<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" version="2.0"><channel><title><![CDATA[Le scepticisme des Aristocrates]]></title><description><![CDATA[<p dir="auto">Post n°1<br />
Auteur : Sebastian Melvar</p>
<p dir="auto"><i>C’était un dîner des plus traditionnels au Palais des Melvar dans le centre de Kuat City, à cette exception près qu’il n’y avait que deux convives. Ma mère était revenue quelques heures plus tôt de la séance du Conseil d’Administration pendant laquelle la situation dans l’anneau orbital avait été plus que succinctement présentée à ses membres. Le Conseil s’était clairement réuni pour la forme tant la nouvelle Kuat de Kuat tenait à concentrer les décisions.</i><br /><i></i><br /><i>Ma mère, qui me faisait face lors de ce dîner, n’avait jamais été franche à ce sujet, mais elle détestait profondément la nouvelle souveraine, bien trop jeune à son goût pour prendre quelconque décision réfléchie.</i><br /><i></i><br /><i>L’anneau orbital ne tournait plus rond… Nous mangions silencieusement tandis que les domestiques apportaient progressivement, dans un ballet parfaitement minuté, les plats prévus. Ils étaient au courant eux-aussi, ils savaient que jamais un mouvement de grève n’avait été si important sur Kuat. Ma mère brisa ce silence pesant, de ce ton qui lui est si particulier :</i> <br /><br /><br /></p><div style="text-align:center"><img src="http://imageshack.com/a/img922/2894/EvtfES.png" style="max-width:100%" /><br /><i>Eleonore Melvar</i><br /><i>Matriarche et mère de Sebastian</i><br /> </div><br />- « <span style="color:#c6c670">As-tu entendu la déclaration de Victoria Helena tout à l’heure ?</span> <i>C’était probablement une question piège, c’était toujours une question piège avec ma mère. Elle ne me regardait pas à cet instant et semblait plus inquiète de ce qui se trouvait dans son assiette. Je soupçonnais cette conversation préparée, d’où l’absence de mon père à ce dîner.</i><br /><br />- <span style="color:#83c876">Qui ne l’aurait pas entendu… Notre Souveraine a parlé d’une voix ferme. Nul doute que ce soulèvement sera passager. Le Conseil a délibéré avec une étonnante rapidité, et…</span><i>Ma mère me coupa instantanément la parole.</i><br /><br />- <span style="color:#c6c670">Le conseil n’a pas délibéré,</span> <i>dit-elle en découpant nerveusement sa viande,</i> <span style="color:#c6c670">cette…</span> <i>elle sembla se reprendre,</i> <span style="color:#c6c670">notre souveraine a décidé de faire ses preuves en montrant qu’elle était capable de ne pas discuter.</span> <i>Manifestement contrariée de ne pas venir à bout de son plat, ma mère plaqua bruyamment ses couverts sur la table, brisant en même temps l’apparente quiétude du moment.</i> <span style="color:#c6c670">Elle imagine sans doute que le plus impressionnant est d’être intraitable, ou alors qu’elle donne un sentiment de totale maîtrise en faisant comme si elle y prenait du plaisir. Elle est trop jeune pour se permettre ce genre de chose, c’est une farce.</span><br /><i>Je ne savais pas quoi répondre. Difficile de dire si ma mère était plus inquiète du mouvement en cours ou de la façon dont il était géré. Le moment qu’elle redoutait, et auquel elle s’était efforcée de me préparer, était en train de se produire et je lisais pour la première fois sur son visage la peur de ne pas agir de la meilleure façon.</i><br /><br />- <span style="color:#c6c670">Comment agirais-tu à sa place ?</span> <i>Il n’était pas rare que ma mère me demande mon avis, mais je n’avais jamais vraiment eu le sentiment de réellement l’éclairer. Mes opinions n’étaient pas très tranchées, j’aimais considérer qu’il s’agissait de tempérance et je crois que ma mère recherchait surtout à soulager son agacement en faisant appel à ce calme qui me caractérisait la plupart du temps. Ma réponse ne fit pas exception.</i><br /><br />- <span style="color:#83c876">Il faudrait sans doute savoir à quoi l’Aristocratie serait prête à renoncer avant de formuler des concessions. Il semble que notre Souveraine l’ait déterminé seule, ou alors ce ne sont que des promesses en l’air pour temporiser en espérant que le mouvement soit moins soudé que ne le laisse penser la situation. Ce qui m’intrigue est qu’ils n’ont jamais eu de réclamations aussi radicales. Je pensais leur éducation fermement verrouillée pour éviter cela.</span> <i> Ma mère ne respecta pas une seconde de silence pour honorer cette remarque qui ne me semblait pas dénué de sens… Elle devait l’être à ses yeux car sa réponse fut sèche et laconique.</i><br /><br />- <span style="color:#c6c670">Elle l’est. On ne leur apprend qu’à utiliser l’outil qu’ils tiendront du berceau au tombeau. Et voilà qu’ils se mettent à philosopher et à réclamer, ne serait-ce que pour ouvrir le dialogue, qu’on cède immédiatement à toutes leurs demandes. J’imagine qu’il n’y a pas de traité de diplomatie avancée parmi les ouvrages qu’ils se sont clandestinement procurés. Ils sont sans doute trop habités par leur idéal pour comprendre qu’ils ne déchaîneront sur eux que la violence et la destruction…</span> <i>Je décelai une étrange forme de compassion dans ces propos. Il était surprenant de voir ma mère jouer cet air si commun de l’agacement qui masquait péniblement l’inquiétude, je ne résistai pas au plaisir d’ironiser la situation.</i><br /><br />- <span style="color:#83c876">Cherchez-vous à les préserver d’eux-mêmes ?</span><br /><br />- <span style="color:#c6c670">Je cherche à préserver Kuat et les Chantiers qui nous font vivre tous, eux y compris.</span> <i>Le ton était défensif, elle décida de marquer une pause en donnant l’ordre à un domestique de reprendre cette assiette au contenu si récalcitrant, et froid désormais.</i> <span style="color:#c6c670">On peut faire évoluer un équilibre, mais le bousculer brutalement conduira à leur perte. Nous perdrons des crédits, ils perdront leur vie. Ils sont simplement, et pour le moment, moins chers que des machines…</span><br /><br />- <span style="color:#83c876">Remplacer immédiatement toute la main d’œuvre serait trop coûteux, il faut gérer la crise à court terme avant de penser à redéfinir le système dans sa globalité. Et si je puis me permettre un peu de cynisme, il nous reste à espérer que la déclaration de notre Souveraine divise suffisamment leurs rangs pour gagner du temps et les pousser à la négociation qu’ils n’ont pas l’air de vouloir pour le moment. Nous devons sonder ce mouvement, trouver où se situe le point de non-retour pour agir avant de l’atteindre ou bien nous serons emportés comme les autres.</span><br /><br />- <span style="color:#c6c670">C’est précisément pourquoi tu dois aller là-bas.</span> <i>J’eus, en entendant cela, toutes les peines du monde à ne pas recracher la gorgée de vin que je venais de boire. Voilà enfin la raison de cette conversation et puisque les masques tombaient, je n’avais plus aucune raison de conserver le mien.</i><br /><br />- <span style="color:#83c876">Pardon ? Je n’ai plus 10 ans, Mère, j’ai passé l’âge de visiter l’Anneau… Et puis, ne craignez-vous pas que je ramène de la compagnie ?</span><br /><br />- <span style="color:#c6c670">Ce que tu dois ramener, ce sont des informations. Le Conseil d’Administration n’est pas aussi bien renseigné que Victoria Helena, nous n’avons aucun moyen de réagir et nous sommes pendus à ses décisions radicales. Je ne peux pas y aller moi-même pour des raisons évidentes, et je n’aurai confiance en nul autre que toi. Si ce mouvement est trop radical, s’il n’existe aucun moyen de l’étouffer, alors nous devons sauver l’Aristocratie, le cas échéant en la désolidarisant des Kuats. Ils gouvernent ce monde depuis plusieurs générations, ce ne sera pas très difficile de faire peser sur eux la responsabilité du désastre, et d’autant plus simple que Victoria Helena est une jeune fille prétentieuse.</span><br /><br />- <span style="color:#83c876">Victoria Helena, contrairement aux radicaux de l’Anneau, a au moins prétendu faire des concessions. Elle a pour l’instant la main aux yeux de l’Aristocratie… </span><i>J’avais remarqué le regard agacé de ma mère à chaque fois que j’utilisais le mot « Souveraine » quand elle persistait à nommer la Kuat de Kuat par son prénom. J’employais cette fois-ci volontairement le même terme que ma mère pour lui signifier mon désaccord. Je n’appréciais pas non plus le style de la nouvelle Kuat de Kuat, mais force était d’admettre que ce début de crise était plutôt bien géré. Après avoir marqué une pause, je me levai pour reprendre mon calme, relativement infructueusement hélas.</i> <span style="color:#83c876">Et admettons que j’aille sur l’Anneau, à quel titre m’y présenterai-je ? Envoyé du Conseil d’Administration ? Notre Souveraine saurait instantanément que quelque chose se trame dans son dos… Il faudrait que j’y aille à titre individuel, que je me désolidarise même de vous, mais alors rien ne garantit que je reviendrai de cette visite. Je pourrais être le premier aristocrate dont ils auraient les plumes, et personne ne lèvera le petit doigt pour me tirer de là. Pire encore, ces révoltés pourraient exploiter ma venue pour diviser l’Aristocratie et alimenter la paranoïa ambiante, offrant à notre Souveraine tout le loisir d’éliminer ceux qu’elle considère comme des dangers, en commençant probablement par la mère du malheureux.</span><br /><br />- <span style="color:#c6c670">Calme-toi ! Il suffit d’avoir une raison objective de te rendre dans l’Anneau, et il se trouve que j’en ai une. Il faut aller chercher une sculpture ancienne que j’ai achetée, elle est livrée demain. Alister devait y aller accompagné de quelques gardes, mais il est parfaitement légitime que mon fils supervise cette livraison, il s’agit après tout d’un bien d’une valeur importante. Alister se débrouillera une fois là-bas pour te donner du temps. Tu rencontreras Lyz Queldor, une moyennante qui a été approchée par les grévistes. Elle n’a pas cessé le travail mais pourra te mettre en lien avec des éléments disons plus agités. Si en revenant de cette visite tu es convaincu qu’il se passe dans l’Anneau quelque chose qui serait susceptible de remettre en cause l’ordre établi, nous verrons ensuite quoi faire en surface.</span> <i>Elle avait visiblement tout prévu, mais pourquoi me poussait-elle ainsi ? L’idée de retourner sur l’Anneau me renvoya à ma première visite, aux émotions qu’elle avait suscitées. Je crois que c’est à cet instant que mon masque est tomba vraiment, et je me suis calmé en à peine quelques secondes tout en reprenant place auprès de ma mère que j’avais du mal à comprendre, elle qui était toujours si prudente dans sa contestation ne prenait ce soir aucune forme de précaution.</i><br /><br />- <span style="color:#83c876">Vous connaissez ma sympathie pour ces gens. M’envoyer côtoyer leur misère est sans doute la meilleure manière de me faire adhérer à leur cause. Pourquoi ?</span><br /><br />- <span style="color:#c6c670">Ce soir tu regarderas l’Anneau dans le ciel pour une bonne raison. Si les choses doivent changer, nous préserverons notre famille. Mais avant d’agir, il faut impérativement s’informer.</span> »<br /><br /><i>Je sentais très paradoxalement une grande bienveillance alors que ma mère me poussait à une sérieuse prise de risque. La conversation s’est achevée sur cette réplique tandis que la matriarche quittait la table pour me laisser seul avec mes pensées.</i><br /><i></i><br /><i>Même s’il ne s’agissait pas de la première grève sur Kuat, un phénomène d’ailleurs plutôt rare, elle était incontestablement différente des autres sans que je puisse m’expliquer pourquoi, et l’inquiétude de ma mère tendait à le confirmer. Je sentais qu’une opportunité se présentait mais, comme elle, je ne savais pas comment il convenait de réagir. Était-ce la crise que j’attendais ?</i><br /><i></i><br /><i>En tout cas, la pression montait dans l’Anneau et il y avait deux façons de la faire descendre. La première était une dépressurisation au sens propre, vider l’air dans quelques compartiments aurait raison des contestataires les plus zélés et ferait peur aux autres au point de les remettre bien vite à l’ouvrage. Mais ce n’était qu’une solution à court terme, elle instaurait la peur sur laquelle rien ne pouvait être durablement construit. La seconde consistait en la construction d’un régime moins inégalitaire, c’est-à-dire bâtir la société sur une nouvelle adhésion. Mais seraient-ils prêts à négocier avec leurs oppresseurs ? Et les oppresseurs seraient-ils enclins à comprendre en quoi il peut être nécessaire, pour conserver sa richesse, d’y renoncer en partie ?</i><br /><br /><blockquote class="spoiler"><cite style="cursor:pointer">Spoiler : HRP</cite><div style="display:none">Édition en vue de corriger des fautes restantes.</div></blockquote><p></p>
]]></description><link>http://star-wars-rpg.fr/topic/20890/le-scepticisme-des-aristocrates</link><generator>RSS for Node</generator><lastBuildDate>Thu, 04 Jun 2026 03:13:15 GMT</lastBuildDate><atom:link href="http://star-wars-rpg.fr/topic/20890.rss" rel="self" type="application/rss+xml"/><pubDate>Wed, 25 Feb 2026 18:39:08 GMT</pubDate><ttl>60</ttl><item><title><![CDATA[Reply to Le scepticisme des Aristocrates on Wed, 25 Feb 2026 18:39:10 GMT]]></title><description><![CDATA[<p dir="auto">Post n°9<br />
Auteur : Sebastian Melvar</p>
