silence le plus complet. Le Chiss se demande avec étonnement s'il pourrait faire de cette racaille intersidérale une élite digne de ce nom. Voilà un nouvel objectif qu'il se fixe et qu'il compte bien accomplir avec efficacité et zèle. Le plus dur serait sûrement de leur apprendre à se respecter les uns les autres, et surtout... De les faire travailler en équipe. De nombreux plans germent déjà dans l'esprit de l’humanoïde, qui, plongé dans ses pensées, abandonne une nouvelle fois le cadet Doxal à ses craintes.