<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" version="2.0"><channel><title><![CDATA[Le Plan]]></title><description><![CDATA[<p dir="auto">Post n°1<br />
Auteur : Leto Lazarus</p>
<p dir="auto"><span style="color:#0099cc"><u></u></span><br /></p><div style="text-align:center"><span style="color:#0099cc">LE PREMIER COMITE</span><br /> </div><br /><br /><div style="text-align:right"><i>"Stat sua cuique dies"</i> - Virgile, Enéide.<br /> </div><br /><i>“Existe-t-il seulement un peuple sur cette planète ? Ou cette notion est-elle bien trop abstraite, saugrenue, inutile ou encore, encombrante pour ceux qui nous gouvernent? “</i><br /><br /><i>Leto pensait, vautré sur un des fauteuils de la salle de repos de son secteur, le regard perdu sur un dossier qui lui faisait face. A ces questions, il possédait déjà les réponses. La notion de peuple n’existait pas sur Kuat: un peuple est uni derrière un certain nombre de valeurs civilisationnelles qui lui sont propres. Sur cette planète où la société se divise en classes, il n’existe guère de peuple uni mais juste une populace et des biens-nés. Chacun voit le jour et trépasse dans son rang. Chacun voit son statut social affecté dès sa conception. Chacun grandit en sachant son destin social tout tracé, de son origine à sa fin. Chacun travaille pour sa survie. Chacun produit pour une élite. Et personne ne peut se demander ce qu’il souhaitera faire plus tard dans la vie. Personne ne peut se questionner sur son évolution sociale. Personne ne peut contester ni l’ordre, ni son statut. Personne ne peut briser les chaînes de sa servitude. Personne ne peut s’investir dans la vie publique dans l’optique de contribuer à l’intérêt général, simplement car l’ordre l’interdit. Aujourd’hui, et selon la vision dominante, l’intérêt général est celui de faire son travail de classe. Quelle est donc cette société si ce n’est un système où le plus grand nombre s’inscrit dans une logique laborieuse et productiviste au service des puissants? Il existe pourtant des femmes et des hommes qui possèdent cette volonté transgressive parce qu’animés par le bien commun, pas celui d’une élite; animés par le désir de Justice, pas celui de dominer autrui; animés par une vision égalitaire et volontariste, où chacun choisit son propre destin, son rôle dans la société, pas une vision hiérarchique où trônent au sommet ceux qui ont le pouvoir du sang et de l’argent. C’était il y a trois ans, quasiment jour pour jour, après avoir subi une pression sociale incroyable de la part de ses propres collègues lorsqu’il eut défendu un Exclu sur le point de se faire battre à mort. Certains furent donc choqués de cette transgression à l’ordre social établi; pour d’autres cela servit d’électrochoc, comme s’ils étaient déjà convaincus de l’injustice de la domination implacable des Dix sans qu’ils puissent prendre la parole, surtout en public, au risque de se faire réprimander par la police, vecteur de la violence légitime imposée par les garants de l’ordre. Sur Kuat, les institutions planétaires, quelles qu’elles soient d’ailleurs, servent toujours d’outil protecteur de toute hiérarchie sociale: elles sont au service du régime établi et en tire sa force. La police est une de ses institutions. Elle n’est ni politique (du moins, ce n’est pas sa fonction première), ni sociale, ni législative; elle est l’outil, le centre névralgique de la légitimation de l’ordre des castes et donc du pouvoir des Nobles, par le biais d’une action coercitive immédiate sur quiconque enfreint la loi ou questionne avec insistance la légitimité du système.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Mais comment l’Aristocratie a-t-elle pu diriger aussi longtemps sans réellement craindre pour sa survie?</span><br /><br /><i>Leto pensait désormais à travers ses murmures et surprit une de ses supérieures, Alya, une Moyennante qui dirigeait son secteur de travail (les chefs de département, ceux de sections et chaque poste à responsabilité étaient détenus par des femmes). Celle-ci abaissa lentement ce qui semblait être un rapport de travaux finis sur l’avancement d’une partie d’un croiseur que les Chantiers étaient en train de fabriquer, puis haussa un sourcil. Le jeune homme n’y prêta guère attention, trop occupé à répondre lui-même à sa propre interrogation, dans sa tête cette fois. Après l’outil policier, l’évidence fut celle de la stabilité: un système est d’autant plus puissant qu’il s’installe dans la durée. Or, vingt mille années semblent bien plus que suffisantes pour en roder un de ce type. Et puis…</i><br /><br /><span style="color:#9999cc">- Tu devrais te détendre un peu, et laisser tout ça de côté, au moins pour quelques temps.</span><br /><br /><i>Alya interrompit Leto dans ses réflexions d’un sourire compatissant, comme s’il se torturait l’esprit à travers ses questions La jeune femme, la trentaine, avait de longs cheveux blonds, presque blancs parfois, qu’elle attachait durant l’exercice de ses tâches, et qu’elle lâchait souvent en dehors du travail. L’ouvrier fixait ses yeux verts émeraude, puis furtivement ses lèvres fines, sa peau douce et immaculée. Il se surprit à sentir son rythme cardiaque s’accélérer doucement… Alya était une belle femme, élancée, très séduisante… Mais elle était sa supérieure.</i><br /><br /><span style="color:#9999cc">- Est-ce que tout va bien?</span><i> demanda-t-elle inquiète face à l’absence de réaction de son ouvrier.</i><br /><span style="color:#0099cc">- Oui…! </span><i>Leto ne put se retenir de lâcher un faible rire gêné.</i><br /><span style="color:#9999cc">- Tu as une surveillance policière aux fesses depuis l’incident de l’autre jour, peut être serait-il effectivement raisonnable que tu évacues au moins sur ton lieu de travail et dans les lieux publics tes projets... disons... contestataires….</span><br /><br /><i>Alya lui esquissa un sourire bienveillant, puis éteignit le datapad où restait stocké le fameux rapport. Depuis que Leto avait pris la défense de Castiel et par la suite été convoqué par la police de l’anneau, le jeune homme était plus ou moins activement surveillé par les forces de l’ordre sans doute alarmées par le retour des propos qu’il avait tenu devant l’assemblée d’ouvriers réunis pour observer l’humiliation de l’Exclu. Pourtant, et il le savait, le natif de Kuat avait sans doute fait mouche auprès de quelques uns de ces travailleurs et mieux encore, se rangeait derrière lui la classe des Exclus, qui s’ils le pouvaient, seraient les premiers à annihiler l’ordre des castes et de façon bien plus soudaine et brutale d’ailleurs. Leto avait une toute autre méthode bien qu’il n'ait jamais exclut l’emploi de la violence. Son plan requérait beaucoup plus de patience et de travail en amont qu’un soulèvement soudain qui risquait de mal tourner.</i><br /><i></i><br /><i>Son atout principal, c’était Alya. Un lien d’amitié puissant la liait au jeune homme depuis bien longtemps maintenant malgré la distance qu’ils se devaient de tenir un public. D’ordinaire, les supérieurs disposaient de leur propre salle de pause, et pour une fois, la directrice avait décidé de transgresser les règles pour soutenir moralement son ami. Celle-ci défendait âprement le projet révolutionnaire malgré son statut. Esprit réflexif, elle avait cette conscience de la domination sans partage de l’Aristocratie, manipulant la Classe Moyenne en lui redistribuant suffisamment pour qu’elle vive bien et ne se révolte jamais. Telle fut une des mécaniques du maintien de l’ordre. Alya ne comprenait guère qu’un tel système puisse se maintenir là où la Galaxie connaissait ailleurs nombre de régimes démocratiques et républicains même si les régimes oligarchiques restaient nombreux. Son sentiment, sa conviction profonde fut celle de soutenir la populace, elle se devait de participer à la fin de l’oppression de caste, de détruire le système en place depuis vingt millénaires, rien que ça. </i><br /><i></i><br /><i>Castiel, Alya et Leto formaient donc un trio particulier, une de ces alliances trans-castes, sans doute nombreuses ailleurs sur l’anneau et ses centaines de millions de personnes, mais tout à fait secrètes et qu’il ne fallait pas dévoiler au risque de sanctions punitives extrêmement sévères. Quelques jours après l’agression de l’Exclu, véritable déclic dans l’esprit de Leto, tous trois avaient commencés à bâtir leur projet: une organisation clandestine, une Alliance Révolutionnaire visant à annihiler la domination de l’Aristocratie. La question fut la suivante: comment répandre l’idée de l’abolition des castes sans se faire attraper? Tout d’abord, Kuat n’était pas autoritaire jusqu’à être totalitaire. De ce fait, la population n’était pas si surveillée que cela - du moins l’Aristocratie n’avait pas créé d’institution administrative pour scruter attentivement la vie privée et le moindre faits et gestes des gens - seules les menaces à l’ordre établi restaient réprimandées par les forces de police. Avoir une Moyennante dans le lot par ailleurs aiderait surement à couvrir leurs arrières. Et de surcroît, la future organisation ne devrait être ni trop faiblement ni trop fortement peuplée pour éviter d’attirer l’attention. L’Alliance n’avait pas l’ambition de se constituer comme un mouvement politique reconnu par les Nobles puisqu’ils ne le feraient jamais. Son but résidait dans la mobilisation des castes inférieures à l’Aristocratie, au déploiement de l’idée abolitionniste, en la galvanisation d’une opposition, et en sa radicalisation.