<p dir="auto"><i>Pour la première fois de ma vie, les lendemains étaient incertains. Vestige d’un ordre social aux abois, et pourtant à peine âgé d’une trentaine d’années, je n’ai trouvé d’autre solution que l’émigration. Face au plus grand défi que l’histoire a placé sur le chemin de la brillante Aristocratie kuatie, je déserte. Quel déchirement, quelle honte… Par bonheur, il m’était impossible de voir au travers des hublots de transparacier ma planète natale rétrécir à mesure que je m’en éloignais, ce qui m’épargnais la douleur d’une concrétisation physique de mon éloignement. Et bientôt, l’ultime saut en hyperespace, l’irréversible.<br /><br />Aussi étrange que cela puisse paraître, la première chose à laquelle un émigré pense est le retour. Et quand on pense au retour, on en vient à se demander ce que l’on quitte exactement. Je quittais une planète, au sens astrophysique du terme, évidemment. Mais cette planète n’était rien d’autre qu’un immense caillou façonné par les premières fortunes de ce système. Alors, je ne quittais pas un monde forgé par la nature, je ne quittais qu’un gigantesque jardin… <br />Est-ce que je quittais un peuple ? L’unité politique de Kuat s’était forgée autour de ses intérêts économiques, l’État kuati n’était rien d’autre que l’entreprise juteuse des Chantiers Navals. Comment développer ici un authentique amour de la patrie quand elle n’est rien d’autre qu’un groupe d’actionnaires ? En définitive, l’État kuati n’existait pas et j’irais même jusqu’à dire que la nation kuatie n’existait pas davantage. Le premier sentiment d’appartenance à une communauté était né parmi les travailleurs de l’Anneau. Quelle communauté allait l’emporter entre celle qui s’était soudée par l’argent et celle qui s’était soudée dans la douleur de l’oppression ? Si je ne quittais ni un lieu, ni un peuple, je quittais incontestablement une guerre. Mais je n’aurais pas l’audace de me prétendre réfugié car je n’ai pas assez souffert, j’ai déserté bien avant. La désertion m’a attiré l’hostilité de ma caste, rendant toute idée de retour impossible si l’ordre actuel était pérennisé. Je ne trouverais pas davantage de sympathie chez les opprimés qui me reprocheraient de ne pas avoir épousé leur combat. <br />Le passage en hyperespace fut rapide, je m’imaginais la planète disparaissant dans le vide sous l’effet de l’éloignement dû au saut. Mais je ne savais toujours pas ce que je quittais, sans doute définitivement. Je n’arrivais pas encore à mettre les mots sur cet abandon.<br /><br />Le voyage vers Alderaan ne serait pas très long, nous ne quittions pas le Noyau Galactique. Les émotions m’alourdissaient l’esprit, je voulais m’abandonner à elles à l’occasion d’un sommeil réparateur au cours duquel je pus revivre cet échange avec ma mère qui fut l’occasion de lui annoncer mon intention de partir. C’était le jour de mon retour de l’Anneau, encore dans cette salle à manger au décor invariable tandis que le reste de Kuat était en ébullition. L’Aristocratie était capable d’un aveuglement qui confinait au déni de réalité, ou bien s’accrochait-on simplement aux plus petites permanences pour oublier les troubles.<br /><br />Ma mère, imperturbable, commença son interrogatoire sur le ton sec et abrupte qui lui était si particulier :</i><br /><br />-  « <span style="color:#c6c670">Alors ? Raconte-moi.</span> <i>Les faux semblants introductifs étaient rituels, il devait y avoir bien peu d’aspect de mon voyage qui étaient inconnus de ma mère puisque ses satellites n’avaient cessé de m’entourer.</i><br />- <span style="color:#83c876">Je pense que vous en savez déjà beaucoup, Mademoiselle Queldor a dû faire un rapport…</span><br />- <span style="color:#c6c670">Oui, mais Lyz ne peut pas tout me dire s’agissant de ton ressenti. Parle-moi de cet ouvrier que tu as rencontré.</span><br />- <span style="color:#83c876">C’était un Zeltron très bien éduqué, pas du tout l’image que l’on pourrait se figurer d’un ouvrier. Ils sont abreuvés de belles pensées et surtout de l’indéfectible bienfondé de leur cause. Ils ne fléchiront pas, ils ne négocieront manifestement pas… Le compromis est impossible, c’est un combat à mort.</span> <i>J’avais déjà en tête l’idée de mon départ, mon bilan de la situation était volontairement sans nuance.</i><br />- <span style="color:#c6c670">Cette petite garce a géré la crise comme on joue à la poupée, elle a cru qu’elle avait le contrôle et voilà le purin dans lequel elle nous laisse.<br />Moi vivante, sa progéniture n’aura pas une once de responsabilité quant à nos destinés. Cette branche de la famille Kuat est pourrie et comme une mauvaise plante, il a fallu s’y prendre à deux fois pour s’en débarrasser.</span><br />- <span style="color:#83c876">Non…</span> <i>Ma mère ne laissait rien au hasard et cette sortie valait, pour ceux qui la connaissaient, toutes les confessions du monde. Encore sous le coup des émotions de mon voyage dans l’Anneau, j’oubliais ma déférence et ma retenue habituelle.</i> <span style="color:#83c876">Vous êtes consciente du risque que vous avez pris, s’ils remontent jusqu’à nous…</span><br />- <span style="color:#c6c670">Calme-toi, je n’ai rien commandité. Disons que je l’ai appris un peu avant tout le monde. Marianne a toujours été une amie très chère de la famille, elle a toujours été la plus compétente pour gérer les intérêts de Kuat.</span> <i>Nul doute que Marianne Jeanne était la source de ma mère, mais était-elle à la source d’autre chose ?</i><br />- <span style="color:#83c876">C’est elle qui est à l’origine de l’attentat ? </span><br />- <span style="color:#c6c670">Cela n’a plus d’importance. Le Conseil d’administration va se réunir dans quelques jours pour choisir qui va succéder à Victoria Helena, et j’ai déjà usé de mon influence pour faire pencher le vote en faveur de Marianne.</span> <i>On entrait dans les intrigues et je voulais m’en préserver, c’était le moment de faire savoir à celle qui m’avait tout donné que je comptais partir, ou fuir selon les points de vue.</i><br />- <span style="color:#83c876">Cela n’a plus d’importance. </span><br />- <span style="color:#c6c670">Oui, c’est ce que je viens de dire. </span><br />- <span style="color:#83c876">Vous ne m’avez pas compris, cela n’a plus d’importance.</span> <i>J’avais soigneusement, c’est-à-dire sans paraître irrévérencieux, distingué les derniers mots de cette phrase.</i> <span style="color:#83c876">Je ne veux plus profiter de ce système, le massacre de masse a rendu toute issue pacifique impossible. Aucune des conclusions de ce conflit n’est satisfaisante : soit on gagne en les massacrant, soit on perd et ce sont eux qui nous massacrent. L’espoir d’un renouveau n’est plus possible dans le compromis, on est intervenu trop tard et sans doute n’avions-nous aucune chance de réellement peser sur ce conflit.</span> <i>Voilà qui accentuait encore, si c’était possible, le caractère tranchant du bilan que j’avais dressé quelques secondes auparavant.</i><br /><span style="color:#83c876">Comme je ne veux ni perdre, ni gagner, je vais partir de cette planète, construire une vie loin de tout cela. </span><br /><br /><i>Pour la première fois, je lisais dans le regard de ma mère, ce qui était déjà énorme, et je lisais sa surprise. Elle avait prévu bien des scénarios, sans doute assez pour remplir plusieurs vies, mais jamais elle n’avait anticipé qu’elle perdrait le contrôle sur son fils.</i><br /><br />- <span style="color:#c6c670">Construire avec quoi ? Si tu pars, c’est sans retour, sans ressource.<br />Je sais que j’ai implanté en toi un esprit de compassion pour la classe ouvrière, pour que tu essayes de les comprendre, pas pour que tu fuies le combat. </span><br /><br />- <span style="color:#83c876">J’ai compris, Mère, j’ai compris que jamais je ne pourrai comprendre. J’aspirais à une société dans laquelle l’Aristocratie pourrait subsister confortablement tout en reconnaissant des droits à ceux qu’elle cesserait d’exploiter et former ensemble la nouvelle Kuat, un nouvel équilibre. Mais c’est impossible. Nous sommes condamnés à disparaître ou à amplifier encore l’oppression pour répéter cette crise de plus en plus souvent.<br /><br />Il faut reconnaître que sur 20 000 ans d’histoire, ce n’est pas de chance de naître dans ce petit siècle où la classe sociale dont je fais partie perdra son pouvoir. </span><br /><br />- <span style="color:#c6c670">Je t’ai transmis beaucoup, mais ce fatalisme me donne la nausée. Il doit venir de ton père…</span> <i>Elle marqua à cet instant une pause, comme si elle laissait tomber le masque l’espace de quelques secondes, le temps d’une brève remise en question.</i> <span style="color:#c6c670">Tu m’avais prévenu qu’en t’envoyant là-bas, je prenais le risque de te perdre. Je suppose que je ne peux m’en prendre qu’à moi-même.</span> <i>A partir du moment où ma mère commençait à reconnaître sa part de responsabilité, c’était quasiment gagné. Le principe de mon départ était accepté, mais je devais encore interroger le membre du Conseil d’Administration que j’avais en face de moi sur un évènement bien précis.</i><br /><br />- <span style="color:#83c876">Et puisque nous en sommes aux <i>mea culpa</i>, j’ai besoin de vous poser la question. En tant que membre du Conseil d’Administration, en tant que membre des Dix… Aviez-vous connaissance du plan visant à l’extermination des ouvriers de Maw ? </span><br /><br /><i>Ma mère soutint mon regard, je ne savais plus ce qu’elle pensait à ce moment-là. La mère avait de nouveau laissé place à l’implacable politicienne, celle tant redoutée dans les cercles aristocratiques de Kuat.</i><br /><br />- <span style="color:#c6c670">Non. Je ne suis pas stupide, je n’aurais jamais contribué à prendre une décision qui condamnerait toute possibilité d’échange avec les ouvriers. C’est moi qui t’ai envoyé les rencontrer, ne l’oublie pas. J’étais probablement la plus encline à négocier avec eux au début du conflit, mais la Kuat de Kuat a décidé de tout gérer sans nous consulter.</span> <i>Je n’aurais pas cru à un message de compassion à l’égard des victimes, ma mère pris le parti de la révélation d’un calcul froid pour clamer son innocence. Je faisais le choix de croire ce qu’elle me disait en espérant que ce ne fût pas une autre fuite. Ma mère sentit le doute, elle poursuivit sur un ton plus conciliant quant à mon intention d’émigrer, comme si ma suspicion devait être amadouée.</i> <span style="color:#c6c670">Si tu pars, je ne peux pas t’apporter de soutien officiel, cela serait dommageable à notre Maison. Les Aristocrates sont surveillés, nous devons notre relative tranquillité à la sympathie de Marianne Jeanne Kuat. <br /><br />C’est moi qui t’ai éduqué, je sais que tu ne m’aurais pas annoncé tes intentions si tu n’avais pas déjà une destination en tête. </span><br /><br />- <span style="color:#83c876">Alderaan.</span> <i>La réponse fut laconique, comme si elle était l’aboutissement d’une longue réflexion. Pourtant Alderaan m’avait toujours semblé naturelle. Mais quelle Alderaan ? La réelle Alderaan, ou celle qui m’a été décrite durant mon éducation ? Ma mère fit bien rapidement le rapprochement.</i><br /><br />- <span style="color:#c6c670">Évidemment, tu n’as jamais su te défaire de tes fantasmes à propos de cette planète. Je suppose que tu comptes reprendre contact avec la famille de Raymus.</span> <i>Raymus Corgan était le précepteur que ma mère avait engagé durant mon enfance, il était l’un de ceux grâce à qui j’avais réussi à conserver un œil légèrement plus objectif que la moyenne sur la condition aristocratique. Il m’avait décrit une Alderaan dans laquelle il existait une aristocratie bien intégrée dans un corps de citoyens, acceptée par le reste de la population qui ne ressentait étrangement aucune impression d’infériorité. L’aristocratie alderaanienne avait quelques pouvoirs politiques, mais étrangement conciliés avec un système plutôt démocratique. Il semblait régner sur Alderaan une paix sociale qui avait toujours inspiré les rêves que je nourrissais pour Kuat. Bien sûr mes voyages m’avaient montré une réalité plus complexe, une vie politique qui avait aussi ses remous et incertitudes. C’était d’autant plus vrai depuis les quelques temps passés qui avaient suivi la révélation d’élections truquées à la faveur de la candidate pro-républicaine. Une perturbation du fonctionnement démocratique sur Alderaan était aussi grave que la grève, muée en révolution, qui sévissait sur Kuat. Mais je ne serais pas, sur Alderaan, au nombre des cibles des mouvements contestataires qui s’étaient activés.<br />Je pensais donc y vivre plus sereinement d’autant que la famille de mon ancien précepteur, agréablement surprise de mes quelques visites, m’avait toujours réservé un accueil chaleureux.<br /><br /><br />Le reste de ma conversation avec ma mère ne méritait pas que j’en rêve, et sans doute pas d’être relaté. La période qui a suivi était étrange, j’étais sur Kuat sans plus vraiment y être. Je me tenais informé des développements sur l’Anneau mais de manière parcellaire, je préférais concentrer mes efforts sur l’organisation de mon départ qui devait être le plus discret possible. Je devais pour cela conserver mon image d’Aristocrate insouciant, d’héritier préservé des tumultes du monde. C’était à cette condition qu’on me laisserait quitter la planète sans surveillance.<br /><br />Conformément aux prévisions, et sans doute davantage aux calculs de ma mère, Marianne Jeanne Kuat fut désignée par le Conseil d’Administration pour succéder à Victoria Helena. Cette victoire m’était très utile, non pour exercer quelconque fonction sur Kuat, mais pour quitter la planète paisiblement. Ma mère était proche de la nouvelle Kuat de Kuat, et je soupçonne comme ultime acte de bienveillance de sa part d’avoir obtenu de la nouvelle « Reine » un sauf-conduit pour quitter la planète sans danger, mais il s’agissait d’un aller simple.<br /><br />Et ce fut l’éclair : voilà ce que je quittais… Ma mère.<br /><br />Ma mère était plus grande que cette planète, plus grande que cette nation, plus grande que cette guerre. Je quittais son autoritarisme, mais surtout sa protection. Plus de trente années nécessaires pour rompre le cordon, pas le cordon physique qu’un coup de ciseaux suffit à sectionner, mais le cordon bien plus puissant qui lie les esprits d’une mère possessive et d’un fils bien volontiers possédé. Toute ma vie, j’étais un prolongement de ma mère. Mais quand le cordon se rompt, ne parle-t-on pas aussi de naissance ? Quelle douleur de devoir naître au prix de la vie de sa mère. Je n’étais en effet pas certain de la retrouver un jour, et moins certain encore de la retrouver telle que je l’avais quitté. <br /><br />Je ne pouvais pas imaginer qu’elle laisserait la Maison des Melvar en danger d’extinction du fait de mon départ, elle trouverait sans doute quelqu’un de confiance pour assurer la continuité, mais la situation que je laissais en partant n’était pas simple. Bien plus que la Kuat de Kuat, c’était ma mère qui aurait pu m’empêcher de partir. Et il me fallut attendre d’être dans ce vaisseau, à quelques années lumières de ma maison, pour me rendre compte qu’elle n’en fit rien. Encore un effet de sa bienveillance, cachée sous les traits de l’indifférence. Mon caprice lui a coûté si cher, et elle a payé sans broncher. Je voulais lui dire tant de choses à cet instant, mais trop tard pour faire demi-tour. Je me rendis compte alors qu’il ne me restait que le temps de ce court trajet pour faire le deuil de ma propre mère.<br /><br />Le retour en espace conventionnel m’arracha à ces pensées, comme s’il fallait abandonner remords et regrets dans l’hyperespace que nous venions de quitter. La meilleure manière de ne pas subir l’exil était de feindre le choix, et je devais me lancer, à compter du moment de l’atterrissage imminent, dans ce nouveau rôle de l’extradé à la recherche d’une vie nouvelle… Mais l’objectif semblait immense, bien trop ambitieux pour rentrer dans cette seule valise que j’avais emmenée. C’était la deuxième fois de ma vie que je marchais dans l’indifférence collective. Il me faudrait sans doute beaucoup de temps avant d’en apprécier le luxe, le temps nécessaire pour s’adapter à ce changement.<br /><br />Du scepticisme de l’Aristocrate quant à la révolte sur Kuat, il ne restait en définitive ni scepticisme ni Aristocrate.</i></p>
]]></description><link>http://star-wars-rpg.fr/post/173384</link><guid isPermaLink="true">http://star-wars-rpg.fr/post/173384</guid><dc:creator><![CDATA[Le Chroniqueur]]></dc:creator><pubDate>Wed, 25 Feb 2026 18:39:10 GMT</pubDate></item><item><title><![CDATA[Reply to Le scepticisme des Aristocrates on Wed, 25 Feb 2026 18:39:10 GMT]]></title><description><![CDATA[<p dir="auto">Post n°8<br />
Auteur : Sebastian Melvar</p>
