Post n°2
Auteur : Sebulko Mannius
Sebulko Mannius secouait légèrement la tête en signe d'irritation. Les portes-paroles du QG séparatiste, arrogants au possible, refusaient de lui donner la moindre explication sur l'attaque portée au domicile de Tarun Blaum et l'invitaient à attendre qu'ils le recontactent. Attendre qu'ils le recontactent ? Pour qui se prenaient donc ces présomptueux subalternes ? C'est à peine s'ils avaient dédaigné confirmer le décès de l'Administrateur du Port ! La plus haute autorité d'Utapau venait d'être assassiné et ils osaient écarter le représentant de l'Etat des discussions ? Le Dug savait qu'il n'était pas en position de se venger, mais qu'une occasion d'humilier ces pantins de la com' se présente et il leur ferait payer ce cuisant affront.La tête pleine de ces noires pensées, le sous-préfet activa d'un tapotement de doigt l'holo-message qu'il venait de recevoir. Ces incapables se décidaient donc finalement à le contacter ? L'insigne du consulat séparatiste se matérialisa alors au centre de la pièce. Passée la surprise initiale, Sebulko sentit poindre en lui une pointe de fierté à laquelle se mêlait un intérêt grandissant. Une ombre s'esquissa, silhouette élancée et anonyme. Une voix aux accents inquiétants s'éleva.- Bonjour, sous-préfet Mannius. Toutes nos félicitations pour votre nomination. Tout d'abord, nous tenons à vous présenter, au nom de la CSI entière, nos condoléances pour le drame qui a frappé votre planète, à deux reprises : pour les Sith - maudits soient-ils ! - mais aussi pour votre bien-aimé administrateur Blaum. Nous avons la tristesse de vous annoncer qu'il a péri, de la main traîtresse de Tericarax et d'une générale républicaine, Lyzs Yvanol. Les deux félons sont actuellement traqués par nos meilleures troupes, soyez assuré que nous les trouverons et les exécuterons comme le réclame la justice militaire pour les crimes suivants : trahison, mensonge, meurtre. Au nom de la Confédération, nous vous convions, sous-préfet, à une réunion exceptionnelle ainsi que tous vos confrères les plus éminents, pour discuter de l'avenir de la Confédération et vojavascript:void(0);us faire tous entrer en contact, dans une volonté de rapprochement entre la C.S.I et les mondes qui la composent.Vous êtes convié au palais préfectoral sur Géonosis, pour demain midi. Nous vous prions d'agréer, monsieur, nos salutations distinguées.Les meurtriers de Tarun Blaum n'étaient donc pas les Sith, coupables tout désignés, mais une générale républicaine qui avait répondu à l'appel de la CSI et l'officier séparatiste qui dirigeait les opérations sur Utapau. L'annonce de la traîtrise du monstrueux cyborg, Tericarax, obscurcissait la situation, bien plus qu'elle ne l'éclairait. Sebulko se hasarda quelques instants à tenter de percer ces ténèbres. La félonie de la générale républicaine Lyzs Yvanol laissait penser que l'assassinat de l'Administreur portuaire répondait aux intérêts républicains. La volonté d'affaiblir Utapau paraissait être une hypothèse improbable au vu du peu d'importance stratégique de cette planète. Il était possible que Tarun Blaum ait joué un rôle dans une combine séparatiste que les républicains tentaient de faire avorter. Essayant d'aller encore plus loin dans ses hypothèses, le Dug se demanda si cette affaire n'était pas la partie immergée de sombres luttes intestines : les prétendants au pouvoir édifiaient leur domination et étendaient leur influence à travers la Confédération des Systèmes Indépendants en restant dans l'ombre, tandis que pions et pièces avançaient aveuglés par d'illusoire promesses avant d'être écrasé tels des cafards. Le message des hautes-autorités séparatistes rappelait au sous-préfet qu'il n'était lui-même à leur yeux qu'un pion insignifiant. Un pion insignifiant, certes, mais un pion qui continuerait malgré ses chaînes à suivre son intérêt propre, jusqu'à être en mesure de les briser.Que le funeste gantelet d'airain du lieutenant Tericarax soit le fait d'une allégeance à la République ou d'une intrigue séparatiste, que cette affaire soit révélatrice de tensions avec la superpuissance rivale ou de dissensions internes, Sebulko se promit de garder un oeil sur la suite des évènements, mais pour l'heure il devait transmettre au plus vite une réponse à son mystérieux interlocuteur.Mes salutations,La nation utapaun, qui s'exprime en mon nom, souhaite tout d'abord vous remercier en ce temps de deuil pour votre marque d'attention. C'est avec satisfaction qu'elle a pu constater l'infaillibilité de son puissant allié, la Confédération des Systèmes Indépendants, qui lui a prêté secours alors qu'elle était dans le plus grand danger. Elle lui accorde ainsi sa pleine confiance pour la capture et le jugement des perfides meurtriers de notre regretté Administrateur portuaire. Plus que jamais, Utapau souhaite consolider ses liens avec la Confédération. J'accepte volontiers votre invitation au palais préfectoral sur Géonosis pour une réunion exceptionnelle, qui sera, je l'espère, l'occasion d'aborder ce sujet.Je vous prie de croire en l'assurance de ma respectueuse considération.Sebulko Mannius, sous-préfet d'Utapau.