</i><br /><br /><br /><div style="text-align:center"><a rel="nofollow ugc" href="http://star-wars-rpg.soforums.com/image/110/2/7/d/alya-iferyion-5432a1f.jpg.htm" target="_blank"><img src="http://img.xooimage.com/files110/2/7/d/alya-iferyion-5432a1f.jpg" style="max-width:100%" /></a><br /> </div><i><span style="color:#ffffff"></span></i><br /><div style="text-align:center"><i><span style="color:#ffffff">Alya, Chef du département de Leto (Secteur 21-C)</span></i><br /> </div><br /><i>Quelques semaines après, les intéressés s’étaient réunis le soir, en dehors des heures de travail,  dans une modeste salle de réunion du secteur que gérait Alya. L’Alliance, pour son lancement officieux, disposait de ses quelques dizaines de membres présents. Cela semblait beaucoup pour Leto qui lorsqu’il pénétra dans la salle, fut surprit de la petite foule qui s’y trouvait. Rien de bien transcendant non plus! Ce n’est pas avec un tel effectif qu’on pouvait envahir la surface et éjecter la famille Kuat et ses neufs familles alliées de leur trône. Pourtant la chaleur envahissait le coeur du jeune homme, heureux de rassembler à la fois si peu et autant de personnes motivées par son projet. Il y avait de tout dans le lot, bien plus d’Exclus et d’Ouvriers que de Moyennants, mais la présence de chacune de ces classes était déjà une victoire. Le silence tomba soudainement et seuls les pas de Leto résonnèrent faiblement dans la salle. Les personnes présentes le scrutaient, sans doute s’attendaient-elles à ce qu’il prenne la parole.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Bien,</span> <i>commença Leto un peu timidement en dévisageant presque chacun des futurs adhérents de l’Alliance clandestine,</i> <span style="color:#0099cc">merci d’être venus, je suis très heureux de vous voir tous ici présents.</span><br /><br /><i>Il lâcha un petit sourire en hochant la tête légèrement de bas en haut, prit ses aises, puis enchaîna son discours introductif après une petite gorgée d’eau fraîche.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Tout d’abord, nous savons tous ici ce qui nous réunit, n’est ce pas... Nous savons également quel est notre objectif... Alors je commencerai par vous dire que celui-ci est noble et qu’il mérite que nous nous y investissions à corps perdus. Il n’est pas question que notre entreprise soit vaine… Nous voulons détruire l’ordre établi, la caste qui nous gouverne. Nous ne voulons plus vivre leur violence au quotidien, leur inégalité de classe, leurs lois infâmes… Si nous voulons que leur ère près fin, donnons nous entièrement à la cause et nous y arriverons.</span><br /><br /><i>Le ton de Leto détendu au départ se durcissait peu à peu. Sur l’estrade improvisée, il fit quelques pas d’un air réflexif, la tête légèrement baissée vers le sol. Son regard se métamorphosa, comme si sa pulsion de colère s’emparait peu à peu de son corps. Il renchérît en relevant le menton:</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Mais ne vous méprenez pas. Nous allons certes croître, accueillir de nombreux Exclus, Ouvriers, un peu moins de Moyennants peut être… Pourtant au cours de notre chemin vers l’égalité et vers la liberté, certains nous quitterons… Notre lutte est avant tout un combat d’idées, oui, mais elle sera forcément violente et l’affrontement, mes amis, sera inéluctable. Vous l’avez compris, quand je dis que certains nous quitterons, je ne parle pas de départs volontaires, mais de blessés, de morts car oui il y aura inévitablement des victimes dans nos rangs.</span><br /><br /><i>Un murmure s’empara de la salle. Leto pensait que cette annonce allait effrayer plus d’un auditeurs mais il n’en fut rien. Tous restèrent là, devant lui, à l’écouter, et leurs expressions ne furent jamais autant déterminées qu’à ce moment. Les révolutionnaires s’attendaient à cela, à un sacrifice. Mais s’ils étaient dans cette salle, c’est qu’ils croyaient en leur victoire et ce malgré les dangers.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Nous n’aurons ni le temps de compter nos morts, ni de les pleurer et encore moins de les regretter, continua Leto. Il n’y a de temps que pour notre action et pour la réussite de notre projet. Nous leur rendrons un hommage vibrant lorsque nous aurons réduit la domination Aristocrate en cendres, lorsqu’il ne restera plus rien de leur ordre si ce n’est ce que racontera les livres d’histoire. Et nous y serons aussi dans ces livres. Non pas nos noms, non pas nos images, mais notre action collective, notre groupe, notre Révolution. Celle-ci restera gravée dans le marbre de l’Histoire galactique comme le réveil d’un peuple contre son oligarchie et sa violence sociale. Et nous espérons que celle-ci se propage au-delà de notre orbite...</span><br /><br /><i>Castiel observait Leto le sourire aux lèvres. Son défenseur employait des mots forts et directs, il n’avait guère peur de choquer ou de provoquer la peur. Il fallait avant tout tester la motivation et la résistance mentale des révolutionnaires, tester leur engagement avant tout. L’Alliance avait besoin d’hommes forts, de femmes fortes, et de toutes espèces pour mener à bien son grand dessein. Alya, elle, regardait la foule, prête à en découdre. Ses yeux smaragdins passèrent de visage en visage, de lèvres en lèvres, scrutèrent la moindre mimique, le moindre mouvement. Certains bougeaient légèrement sur place, sans doute un peu tendus mais déterminés, d’autres demeuraient fixes, les bras croisés à écouter stoïquement le discours de celui qui s’imposait naturellement comme le leader de l’Alliance.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Croyez moi mes amis, nous triompherons du mal qui s’abat sur notre peuple et qui l’empêche de se constituer. Ils nous divisent parce qu’ils ont peur de notre union! L’unité des castes est la réponse à leur domination sans partage, à leur autorité suprême qu’ils croient incontestable. Montrons leur à la fois par la ruse et par la force que nous, le Peuple de Kuat, allons briser les chaînes de la servitude!</span> <br /><span style="color:#cc9900">- L’Union fait la force!</span><i> cria soudainement un homme.</i><br /><span style="color:#0099cc">- Nous abattrons leur contre-modèle de société!</span> <br /><span style="color:#cc9900">- Oui!</span><br /><span style="color:#0099cc">- Nous nous débarrasserons de tous les symboles de leur pouvoir! Nous détruirons leurs effigies, glorifiées dans leurs cités!</span><br /><span style="color:#33cc66">- Place au peuple!</span><i> fit une femme d’une voix stridente.</i><br /><span style="color:#0099cc">- Nous nous installerons là où ils vivent et nous rendrons au Peuple le paradis terrestre qu’est Kuat après l’avoir terraformé pour le bon plaisir de leur seule classe!</span><br /><span style="color:#9999cc">- L’Anneau n’est pas notre monde!</span> <i>lâcha Alya d’un ton puissant</i>.<br /><span style="color:#0099cc">- Ces chantiers reviendront au peuple! </span><br /><span style="color:#cccccc">- Notre travail, notre richesse!</span> <i>interrompit un garçon le poing levé.</i><br /><span style="color:#0099cc">- Nous abolirons les inégalités de droit! </span><br /><span style="color:#cc6633">- Mort aux castes!</span> <i>hurla Castiel de toutes ses forces</i>.<br /><span style="color:#0099cc">- Le monde, bientôt, n’appartiendra plus aux Dix mes amis... il sera nôtre! </span><br /><br /><i>La petite foule, galvanisée, poussa un cri de joie, absorbée par le discours de leur leader. L’envie était là, le désir de réussir était ardent! Pourtant tout le monde savait le sacrifice nécessaire. De toutes façons, à quoi bon vivre dans un ordre où nous ne voulons pas vivre, et que nous lèguerons à nos enfants qui le vomiront à leur tour? La seule réponse à apporter à cette question n’est ni la résignation, ni le laisser-faire. La réponse est dans l’action et la lutte pour abattre le modèle millénaire imposé à la populace. Personne n’avait plus rien à perdre si ce n’est la vie, qui n’en était pas une d’ailleurs,  contenue, emprisonnée dans un ordre illégitime qui forçait chacun à n’être que ce que l’autre avait bien voulu qu’il soit. Peu à peu, la chaude ambiance se rafraichissait après que Leto l’eut laissé retomber. </i><br /><br /><span style="color:#66cccc">- Mais… comment nous allons nous organiser?</span> <i>lança finalement un jeune ouvrier, pas même majeur.</i><span style="color:#66cccc"> Aurons nous des actions ciblées, des missions, des sabotages?</span> <i>Leto le considéra quelques brèves secondes avant de descendre de l’estrade. La foule lui faisait place, puis s’organisa en cercle.</i><br /><span style="color:#0099cc">- Bien sûr, cela fera sans doute partie des objectifs de court terme, </span><i>répondit-il au garçon,</i><span style="color:#0099cc"> mais tout d’abord, construisons la base, voyons ce que nous pouvons faire de chacun d’entre vous.</span><br /><br /><i>Leto observa autour de lui, scruta le regard de ceux qui l’entouraient. Il pointa soudainement et au hasard son index vers ce qui semblait être un ouvrier.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Toi par exemple, donne moi ton nom….</span><br /><span style="color:#99cc66">- Je… euh… Zohor monsieur, Zohor Agar</span> <br /><span style="color:#0099cc">- Pas de “monsieur” avec moi, nous sommes tous frères et soeurs ici. Tu me tutoies, je te tutoie, nous nous tutoyons et tout ira bien.