<p dir="auto"><i>Il m’abreuvait de son discours, c’était de plus en plus difficile de ne pas lui donner raison. Mais alors pourquoi… Pourquoi je ne reconnaissais simplement pas que son combat était juste, que je faisais simplement partie des méchants de cette bien longue histoire ? En partie parce que je me sentais accusé en permanence. Chaque mot, chaque idée me renvoyait à ma condition d’Aristocrate si bien que toute tentative de m’en extraire était impossible. En promettant la perte de tout ce que j’avais connu, en promettant que je ne pourrais continuer à exister qu’en disparaissant dans ce nouvel ordre qu’il souhaitait, comment écouter avec sérénité ? <br /><br />J’avais d’autant moins la capacité de le contredire que je n’étais pas sur le front. Son rapport de la situation, ou ce qui en tenait lieu, était le seul dont j’avais pu prendre connaissance et il était peu envisageable que la situation ne soit pas présentée à la faveur des révoltés.<br />Comment, toutefois, un ouvrier qui n’avait jamais posé un pied sur la surface planétaire pouvait-il prétendre aussi bien connaître Kuat dans sa globalité ? S’il pouvait être intarissable sur la valeur stratégique de l’Anneau orbital, il semblait considérer que l’Aristocratie avait simplement bâti l’outil de sa destruction en espérant, pendant plus de 20 000 ans, qu’aucun ouvrier ne viendrait à comprendre la force dont il disposait… La planète était naturellement équipée des infrastructures nécessaires à son propre ravitaillement et l’Aristocratie menacée ne tarderait pas à faire en sorte de sécuriser ces moyens.<br /><br />Je restais très impressionné par le niveau d’éducation de cet ouvrier, mais aussi très étonné. Quand bien même les ouvriers auraient-ils pus s’abreuver de l’idéologie qui guidait leur révolte, ils n’étaient toujours pas des soldats, ni des pilotes, ni des ingénieurs. Ils avaient pour eux leur nombre et leur désespoir, deux armes formidables, mais qui ne leur permettraient jamais de s’extraire de l’Anneau.<br /><br />Néanmoins la force des convictions de ce Zeltron m’ébranlait tellement que j’en étais interdit. J’écoutais en silence car je ne savais pas quoi répondre, car il n’y avait rien à répondre et moins encore qui ne trahirait pas ma condition. La seule issue proposée par cet ouvrier était la capitulation sans condition de l’Aristocratie, le préalable même aux échanges était la reconnaissance de la défaite et la disparition. Comment s’étonner que le conflit dégénère, et il avait incontestablement dégénéré.<br /><br />Je ne l’ai pas compris tout de suite, il a fallu ce silence pesant, le calme avant la tempête. Victoria Helena avait tenté le périple sur l’Anneau, il lui en a coûté sa vie. J’avais hérité de ma mère mon aversion pour cette femme, mais comment ne pas immédiatement penser que le même sort pourrait m’être réservé ? <br />Je voyais pour la première fois des révolutionnaires en action. Ils dénonçaient une extermination de masse ordonnée par l’Aristocratie, et le pire est que je ne doutais pas une seconde de la véracité de cette accusation. Ils promettaient justice, mais je ne pouvais pas entendre autre chose que la quête d’une vengeance. Je me sentais personnellement menacé, et plus il parlait de justice du peuple, moins je sentais que cette justice serait équitable. Je n’avais pas ordonné ce meurtre de masse et je craignais pourtant que ce peuple ne m’écorche de colère. Les évènements m’avaient dépassé de loin, j’étais arrivé bien trop tard pour faire une quelconque différence.<br /><br />La cantina se leva dans un cri de haine et d’indignation, j’étais tétanisé sur ma banquette. Nul besoin d’être un Zeltron pour capter la colère de celui qui me faisait face. Il n’était plus là pour me convaincre à cet instant, et cette ultime question qu’il me posa avec un air plus accusateur encore confirma que c’était la fin. Au bout de quelques secondes perdues dans mes pensées, je lui répondis d’une voix expirante teintée de désespoir.</i><br /><br />- « <span style="color:#83c876">Non… Plus de négociation possible. </span> »<br /><br /><i>Je voulais crier mon nom, je voulais lui dire que j’étais Sebastian Melvar, au nombre de ces Aristocrates envers qui il voue une haine infinie. Je voulais m’abandonner à lui, hurler qu’il m’était devenu insupportable de bénéficier d’un tel système… Mais au-delà du risque d’être tué, je me couvrirais probablement de ridicule. En tant qu’Aristocrate, j’étais condamné à le rester. Imaginer des ouvriers qui accueilleraient des Aristocrates me paraissait aussi irréaliste qu’il était impossible pour lui de concevoir des Aristocrates prêts à la réforme ; et pourtant, il en avait un en face de lui.<br /><br />Mais comment imaginer qu’une telle situation pourrait se rétablir ? Comment imaginer un seul instant que des ouvriers pourraient se remettre au travail après ce qui venait de se passer ? La réforme n’était pas souhaitée et j’étais dans cette cantina en train de proposer un verre d’eau pour remplir un océan. Mieux valait le boire et partir tant que c’était possible. Je me levai alors, ce qui n’avait rien de bien surprenant puisque je devais être le seul encore assis.</i><br /><br />« <span style="color:#83c876">Le conflit a pris un tournant sur lequel il est impossible de revenir… <br /><br />J’aimerais avoir la force de me battre, mais je ne suis que moi. Je vais me noyer parmi tous ceux qui n’ont pas d’autre moyen que leur silence pour vous soutenir, en espérant qu’ils trouveront malgré cela grâce à vos yeux lorsque viendra le moment où vous aurez conquis le pouvoir. <br /><br />Adieu, Sem Ulric, j’espère que tu survivras à cette guerre.</span> »<br /><br /><i>Je quittai alors mon interlocuteur qui devait sans doute s’attendre à ne pas convaincre un moyennant, mais pourrait-il jamais savoir à quel point il avait ébranlé un Aristocrate ?<br /><br />Je ne pouvais néanmoins m’empêcher de ressentir de la colère à l’issu de cet échange. J’étais d’abord en colère contre moi-même pour avoir échoué dans mes ambitions. Mais sans doute étaient-elles trop élevées… Comment comprendre, en effet, le désir de liberté quand on n’en a jamais été privé ? J’étais en colère contre les ouvriers aveuglés par leurs revendications, persuadés que la justesse de leurs aspirations était suffisante.<br />J’étais en colère, enfin, contre Victoria Helena qui n’avait jamais donné l’impression de vouloir réellement accorder des concessions, qui n’avait rien fait pour éviter le carnage. Elle s’est acheté une auréole avant de mourir en laissant toute l’Aristocratie au bord du précipice…<br /><br />Il fallait partir de cet Anneau, c’était beaucoup trop dangereux d’y rester. Je fis le périple inverse dans un état d’esprit bien différent, frappé par la réalité de la situation. J’avais peur, peur pour ma vie, peur de ne pas pouvoir repartir, peur de me faire emporter par ce torrent révolutionnaire. Je n’attendis même pas Lyz qui dût me rattraper à pas soutenus. Elle me saisit le bras à quelques mètres de la sortie de la cantina : </i><br /><br />- « <span style="color:#9900cc">Qu’est-ce que vous faîtes ? </span> <i>Son regard était insistant, le ton était réprobateur. Ceci confirmait mes soupçons : ma qualité d’Aristocrate ne lui importait pas. Je n’étais pas en situation de conduire un débat, ma frustration seule pouvait s’exprimer et j’avais simplement envie de quitter cet endroit. Je me remis à marcher tout en lui répondant sur un ton plus sec que je ne l’aurais souhaité.</i><br /><br />- <span style="color:#83c876">Ils veulent tout détruire, ils veulent nous détruire… ils veulent me détruire. Je suis trop en danger ici, je redescends à la surface qui est encore hors de leur portée. </span><br /><br />- <span style="color:#9900cc">Vous abandonnez ? </span><br /><br />- <span style="color:#83c876">Non, je prends acte. Méfiez-vous, s’ils savent que vous êtes proche de l’Aristocratie, ils ne tarderont pas à couper votre tête également. </span><br /><br />- <span style="color:#9900cc">Je suis une moyennante, leur guerre n’est pas dirigée contre moi. </span> <i>Je m’arrêtai de marcher. Elle était donc parfaitement consciente de notre distinction sociale et ne se priva pas de me la rappeler, son assurance venait du fait qu’elle se sentait parfaitement en sécurité dans ce conflit. Je voyais les choses autrement, peut-être à tort, mais je lui en fis part toujours sous le coup des émotions contradictoires qui me traversaient.</i><br /><br />- <span style="color:#83c876">Pour l’instant.<br />Leur cause est juste, c’est ce qui les rend le plus dangereux. Ils ne tarderont pas à se livrer à une épuration en règle. Leur rêve d’égalité va se transformer en totalitarisme et ceux qui n’auront pas prouvé qu’ils sont totalement dévoués à leur cause seront exécutés sur l’autel de leur vertu tandis qu’ils crieront « justice ».<br /><br />Ils ne veulent pas entendre, ils veulent juste exprimer leur rage. Je ne serai pas le seul à essayer vainement de construire la paix alors qu’ils pensent pouvoir l’obtenir par la destruction. Je ne serai pas le seul à militer pour une réconciliation quand ils veulent juste châtier la caste au sein de laquelle ils me rangeront sans même s’interroger sur mon degré d’implication dans cette tuerie.<br /><br />Ils voient la réalité en noir et blanc, ils ont un esprit qui ne pense désormais les choses que dans les absolus, sans aucune nuance. </span><br /><br />- <span style="color:#9900cc">C’est le fruit de milliers d’année d’oppression. Vous pouvez comprendre ça ? </span> <i>Le ton montait et la barrière sociale s’écroulait à nouveau. Je me laissai emporter dans une discussion que je ne voulais pas mener, je voulais juste partir. Mais dans le même temps, et sans que je puisse vraiment me l’expliquer, je ressentais le besoin de me justifier auprès de cette femme. Sans doute disait-elle tout haut ce que je pensais tout bas et en cherchant infructueusement à la convaincre, c’est moi-même que je tentais de berner.</i><br /><br />- <span style="color:#83c876">Oui, je peux ! Je peux aussi comprendre que jamais il ne me sera possible d’appréhender toute leur souffrance, cette souffrance qui les aveugle. Mais est-ce que je dois laisser mon empathie me tuer ?  Ils ont décidé que l’Aristocratie entière était comme la Kuat de Kuat… Pourquoi serais-je le seul à ne pas considérer que tous les ouvriers sont assoiffés de notre sang comme semble l’être leur leader ? </span> <i>Lyz ne répondait pas, je voyais là l’occasion d’en finir.</i><br /><br /><span style="color:#83c876">Ils ont apeuré une classe sociale qui peut les exterminer comme des animaux, maintenant ils se révoltent à cause des effets de leur révolte. Le cercle est sans fin, je n’ai pas le pouvoir d’y mettre un terme.<br /><br />Je les admirais, j’étais sensible à leur cause. J’étais prêt à engager une révolution de Palais à la surface, à tout faire pour prendre le pouvoir qui m’aurait permis de parler avec eux au nom d’une classe sociale disposée à renoncer à presque tous ses privilèges pour construire une nouvelle société.<br /><br />Maintenant ils me terrifient, leur obstination me terrifie. <br /><br />Je ne mourrai pas ici.</span> »<br /><br /><i>Je voyais bien que Lyz n’avait plus le même regard sur moi. Elle semblait me découvrir alors que je n’étais jusque-là pour elle que le fils de ma mère, c’était une découverte emprunte d’une visible déception et je me surprenais à en souffrir. Le temps me manquait toutefois pour espérer regagner cette considération que je pensais perdue.<br /><br />On dit souvent qu’on ne peut déceler véritablement une personne que dans les moments de crise, je souhaitais à cet instant ardemment que ce ne fût pas le cas. Je ne serais sinon qu’un lâche parmi d’autres, un homme sans principe et simplement préoccupé par sa survie. Sans doute n’avais-je pas suffisamment souffert dans ma vie pour forger en moi les armes de la détermination et du courage, mais fallait-il pour autant m’en sentir perpétuellement coupable ? Pourquoi diable le cosmos ne devrait-il donner naissance qu’à des héros ? Il ne fallait pas oublier tous ces anonymes dont la vie, et plus souvent la mort, ne servait qu’à créer les héros, mais quelle rage d’en faire partie.<br /><br />Je rejoignais ma navette sans fierté et toujours craintif, discrètement accompagné des gardes affectés à ma sécurité. Alister était là mais pas de statue. Il m’accueillit très étonné de mon nouvel accoutrement dont je n’avais pas pris la peine de me débarrasser. J’avais perdu Lyz en cours de chemin, que ce soit au sens propre ou figuré, et sans doute ne la reverrais-je plus jamais.</i><br /><br />- « <span style="color:#990000">Monsieur, nous n’avons pas encore été livrés… Mais je recommande de quitter les lieux tant que c’est encore possible. Madame votre Mère doit être très préoccupée.</span><br /><br />- <span style="color:#83c876">Oui, j’aimerais que ce soit pour ma sécurité mais j’en doute. Quittons cet Anneau de misère, j’en ai assez vu pour les vingt années à venir.</span> »</p>
]]></description><link>http://star-wars-rpg.fr/post/173383</link><guid isPermaLink="true">http://star-wars-rpg.fr/post/173383</guid><dc:creator><![CDATA[Le Chroniqueur]]></dc:creator><pubDate>Wed, 25 Feb 2026 18:39:10 GMT</pubDate></item><item><title><![CDATA[Reply to Le scepticisme des Aristocrates on Wed, 25 Feb 2026 18:39:10 GMT]]></title><description><![CDATA[<p dir="auto">Post n°7<br />
Auteur : Leto Lazarus</p>