</span><i> Le dénommé Zohor hocha simplement la tête avec un léger sourire sans doute un peu gêné face à l’attitude intimidante de Leto. </i><span style="color:#0099cc">Alors dis moi Zohor, travailles-tu dans ce secteur?</span><br /><span style="color:#99cc66">- Non… je travaille à deux secteurs d’ici, un gars du 38-A m’a parlé de la réunion, et je suis venu…</span><br /><span style="color:#0099cc">- Bien… Vois-tu Zohor, cela tombe très bien puisque les ouvriers des secteurs étrangers doivent être un des piliers de l’expansion de notre idéologie révolutionnaire. </span><br /><br /><i>L’attention de la petite foule était focalisée sur Leto qui tapotait doucement le flanc de l’épaule de son interlocuteur. Elle attendait la suite avec impatience. Le jeune homme marchait lentement à l’intérieur du cercle, accompagnant ses explications de gestes de bras, assez précis mais secs, comme pour marquer la continuité de sa détermination inébranlable.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Nous nous doutons que nombre d’ouvriers désirent ardemment la même chose que nous. Nos paroles et nos convictions ne doivent donc pas s’arrêter simplement à la porte de cette salle, de cette unité de production et de ce secteur. L’Alliance doit achever de les faire rejoindre nos rangs, elle doit avoir ses révolutionnaires partout dans l’anneau. Toi, Zohor, tu dois créer ta section locale et motiver les hommes et les femmes de ton chantier. Tout le monde ici doit le faire, et suggérer à chaque étranger au secteur de le faire à son tour pour nous constituer un réseau abolitionniste vaste et puissant. Vous connaissez la physique de la fission nucléaire: un neutron frappe un noyau lourd qui se sépare en créant d’autres neutrons qui viendront frapper les noyaux alentours jusqu’à qu’il n’y ait plus rien à collisionner. Voici notre logique et notre volonté conquérante. Nous avons besoin d’un tissu révolutionnaire, un réseau décentralisé qui une fois prêt, pourra agir simultanément et avec force contre l’ennemi. Mais ce n’est pas tout…</span><br /><br /><i>Leto parlait avec force et conviction, persuadé par ses propres paroles. Pour autant, la Révolution ne pouvait se reposer que sur les seuls ouvriers.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Notre volonté doit aussi se répandre du côté des Exclus et cela se fera bien plus rapidement que chez les ouvriers. Leur conscience révolutionnaire est paradoxalement bien plus élevée que la nôtre: eux n’ont rien pour se défendre; s’ils voient leurs supérieurs se mobiliser, ils profiteront de cette occasion pour jouer leur va-tout. Que les Exclus ici présents fassent tout ce qu’il est en leur pouvoir pour galvaniser leurs troupes, qu’ils se tiennent prêts à agir le jour où l’Alliance se mouvra, ce moment que nous attendons tous déjà avec impatience. </span><br /><span style="color:#9999cc">- Nous ferons de même avec les Moyennants, </span><i>ajouta Alya, imposante, captant l’attention de son ami,</i><span style="color:#9999cc"> mais la tâche sera plus complexe… Il faudra y aller avec prudence, sonder leurs opinions, leurs intentions et ensuite les faire adhérer à notre cause. La Classe Moyenne subit aussi la domination Aristocrate, il y a donc parmi elle des gens qui conscientisent leur situation…. et qui désirent agir contre. Eux savent que la protestation politique est vaine, malgré leurs petites organisations politiques vue comme un loisir: c’est de la poudre aux yeux, elles sont de toutes façons chapeautées par la noblesse. </span><br /><br /><i>Leto opina du chef, approuvant les sages paroles de Alya. S’il pouvait y avoir une faille dans le plan, c’était sans nul doute la fragilité de l’implication de la classe intermédiaire dans la révolution trans-caste. </i><br /><br /><i>Leto déroula la suite du plan. Les années qui allaient suivre seraient sans doute difficiles: cacher tout un réseau de ce type ne semble pas être la chose la plus aisée. L’intérêt d’un réseau tel qu’il fut décrit par le jeune homme, c’est à dire un tissu homogène mais très décentralisé, est justement celui de faire croire aux forces de l’ordre remarquant un élément suspect qu’il ne s’agit que d’une initiative locale, et rien d’autre. Tous les membres des groupes révolutionnaires, ouvriers, exclus et moyennants qui auront rejoint leur section locale, ne seront en aucun cas liés directement à l’organisation centrale. D’ailleurs celle-ci devra être, elle aussi, la plus restreinte possible. Dans chaque section, suivant sa taille, une seule personne aura la possibilité de rentrer en contact avec la section de Leto. Une deuxième sera nommée par précaution en cas de problème pour que le lien entre la section locale et la section principale demeure. Par mesures de discrétion, le comité révolutionnaire, chargée des décisions les plus importantes, rassemblera un membre nommé par chaque section en plus de l’organisation centrale. Cela fera sans doute du monde, mais pour préserver le secret du mouvement, il n’y aura aucun rassemblement physique du comité tant que la possibilité de mater la rébellion de la part de l’Aristocratie restera possible. De ce fait, la conférence du comité se fera par le biais de communicateurs holographiques réglés sur une fréquence codée par les ouvriers informatiques du réseau. L’ouverture de la fréquence n’aura lieu que durant les comités, la personne nommée représentante de son secteur recevra un message codé aux allures de communication tout à fait banale, qui indiquera le jour et l’heure du rassemblement de celui-ci. À ce message sera rattaché une tâche de travail à accomplir, que le destinataire devra faire pour masquer le contenu codé et pour rassurer ceux qui éventuellement, le pisteront... Cette organisation décentralisée a également un objectif secondaire tout à fait clair: si une section se fait mater, le réseau restera stable malgré la perte d’un groupe local. Leto avait déjà parlé de la mort qui sans nul doute serait inévitable. Mais par tous les moyens, le réseau devait survivre, malgré les victimes, aussi cruel cette pensée soit-elle. Il devait arriver à ses fins.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Que chacun fasse vivre la Révolution,</span> <i>reprit Leto après leur avoir détaillé le plan,</i><span style="color:#0099cc"> que chacun embrasse la cause et la propage avec prudence. Soyons ce virus indétectable, cette maladie incurable destinée à ceux qui nous gouvernent. Soyons patient, soyons persévérant et notre ère viendra. Que l’Aristocratie se tienne prête, car nous allons nous répandre comme la Peste.</span><br /><br />[Edit: avatar d'Alya]<p></p>
]]></description><link>http://star-wars-rpg.fr/topic/20889/le-plan</link><generator>RSS for Node</generator><lastBuildDate>Thu, 04 Jun 2026 01:20:35 GMT</lastBuildDate><atom:link href="http://star-wars-rpg.fr/topic/20889.rss" rel="self" type="application/rss+xml"/><pubDate>Wed, 25 Feb 2026 18:39:06 GMT</pubDate><ttl>60</ttl><item><title><![CDATA[Reply to Le Plan on Wed, 25 Feb 2026 18:39:08 GMT]]></title><description><![CDATA[<p dir="auto">Post n°3<br />
Auteur : Leto Lazarus</p>
<div style="text-align:center"><span style="color:#0099cc"><u>ÉVEILLER LES CONSCIENCES (2)</u></span></div><br /><br /><div style="text-align:right"><i>“Il est plus facile de nous ôter la vie que de triompher de nos principes” </i><br />Maximilien Robespierre à la tribune de la Convention (26 mai 1794)<br /></div><br /><br /><br /><br />“Si on se révolte, on meurt”.<br /><br /><i>On ne sortait jamais indemne de ce genre d’expérience immersives, de ces voyages dans les usines de l’Anneau. Quelle tragédie, et quelle barbarie d’exécuter son propre peuple en l’intoxiquant sur son lieu de travail. Des criminels gouvernaient ce système. Les pires criminels de la région sans aucun doute. Tout était bon pour capter la richesse coûte que coûte, même l’extermination de ceux qui la produisaient pour eux. L’intérêt de la séparation en caste imposée aux premiers jours par ceux qui dominaient la planète jadis résidait aussi en cela: les Exclus, nombreux et esclaves, consistuaient l’armée de réserve industrielle des usines de l’Anneau. Tous ne travaillaient guère, et ceux qui n’avaient point d’emploi étaient disposés à remplacer les morts de la production ou de la révolte. Ils demeuraient l’outil utile du régime, celui de la production usinière aux bénéfices de la caste possédante. Ainsi les qualifications de la classe supérieure - la classe ouvrière - étaient nécessairement orientées par le pouvoir et le système scolaire. Il fallait un nombre suffisant d’assembleurs, de logisticiens, d’agents de production, de maintenance… En revanche, la classe moyenne elle, composée d’ingénieurs, de directeurs de sous-départements, de concepteurs, d’administrateurs, avait un rôle intellectuel et de gestion et n’était guère destinée à la production. La pression sur leurs emplois, leurs attributions et leurs qualifications n’existaient quasiment pas. De ce fait, plus on montait dans l’échelle pyramidale des castes kuati, moins s’effectuait de contraintes sur les emplois et leur gestion. Ceux tout en bas de l’échelle subissaient donc les pires traitements, doux euphémisme puisqu’ils pouvaient même faire l’objet de meurtres de masse à la moindre revendication sociale. <br /><br />Leto avait très mal vécu ce petit séjour dans l’enfer de l’Anneau. Sa condition était misérable et sa caste oppressée, mais que dire de ceux qui se faisaient exploiter dans les usines? Ces Exclus, ces moins que rien qui n’avaient d’autre choix que de produire le maximum sans rien dire au risque de se faire tuer. Mourir par le travail ou par le refus de l’exploitation? Quel triste choix. Ce travail forcé, personne ne le connaissait au sein de la caste ouvrière à l’exception des quelques rumeurs colportées mais vite oubliées ou de ceux qui s’étaient faits envoyés là bas en guise de punition parce que déviant de leur comportement de classe.