<p dir="auto"><i>Aricc fit signe à un des serveurs de la cantina d’apporter deux verres, un pour lui et un autre au dénommé Ebron qui d’un air calme, posé et réfléchi répondait sereinement au monologue du Zeltron. Ce-dernier déposa une puce de crédit du montant de l’apéritif sur la table tout en analysant les paroles de son interlocuteur. Sans approuver tous ses dires, le révolutionnaire hochait la tête de haut en bas en lui signifiant qu’il comprenait bien ce qu’il affirmait avec raison. Le temps qu’il finisse son bref discours, un serveur un peu désagréable vînt lui poser le contenant sur la table, assez brusquement d’ailleurs et s’empara du montant de l’addition. Aricc lui lança un regard désapprobateur qu’il n’eut pas le temps de recevoir puisqu’il tournait déjà le dos aux deux jeunes hommes, direction le comptoir où il s’empressa de continuer sa plonge en fixant les informations sur un des écrans muraux de l’établissement. On y voyait une diffusion différée du débarquement de la Kuat de Kuat sur le chantier de Deponn, et si quelques commerçants du quartier venus boire un verre écoutaient les commentaires avec attention, ce n’était pas le cas d’Aricc qui avait décroché depuis que la chaîne repassait en boucle le débarquement de Victoria, apprentie tyran à la tête du système. La diffusion en direct avait étrangement été coupée pour repasser toujours les mêmes images. Le révolutionnaire songeait à un problème technique, sans se douter que l’aristocrate avait été assassinée voilà maintenant plus d’une heure. </i><br /><br /><i>Si Ebron Lock semblait d’accord avec la redéfinition de l’inégalité légitime et de l’articulation des rapports sociaux entre les trois castes, il tenait visiblement à la négociation ainsi qu’à l’élaboration d’un compromis entre les factions. Face à la violence de la répression aristocrate, ce discours était difficilement audible, malgré les contraintes matérielles qui inévitablement se poseraient en cas de lutte prolongée entre les ouvriers et les exclus d’un côté, la noblesse de l’autre, incarnée par les Dix familles séculaires de Kuat dominées par la maison éponyme qui se fichait bien d’ailleurs de tout compromis vu qu’elle monopolisait l’ensemble des moyens coercitifs. Le sommet de la hiérarchie pyramidale locale s’incarnait à travers un titre mythifié, celui de Kuat de Kuat, attribué traditionnellement à une descendante femelle. Et parmi l’arsenal de prérogatives formelles ou coutumières, il y avait celle de la direction du CNK (Chantiers Navals de Kuat), cet empire industriel et commercial fabricant d’armes, de véhicules, de croiseurs ainsi que de destroyers parmi les plus célèbres et les plus fiables dans toute la galaxie, s’étendant sur des dizaines de systèmes comme Xa Fel, Beldérone, Balmorra, ou encore Rothana. La puissance de la famille Kuat qui règnait implacablement depuis des millénaires ne s’est jamais faite dans le compromis, mais dans la stratégie, dans la soumission totale de ses adversaires. Certes les complots contre elle ne manquaient guère… Mais ils ne visaient qu’à s’emparer du pouvoir, à renverser les régnants au profit de nouveaux. Tel fut le cas de celui de la Maison Knylenn : l’un deux eut le culot de tenter d’abroger la Clause d’Héritage que les Kuat firent signer aux Dix légitimant par ce biais la succession héréditaire à la tête de l’État ainsi que du CNK. Bien-sûr le complot fut un échec retentissant alors même qu’il fit quelques victimes collatérales. Ces gens là ne semblaient avoir aucun scrupule à s’arroger le pouvoir suprême, d’en obtenir toujours plus, non pas pour l’intérêt général mais pour leur petite personne et en oubliant totalement la population du système. C’est ce que se disait Aricc. Plus le temps passait, plus son aversion envers la noblesse devenait intolérable. Et la course au monopole du pouvoir fut telle que les seuls aptes à représenter le système au Sénat au temps de l’ancienne République fut la famille Kuat elle-même, s’octroyant se privilège en écartant les maisons rivales. La plus puissante des dix familles possédait donc un pouvoir absolu, si concentré, si mythifié, si intransigeant qu’il avait réussi à survivre tout ce temps, octroyant au gouvernement une stabilité notoire… mais à quel prix ?<br /></i><br /><i>Le refus de la négociation inquiétait Ebron Lock, donc. Mais l’aristocratie avait-t-elle l’ambition de se séparer de ses privilèges alors qu’elle forçait ouvriers et exclus à la reprise du travail sous peine d’exactions ? Les nobles avaient-ils la volonté de partager le pouvoir politique alors qu’ils semblaient tout faire pour étouffer la rébellion ? Les propositions énoncées à la va-vite par le biais des médias traduisaient le mécanisme bien huilé de la domination des riches sur ceux qui produisaient leur richesse : l’unilatéralité des décisions, l’initiative des propositions, le refus de la négociation… C’était bien la noblesse et non pas les ouvriers qui balançait ses réformettes au visage des grévistes. Des petites mesures qui jamais ne remettaient la hiérarchie castiale en question, qui garantissaient le monopole politique aux Dix et l’absorption de la richesse qu’ils prélevaient sur la production ouvrière. En résumé, l’État prenait les petites mains pour des abrutis qui se contenteraient de miettes là où leurs ambitions étaient l’abolition des privilèges. Tout était réuni pour qu’un conflit explose. Mais il y avait encore des gens comme ce jeune moyennant qui ne semblait pas voir la réalité en face : aucune négociation n’est possible tant que ceux qui souhaitent conserver leur position dominante négocient en conservant l’énorme fossé abyssal une aristocratie au pouvoir et des ouvriers, des exclus, qui à ses yeux ne représentaient absolument rien, n’avaent aucune légitimité à réclamer quoi que ce soit. La distribution terriblement inégale des capitaux culturels, sociaux, économiques, ou même symboliques entre la noblesse et les forces laborieuses condamnait la négociation à perpétuer l’éternelle domination des premiers sur les seconds, d’une manière d’autant plus subtile qu’elle serait encore plus difficile à combattre.<br /><br />Aricc lâcha un petit rire sympathique avant de boire une gorgée de son précieux nectar. Il reposa son verre subtilement en regardant le moyennant dans les yeux, un sourire en coin, répondant quasiment point par point à son interlocuteur.</i><br /><br /><span style="color:#cc3333">- Crois-tu réellement que les révolutionnaires se contenteront de l’autarcie dans leur combat ? </span><i>Lui demanda-t-il.</i> <span style="color:#cc3333">Dois-je te rappeler que l’Anneau est LE lieu de la régulation du trafic en provenance de l’étranger ? C’est de là que l’on donne l’autorisation d’entrer dans l’atmosphère, c’est donc là que l’on a la possibilité d’entrer en contact avec l’extérieur. Si les révolutionnaires possèdent l’anneau, l’aristocratie a perdu la guerre, non pas parce qu’on lui privera temporairement de sa richesse via les chantiers navals et les usines, mais parce qu’ils posséderont l’ensemble des moyens militaires via la Station Spatiale Militaire, l’ensemble des nœuds du contrôle des transports et l’ensemble des réseaux communicationnels vers l’extérieur via la Station Spatiale Principale. En somme, la totalité des outils nécessaires à la victoire. Kuat City est un lieu de gouvernance politique, la surface est un endroit paisible pour la vie, mais en faisant le choix de la puissance de la CNK via son anneau, l’État a du y délocaliser sa puissance réelle. Et c’est bien pour cela que j’affirme que si les révolutionnaires contrôlent l’anneau, les nobles sont cuits…</span><br /><br /><i>Le regard d’Aricc se posa sur des nouveaux arrivants tandis qu’il continua son propos.</i><br /><br /><span style="color:#cc3333">- Et puis, l’aristocratie ne se risquera pas à détruire son propre anneau. D’une part parce que la confiance de ses clients en sera fortement ébranlée, d’autre part parce que le temps de la reconstruction, ces mêmes clients iront voir ailleurs et se fidéliseront à d’autres fournisseurs. En période tendue comme en ce moment du point de vue des relations galactiques, la pire des idées est de saboter ses propres moyens de production… Bien-sûr, ils peuvent tout à fait le faire, tout dépend qui possède la station militaire au moment où survient le point de non-retour.</span><br /><br /><i>Le Zeltron but une longue gorgée en serrant son verre. Il avait noté dans le discours d’Ebron la culpabilisation de la famille Kuat, comme si elle seule nourrissait les maux du système, marginalisant le fait selon lequel l’aristocratie elle-même était partie intégrante du problème. Son discours semblait donc la dédouaner, dénonçant le monopole d’une seule famille, loin d’accabler les neuf autres qui se voyaient pourtant largement rétribuées par l’État à travers la direction de certains départements de la production sur l’anneau. Les Kuhvult dirigeaient la sécurité, les Andrim, les Deponn leurs chantiers respectifs par exemple. Et les possessions de chacun faisaient l’objet de convoitises à tel point que se montaient des complots entre maisons rivales. Peut être bien que les Kuat arbitraient parfaitement les tensions des Dix, de sorte qu’ils puissent régner de façon continue sur le système tout entier. Les Dix n’étaient finalement pas une partie du problème : ils étaient le problème, et le discours d’Ebron le minimisait, on aurait même dit qu’il tentait de les faire paraître comme les alliés de ceux qui souhaitaient la métamorphose de la distribution du pouvoir. Jamais il ne remettait en cause la domination aristocrate, seule celle de la maison Kuat semblait problématique. Jamais il ne semblait vouloir l’avènement d’une société sans caste, mais trouver un équilibre dans celle-ci de telle sorte que la domination ait un visage plus humain. Le changement dans sa bouche semblait beaucoup trop flou, peu concret, et le mouvement révolutionnaire devait se voir réduit à l’état de simple mouvement social, capable de discuter avec les nobles dans le but que ceux-ci acceptent gentiment de se débarrasser de leurs acquis. </i><br /><br /><span style="color:#cc3333">- Les aristocrates ne peuvent rien faire sans dialogue ? Tu supposes donc que c’est d’eux que viendra notre salut,</span> <i>reprit Aricc qui perdait peu à peu son sourire au coin de ses lèvres.</i><span style="color:#cc3333"> La majorité n’a pas besoin d’eux d’autant plus que nous pensons fermement que la noblesse est le problème de ce système. Les intrigues n’ont jamais cessées, elles ne s’arrêteront pas demain. Les aristocrates s’assassinent entre eux pour étendre leur domination pendant que le souverain, Kuat de Kuat, se délecte de ce spectacle et en profite pour asseoir son pouvoir suprême. Et toi, tu les décris comme des gentils bonhommes qui ont pour une grande part conscience des problèmes du système ; tu les décris comme des réformistes capables de changer les choses. Mais l’histoire millénaire démontre totalement le contraire… Les seules actions qui ont été faites contre le gouvernement visaient à remplacer la domination d’une maison par une autre, sans succès. Leur motivation ne fut jamais celle de libérer le peuple de la tyrannie. Notre Révolution est le fruit de cette histoire, et la noblesse d’aujourd’hui découvre qu’il existe une solidarité entre castes qui menace de détruire leur monopole politique. Je continuerai de t’inquiéter alors, mais non, nous ne négocierons pas avec nos oppresseurs pour qu’on nous la fasse à l’envers, c’est hors de question. Le premier pas ne doit pas venir de nous, mais de ceux qui sont la cible de ce soulèvement. Or rien n’a été proposé encore, personne n’a mis sur la table la fin de la société de castes, de cette société d’ordre qui n’a plus ni queue ni tête.</span><br /><br /><i>Il est vrai qu’Aricc prit un ton un peu plus dur, sans doute gêné par l’ambivalence du discours de son interlocuteur moyennant. Il finit par conclure :<br /></i><br /><span style="color:#cc3333">- Si des aristocrates souhaitent réellement un changement systémique, rien ne les empêche d’abandonner leurs privilèges, de céder leurs titres, de se délester de leur monopole productif et politique, et de nous rejoindre dans notre lutte. Nous ne les dépouillerons pas, nous ne les tuerons pas… Nous les accueillerons à bras ouverts, comme de simples révolutionnaires en rébellion contre la dictature kuatie.</span><br /><br /><i>C’est à ce moment que l’écran de télévision se brouilla, puis afficha un présentateur déboussolé. L’annonce provoqua un choc monumental : Victoria Kuat avait été assassinée.</i><br /><br /><i>Le silence régnait maintenant sur la cantina, alors que certains retransmettaient en grand différé l’explosion d’abord puis plus tard la balle qu’elle avait prit en pleine poitrine. Même Aricc fut choqué par de telles images… Mais alors qu’un brouhaha incessant s’empara de la salle durant de longues minutes, les caméras des journalistes pointèrent vers un ensemble de transports qui fusaient vers le lieu de l’attentat. Aricc vit des révolutionnaires descendre de leur transport les armes à la mains et l’un deux vînt devant les caméras et prononça un discours accablant. Ainsi, le gouvernement avait ordonné l’exécution sommaire de dizaines voire de centaines de milliers d’ouvriers et exclus dans le quartier usinier du sud ouest, tous gazés, exterminés, sans aucun scrupule ! Le Zeltron se leva brusquement de sa chaise et il ne fut pas le seul : des dizaines de personnes dans la cantina commencèrent à hurler, touchés, dégoûtés, blessés au plus profond d’eux mêmes. Dans une colère des plus noires, ils lancèrent des cris de protestation, des cris de rage face à la médiatisation sans doute involontaire du massacre, car les canaux cessèrent immédiatement d’émettre. Sans doute avait on donné l’ordre de couper toute transmission, un peu trop tard. Aricc martela d’un coup sec ses mains sur la table qu’ils occupaient avec son interlocuteur. Son regard était sombre, sa mâchoire serrée, son teint rouge de colère et en pointant le doigt vers l’écran désormais éteint, il lança :</i><br /><br /><span style="color:#cc3333">- C’est donc avec ça… ? C’est avec ça que tu veux négocier ?!</span><br /><br /></p><blockquote class="spoiler"><cite style="cursor:pointer">Spoiler : HRP:</cite><div style="display:none">Discours de Leto <a rel="nofollow ugc" href="http://star-wars-rpg.soforums.com/p83174.htm" target="_blank">ici</a></div></blockquote><p></p>
]]></description><link>http://star-wars-rpg.fr/post/173382</link><guid isPermaLink="true">http://star-wars-rpg.fr/post/173382</guid><dc:creator><![CDATA[Le Chroniqueur]]></dc:creator><pubDate>Wed, 25 Feb 2026 18:39:10 GMT</pubDate></item><item><title><![CDATA[Reply to Le scepticisme des Aristocrates on Wed, 25 Feb 2026 18:39:09 GMT]]></title><description><![CDATA[<p dir="auto">Post n°6<br />
Auteur : Sebastian Melvar</p>