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- C’est pas possible Alya… On ne peut pas les laisser faire, ces enfoirés...</span><br /><br /><i>Leto bouillonnait de rage dans le bureau de son amie, faisant les cent pas, déchiré entre la tristesse et la haine</i>. <br /><br /><span style="color:#9999cc">- Calme-toi Leto, notre mission d’intérêt général ne peut pas voler en éclat parce que tu perds ton sang-froid.</span><br /><span style="color:#0099cc">- Je perds mon sang-froid?! Un accident industriel a tué une dizaine d’Exclus dans cette usine! Je connais ce genre de problème, tu le sais, j’en ai été victime ! Et en plus de cela, s’ils se révoltent c’est l’intoxication assurée et décrétée par ces… ces… @£*!&amp;% d’aristocrates de merde! Et je dois garder mon sang-froid?!</span><br /><span style="color:#9999cc">- Leto, </span><i>la voix d’Alya était calme et posée,</i> <span style="color:#9999cc">notre objectif vise l’intérêt de tous. La Révolution implique des sacrifices, on ne peut pas s’occuper de tout le monde en même temps, on doit la construire pour que tout le monde en profite! Elle ne sera pas immédiate, tu le sais très bien… </span><br /><br /><i>Leto s’effondra sur un fauteuil de la pièce, la tête dans le creux de ses mains. Le directrice du département continua:</i><br /><br /><span style="color:#9999cc">- Nous sommes des centaines de millions sur l’Anneau, ce genre de cas doit arriver très souvent, beaucoup trop souvent. Pourtant tu ne pourras pas porter secours à chaque Exclu ou chaque Ouvrier qui subit ce terrible sort… Rappelle-toi Leto, nous avons construit le réseau en décentralisant au maximum les unités, en les rendant indépendantes pour que si une cellule se fait repérer, elle ne compromette pas notre dessein. C’est toi qui a imaginé ça… On ne pourra pas non plus lui venir en aide. Ecoute moi… L’intérêt général doit primer sur l’intérêt particulier et minoritaire, pour le moment.</span><br /><br /><i>Leto soupira puis releva la tête vers elle, la mâchoire serrée.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- C’est dur d’avoir conscience de ce qui se passe et de laisser faire en attendant la réalisation de notre but final… </span><br /><br /><i>Il se releva lentement, regardant l’espace sombre et infini à travers le hublot du bureau d’Alya. Ses passions se dissipèrent peu à peu et la raison reprit le pas pour réinvestir petit à petit son esprit. Il fallait que ce défaut disparaisse. Durant les trois ans qui allaient suivre, bien-sûr que des gens allaient mourir, bien-sûr que les grands allaient exécuter les petits, bien-sûr qu’Ouvriers et Exclus allaient subir quelques sorts funestes… Et pire encore, sans nul doute que ses compagnons allaient mourir au nom de la liberté, au nom de cette guerre déclarée contre les puissants. Oui, la révolte était une guerre et il fallait que celle-ci contamine tout l’anneau, toutes les castes oppressées. Sans doute que Kuat n’en n’était pas à sa première révolution, mais celle-ci allait être de masse et évidemment meurtrière. </i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Mais tu as raison Alya… tu as tristement raison…</span><br /><span style="color:#9999cc">- Dans la grande bataille, tu pourras porter secours.</span><br /><br /><i>Le sourire d’Alya illumina son visage, mais aussi le coeur de Leto qui en avait bien besoin en ces tristes jours. Heureusement qu’elle était là, à ses côtés…</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Est-ce que le contenu de la cargaison a bien été récupéré au moins…?</span><br /><span style="color:#9999cc">- Oui, l’ami de ton père est venu de Coruscant déposer son stock et il a fait rentrer ce que tu voulais…</span><br /><br /><i>Alya sortît quelques documents holographiques.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Il faut les diffuser partout,</span><i> fit Leto</i>,<span style="color:#0099cc"> utilisons nos canaux…</span><br /><span style="color:#9999cc">- Espères tu éveiller les consciences à travers des textes?</span><br /><span style="color:#0099cc">- Il faut faire voir qu’ailleurs, cette domination de caste n’a pas sa place… Combien d’ouvriers savent comment fonctionne Coruscant, Corellia, Naboo, Iridonia... ? </span><br /><span style="color:#9999cc">- D’autres formes de domination existent dans ces systèmes...</span><br /><span style="color:#0099cc">- Peu importe. Montrons comment ça marche ailleurs, montrons des critiques politiques, et puis on s’en fout si c’est pas notre idéal! On forgera le nôtre ici, pendant la Révolution! Mais il faut que les gens se politisent, prennent conscience de leur statut misérable, qu’ils trouvent les Castes injustes. Ce sera le début du mouvement de masse. Puis ensuite, on construira quelque chose ensemble, on diffusera d’autres textes qui défendent des projets démocratiques et coopératifs. Toi-même tu l’as dit! Tout ça ne se fera pas en un jour…</span><br /><span style="color:#9999cc">- Bien… Les Exclus sont de notre côté de toutes façons, il sera facile de les mobiliser ce qui sera moins le cas des Ouvriers et surtout des Moyennants…</span><br /><br /><i>Difficile de mobiliser les castes d’au-dessus qui voyaient leurs avantages se multiplier par rapport à leurs inférieurs. La réunion contre l’aristocratie signifiait dans leur esprit plus de sacrifices et moins d’avantages. Au diable la démocratie et l’intérêt du peuple! Pourtant, qui pouvait se sentir floué par plus de liberté, par le fait de briser les chaînes de la servitude, mis à part ceux qui tenaient la bride haute au peuple? Exclus et Ouvriers allaient être le coeur de la Révolution, mais il fallait que la caste Moyenne s’y mêle. </i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Alya, d’ici quatre mois, nous réunirons le prochain Comité central. Préparons d’ores et déjà le réseau de communication clandestin. Quelques Moyennants sont avec nous et pourront couvrir les comités locaux reliés à nous sans distinguer l’origine du signal. J’y ferai le discours du grand départ, celui de l’origine de la mobilisation de masse. Et j’ai un plan…</span><br /><br /><i>Le regard d’Alya se fit un peu plus inquiet…</i><br /><br /><span style="color:#9999cc">- Un plan…. ? Dis-moi…</span><br /><br /><i>Leto se leva et recommença à faire les cent pas en débutant son projet.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Nous allons diffuser mon discours, a posteriori, illégalement. Il faut que le maximum de personnes l’entendent sur l’anneau!</span><br /><span style="color:#9999cc">- Comment tu veux faire une chose pareille? </span><br /><span style="color:#0099cc">- Bah, si une bonne partie se trouve le soir dans la station spatiale résidentielle, il nous suffit de trouver le moyen de le diffuser là, au lieu de le faire sur les différents sites de travail. Les exclus ont aussi leurs quartiers à part, prennent leurs propres transports, mais je suis sûr qu’on trouvera un moyen via les gars de l’usine et via l’équipe de Castiel pour le faire diffuser parmi eux. Par exemple, faire entendre le discours via holodocs. Ce sera moins massif et plus progressif. L’idée chez les Ouvriers c’est de faire une action choc, en modifiant ma voix bien entendu, je veux pas qu’on m’éjecte dans l’espace…</span><br /><span style="color:#9999cc">- Il va y avoir une enquête sur ça, tu le sais… Ils risquent de désigner des coupables…</span><br /><span style="color:#0099cc">- Nous ferons en sorte de tous nous en sortir… Et peut-être même que la violence qu’ils utiliseront contre nous nous mobilisera encore plus! Qu’ils nous fassent du mal! Ils ne pourront pas détruire l’ensemble de leur population… Ils ne se risqueront pas non plus à détruire une partie d’un chantier naval en pleine résurgence des tensions galactiques, ce serait une tragédie pour leurs commandes et leurs profits. La période dans laquelle nous sommes est parfaite pour enclencher le processus révolutionnaire Alya!</span><br /><br /><i>Les yeux de Leto brillaient de mille feux, la passion commençait à le dévorer. Son envie d’en découdre se faisait plus pressante. Dans sa tête, l'enchaînement des événements était parfaitement clair. Il ne voulait plus qu’une seule chose, en être à la fin, au bout du chemin, cette étape finale où le peuple envahissait la surface depuis l’Anneau, où il investissait le palais de “Kuat de Kuat”, où tous les Aristocrates étaient piégés, et à genoux devant la puissance des nouveaux citoyens., où tous les nobles étaient dépossédés de leurs titres, de leurs privilèges, soumis au pouvoir du peuple coalisé contre eux. Ce moment de grâce où la supplication des tyrans se mêlait avec les promesses de l’arrivée du chaos…. Il voyait dans sa tête les matriarches à terre et sanglotantes, subissant la justice implacable des Exclus, des Ouvriers et des Moyennants réunis, leur visage terrifié face à l’illusion de la barbarie du peuple. Le revers de la médaille d’une domination de plus de vingt millénaires, réduite en poussière par quelques uns qui conscients de leur condition, parvînrent enfin à réunir le peuple motivé par la volonté de s’approprier un seul et même ensemble de biens communs et immatériels : l’égalité et la liberté, la justice et la démocratie! Ah! La jouissance extrême de ce moment! Le plaisir mémorable de la destruction d’un modèle entier! Celui de tout reconstruire! L’agréable sensation de reposséder ce qui lui revenait de droit: Kuat.</i><br /><br /><div style="text-align:center">***</div><br /><br /><i>Quatre mois de campagne illégale. Et elle ne s’était pas déroulée sans encombre... De nombreux ouvriers avaient été envoyés en usines en guise de punition pour sédition… Certains avaient même disparus. Mais cela ne pouvait que galvaniser les Ouvriers déjà plus ou moins radicalisés dans le processus révolutionnaire. Ne parlons pas des Exclus! Eux n’attendaient que la révolte, avec un sentiment vindicatif latent qui risquait de faire des dégâts le jour du soulèvement général. L’équipe du Comité Central de l’Alliance Révolutionnaire avait prévu une réunion, toujours à l’occasion d’un jour de repos dans une aile peu surveillée du Chantier de Deponn. Les ouvriers pouvaient circuler librement grâce au réseau de transport interne de l’Anneau, mais ne pouvaient aller sur les sites de production que s’ils en avaient évidemment l’autorisation de la part des directeurs. Heureusement qu’Alya en tant que Moyennante, - avec d’autres, de sa classe bien que relativement peu nombreux qui avaient également rejoint le mouvement - était parvenu à les faire rentrer dans leur nouvelle salle, un petit hangar beaucoup moins exiguë que lors de la réunion du premier comité fondateur. Le flot d’ouvriers et d’exclus dans le métro intérieur ne perturba guère les autorités, habituées à les voir sortir de la station résidentielle pour aller faire un tour ailleurs. Ainsi, certains des chantiers suds ou des ateliers d’usinage avaient été mis au courant, et le second Comité allait réunir au-delà des espérances. Leto avait envie de remercier la brutalité des gouvernants qui couplée à ses affaires de diffusions de petites phrases ou d’actualités externes à Kuat, contribuaient à forger une conscience politique aux Ouvriers et Moyennants. A cela s’ajoutait le travail des comités révolutionnaires locaux qui étaient parvenus petit à petit à instiller cette volonté séditieuse dans l’esprit d’un nombre grandissant de gens. Au travail de masse s’ajoutait un travail de fourmi, et la combinaison des deux se révélait efficace. Ce qui n’empêchait pas des arrestations, des détentions arbitraires, la violence des autorités, mettant ainsi d’autant plus d’huile sur le feu… La Révolution allait se faire à cause de l’Aristocratie et de sa violence répressive, qui réveillait plus que jamais l’insoumission latente des classes opprimées. Leto allait devoir lui-aussi passer par là et subir la sentence des puissants. C’était une nécessité: frappez inconsciemment le symbole de la révolution populaire, et n’attendez en retour que le soulèvement généralisé. Car le violenter lui, c’est vouloir écraser les revendications de tous.</i> <br /><br /><i>Un monde certain avait envahi le hangar à la grande satisfaction de Castiel qui avait rejoint Alya et Leto près d’un site en hauteur où se déroulaient débats et interventions publiques. Ce hangar était un lieu de libre expression comme rarement il y en eut dans la jeune vie du jeune homme. Un lieu de critiques, de discours subversifs allant à l’encontre des puissants. Et cela participait de la ferveur populaire! Avant la prise de parole de Leto, les leaders de chaque comité locaux s’exprimaient à la fois sur leur volonté d’aller jusqu’au bout, mais aussi sur leurs capacités de rassemblement. Chacun défendait ses opinions, et certains commençaient à réfléchir à ce que pourraient ressembler les futurs modalités de gouvernement. C’était exactement ce que Leto souhaitait: la volonté révolutionnaire avait atteint un stade suffisamment développé chez certains pour qu’ils commencent à planifier l’après, comme si l’issue de la révolte de masse était inévitable. Et bien-sûr qu’elle l’était! On ne pouvait dans ces lieux se résoudre à l’échec, ce qui excitait d’avantages encore les foules. </i><br /><br /><i>Après le défilé des responsables locaux que Leto saluait avec un enthousiasme débordant, c’était le tour de son intervention… Ils allaient donc enregistrer sa prise de parole, son discours, et ultérieurement, le diffuser partout dans la Station Spatiale Résidentielle pour que les millions d’ouvriers conscientisent encore plus leur situation, pour que la coalition se fasse entre les Exclus, eux et les Moyennants! Certes, depuis l’incident de Castiel, des rapprochements s’effectuaient timidement… Mais durant la Révolution, personne n’allait parvenir à distinguer qui est de quelle classe car sur l’Anneau, elles seront abolies unilatéralement, par ceux qui ne furent que sujets depuis la nuit des temps.<br /><br />Le garçon grimpa sur le talus métallique qui servait de tribune. Leto ne possédait pas de discours écrit. Ses convictions et ses conclusions, ils les connaissaient par coeur. Le silence s’installa, et le jeune homme le fit volontairement durer, imprégnant le lieu d’une ambiance pesante et solennelle, tout en admirant la foule qui s’était pressée jusqu’ici. Enfin, il entra dans le vif du sujet:</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- L’ordre social est consciencieusement maintenu par ceux qui nous gouvernent. La question qui se pose est celle du pourquoi, bien entendu, mais surtout celle du comment. </span><br /><br /><i>Sa voix grave et amplifiée avec les moyens du bord résonnait jusqu’au fond du hangar. D’abord fixe, il fit quelques pas vers la droite en regardant le monde, le visage plus déterminé que jamais.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Soyez sûrs, d’emblée, que plus les avantages d’une classe sont importants et donc mieux elle domine celles auxquelles elle est supérieure, plus il est difficile de la mobiliser contre un système pourtant injuste pour la majorité. </span><br /><br /><i>Ce silence était à la limite de la gravité.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Cela est d’autant plus vrai pour ceux qui trônent au sommet de la hiérarchie des classes. Imaginez un seul instant cet aristocrate multi-milliardaire en crédits et proposez-lui de mettre fin à tous ses privilèges,</span> <i>(Leto marchait cette fois vers la gauche et affichait un air sévère)</i> <span style="color:#0099cc">c’est à dire: le pouvoir politique, la direction de la KDY, la représentation de la planète, la reconnaissance interplanétaire ou galactique, l’accumulation illimitée de la richesse, le droit d’oppression sur toutes les autres castes, l’unilatéralité de ses décisions, le droit à la propriété, une vie des plus agréables au sein du paradis que lui et sa caste se sont créés…</span><i> (Petite pause)</i>.<span style="color:#0099cc"> Demandez-lui, au final, d’abolir de lui-même sa propre domination totale sur autrui, qu’elle soit donc politique, sociale, pécuniaire ou juridique…</span><br /><br /><i>Observant l’horizon de la foule réunie, il haussa le ton:</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Bien-sûr qu’il souhaitera conserver sa position à tout prix! Bien-sûr qu’il se fout de la justice, la vraie, et de l’intérêt général ! Ce qu’il veut c’est le maintien de ses avantages, le maintien de sa position sociale dominante. Et pour cela, en plus de la force, il se doit de produire un argumentaire qui légitime sa position, il se doit de produire une idéologie, un système de croyances qui justifiera sa domination. Sur Kuat l’argument passe par la naissance et la promotion d’un régime garantissant l’ordre et la sécurité de chacun. Une rhétorique classique! Sans l’aristocratie veillant à l’ordre des classes écrit dans le marbre de la loi, il n’y aurait que le chaos social et l’insécurité selon eux, chaque individu souhaitant porter atteinte à l’intégrité physique et morale d’autrui soit pour survivre, soit pour installer son propre mode de domination. Mais ils vont plus loin dans la légitimation de l’ordre social qu’ils nous imposent: la naissance pour eux garantit la caste, chaque être vivant occupe une place et doit s’y tenir, celle-ci ne peut changer et il va donc de soi que des ouvriers engendrent des ouvriers, que des nobles engendrent des nobles car cela n’est que leur destin social! </span><br /><br /><i>Leto fit une pause de quelques secondes avant d’amener la suite de son argumentaire.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- La nature sociale de l’individu au sein de la société dès sa naissance et la conservation des frontières strictes entre castes est d’autant plus légitimée par les puissants qu’elle est légale et que cette loi est implantée depuis toujours. Naissent alors ces croyances de la bonne place, cette coutume du destin implacable, de l’efficacité évidente de l’ordre existant. Ces croyances, cette idéologie, ils chercheront systématiquement à la justifier par des preuves factuelles. Kuat disposerait donc des meilleurs chantiers navals de la galaxie toute entière grâce à eux ! Sans les aristocrates, ces maîtres bienfaiteurs de l’économie planétaire, nous n’aurions jamais pu y arriver </span><i>(son ton était sarcastique)</i><span style="color:#0099cc">! Selon eux un ouvrier serait fait pour produire et ne ne ferait jamais un bon gestionnaire! Chacun à sa place donc, car elle va toujours de soi...