<p dir="auto"><i>J’écoutais en silence la réponse de mon interlocuteur visiblement habitué à côtoyer les indécis. J’étais d’autant plus réceptif à ses réflexions les plus profondes qu’il me les offrait appuyées d’un regard insistant auquel je n’étais guère habitué. Je n’avais hélas aucun verre d’alcool dans lequel me réfugier… Plusieurs choses me frappaient en écoutant cet individu que je pouvais désormais identifier comme un ouvrier, puisqu’il avait évoqué les humiliations quotidiennes de sa classe, supposant d’ailleurs que je devais également les connaître. Ce n’était bien entendu pas le cas.<br /><br />Je remarquais d’abord que le discours était très loin d’être caricatural. Il n’était pas seulement le fruit d’une sorte de propagande interne mais d’une conviction qui avait longuement maturé. J’entendais par exemple quelque chose d’une rare intelligence : redéfinir l’inégalité légitime. On devait être loin de la revendication basique et absolue que l’on pourrait entendre chez les exclus dont la haine, forgée par des millénaires d’une oppression des plus brutales, les conduisait sans doute à confondre l’égalité et le renversement de l’inégalité. Chaque partie devait composer avec sa frange extrémiste : les exclus n’accepteraient rien de moins que l’exécution de leurs anciens oppresseurs et les plus conservateurs des Aristocrates ne rêveraient pas mieux que d’exterminer ceux dont ils considéraient qu’ils avaient oublié leur place. Mais à moins d’avoir à faire à un extrémiste, il semblait que même les modérés ne voulaient pas discuter, contrairement à ce que la formulation de revendications au début du mouvement de grève pouvait laisser croire.<br /><br />Lyz m’avait prévenu et c’était la seconde chose que j’apprenais en écoutant ce zeltron. Les ouvriers, les exclus et les quelques moyennants qu’ils avaient convaincus se sentaient suffisamment forts pour refuser toute négociation. Puisqu’il était question d’Histoire, avec un grand « H », on pourrait également y trouver bien des guerres perdues par vanité. Certes l’Aristocratie n’avait en la matière que peu de leçons à donner, mais il était surprenant de constater ce travers chez ceux qui en avaient si longtemps souffert. Le nombre était une force indéniable, mais ils n’étaient nombreux que dans l’Anneau orbital… Ils pourraient même aller jusqu’à contrôler ledit Anneau qu’ils ne priveraient l’Aristocratie que de richesses supplémentaires, sans d’ailleurs pouvoir mettre fin à leur propre confinement. Les révoltés étaient simplement en train de se rendre maîtres de leur propre tombeau, un gigantesque Anneau de métal dont ils ne pouvaient pas sortir et qu’une Aristocratie poussée dans ses derniers retranchements préférerait détruire que de voir utilisé contre elle. Les préjudices ne seraient pour elle que d’ordre financier et il lui faudrait sans doute l’espace de deux ou trois générations pour reconstruire, un temps que les richesses déjà accumulées permettrait de passer sans même avoir le moindre sentiment d’appauvrissement. Tout comme l’amélioration de sa condition individuelle était ce qui donnait à cet ouvrier la force de se battre, c’était précisément l’absence de changement sur la condition individuelle de chaque Aristocrate qui condamnerait le camp des révoltés à perdre une guerre d’usure.<br /><br />Les révoltés pourraient d’autant moins conserver la jouissance de l’Anneau qu’il était essentiellement un outil de production, et non de conception. En effet, aucune classe dirigeante dont la puissance reposait sur la vente d’objets construits par des exploités ne laisserait la possibilité pour ces exploités de se passer d’elle. Les révoltés pourraient sans doute continuer à produire selon les schémas qui leur avaient été transmis et avec les matières premières qu’il leur restait, mais ils ne pourraient pas recréer le génie de Kuat, en tout cas pas avant le terme funeste de l’hypothétique guerre d’usure qui se jouait à leur désavantage. Ils pouvaient sans doute s’instruire sur ce que devait être une société égalitaire ou bien le meilleur régime politique, mais jamais les connaissances les plus stratégiques qui ont fait et font encore la prospérité de Kuat ne leur seraient accessibles de la même façon. Ainsi leur mouvement ne gênait pas seulement l’Aristocratie, il mettait en péril Kuat elle-même puisqu’elle ne serait plus capable de procéder aux ventes qui étaient la seule source de ses richesses. Or, si Kuat n’était plus en mesure de se livrer dans de bonnes conditions à la seule activité qui lui permettait de vivre, les classes inférieures en souffriraient les premières. Tous les paramètres du conflit, si ce dernier venait à durer, me semblaient donc jouer à la défaveur des révoltés.<br /><br />Mais c’est bien parce que chaque camp est persuadé de sa victoire que la guerre continue. Si les révoltés refusaient le dialogue, et les raisons en étaient parfaitement compréhensibles, je pensais impératif de les convaincre de revoir cette position.<br /><br />Comment donner tort à cet ouvrier lorsqu’il demande simplement d’être considéré comme un individu ? Sa question introductive résumait bien toute la situation : comment justifier la domination de l’Aristocratie ? On ne pouvait sans doute plus la justifier, mais on pouvait en expliquer les origines. Avant l’arrivée des premiers colons sur Kuat, il n’y avait rien. Ce sont ces premiers marchands qui ont terraformé la planète sur laquelle vivent leurs descendants et construit l’Anneau orbital qui leur sert à produire les marchandises qui font leur richesse. L’arbitraire des premiers jours est une expression partiale puisque dans les premiers jours il n’y avait rien ni personne à exploiter, pas de « bas peuple » à opprimer. D’ailleurs, les plus cyniques pourraient considérer que la population de l’Anneau n’est pas un « peuple » et n’a jamais été pensé ainsi par d’autres que ceux qui réclament aujourd’hui qu’on les considère comme tel. Ainsi l’injustice d’aujourd’hui était transposée sur les origines, or un système originellement conçu comme injuste ne méritait pas de survivre et penser ne serait-ce qu’à le réformer au lieu de simplement l’abattre était déjà un renoncement. Je voyais là le seul élément de pure rhétorique dans le discours révolutionnaire tel que reporté par ce représentant de la cause.<br /><br />Que l’injustice soit originelle ou seulement millénaire, cela ne devait pas empêcher les acteurs du présent de redéfinir les inégalités légitimes, mais, pour reprendre les mots de cet ouvrier si bien instruit, de les redéfinir en commun. Il présumait néanmoins qu’aucun Aristocrate n’accepterait de renoncer à ses privilèges tout comme la plupart des Aristocrates présumaient d’ailleurs qu’aucun ouvrier n’était capable de tenir un raisonnement cohérent. La vérité qui m’apparaissait ici était la force des idées reçues dans les deux camps et qu’un dialogue ne serait possible qu’en les dépassant, ce qui était certainement beaucoup plus simple pour la classe qui n’en souffrait pas.<br /><br />Mon objectif était donc maintenant d’essayer de mesurer à quel point les révoltés refusaient le dialogue pour savoir si ce refus était un élément du discours pour convaincre un indécis ou l’état d’esprit réel des dirigeants de cette révolte dont je ne pouvais pas savoir à quel point ils étaient représentés par ce zeltron en face de moi.<br /><br />J’étais enfin paradoxalement plus renseigné sur l’état d’esprit des révoltés que sur celui de l’Aristocratie. Quel intérêt de pousser les révoltés au dialogue si la Kuat de Kuat le refusait par la suite ? Ce serait probablement la seconde étape du plan, convaincre l’Aristocratie qu’elle ne gagnerait rien à préserver sa richesse par l’asservissement, la convaincre que l’actuelle Kuat de Kuat n’était pas à même de gérer cette crise avec la sagesse nécessaire, que le temps de la manipulation des masses et des fausses concessions n’était plus. La révolte au sein de l’Anneau ne pourrait pas trouver d’effet sans une révolte de Palais à la surface de Kuat.<br /><br />C’était maintenant à Ebron Lock, simple moyennant, d’exprimer mes craintes avec ses mots.</i><br /><br />- « <span style="color:#83c876">On est effectivement très loin de la simple grève…</span> <i>Je marquai à cet instant une pause, le discours qui m’avait été servi méritait quelques secondes de réflexion.</i> <span style="color:#83c876">Si j’ai tenu à rencontrer un révolutionnaire, c’est que je ne suis plus vraiment à convaincre quant à la nature de l’injustice sociale que connait Kuat. Bien peu sont ceux qui pensent que ces inégalités trouvent des justifications parfaitement objectives et, si elles ont pu persister jusque-là, c’est qu’elles s’appuient sur des éléments extérieurs dont la maîtrise nous échappe.</span> <i>Je ne voulais pas faire offense à cet ouvrier en dissertant sur les inégalités sociales dont je n’étais pas victime, même dans ma peau de moyennant. Mes mots seraient nécessairement en deçà du plus superficiel de ses sentiments et prendre le risque était tout simplement inconcevable.<br /><br />Je me sentais en revanche plus légitime à soulever des questions d’une autre nature. Je jouais le rôle d’un membre de la classe supérieure de l’Anneau susceptible d’être emporté par ce conflit s’il arrivait aux extrêmes que je tenais à évoquer.</i><br /><br />- <span style="color:#83c876">Dans une guerre qui risque de durer, c’est le ravitaillement qui fait la différence entre le vainqueur et le vaincu. Or je crains que la situation actuelle ne donne une fausse impression de la puissance des révolutionnaires. Vous êtes nombreux, c’est indéniable, mais confinés dans l’Anneau orbital si bien que le nombre n’a que peu d’importance. Vous vous dressez face à une Aristocratie dont la richesse est tellement considérable qu’elle pourrait vivre plusieurs générations sans même voir fondre son patrimoine de moitié. Elle peut se faire ravitailler directement à la surface de la planète et laisser l’Anneau orbital mourir petit à petit, ou bien accélérer notre perte à tous en l’endommageant sévèrement depuis l’espace qui nous est totalement inaccessible…<br /><br />Vos désirs d’égalité sont parfaitement louables et, franchement, je ne pense pas que Kuat puisse continuer à vivre sur un modèle social de la nature de celui que nous connaissons. Mais ces idées ne nous protégeront pas contre la dure réalité : vingt mille ans de déséquilibre des forces ne peuvent pas s’effacer en quelques jours, ni même en quelques mois. </span> <i>C’était mon ressenti sur l’état du conflit, exposé tel que je le pensais. Je devais maintenant aborder la question du dialogue en évoquant l’Aristocratie, avec le risque d’une rupture de cette conversation si j’en parlais de la mauvaise manière. Je ne devais pas trahir mon rôle mais il fallait au moins que je sache si la recherche d’éventuels soutiens en surface avait traversé l’esprit des révolutionnaires de l’Anneau et je devais parler avec suffisamment de certitude pour être pris au sérieux.</i><br /><br />- <span style="color:#83c876">J’ai pu côtoyer des Aristocrates lors de mes activités, certains considèrent que les choses doivent changer et sont prêts à renoncer à beaucoup. Seulement, ils ne pourront convaincre suffisamment des leurs qu’en apaisant leurs craintes. Tu l’as dit justement, on ne soupçonne pas dans l’Anneau l’équilibre, ou plutôt le parfait déséquilibre, qui a lieu en surface. La famille Kuat tient les destinées de notre monde depuis des siècles et bien des familles observent impuissantes une situation devenir de plus en plus rigide avec le temps, craignant plus que tout le jour de la rupture. Bien sûr, rien de comparable avec ce que vivent les ouvriers ou les exclus, mais on peut avoir une part de l’Aristocratie avec nous si l’on comprend cet état des choses. <br /><br />Toutefois, ces Aristocrates ne peuvent rien faire si les révoltés refusent ne serait-ce que l’hypothèse d’un dialogue, et c’est là que tu m’inquiètes un peu…</span> »</p>
]]></description><link>http://star-wars-rpg.fr/post/173381</link><guid isPermaLink="true">http://star-wars-rpg.fr/post/173381</guid><dc:creator><![CDATA[Le Chroniqueur]]></dc:creator><pubDate>Wed, 25 Feb 2026 18:39:09 GMT</pubDate></item><item><title><![CDATA[Reply to Le scepticisme des Aristocrates on Wed, 25 Feb 2026 18:39:09 GMT]]></title><description><![CDATA[<p dir="auto">Post n°5<br />
Auteur : Leto Lazarus</p>
<p dir="auto"><i>Aricc en était sûr : les réflexes sociaux s’ancraient dans le corps, cela d’autant plus au regard de la sécularité des traditions et des règles imposées par les dominants. Le savoir social se voyait incorporé dans les manières, les postures, les attitudes ; et cet habitus agissait véritablement comme la matrice des comportements individuels. L’hexis corporelle, c’est à dire l’attitude des corps qui en résultait, n’était simplement que la traduction physique de cet habitus, sa face visible. Et le révolutionnaire de Deponn vérifiait la théorie au fil des diverses rencontres qui ponctuaient son parcours au sein de la cellule active du Chantier Naval du nord-est. En effet, le dénommé Ebron avait l’air de produire un effort incommensurable pour s’abaisser à son niveau social et cela se voyait dans ses gestes : il lui fallait sortir de ses pratiques conventionnelles, s’arracher à sa condition pour générer de la confiance et un espace commun propice à une communication saine. Aricc ressentait le malaise, la gène ; ses capacités physiques - celles des zeltron - lui permettaient de capter les émotions de ce type provenant de son interlocuteur. L’hésitation, la lutte, le calcul, le malaise… Furtivement, son esprit ne put s’empêcher de penser que la révolution demeurait plus que jamais nécessaire, tout cela grâce à une poignée de main qui lui semblait être tout sauf naturelle. Cette révolution devait redéfinir l’inégalité légitime, construire un nouvel espace public et social, bâtir de nouveaux référentiels identitaires, aboutir sur un nouvel ensemble de règles politiques. Il voyait en un simple rapport social, toutes les justification d’une remise à plat drastique des règles du jeu, et la raison de l’impossibilité de négocier avec les actuels détenteurs du pouvoir l’émergence d’un espace public nouveau, tout simplement parce qu’il serait sans aucun doute le simple héritier de l’actuel et qu’il reproduirait mimétiquement peu ou prou les dominations à l’oeuvre. <br /><br />Pourtant, Ebron se présentait comme un moyennant, la caste directement au-dessus de celle des ouvriers. Il avait beau être un supérieur hiérarchique direct, un gouffre social semblait le séparer du zeltron. Quelques moyennants se baladaient régulièrement dans cette partie du quartier commercial, Aricc en déduisit que son interlocuteur se situait plutôt dans la frange haute de la caste – la frange basse ayant plus de conventions sociales en communs avec les ouvriers. Cela n’empêchait que tous deux se retrouvaient assis sur leur banquette respective, dont le rouge tranchait un peu avec le reste de la décoration de la cantina où le bruit ambiant ne cessait de s’accentuer au fil du temps. Et s’ils étaient là, c’est parce que ce moyennant se révélait être curieux sur la grève en cours. Le fait qu’il ait pris contact avec Lyz Queldor et qu’il ait travaillé à la réalisation de cette entrevue n’était pas anodin, au contraire… Aricc y voyait là une faille du système et la possibilité de le subvertir de manière plus globale. Au final, il était là pour convaincre le dénommé Ebron ; lui aussi avait peut être la volonté de se laisser persuader par la nécessité de renverser la table. <br /><br />Le moyennant après une brève introduction posa une question d’une sobriété déconcertante. « Qu’est-ce qui t’a convaincu ? ». Simple curiosité ou réelle volonté de réfléchir au pourquoi du comment ? Une chose était sure : si le jeune Ebron s’était déplacé pour « voir un visage », c’est qu’il y avait derrière cette intention le souhait de comprendre les causes d’une telle révolution. Aricc – ou plutôt Sem – s’empara du verre qu’il avait commandé quelques minutes auparavant puis en but une gorgée. Un silence quelques peu gênant perdura une dizaine de secondes, alors que le zeltron déglutissait et reposait son verre sur la table. Son regard se perdit sur le précieux liquide qui dansait dans son verre, mais il enchaîna finalement sur une réponse.</i> <br /><br /><span style="color:#cc6666">- Avant de discuter de la raison pour laquelle j’ai rejoint les comités révolutionnaires, j’aimerais si tu me le permets te poser une question.</span> <i>A vrai dire, l’ouvrier n’attendît pas l’assentiment de son interlocuteur.</i> <span style="color:#cc6666">Sur quoi se fonde la domination de caste d’après toi? </span><i>Le regard d’Aricc se posa lentement sur Ebron.</i> <span style="color:#cc6666">En fait, je te pose là la question de la légitimité de la domination des uns sur les autres.