</span><br /><br /><i>La voix du révolutionnaire transpirait l’indignation et le dégoût, la haine de l’oppresseur. Il en arriva à sa première conclusion:</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Voici donc une panoplie condensée de la rhétorique légitimatrice des dominants. Peut-être que certains d’entre eux n’en sont même pas convaincus. Peut-être qu’ils savent pertinemment la portée irréelle de leurs arguments. Mais ils préfèrent trahir la vertu, vivre dans le mensonge, pourvu que leur domination perdure et que leur fortune prospère!</span><br /><br /><i>Leto souleva les huées de la foule à destination des Aristocrates. Il enchaîna en un mouvement de bras toujours dans le but de galvaniser son auditoire.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Comment pouvons-nous être convaincus que ce système est le meilleur quand nous n’en avons jamais connu aucun autre? Ils vous répondront ceci </span><i>(son ton fut moqueur, empreint de cynisme et d’ironie, imitant un ton moralisateur)</i><span style="color:#0099cc">: “jeune ouvrier, préfères-tu vivre dans la sécurité et dans un monde de paix ou préfères-tu te jeter dans l’inconnu dans lequel il existe une probabilité que ton avenir ne soit que chaos et sauvagerie? Ne préfères-tu pas la stabilité au potentiel désordre?” Beaucoup d’incertitudes là-dedans… Ce qui est certain pourtant, c’est que nous subissons leur oppression, que nous sommes gouvernés par des tyrans qui ne se soucient non pas du bien-être du peuple comme ils veulent bien nous le faire croire, mais de la conservation de leurs propriétés et de leur pouvoir, de leur toute puissance sur l’extrême majorité des individus.! </span><i>(Cris de la foule)</i> <span style="color:#0099cc">Tout cela soyez-en bien conscients, à cause d’une volonté arbitraire! Celle d’un homme qui avant tout autre a déclaré en posant le pied le premier sur cette planète: “ceci est à moi”, et que ceci devînt donc sa propriété personnelle. S'ensuivit l’accumulation de ce qu’il désigna être à lui, aboutissant ainsi à une richesse suffisante pour asservir celui qui vînt après lui, qui ne possèdait rien, et qui donc, pour survivre, dût s’y assujettir pour assurer sa sauvegarde. </span><br /><br /><i>Quelques applaudissements retentirent. Tout en continuant calmement sa marche, Leto reprit son discours.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Mais vous allez me dire qu’il n’existe pas une opposition binaire entre d’un côté les ouvriers et de l’autre les nobles. Et vous aurez tout à fait raison! Il existe bel et bien un énième mécanisme dans ce système de domination. Aussi brutal soit-il, il n’en est pas moins subtil. Car la dualité frontale entre les possédants et les dépossédés entrainerait a fortiori une confrontation permanente et violente. L’astuce des puissants donc, pour pacifier leurs domination réside donc en la création de classes intermédiaires. Il leur faut créer des castes tampons régies par cette simple règle qui veut que plus on descend dans la pyramide des castes, moins la caste possède d’avantages. Ainsi, en plaçant Moyennants et Ouvriers entre Aristocrates et Exclus, on assure la domination totale des plus hauts sur tout le système, en garantissant la domination des Moyennants sur les Ouvriers, celle des Ouvriers sur les Exclus. Et c’est comme cela que nous participons au maintien inconscient de notre système, en combinant ces mécanismes de supériorité et de rétribution en avantages, aux croyances et à l’idéologie légitimée par la coutume et la loi! Finissons-en!</span><br /><br /><i>Les cris de la foule se firent plus nourris, et quelques uns scandaient des slogans inaudibles. Leto les laissaient se calmer seuls et ne leur donna aucune consigne visible à travers ses gestes.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Les Ouvriers ne se révoltent pas, simplement parce qu’ils ont les Exclus à disposition. Cessons d'opprimer ceux qui n’ont rien!</span> <i>(Applaudissements)</i> <span style="color:#0099cc">Il en est de notre volonté, celle de refuser de dominer nos frères citoyens! De là naît l’émancipation vis à vis des tyrans. Cessons de servir et les voilà faibles! Cessons de servir et nous voilà libres! </span><i>(Applaudissements plus nourris).</i><span style="color:#0099cc"> Les Exclus sont ceux qui ne peuvent rien parce que réduits à néant à cause de nos trois castes coalisées contre eux. Et cela pourquoi? Non pas parce que cela est naturel, bien au contraire, mais parce que cela est une construction de l’aristocratie pour conserver sa domination sur nous tous! </span><br /><br /><i>La mâchoire serrée, Leto déclama son texte avec passion. Plus il s’approchait de sa conclusion, et plus son ton prenait de la force, plus ses gestes haranguaient la foule.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Ouvriers, Exclus et Moyennants! C’est vous qui possédez le pouvoir de renverser le système! VOUS êtes les puissants! Car VOUS faites usage de l’outil de travail! Car VOUS créez la richesse! Mais vous la créez pour EUX, l’Aristocratie, et EUX seuls se l’accaparent! Sans vous, il n’existerait nulle richesse sur Kuat! VOUS avez le pouvoir! Mes amis, prouvons-leur! </span><br /><br /><i>Leto s’approcha du bord du talus métallique et serrant le poing, il s’écria de toutes ses forces tout en pesant ses mots:</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- J’en appelle ainsi à l’organisation d’une grève générale! </span><br /><br /><i>La foule se déchaîna: cris, applaudissements, slogans… Leto les laissa s’haranguer eux-mêmes, les regardant avec fierté, croisant les yeux de ses collègues révolutionnaires. A ce moment là, tout le monde était prêt à en découdre</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Que les Ouvriers cessent leurs assemblages! Que les Exclus cessent leurs productions! Que les Moyennants cessent leurs gestions! Et regardez-bien comment les puissants réagiront! Ils tenteront de nous éliminer, de mettre fin à notre projet démocratique, à nos désirs d’égalité! Ils useront de la force policière et de la force armée car si nous ne produisons rien, comment pourront-ils s’enrichir?! Ils ne le pourront pas!</span><br /><br /><i>L’agitation grandissait peu à peu et Leto sentit cette ferveur, celle qui pouvait rendrez n’importe quel homme ou n’importe quelle femme véritablement invicible. Plus rien ne pouvait les arrêter!</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Ceci actera le début de notre grand dessein! Brisons les chaînes de la servitude. Moyennants, Ouvriers et Exclus doivent se coaliser pour tourner la page de l’ordre des castes!</span><br /><br /><i>Et tout commença ici.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc"><strong>- GRÈVE GÉNÉRALE!</strong></span>]]></description><link>http://star-wars-rpg.fr/post/173375</link><guid isPermaLink="true">http://star-wars-rpg.fr/post/173375</guid><dc:creator><![CDATA[Le Chroniqueur]]></dc:creator><pubDate>Wed, 25 Feb 2026 18:39:08 GMT</pubDate></item><item><title><![CDATA[Reply to Le Plan on Wed, 25 Feb 2026 18:39:07 GMT]]></title><description><![CDATA[<p dir="auto">Post n°2<br />
Auteur : Leto Lazarus</p>
<p dir="auto">dégeulasses, collants, visqueux et… inflamables. Et puis rebelote, gestion de la chaleur des machines, des circuits de refroidissement pour pas qu’elles ne tombent en panne mais aussi pour garder le taux de production optimal. Et vas-y que je cours par ci, que je cours par là… Que je répare, que je démonte, que je remonte, que je déblaie, que j’évacue, que je visse, que je dévisse, que je change, que j’arrête les tapis, que je fasse entrer plus d’eau, que je fasse évacuer l’eau, que je tourne et que je retourne, que j’appelle mes collègues pour m’aider à ouvrir les vannes, que j’appelle mes collègues pour les refermer, que je soulève le matériel… Il fallait parfois même intervenir en plein milieu de la ligne de production si des produits se bloquaient, en arrêtant la ligne un minimum de temps bien entendu. Leto ne se frottait pas à la gestion des liquides en fusion, cela demandait trop de maîtrise… Mais ils les voyaient, ces hommes imprégné par la surchauffe de l’atmosphère… Cette vision du travail le révoltait… Beaucoup trop… Et dire qu’il n’y avait que les exclus asservis ici, et quelques ouvriers subissant les punitions officieuses des puissants…<br /><br /></p><div style="text-align:center">**<em></em></div><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Mais…</span><br /><br /><i>Le jeune homme était avec un groupe de travailleurs, ils prenaient leur demi-heure de pause. </i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Comment pouvez-vous rester ici… Sans rien faire…</span><br /><br /><i>Tous le regardèrent silencieusement.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- A vous faire exploiter, pire que nous… Vous êtes des esclaves…</span><br /><br /><i>Le silence persistait.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Comment est-ce possible…? Vous m’aidez, alors qu’ils font tout pour qu’on se déteste… Et comment ne pas se révolter…? Comment ne pas sauter sur ce @£!&amp;% d’inspecteur et l’égorger, ou le foutre vivant dans le métal en fusion, le faire courir sur un des tapis de ces lignes de production pour voir s’il arrive à passer entre les machines…? Comment pouvez-vous continuer de subir ça, de vous faire martyriser pour quelques connards assis sur leur trône et qui osent représenter notre monde!</span><br /><br /><i>Personne ne parlait, tous digéraient les paroles de Leto. Pourtant un Exclu brisa le silence, laconiquement:</i><br /><br /><span style="color:#cccc66">- Nous ne voulons pas mourir empoisonnés….</span><br /><br /><i>Leto l’observa d’un air surpris mais son interlocuteur poursuivait:<br /></i><br /><span style="color:#cccc66">- Tu vois ces ouvertures tout autour? Il montrait des conduits d’aération, des ouvertures situées le long des murs et également sur certaines parties du sol et du plafond. Si on fait grève, si on se révolte, si on arrête le travail… Ils arrêtent l’évacuation de l’air de l’usine. </span><br /><span style="color:#0099cc">- Qu…</span><br /><span style="color:#cccc66">- Et on meurt, intoxiqués par les émanations des produits, par les liquides de traitement, par les particules créées par le travail des machines. Oh ça peut prendre de très longues heures, parfois des jours...</span><br /><span style="color:#0099cc">- C’est…</span><br /><span style="color:#cccc66">- Puis ils remettent l’évacuation de l’air, ils attendent une journée. De nouveaux Exclus investissent l’usine, évacuent les corps par la force, sommairement, par les voies utilisées pour la gestion des déchets… comme ça ils comprennent qu’il faut pas se révolter. Et ils reprennent le travail.</span><br /><br /><i>Leto en resta interdit.</i><br /><br /><span style="color:#cccc66">- Leto Lazarus hein… Ah…! Castiel m’a parlé de toi tu sais… <br /></span><br /><i>Le révolutionnaire n’arrivait plus à parler, choqué par ce que le travailleur venait de lui dire.</i><br /><br /><span style="color:#cccc66">- Si tu parviens à trouver le moyen de nous libérer, à libérer notre caste, nous ferons tout pour t’aider dans ta tâche… On a réussi à créer quelques réseaux clandestins entre les différents chantiers et usines avec les exclus… Plus ou moins obscurs… Mais… Inclus nous dans la création de tes réseaux. Trouve la solution pour nous libérer car nous ne le pouvons seuls. Trouve la solution Leto… Trouve là et nous t’aiderons dans ton grand dessein.</span><p></p>
]]></description><link>http://star-wars-rpg.fr/post/173374</link><guid isPermaLink="true">http://star-wars-rpg.fr/post/173374</guid><dc:creator><![CDATA[Le Chroniqueur]]></dc:creator><pubDate>Wed, 25 Feb 2026 18:39:07 GMT</pubDate></item><item><title><![CDATA[Reply to Le Plan on Wed, 25 Feb 2026 18:39:07 GMT]]></title><description><![CDATA[<p dir="auto">Post n°2<br />
Auteur : Leto Lazarus</p>
<div style="text-align:center"><span style="color:#0099ff"><u>ÉVEILLER LES CONSCIENCES (1)</u></span></div><br /><br /><br /><div style="text-align:right"><i>« En quoi consiste l'aliénation du travail? D'abord dans le fait que le travail est extérieur à l'ouvrier, c'est-à-dire qu'il n'appartient pas à son essence, que donc, dans son travail, celui-ci ne s'affirme pas mais se nie, ne se sent pas à l'aise, mais malheureux, ne déploie pas une libre activité physique et intellectuelle, mais mortifie son corps et ruine son esprit. »</i><br />Karl Marx,<i> Manuscrits de 1844</i></div><div style="text-align:right"></div><br /><br /><br /><br /><span style="color:#0099cc">*A la une…* </span><br /><br /><i>La visée devait être précise...</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">*A la deux…*</span><br /><br /><i>Court instant d’hésitation...</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">*A la trois!*</span><br /><br /><i>Un petit objet fusa tout à coup dans les airs, traversa entièrement la pièce en une fraction de seconde, direction sa cible à l’extrême opposée de Leto. Le regard du jeune homme restait concentré, observant l’objectif et seulement celui-ci tant il était impossible de suivre la trajectoire du projectile. Puis enfin il y arrivait, presque, pas le temps de penser à autre chose! Quand soudain…</i><br /><br /><strong><i>SHTOC!</i></strong><br /><br /><i>Silence d’une seconde et demie.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- YES! HAHA! EN PLEINE FACE!</span><br /><br /><i>La fléchette avait effectivement atteint son but. La directrice des Chantiers Navals de Kuat (KDY), ou plutôt son poster en vieux papier plastique, voyait l’arme fatale du jeune homme plantée pile entre ses deux yeux. Leto, torse nu et à moitié allongé sous la couverture de son lit, fut tellement satisfait de son coup qu’il admira son oeuvre pendant quelques secondes, le sourire étiré jusqu’aux oreilles.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Aaaah! Je sens que je vais faire de beaux rêves cette nuit…</span><br /><span style="color:#99cc00">- Tu pourrais surtout pas te la boucler et DORMIR?!</span> Fit une voix étouffée derrière un mur en le martelant de toutes ses forces jusqu’à faire vibrer la table de chevet de Leto. <br /><span style="color:#0099cc">- Roh, CA VA! </span><i>répliqua-t-il en frappant le mur adjacent de la même intensité.</i> <span style="color:#0099cc">Rabat joie @£*!&amp;%...</span><br /><br /><i>Le révolutionnaire éteignit sa lumière puis se cala dans son lit en conservant un sourire lumineux. Ce petit désagrément de dernière minute n’allait pas réussir à lui priver du bonheur suprême d’avoir asséné la patronne de Kuat d’un sacré coup de fléchette en pleine tête. Du moins, sur le papier…</i><br /><br /><div style="text-align:center"><br />  *<br />*   *</div><br /><br /><br /><i>La nuit fut douce et agréable. Le réveil n’en fut que meilleur. La lumière artificielle du minuscule appartement que Leto occupait envahissait sa chambre peu à peu, imitant un soleil qui se levait. Après quelques étirements et surtout quelques minutes supplémentaires à traîner sur sa couche, le jeune homme se préparait pour rejoindre son secteur de travail. Petit déjeuner éclair, passage à la salle de bain, enfilage d’uniforme… Tout était réglé pour le départ. Avant de quitter son logement, Leto passa devant l’affiche qu’il avait transpercé la veille de sa fléchette. Le sourire s’empara de ses lèvres, et d’un geste sec, il arracha le projectile enfoncé dans le mur en scrutant le minuscule trou sur le bas du front de la matriarche kuati. Rien que cette vue lui donna la pêche pour le début de sa journée.</i><br /><br /><br /><div style="text-align:center"><a rel="nofollow ugc" href="http://star-wars-rpg.soforums.com/image/110/f/8/3/kdy_orbital_array_fr-532c6ab.jpg.htm" target="_blank"><img src="http://img.xooimage.com/files110/f/8/3/kdy_orbital_array_fr-532c6ab.jpg" style="max-width:100%" /></a><br /><i>Plan de l'Anneau Orbital de Kuat</i><br /></div><br /><br /><br /><i>L’anneau orbital était immense. Et surtout, il ne possédait pas uniquement que des zones de chantier. Entrepôts, usines, ateliers de production, station spatiale militaire, zones commerciales, appartements de luxe, bars, et hub pour les transports civils, sans oublier plusieurs zones occupées par les forces de sécurité…. Il y avait de tout, pour tous les goûts, surtout pour toutes les classes sociales. Leto, lui, vivait comme tous les ouvriers, parqué dans la Station Spatiale Résidentielle qui sur les plans de l’anneau se situait à l’extrême nord. La Station possédait tout pour vivre, modestement cependant, tandis que la Classe Moyenne avait son propre secteur résidentiel isolé de celui des ouvriers, beaucoup moins vaste mais tellement plus confortable. S’il existait qu’une seule station spatiale de ce type hormis les appartements réservés aux plus riches et aux visiteurs étrangers, il existait sur Kuat non pas un seul et unique Chantier Naval gigantesque, mais trois. Leur répartition était tout à fait particulière: les Chantiers de Maw et d’Andrim, quasiment voisins, occupaient la partie sud de l’anneau orbital; le Chantier de Deponn, celui où Leto travaillait, se situait non loin des quartiers résidentiels, à quelques encablures à l’est. Pour y accéder, une myriade de réseaux de transports spatiaux et intra-anneau desservaient l’ensemble des lieux de travail, que ce soit les chantiers, mais aussi les usines de fabrication d’armes et de transformation des matières premières, les ateliers de confection de pièces intermédiaires, les entrepôts de stockage, ou toute autre structure qui accueillait un travail ouvrier. Les petites mains laborieuses faisaient vivre toute la structure, se répandaient à chaque début de journée dans l’anneau entier et suivaient un rituel quotidien pour rejoindre la navette qui les accompagnerait vers leur lieu de travail. Il fallait déjà se rendre au bon endroit pour monter dans la bonne navette, mais les travailleurs connaissaient cette mécanique bien huilée quasiment depuis leur naissance et aucun n’avait de difficulté à s’orienter pour rejoindre le bon transport. <br /><br />Chaque jour le même rituel se répétait inlassablement. Leto avait intérêt d’arriver le plus tôt possible pour éviter l’interminable file d’attente devant les quais où des centaines de navettes attendaient le taux de remplissage optimal avant de décoller. Les unes à côté des autres, leur passerelle d’embarquement laissait entrer un flot ininterrompu d’ouvriers, parfois beaucoup trop serrés les uns contre les autres. Mais avant de rejoindre le quai attribué à chaque chantier, un premier passage de badge indiquait d’une voix masculine bien peu agréable le numéro de la navette dans laquelle il fallait monter. A cela s’ajoutait une chorégraphie quasi militaire de petits pas exécutée par l’ensemble des ouvriers alignés les uns derrière les autres. Un rituel interminable, épuisant, où l’agitation et le bruit devenaient chaque matin toujours un peu plus insupportables. Annonces permanentes aux hauts-parleurs, vrombissement des réacteurs, chaleur, vacarme de la foule, checkpoints logistiques, accidents divers et variés, disputes, hurlements des régulateurs de trafic, problèmes techniques, retards interminables… Sans oublier les fameux contrôleurs, chargés de surveiller le bon port de l’uniforme. D’ailleurs l’un d’eux déshabillait Leto du regard de bas en haut. Lui aussi exécutait un travail mécanique, il avait un cahier des charges à respecter, et chacune de ses inspections étaient parfaitement ciblée. Après l’avoir scanné d’un mouvement oculaire hors-norme, le contrôleur remonta quasiment son regard à hauteur du visage du jeune homme mais s’arrêta brusquement sur le bas de son cou.