</span><br /><br /><i>L’ouvrier fit tourner son verre lentement tout en continuant son discours.</i><br /><br /><span style="color:#cc6666">- J’ai fini par remarquer que je n’avais pas d’existence propre, que je ne pouvais décider de rien sur ma propre vie, et que les seuls qui le pouvaient étaient les garants de l’ordre qui sévit sur ce système. Ceux-là mêmes sont a contrario parfaitement libres ; ils peuvent circuler librement, s’enrichir librement, parler librement, voyager librement, décider librement, connaître librement. Ils le peuvent parce qu’il y a vingt mille ans, la famille Kuat s’est arrogée le droit de faire et de défaire. Leur liberté est encadrée par leur loi, et la seule chose que l’aristocratie ne peut pas faire, c’est s’acoquiner avec des êtres qui leurs sont inférieurs. Et cette règle, ils s’y soumettent bien volontiers, car elle est garante de l’ordre tout entier, cet ordre dans lequel ils sont libres, disposent du pouvoir, des ressources et des savoirs.</span><br /><br /><i>Le zeltron avait une mine sérieuse, mais ses paroles étaient empreinte d’un calme olympien bien qu’il continuait d’agiter lentement son verre. Il posa son autre bras sur la table puis fixa de nouveau le regard d’Ebron. </i><br /><br /><span style="color:#cc6666">- Tout l’ordre repose sur l’arbitraire des premiers jours. Sans doute que certains aristocrates sont victimes de la monopolisation du pouvoir des Kuat. Mais ce n’est rien comparé à ce que le bas peuple subit. Nous sommes forcés d’apprendre des savoirs qui n’ont qu’une vision utilitariste de notre existence, et sans doute les aristocrates condamnent-ils notre révolution sous prétexte qu’elle nous rendra ponctuellement moins riches ou qu’il n’en sortira que le désordre et le chaos. Ils usent de cet argument, comme le font certains moyennants ou ouvriers d’ailleurs, toujours avec ce même discours utilitariste, Nous sommes prêts à perdre momentanément de l’argent pourvu que l’ordre politique et social se métamorphose. Nous nous affaiblissons aujourd’hui pour être plus forts demain. Et puis…</span><br /><br /><i>Aricc posa son verre et s’appuya sur le dossier de la banquette.</i><br /><br /><span style="color:#cc6666">- J’étais aveugle, je ne me rendais pas compte des enjeux qu’il y avait derrière le fait de conserver les gens dans des cases.. J’ai appris à réfléchir en groupe avec les moyennants, les ouvriers, les exclus. Et j’ai compris l’enjeu de l’Etat de droit, de la démocratie. J’ai compris que l’inégalité légitime doit être redéfinie en commun, qu’elle doit reposer sur quelque chose d’universel et non pas sur le pouvoir du sang et de la naissance. Je souhaite que les gens évoluent, progressent, s’éduquent, se cultivent. Ah ! la connaissance c’est le pouvoir oui, c’est sans doute pour cela qu’on nous laisse dans l’ignorance la plus totale… Heureusement que le comité central a distribué clandestinement des livres, qu’il a opéré des lectures de groupe, qu’il a contourné le système éducatif visant à faire de nous tous des êtres productifs et uniquement productifs. Nous enrichissons facilement ceux qui sont tout en haut en échange de notre subistance. C’est inacceptable, et indécent… C'est inhumain. Et en plus, tu es moyennant, tu as déjà dû voir à quoi ressemblait une journée d’ouvrier : on nous traite comme des bêtes, la discipline est totalitaire, on nous contrôle sur tout, du simple port de l’uniforme à la conduite comportementale la plus banale en passant par la prise de notre repas ou de la vérification de nos trajets entre le lieu de travail et le lieu où on nous entasse pour dormir.</span><br /><br /><i>L’ouvrier lâcha un sourire à Ebron en haussant un peu les épaules comme si ce qu’il allait dire relevait de l’évidence.</i><br /><br /><span style="color:#cc6666">- Au final, ce qui m’a convaincu c’est tout simplement la possibilité d’être le maître de mon destin. Et crois moi, jamais dans l’Histoire les changements paradigmatiques viennent d’en haut. Ils partent toujours d’en bas, de la masse. Ils partent des gens.<br /></span><br /><i>Aricc s’empara de nouveau de son verre et le finît d’un trait. Une mine satisfaite éclaira son visage, l’alcool faisait du bien par là où il passait. En posant fermement le contenant désormais vide sur la la table, l’ouvrier finît par conclure :<br /></i><br /><span style="color:#cc6666">- On ne pourra jamais discuter avec les garants de l’ordre, ils feront tout pour conserver privilèges, pouvoir, argent… Nous ne sommes pas des révolutionnaires sanguinaires, nous voulons juste conquérir le pouvoir et briser l’ordre actuel. On veut donner du pouvoir aux gens, on veut les cultiver, les éduquer, en faire des sujets politiques participant aux processus de décision. L’État c’est l’intérêt de tous, non pas que l’intérêt de quelques-uns. Et tout le monde est capable de participer. Certes, peut être pas de diriger, mais nous nous devons d’offrir à tous les moyens de devenir capable de le faire, justement. La révolution est nécessaire parce que nous ne voulons pas négocier avec ceux qui nous dominent : ils trouveront toujours une pirouette pour perpétuer la domination qui est la leur. Nous voulons changer le système, pas le réformer. Et c’est comme ça que je serai le maître de mon destin, que je pourrai conquérir ma liberté, que je pourrai vivre dans un monde plus juste. C’est comme ça qu’on abolira véritablement l’esclavage, qu’on deviendra tous des citoyens à part entière et qu’on pourra se soucier de ce que nous partageons, de ce que nous avons en commun. Et en temps que moyennant, t’y as tout intérêt. </span></p>
]]></description><link>http://star-wars-rpg.fr/post/173380</link><guid isPermaLink="true">http://star-wars-rpg.fr/post/173380</guid><dc:creator><![CDATA[Le Chroniqueur]]></dc:creator><pubDate>Wed, 25 Feb 2026 18:39:09 GMT</pubDate></item><item><title><![CDATA[Reply to Le scepticisme des Aristocrates on Wed, 25 Feb 2026 18:39:09 GMT]]></title><description><![CDATA[<p dir="auto">Post n°4<br />
Auteur : Sebastian Melvar</p>
<p dir="auto"><i>On pourrait imaginer qu’avec le temps je m’habituerais à l’endroit, et bien pas du tout. Tout était désordonné, turbulent, et je devais produire le plus grand des efforts pour sembler naturel car cet environnement était celui du personnage que je devais jouer l’espace de quelques heures.<br /><br />Quand un homme à la peau légèrement rouge s’approcha de la table à laquelle j’étais installé, je vérifiai d’un regard en direction de Lyz Queldor qu’il s’agissait bien de mon rendez-vous. Le signe fut discret mais clair, la conversation était pour maintenant et il fallait surtout ne rien faire pour me trahir... J’en avais rencontré des grands pontes avec des milliards de crédits en poche pour acheter des vaisseaux issus de nos lignes de production, mais jamais l’enjeu d’un entretien ne m’avait semblé si lourd.<br /><br />Il s’assit simplement et sa décontraction apparente me déconcerta légèrement. Il est vrai que les implications n’étaient pas vitales pour lui, je prenais indubitablement le plus de risques. J’étais un aristocrate, aussi déguisé que possible, en train de rencontrer un rebelle dans une cantina de l’Anneau orbital. J’étais donc en danger non seulement du fait de l’endroit où j’étais, mais aussi du fait de l’endroit d’où je venais. Lui était manifestement en terrain ami mais je n’arrivais pas à savoir s’il était ouvrier ou moyennant. J’avais de la classe ouvrière une image largement stéréotypée car je n’avais côtoyé que trop peu de ses membres. Je pensais, manifestement à tort, pouvoir en reconnaître un même en dehors de sa chaîne de production. C’était encore plus difficile s’agissant des moyennants. Il fallait à la fois les distinguer des ouvriers et des aristocrates. J’aurais eu par exemple toutes les peines du monde à dire ce qui différenciait Lyz Queldor d’une aristocrate, ce qui n’allait pas sans poser des questions, s’il était possible de s’en poser davantage, quant au système sociétal de Kuat.<br /><br />Si je ne pouvais pas le ranger dans une catégorie sociale, je reconnus néanmoins sans peine qu’il s’agissait d’un Zeltron. L’aristocratie connaît peu la population de l’Anneau, mais elle voyage beaucoup. Zeltros était une destination appréciée et j’y avais moi-même fait quelques excursions dont je tairais le déroulement. Je connaissais le talent empathique des membres de cette espèce, talent dont je croyais me souvenir qu’il se limitait aux émotions les plus simples. Ce Zeltron pourrait ainsi détecter sans peine mon malaise, mais certainement pas mon identité, en tout cas pas par cette voie. Je pensais donc mes intentions profondes à l’abri, mais elles étaient de toute façon identiques quel que soit le costume que je portais. Que je sois un moyennant tenté par la résistance ou un aristocrate dubitatif, mon objectif était dans les deux cas d’en savoir davantage.<br /><br />Installé en face de moi, il me tendit une main franche après une salutation des plus informelles. J’avais résisté au réflexe de me lever à son arrivée et je devais maintenant lui serrer la main tout en faisant abstraction du tutoiement. La gêne que j’éprouvais était difficile à dissimuler, encore plus à un Zeltron, mais nul ne pourrait en deviner la cause réelle car cette entrevue n’aurait pas été moins stressante pour le moyennant que je prétendais être.<br />Mais comment fallait-il répondre à ce tutoiement ? Répondre de la même manière pourrait passer pour un mimétisme suspect, mais il ne pourrait être interprété comme tel que dans le cas où ma condition était connue, ce qui n’était normalement pas le cas. De plus, le vouvoiement auquel j’étais habitué ne ne rendrait pas ici l’impression d’une marque de politesse, mais plutôt d’une prise de distance dommageable à une éventuelle bonne entente. Tout le défi serait d’user d’un tutoiement à l’apparence naturelle. Je tendis alors une main hésitante et déclinai l’identité que Lyz m’avait donnée.</i><br /><br />« <span style="color:#83c876">Ebron Lock. Merci des risques que tu prends, honnêtement j’avais peur que tu ne viennes pas.</span> »<br /><br /><i>Il fallait en dire plus. Je ne pouvais pas déplacer un acteur de cette rébellion pour simplement lui demander comment se passait sa journée. Mais qu’est-ce qui pouvait pousser un moyennant à épouser cette révolte ? Il me serait bien délicat de parler d’injustice, cette musique sonnerait faux venant de moi. De plus, Lyz m’avait découragé de tenter de creuser mon personnage. Étrangement, la vérité quant à mon sentiment par rapport à la crise actuelle serait probablement ma meilleure protection.</i><br /><br />« <span style="color:#83c876">Pour être honnête, je ne me sens pas trop à ma place… Discours contre propagande, c’est presque impossible de se faire une opinion sur ce qui se passe. Il fallait que je voie un visage.</span> »<br /><br /><i>Étrangement, je n’avais pas grand-chose à dire. Je ne savais pas réellement comment débuter ce tête-à-tête sans poser des questions qui feraient instantanément fuir mon interlocuteur. L’inconfort était réel et sans doute compréhensible pour un révolté se trouvant en face d’un potentiel sympathisant. Afin d’aborder plus naturellement les sujets les plus sensibles, je pensais nécessaire de faire baisser l’enjeu de la conversation, lui donner le ton de son apparence : un échange entre deux individus, et alors me vint la plus simple des questions :</i><br /><br />« <span style="color:#83c876">Qu’est-ce qui t’a convaincu ?</span> »</p>
]]></description><link>http://star-wars-rpg.fr/post/173379</link><guid isPermaLink="true">http://star-wars-rpg.fr/post/173379</guid><dc:creator><![CDATA[Le Chroniqueur]]></dc:creator><pubDate>Wed, 25 Feb 2026 18:39:09 GMT</pubDate></item><item><title><![CDATA[Reply to Le scepticisme des Aristocrates on Wed, 25 Feb 2026 18:39:09 GMT]]></title><description><![CDATA[<p dir="auto">Post n°3<br />
Auteur : Leto Lazarus</p>
<p dir="auto"><i>Dans la partie sud du chantier de Deponn régnait le calme… Les gens semblaient heureux maintenant que les lieux et ce qu’il y avait autour connaissaient la paix (sauf le quartier général de la sécurité vers lequel quelques milliers d’hommes étaient parti négocier leur aide). Certains reprenaient le travail, d’autres apprenaient par les moyennants la gestion, l’administration ; quelques uns se chargeaient de la sécurité et d’arbitrer les conflits. Surtout, ils travaillaient non pas pour Kuat, mais pour Deponn et son ordre local, révolutionnaire. Plus de castes. On s’efforçait de les abolir même si les réflexes et les habitus d’ouvrier et de moyennant restaient puissants. Il fallait cependant trouver certaines sources de rémunérations, chose peu aisée, mais pour l’instant leurs versements centralisés par le gouvernement kuati n’étaient pas encore gelés. Certes, cela restait un paiement misérable mais ils conservaient au moins les moyens de vivre et de faire vivre quelques commerçants aux alentours du Chantier. Un cycle presque normal reprenait : à la fin des journées de travail (raccourcies, au lieu d’envoyer deux équipes jours et nuits, le cycle se divisait en trois périodes de huit heures), les ouvriers regagnaient leur station spatiale où certains quartiers étaient défendus par des révolutionnaires afin de repousser les éventuels opposants à la libération des chantiers de l’emprise aristocrate. Un gouvernement dans le gouvernement en somme, où on commençait à enseigner aux enfants des connaissances communes grâce à l’aide des classes moyennes qui avaient rejoint le mouvement. On y voyait ici l’humanisme, l’universalité de la condition des espèces intelligentes, qu’elles soient trandoshane, humaine, twi’leck ou bien d’autres. </i><br /><br /><br /></p><div style="text-align:center"><a rel="nofollow ugc" href="http://star-wars-rpg.soforums.com/image/110/8/e/1/zeltron__2__by_us...-d6bvkon-53a646c.jpg.htm" target="_blank"><img src="http://img.xooimage.com/files110/8/e/1/zeltron__2__by_us...-d6bvkon-53a646c.jpg" style="max-width:100%" /></a><br /><i><span style="color:#cccccc">Aricc Eydah, Ouvrier de Deponn</span></i></div><br /><br /><i>Un zeltron - exilé avec sa famille de sa planète on ne savait trop pourquoi - vivait depuis son enfance sur l’anneau orbital, à tel point qu’il se sentait bien plus kuati que zeltron, malgré les caractéristiques physiques indéniables des natifs de la fameuse Zeltros. A vrai dire, la population de Kuat même si elle était composée majoritairement d’humains comprenait tout de même vingt pourcents d’autres espèces. Aricc Eydah, le fameux zeltron donc, travaillait comme ouvrier sur Deponn. Il était précisément un de ces nombreux assembleurs de grosses pièces dans ces vastes hangars aussi grands que des villes entières. Il laissait le travail en apesanteur à d’autres, cette histoire ce n’était guère son truc. Cela dit, la plupart se voyaient forcés de faire le job (qu’on pouvait honnêtement laisser à quelques droïdes... le savoir faire kuati existait bel et bien, mais un tas de boulon était tout autant capable d’assembler les pièces d’un puzzle).</i><br /><br /><i>Aricc était un de ceux qui furent emportés par l’enthousiasme de la grève et dans laquelle il s’épanouissait à rêver d’autres lendemains. Lui aussi, comme nombre de ses concitoyens (qui n’en n’étaient pas en réalité…) se voyait participer à des assemblées politiques, des votes, des débats, même s’il ne s’en sentait que très peu capable au regard de l’éducation qu’il avait reçu. La grève et maintenant le mouvement révolutionnaire lui avaient fait comprendre qu’il était pourtant apte à la vie citoyenne et qu’il fallait donner les moyens à la génération qui venait de comprendre les enjeux de leur temps. En cela, cette école clandestine sur Kuat mais officielle sur Deponn demeurait tout ce qu’il pouvait rêver de mieux ; et l’abolition de l’enseignement de caste sur tout le système lui semblait plus que jamais un fantasme bel et bien réalisable. Maintenant ou jamais. </i><br /><br /><i>A vrai dire, son engagement dans les comités de Deponn fut antérieur à la grève et datait bien d’il y a un an. Engagé et soutient du mouvement, oui ; actif et militant, trop peu. La révolution fut finalement comme un électrochoc, et il était désormais un de ceux qui se dévouaient le plus à la cause. Il avait les arguments, les idées qui mûrissaient dans son esprit depuis maintenant un bon bout de temps. Mais   jamais il n’aurait eu le cran de lancer ce vaste mouvement lui-même, ni d’en être le leader… Il se sentait cependant capable d’agir et d’être utile à l’élan populaire pour ne serait-ce que contribuer à un monde plus libre et plus juste. De ce fait, depuis quelques temps le comité auquel il appartenait lui avait confié un rôle, et non des moindres : celui des relations avec les non-révolutionnaires, principalement moyennants, toujours les plus réticents à joindre le mouvement. </i><br /><br /><i>Voilà qu’il y a quelques jours, on lui avait donné la mission de rencontrer un de ceux-là dans le quartier commercial situé à l’ouest de la Station Spatiale Résidentielle du personnel productif de l’anneau orbital. Il n’en était pas à son premier ! Mais c’était toujours une tâche délicate. A l’époque, il aurait craint la dénonciation et donc la prison ou la mort pour l’odieux crime de sédition, mais sachant Deponn aux mains des révolutionnaires, la crainte de se faire emprisonner était moindre bien que toujours présente puisqu’il devait en sortir. Celle qui s’était chargée les mettre en relation se nommait Lyz Queldor. Alricc la connaissait via quelques uns de ses amis moyennants proches, fait social qui n’aurait jamais pu arriver hors du temps révolutionnaire. D’elle il n’en savait que trop peu. Les occasions de discuter ne manquèrent pas sans doute, et il la voyait ouverte d’esprit, à l’écoute des autres. Certains lui avaient dit qu’elle avait « le bras long », allez savoir ce qu’ils entendaient par là. Connaissait-elle des gens bien placés, des aristocrates carrément ? Cette pensée effleura l’esprit de l'ouvrier, mais il secoua vivement la tête comme pour l’éjecter physiquement de son esprit. Voyons, aucun aristocrate ne nouerait de contacts réguliers avec quelqu’un d’inférieur à leur classe. </i><br /><br /><i>Aricc était dans les transports, cette fois beaucoup moins bondés qu’à l’accoutumée puisqu’en dehors des heures de pointe. Et comme à son habitude, il était en lien via son comlink à un membre d’un des comités de Deponn, comme dans chacune de ses missions. </i><br /><br /><span style="color:#33cccc">- Alors, si j’ai bien compris, c’est un moyennant qui a souhaité ce rendez-vous ? </span><i>Fit une voix grésillante de l’autre côté de la communication.</i><br /><span style="color:#cccc99">- C’est ça… C’est Lyz, Lyz Queldor qui a organisé la rencontre. On verra bien ce que ça donne. Le fait que ce soit les autres qui vienne vers nous a toujours été un bon signe, dans plus de 90 % des cas.</span><br /><span style="color:#33cccc">- Ouais, mais là c’est tendax. Il sait que tu viens de Deponn ?</span><br /><span style="color:#cccc99">- Qu’est ce que ça peut faire ? C’est pas à travers moi que le « gouvernement » va pouvoir remettre la main sur les chantiers navals…</span><br /><span style="color:#33cccc">- Sois méfiant… Je garderai la com active histoire de prévenir les forces de défense du chantier, juste au cas où…</span><br /><span style="color:#cccc99">- Fais donc, fais donc…</span><i> répondit-il en soupirant. Il fallait bien envisager tous les cas de figure après tout.</i><br /><br /><br /><div style="text-align:center"><a rel="nofollow ugc" href="http://star-wars-rpg.soforums.com/image/110/4/4/a/yujin-choo-122476...081856-o-53a648f.jpg.htm" target="_blank"><img src="http://img.xooimage.com/files110/4/4/a/yujin-choo-122476...081856-o-53a648f.jpg" style="max-width:100%" /></a><br /><i><span style="color:#cccccc">Une ruelle peu fréquentable du quartier commercial au nord de l'Anneau Orbital</span></i></div><br /><br /><i>Le métro orbital s’arrêta finalement dans le fameux quartier commercial. Aricc en sortit et pénétra dans ses rues. Ah qu’il appréciait de se balader au milieu de ces échoppes, de ces couloirs, de ces ruelles pleines de vie où visiteurs étrangers, ouvriers, commerciaux et moyennants se croisaient, s’asseyaient côte à côte au bar d’une cantina donnant directement sur la voie. On y sentait des milliers d’odeurs, on y entendait de dizaines de langues, autant de dialectes inconnus du plus grand nombre, on se nourrissait du bruit ambiant, des mets issus des quatre coins de la galaxie. Dans certains coins, le quartier commercial ressemblait bien plus à un bazar qu’autre chose, avec ses racoleurs, ses fumées envahissantes, ses embrouilles, ses vendeurs suspects. On voyait les zones fréquentées par les plus riches, les autres par les plus pauvres, il suffisait de regarder le degré de propreté des rues. Mais ce qu’on remarquait souvent, c’est que l’ordre imposé par la noblesse ne pouvait tout à fait pénétrer entièrement le lieu malgré la présence des « patrouilles blanches » comme les nommait le révolutionnaire à cause de la tenue que portaient les forces de sécurité de l’anneau. En somme, le quartier respirait la vie, avec toutes ses qualités et ses défauts. Et c’était peut être le lieu où la division des castes se voyait le moins. <br /></i><br /><i>Aricc se laissait emporter par le monde et par le bruit au point d’en oublier presque son rendez-vous. Heureusement que l’enseigne lumineuse de la cantina clignotait à l’angle d’une rue pour le lui rappeler. Fendant la foule qui s’affairait près des échoppes, le révolutionnaire s’approcha de son but en fixant les néons jaunes et bleus du bar. Ses portes automatiques restaient a priori constamment ouvertes et l’ambiance à l’intérieur était aussi chaude qu’à l’extérieur. L'ouvrier vit Lyz Queldor assise au comptoir, en face d’un droïde qui s’affairait activement à nettoyer des verres. Il s’en approcha tranquillement, les mains dans les poches mais…</i><br /><br /><span style="color:#cc6666">- AH ! M’sieur le typ’ qu’vient de l’aut planet’ là…</span> <i>Un ivrogne qui ne lui était pas inconnu l’aborda en posant lourdement sa main sur son épaule.</i><br /><span style="color:#cccc99">- Euh… ?</span><br /><span style="color:#cc6666">- Mais oui ! RoOOOOooooh… T’souviens pas l’pazaak ?! T’es un bon toi ! L’type y joue aux jeux d’cartes d’la vieil’ répoublique didiou !</span><br /><span style="color:#cccc99">- Ah, ouais… </span><i>Aricc lâcha un sourire aux coins des lèvres tout en scrutant avec méfiance le liquide à l’intérieur du verre de son interlocuteur qui tanguait dangereusement.</i> <br /><span style="color:#cc6666">- Vous, l’zeltron lààà, v’trichez ! ‘vec vos histoires d’trucs aux zormones p’t’ain.</span><br /><span style="color:#cccc99">- Je fais pas usage de mes talents pour un simple jeu de cartes, hein.</span><br /><span style="color:#cc6666">- Z’est’z’qu’on dit… !</span><br /><br /><i>Les yeux du pauvre bonhomme roulèrent, puis il tomba dans les vapes, soudainement. Aricc ne put s’empêcher de rire en rejoignant le comptoir de l’autre côté de la cantina pour finalement saluer le contact qui l’avait mis en relation avec le moyennant en question. Lyz Queldor après un bref échange lui indiqua une table où un homme semblait attendre celui à qui il avait donné rendez-vous. Un hochement de tête plus tard, il s’y dirigea lentement. Le temps d’y arriver, il examinait le moyennant. C’était étrange, son visage ne lui semblait pas si inconnu, à tel point qu’il en fronça les sourcils. Finalement, se disant qu’il s’agissait sans doute d’un type qu’il avait croisé dans un bar à râ’men du coin (des fameuses nouilles d’un coin paumé de la galaxie), cette pensée s’évacua elle-même de son esprit. Ila s’assît sur une banquette rougeâtre, en face de son interlocuteur.</i><br /><br /><span style="color:#cccc99">- La connaissance de Lyz, je présume ?</span><br /><br /><i>L'ouvrier lui lança un sourire, puis lui tendit la main, enthousiaste.</i><br /><br /><span style="color:#cccc99">- Sem Ulric, enchanté… et toi, tu es ?</span><p></p>
]]></description><link>http://star-wars-rpg.fr/post/173378</link><guid isPermaLink="true">http://star-wars-rpg.fr/post/173378</guid><dc:creator><![CDATA[Le Chroniqueur]]></dc:creator><pubDate>Wed, 25 Feb 2026 18:39:09 GMT</pubDate></item><item><title><![CDATA[Reply to Le scepticisme des Aristocrates on Wed, 25 Feb 2026 18:39:08 GMT]]></title><description><![CDATA[<p dir="auto">Post n°2<br />
Auteur : Sebastian Melvar</p>
<p dir="auto"><i>Le lever n’était jamais un moment agréable, et ce matin-là était particulier pour moi. Mes fonctions m’avaient conduit à me rendre relativement fréquemment sur l’Anneau orbital, ne serait-ce que pour accueillir des dignitaires étrangers que le Conseil des Dix ne prenait pas la peine de recevoir en grande pompe. De par mon rang, peu de portes m’étaient fermées et j’ai pu admirer à de très nombreuses reprises les destroyers en cours de construction. Je tirais toujours de ces visites une immense fierté, du moins tant que je ne faisais pas trop attention aux petites silhouettes qui s’affairaient dans les entrailles de ces géants en gestation. Mais ce matin-là, ma visite ne serait pas aussi agréable car il me fallait prendre des risques auxquels je n’étais absolument pas habitué.<br /><br />A mesure que les vitres s’éclaircissaient pour laisser entrer les rayons du Soleil, je m’extrayais avec peine de ma douce torpeur. La vie est ainsi faite que le sommeil n’est jamais aussi agréable que quand il faut y mettre un terme. Par chance, mon lever ne dépendait pas de ma seule volonté et c’est Alister lui-même qui pénétra dans mes quartiers.</i><br /><br /></p><div style="text-align:center"><img src="http://imageshack.com/a/img922/458/AoZtSA.png" style="max-width:100%" /><br /><i>Alister Simonis<br />Premier Majordome de la Maison Melvar</i></div><br /><br /><i>La dévotion de cet homme a toujours forcé mon respect, mais en aucune façon mon affection. Il était davantage dévoué à ma mère qu’à ma famille et j’ai toujours senti qu’il m’obéissait à contrecœur et par devoir. Alister était déjà au service de ma mère lorsqu’elle n’était que l’héritière, nul doute qu’il existait entre eux une relation extrêmement privilégiée et probablement une intimité que même mon père ne pouvait pas soupçonner… Ma naissance a dû lui faire perdre un échelon dans l’estime si convoitée de la Matriarche, et je lisais depuis dans son regard une forme d’hostilité. J’ai passé de longues années de mon enfance à me demander ce qui pouvait bien susciter chez lui ce désamour envers moi, et puis j’ai fini par réaliser que cela n’avait aucune forme d’importance… Tout au plus cela m’inspirait un certain agacement, notamment quand il imaginait que sa position privilégiée au sein du personnel de maison l’autorisait à violer mon intimité.</i><br /><br />- « <span style="color:#990000">Monsieur Melvar. Pardonnez-moi de vous importuner de si bonne heure, mais Madame votre Mère vous fait savoir qu’elle vous attend pour le petit-déjeuner dans trente minutes.</span> <i>C’est qu’il y mettait les formes, le bougre… On ne m’avait jamais signifié aussi poliment que je traînais au lit comme un adolescent.</i><br /><br />- <span style="color:#83c876">Merci bien, Alister.</span> » <i>Il ne tarda pas à refermer cette porte qu’il n’aurait pas dû ouvrir. Je le remplacerai avec moins d’état d’âme que s’il s’agissait d’une vulgaire commode… Le lever était d’autant plus pénible que la discussion de la veille avait été profonde, j’en avais eu la plus grande peine à trouver le sommeil.<br /><br />Trente minutes plus tard, dont je vous épargnerais le récit, je me trouvais donc dans cette même salle à manger de la veille, comme une réplique du fameux dîner à ceci près que la décoration de la table était plus florale comme pour faire honneur au lever. Ma mère était assise, visiblement depuis un moment, et ne semblait attendre que moi pour terminer son fruit. De mémoire, je n’ai jamais vu ma mère non apprêtée, à me demander si elle dormait réellement. C’est à nouveau la Matriarche qui brisa le silence :</i><br /><br />- « <span style="color:#c6c670">Je ne resterai pas longtemps, j’ai affaire. Je voulais te voir avant ton départ pour l’Anneau. Alister a été prévenu de nos intentions et, comme prévu, fera en sorte de te donner le temps nécessaire pour rencontrer mademoiselle Queldor. Je m’en remets à toi pour le reste.</span> <i>Elle pu entamer ce fruit qui avait justifié son attente, ce qui lui permit une petite pause après ces mots d’encouragement.</i> <span style="color:#c6c670">Tu as vu les holonews ?</span><br /><br />- <span style="color:#83c876">Oui… La grève dans les Chantiers Navals de Kuat, et maintenant de la fraude électorale sur Alderaan. Décidément la galaxie se met à tourner dans le mauvais sens.</span><br /><br />- <span style="color:#c6c670">Ou alors nous la regardions avec la tête à l’envers pendant tout ce temps… J’ai toujours aimé voir les parangons de vertu tomber de leur piédestal mais j’aurais aimé que le joyau des mondes du noyau ne soit pas le prochain. Tout ceci nous rappelle qu’un joyau n’est rien d’autre qu’un caillou n’ayant de valeur que celle qu’on lui accorde.<br />Sur ces bons mots, je te laisse. Donne-moi des nouvelles dès que possible, j’attends avec impatience ton rapport sur la situation.</span> <i>Elle se leva d’un bon et quitta la salle à manger, me laissant seul avec un Alister visiblement impatient d’en finir.</i><br /><br />- <span style="color:#990000">Monsieur, je vous attendrai sur la plateforme d’appontage de la Cour du Zenith avec le détachement affecté à votre sécurité. Nous partirons dès que vous serez prêt.</span> » <i>Et ce fut au majordome de quitter la salle à manger, me laissant seul avec mes pensées.<br /><br />Comment préparer un tel entretien avec un ouvrier ? Allait-il seulement accepter de me voir, moi qui incarnais toute l’injustice qu’il subissait au quotidien ? Quel mensonge allait-on lui raconter pour le persuader de prendre des risques ? Cette Lyz Queldor, supposée faire le lien, m’était inconnue et je n’avais aucune idée de la nature des rapports que ma mère entretenait avec elle. Impossible de penser que je serais envoyé à sa rencontre si cela présentait un danger excessif, il devait s’agir d’une personne de confiance rencontrée à l’occasion de l’une des nombreuses visites de ma mère sur l’Anneau. Elle était probablement le membre du Conseil des Dix qui s’y rendait le plus souvent, passionnée qu’elle se disait par l’aéronautique spatiale. Elle aimait rencontrer les ingénieurs et sa position lui permit même d’en amener sous notre toit, à la surface de la planète, le temps d’un dîner. Elle préférait la compagnie de ces ingénieurs de l’Anneau, certes moins renseignés et pointus que ceux de l’Aristocratie, mais qui parlaient de leur métier avec « tellement plus de passion » comme elle l’expliquait à ceux qui s’interrogeaient de cette préférence. Je n’avais pour ma part pas grande opinion sur la question. J’aimais contempler les machines mais accueillais avec beaucoup de circonspection les explications qui pouvaient en accompagner l’admiration. Je n’aurais de toute façon pas l’occasion de m’abandonner à ce passe-temps qui ponctuait mes visites de l’Anneau orbital et chaque pas qui m’approchait de la navette me le rappelait.<br /><br />La traversée en compagnie d’Alister et de cinq gardes ne fut pas très longue et j’eus à peine le temps d’écouter les ultimes recommandations de celui dont je finissais par me demander s’il était là pour m’aider ou me commander. La sculpture qui servait de prétexte à ma venue devait être livrée au spatioport principal de Kuat, mais sa proximité avec le Chantier de Maw, celui où les tensions étaient particulièrement intenses puisque source de l’appel à la grève, avait conduit les autorités à dérouter ma navette vers le spatioport de ravitaillement. J’entendis alors Alister protester fermement. Il m’en expliqua les raisons :</i><br />- « <span style="color:#990000">C’est une aubaine Monsieur. L’œuvre nous attend au spatioport principal, mais l’accès en est règlementé à cause des tensions suscitées par la grève. Nous allions être déroutés dans un autre spatioport, celui affecté au ravitaillement. Nous aurions dû attendre quelques heures pour que notre marchandise soit acheminée jusqu’à nous, j’ai donc réclamé une autorisation de nous poser à la station résidentielle, plus proche des commerces, en leur expliquant qu’on ne pouvait pas décemment vous faire attendre éloigné de tout divertissement. Par chance, votre nom nous ouvre des portes… Ce temps d’attente imposé est l’excuse toute trouvée pour vous absenter.</span><br /><br />- <span style="color:#83c876">Je présume que vous aviez un plan avant cet heureux concours de circonstances…</span><br /><br />- <span style="color:#990000">Tout à fait, Monsieur, mais il était bien plus coûteux.</span> <i>Alister poursuivit, visiblement à contre cœur, à la vue de mon air dubitatif.</i> <span style="color:#990000">Je comptais faire en sorte que la statue tombe et se brise pour en exiger le remboursement au Bureau des Réclamations du Spatioport. Ces procédures sont tellement longues, surtout quand on demande le paiement immédiat, que vous auriez largement eu le temps de vous absenter.</span><br /><br />- <span style="color:#83c876">Il sera toujours temps de briser la statue si je tarde…</span> »<br /><br /><i>J’étais presque certain de déceler un début de sourire sur le visage d’Alister à ce moment précis, un début de complicité auquel ce serviteur zélé mit aussitôt fin en tournant la tête. Nous approchions en effet de la zone d’arrimage.<br /><br />La rampe de la navette s’abaissa lentement sur un individu accompagné d’une jeune femme à l’air bien triste, sans doute était-il un responsable informé de mon arrivée imprévue. L’homme était un moyennant relativement âgé, il devait diriger ce quai et m’aborda avec toute la bienséance dont il était capable étant données les circonstances :</i><br /><br />- « <span style="color:#0099ff">Monsieur Melvar, c’est un honneur de vous accueillir. Les services du Spatioport principal ont été informés de votre arrivée et ils font acheminer votre bien dans les meilleurs délais, mais je ne vous apprends pas que l’Anneau connait quelques troubles qui risquent de retarder votre livraison.</span><br /><br /><i>C’est Alister qui prit la parole à ma place.</i><br /><br />- <span style="color:#990000">Bien, nous avons été prévenus de ce contre-temps. J’attendrai ici pendant que Monsieur Melvar ira se divertir dans la zone commerciale</span>.<br /><br />- <span style="color:#0099ff">Vous n’y pensez pas…</span> <i>L’homme était partagé et ne savait plus vers qui diriger son regard, Alister ou moi. Il préféra sans doute manquer de respect à celui qu’il avait identifié comme le domestique et me répondit directement.</i><span style="color:#0099ff"> Les commerces ne proposeront rien qui pourrait vous intéresser, et je ne parle pas des risques pour votre sécurité.</span><br /><br />- <span style="color:#990000">Nous avons pensé à ce problème, </span><i>répondit Alister visiblement habitué à être la voix de ses maîtres, même sans leur consentement. Il fallait y voir l’effet de l’excessive complicité qui le liait à ma mère et en vertu de laquelle il n’était pas rare qu’il parle pour elle sans même qu’elle ait à lui donner quelconque instruction. Ce lien n’existait pas entre Alister et moi, et je vivais cette compétence de mon serviteur comme une véritable mise sous tutelle. Alister ne s’en offusqua nullement et fit un geste en direction de la rampe d’embarquement de la navette. Les gardes se présentèrent alors en silence un par un.</i>, <span style="color:#990000">Monsieur Melvar sera bien accompagné. Nul doute que la sécurité est parfaitement assurée dans l’Anneau orbital, c’est en ce sens que Notre Souveraine nous a tous rassuré. Je ne pense pas qu’il sera nécessaire que nous lui révélions que les rapports qui lui sont faits ne sont pas exacts.</span> <i>Je reconnaissais là les menaces à peine voilées dont ma mère s’était faite l’experte. Je n’avais recours à ce type de stratégie qu’en ultime recours, j’estimais donc cette sortie d’Alister prématurée. J’en avais de surcroît assez de me sentir utilisé comme cette œuvre d’art, je prit alors directement la parole pour terminer de convaincre ce moyennant visiblement dubitatif.</i><br /><br />- <span style="color:#83c876">Votre professionnalisme vous honore, je ferai état de votre inquiétude pour ma sécurité lorsque je retournerai à Kuat City. Les meilleurs éléments doivent être récompensés.<br />Et puis, je ne ferai que me mettre davantage à l’abri en m’éloignant du Chantier de Deponn.</span><br /><br />- <span style="color:#0099ff">Bien Monsieur. </span> <i>Ce n’était pas mon laïus qui l’avait convaincu, mais le fait qu’un membre de l’Aristocratie s’adresse directement à lui. Il aurait sans doute accepté même si je lui avais énoncé un bulletin de météorologie… Alister avait eu besoin de menacer, je n’avais eu qu’à parler. C’était toutefois une stratégie qui ne fonctionnait que sur ceux qui reconnaissaient encore l’ordre social existant, une catégorie de la population qui se faisait de plus en plus mince dans l’Anneau orbital. Le responsable du quai n’en avait pas terminé et tenait à présenter la personne discrète qui l’accompagnait.</i> <span style="color:#0099ff">Laissez-moi vous recommander comme guide Mademoiselle Queldor ici présente. Elle saura, j’en suis sûr, vous initier à la grande diversité que l’on peut croiser en se perdant quelques temps dans l’Anneau orbital.</span><br /><br /><div style="text-align:center"><img src="http://imageshack.com/a/img922/891/cV8PJm.png" style="max-width:100%" /><br /><i>Lyz Queldor<br />Moyennante proche d’Eleonore Melvar</i></div><br /><br /><i>C’était donc elle. J’avais à nouveau le sentiment d’avoir été manipulé sur toute la ligne. Le hasard, ou un plan parfaitement bien construit, m’avait conduit juste en face de la personne que je devais rencontrer. Il est vrai que je n’avais pas réellement anticipé le moment où je devrais la rejoindre et je dus masquer le soulagement de ne pas avoir à la rechercher. La jeune femme se courba à son tour, et je répondit cette fois-ci directement au responsable.</i><br /><br />- <span style="color:#83c876">Très bien. Alors nous commencerons par de la restauration, il n’est de bonne découverte qui ne suive un bon repas.</span> »<br /><br /><i>Je m’éloignais donc de la navette en direction des commerces, bien accompagné de mes quelques gardes mais surtout de cette mystérieuse Lyz Queldor. Une fois à l’abri de toute observation, son expression changea et elle ne tarda pas à rentrer dans le vif du sujet :</i><br /><br />- <span style="color:#9900cc">Autant vous le dire toute de suite, Monsieur Melvar, je ne sais absolument pas si mon contact viendra à votre rencontre. Nous allons d’abord vous donner des airs de moyennant, aucune chance qu’il s’ouvre autant que vous l’espérez à un Aristocrate. Mettez-ça.</span> <i>Dit-elle en me présentant des vêtements étranges, probablement produits en série.</i><span style="color:#9900cc">Et dîtes à vos gardes d’enfiler ça.</span> <i>Je reconnus cette fois-ci sans peine des uniformes de gardes de sécurité de l’Anneau orbital.</i><br /><br />- <span style="color:#83c876">Je vous demande pardon Mademoiselle, mais la seule femme qui me donne des ordres est actuellement à Kuat City et est bien plus âgée que vous.</span> <i>Malgré toute l’ouverture d’esprit dont je me targuais à l’endroit des inégalités sociales de Kuat, je restai interdit face à l’aisance avec laquelle cette femme s’adressait à moi. Je croyais presque reconnaître le ton de ma mère.</i> <span style="color:#83c876">Et je suppose que vous la connaissez bien.</span><br /><br />- <span style="color:#9900cc">Oui Monsieur, je lui dois de ne pas être une ouvrière. Elle a extirpé mon père de sa condition et m’a permis d’avoir une éducation et les moyens financiers de vivre décemment. Je sais grâce à elle que certains Aristocrates se grandissent en permettant aux autres de s’élever. Elle pense que c’est votre cas, elle pense aussi que vous pouvez peut-être contribuer à faire beaucoup plus qu’elle n’a jamais osé imaginer. Elle pense enfin que vous aurez la sagesse d’entendre les conseils, ou les ordres, de personnes mieux renseignées que vous, quelle que soit leur condition sociale.</span> <i>Et ces derniers mots accompagnèrent le geste insistant en direction du déguisement qui m’était proposé. Quelque peu ébranlé par ce franc parler que je n’entendais d’habitude qu’au dîner, je me surpris à obtempérer. Et me voici au bout de quelques minutes dans la peau d’un moyennant, dans ses vêtements également… Lyz Queldor m’affubla de quelques ustensiles probablement afin de brouiller davantage mon identité, puis elle poursuivit ses explications.</i> <span style="color:#9900cc">Vous êtes donc un moyennant du nom d’Ebron Lock et ne vous inquiétez pas, vous êtes légitimes à ne pas en dire davantage. Il ne s’épanchera pas non plus sur son identité et n’a de toute manière aucun moyen de vérifier si la vôtre est vraie dans la mesure où les classes sont très hermétiques sans compter que nous sommes plusieurs centaines de millions sur l’Anneau.</span><br /><br />- <span style="color:#83c876">Pourquoi mentir sur ma condition ?</span><br /><br />- <span style="color:#9900cc">Pour augmenter vos chances de repartir. Je ne suis pas certaine que les ouvriers laisseraient un éventuel « otage » de l’Aristocratie leur échapper, surtout un héritier de l’un des Dix.</span><br /><br />- <span style="color:#83c876">Ils ne connaissent pas ma mère…</span><br /><br />- <span style="color:#9900cc">Non, effectivement. Ils ne savent donc pas qu’elle ne ferait probablement rien pour vous sortir de là, et ne seraient donc pas dissuadés de tenter quelque chose.</span><br /><br />- <span style="color:#83c876">Mais l’oreille de l’Aristocratie pourrait leur être précieuse, ils gâcheraient cette opportunité d’une aide de notre part ?</span><br /><br />- <span style="color:#9900cc">Ayez à l’esprit qu’ils ont quelques milliers d’années d’exploitation économique et sociale derrière eux. Leurs parents, les parents de leurs parents… et ainsi de suite vivent sous la coupe d’une Aristocratie qu’ils veulent abattre, pas rallier à leur cause. Ne perdez pas de vue votre objectif, Monsieur Melvar.</span> <i>Mais savait-elle au moins quel était mon objectif ?</i> <span style="color:#9900cc">Vous n’êtes ici qu’en votre nom propre, si j’ose m’exprimer ainsi, pour en savoir davantage sur ce mouvement. Ne faîtes pas de promesses, ne faîtes pas de concessions.<br />Ah, et vos gros bras vont devoir attendre dehors. Ils peuvent faire semblant de patrouiller, avec ces habits de gardes de sécurité, ils seront plus discrets.</span> » <br /><br /><i>Et voilà ce groupe de personnes pour le moins étrange qui pénétrait dans le secteur commercial. La fréquentation était beaucoup plus importante que ce à quoi je m’attendais vus les évènements en cours, même si mon appréciation de la quantité d’une foule devait être faussée par le calme ambiant dans lequel je vivais habituellement. Les gardes s’étaient logiquement éloignés, mais ne me perdaient pas de vue tandis que je marchais côtes à côtes avec Lyz Queldor qui cherchait du regard une enseigne particulière. Elle accéléra légèrement le pas à l’approche d’une cantina que je parvenais difficilement à distinguer des autres, mais il s’agissait visiblement du point de rendez-vous.</i><br /><br />- « <span style="color:#9900cc">C’est ici. Vous devez vous asseoir à la table 43, seul évidemment. S’il a accepté de venir, et surtout s’il est dans la possibilité de venir, il vous y rejoindra.</span><br /><br />- <span style="color:#83c876">Et comment suis-je censé le reconnaître ? Il a un nom ?</span><br /><br />- <span style="color:#9900cc">C’est moi qu’il cherchera dans un premier temps. Je serais assise quelques tables plus loin, vous ne me perdrez pas de vue. Dès que je l’aurai reconnu, je vous ferai signe qu’il arrive.<br />Bon courage.</span> »<br /><br /><i>Sur ce mots, Lyz alla s’installer en me laissant seul dans cet environnement relativement inconnu. Je regardais au début les attitudes des autres clients qui semblaient apprécier le moment qu’ils passaient si mal installés, et manifestement si mal nourris. J’étais sauvé par la fréquentation du lieu qui me rendait anonyme et m’évitait d’être trahi par ces attitudes que je contrôlais difficilement. Mais comment y parviendrai-je avec un ouvrier en face de moi ?<br />Je ne pouvais pas m’empêcher de douter du plan, et je me sentais un peu comme mis devant le fait accompli. Il m’était néanmoins parfaitement loisible de mener cet échange comme je le souhaitais, libéré que j’étais des satellites de ma mère.</i><p></p>
]]></description><link>http://star-wars-rpg.fr/post/173377</link><guid isPermaLink="true">http://star-wars-rpg.fr/post/173377</guid><dc:creator><![CDATA[Le Chroniqueur]]></dc:creator><pubDate>Wed, 25 Feb 2026 18:39:08 GMT</pubDate></item></channel></rss>