</i><br /><br /><span style="color:#cc6600">- Col.</span><br /><br /><i>Le ton fut sec et robotique. A vrai dire, un droïde aurait pu tout aussi bien faire le travail. Leto négligea la mise en ordre de ce qu’on lui avait demandé d’ajuster et fit un pas en avant pour continuer sa route. Un bras se mit soudainement en travers de son chemin au niveau de son ventre. Le jeune homme baissa légèrement la tête puis aperçut la main gantée du contrôleur à quelques centimètres de ses abdominaux. En redressant le regard, Leto eut le malheur de croiser le sien, glacial, polaire.</i><br /><br /><span style="color:#cc6600">- J’ai dit... “col”.</span><br /><br /><i>La manière fut moins robotique mais plus insistante et éminemment plus autoritaire. Le jeune homme le fixait la mâchoire serrée puis ajusta insolemment le fameux col de son uniforme, d’un air provocateur et presque aussi sévère que celui de son contrôleur. Ce-dernier lui fit signe d’avancer d’un mouvement de menton, comme pour répondre à l’insolence de Leto. Tout en commençant à s’approcher de la navette, le révolutionnaire ne le lâcha pas du regard et fit même quelques pas en tournant le dos à son objectif avant de reprendre normalement sa route. Le contrôleur avait bien réussi à le mettre en rogne malgré son début de matinée d’une agréable douceur. Plus le jeune homme grandissait, moins il était patient. Sans doute sa conscience révolutionnaire s’aiguisait violemment à force de subir ces checkpoints, ces traitements indignes... Ah oui! La bonne bête ouvrière était prête à produire! Prête à garnir les poches des Dix en or, leurs comptes bancaires en crédits, leurs assiettes des mets les plus fins, leurs maisons des plus beaux d’intérieur, leurs jardins des plus splendides sculptures…. Eux, pauvres travailleurs, n’étaient bons qu’à souffrir sur les chantiers, dans les usines, et à leur faire profiter des richesses qu’ils fabriquaient... Que cette pensée révolta Leto! lui qui s’apprêtait à rentrer dans une navette pleine à craquer pour quelques dizaines de minutes de trajet, tandis que ceux se dirigeant vers le sud en avaient bien pour plus d’une heure. Son visage, fermé, n’attira guère l’attention. Beaucoup d’autres ouvriers affichaient la même mine déconfite que lui de toutes façons.</i><br /><br /><span style="color:#66cccc">- Navette de transport optimale,</span> <i>annonça une voix, toujours masculine et toujours aussi irritable.</i><span style="color:#66cccc"> Départ immédiat.</span><br /><br /><i>Leto était un des derniers à être rentré dans la navette bondée. Tous étaient serrés les uns contre les autres avec à peine suffisamment d’espace pour pouvoir respirer convenablement. Le jeune homme se cala contre l’ouverture principale du vaisseau et se contenta d’attendre l’arrivée du transport sur le Chantier de Deponn dans une chaleur à la limite du supportable. Et le voyage parut toujours aussi long dans l’odeur à la fois acre et vinaigrée qui imprégnait l’atmosphère mais aussi chaque uniforme. Quelques hublots laissaient entrevoir l’extérieur histoire de ne pas contracter une claustrophobie soudaine, rien de bien faramineux non plus... Personne ne parlait, on n’entendait que le bruit des vibrations du moteur. On pouvait voir par contre l’épuisement sur le visage des travailleurs, usés par l’exploitation subie au quotidien. Il suffisait de regarder ce pauvre vaisseau où on avait l’impression d’être confiné comme du bétail destiné à l'abattoir, puis les files d’attente interminables pour rentrer dans ces boîtes de conserve à peine supportables. Leto comprenait pourquoi personne ne se rebellait jusqu’ici: les ouvriers laissaient toute leur énergie vitale dans le travail, le transport, dans la production, ils n’avaient plus de force pour se battre par eux-mêmes. Les ouvriers avaient besoin de quelqu’un qui lance la machine et Leto était là pour cela, pour rassembler les troupes! Maintenant, ou jamais…</i><br /><br /><i>Le transport ralentissait et les troupes ouvrières commençaient à bouger un peu, sans doute l’impatience de sortir de la fournaise dans laquelle tous se trouvaient. Le vaisseau s'amarra ensuite sur un des quais de l’entrée des chantiers prévus pour cela, un peu brusquement d’ailleurs ce qui le secoua légèrement.</i><br /><br /><span style="color:#66cccc">- Chantier Naval de Deponn, annonça la même voix que toute à l’heure, veuillez sortir du transport.</span><br /><br /><i>La porte de sortie métallique s’ouvrit lentement et Leto descendit le premier. Rien que le fait de bouger dans ces vêtements suintant de sueur lui fit arracher une grimace. De nombreux autres vaisseaux amarrèrent en même temps. Le spectacle pouvait paraître impressionnant si on n’avait guère l’habitude de le voir: des flots d’ouvriers inondaient chaque quai du chantier et comme sur la station spatiale de résidence, des lignes infinies commençaient à se former pour réussir à pénétrer dans le grand hall d’accueil du personnel où des badgeuses se tenaient prêtes à contrôler les millions de personnes en mouvement vers elles. Une véritable fourmilière! Les gestes furent mécaniques: chaque travailleur, un par un, tendait un badge devant un scanner qui bipait d’une certaine façon lorsque l’accès était accordé, d’une autre bien plus désagréable sinon. Des portes de plexiglas s’ouvraient alors pour autoriser le passage. Les portiques de sécurité fonctionnaient par ensembles: l’arrivée en transport sur un quai était prévu en fonction du poste qu’occupaient les ouvriers qui débarquaient par celui-ci. Ils arrivaient alors dans une zone où ils rejoindraient optimalement leur poste de travail, prêt à débuter leur journée (comme si elle n’avait pas débuté depuis presque deux heures déjà).<br /><br />Une fois les quais franchis, la vaste foule pénétrait dans un lobby. Leto avait un chemin tout tracé et il devait pour rejoindre son atelier, passer par les gigantesques zones de travail de chantier qui ne cessaient de produire des vaisseaux, encore et toujours. Si une chose est sûre, c’est bien que le business de la guerre est très lucratif, et le sera sans doute toujours… Donc, le jeune homme fila vers une série de sas de sécurité avant de pénétrer dans l’immensité de la zone de travail des ouvriers constructeurs. Chaque équipe avait son “chef” de jour ou de nuit (bien grand mot…) qui débutait à la minute près son briefing de la matinée ou de la soirée sur ce qui avait été fait la veille et ce qui restait à faire pour la suite en énumérant une série d’objectifs à atteindre d’ici la fin de la journée. Derrière, des inspecteurs devaient s’assurer que le travail fourni avait été bien fait, rapidement mais qualitativement irréprochable. Auquel cas contraire, ils avaient la possibilité de distribuer des points de pénalités qui cumulés risquaient d’aboutir sur une retenue sur salaire. Ces retenues, chaque ouvrier les avait subi au moins une fois. Difficile de se donner à fond six jours sur sept, dix heures par jours sans compter les heures supplémentaires. Le manque de productivité issu de ce travail acharné et épuisant se résorbait à travers le nombre: la classe ouvrière étant la classe productive, celle-ci devait se reproduire au mieux pour engendrer des futurs ouvriers. La gestion de la population disposait donc d’un véritable département chapeauté par un des nobles les plus importants de la planète. <br /><br />Leto traversait le chantier primaire de construction, suffisamment vaste pour abriter une ville entière. Il distinguait sur son chemin ce qui devait être le squelette d’un croiseur, un destroyer stellaire de classe “Venator”, modèle essentiellement utilisé par la République Fédérale. C’était un vaisseau imaginé par la KDY, une de ses plus récentes et sans doute une de ses plus belles créations de ces dernières années. Leto y jeta un oeil, histoire d’admirer les travaux de sa structure de base. Cela demandait évidemment une quantité de travail colossale, mais il y avait tellement d’ouvriers travaillant sur les chantiers, que la durée de construction sur Kuat restait relativement faible, ce qui participait de sa popularité et de sa compétitivité. Le jeune homme ne bossait pas directement sur le destroyer, du moins pas aujourd’hui, mais au sein d’un atelier d’usinage local qui finissait les pièces les plus délicates, envoyées directement sur les chantiers plutôt que dans les gros ateliers voisins. Son lieu de travail demeurait adjacent au grand hall de construction, et il y pénétra non pas le premier mais presque. L’équipe de nuit commençait à partir, le corps maladif, les cernes creusées et le visage livide. Ils étaient souvent moins nombreux le soir, mais cela n’était pas une raison pour faire décroître la productivité moyenne du Chantier. Quelques ouvriers du matin étaient déjà présents, attendant les consignes du “chef” du moment, un ouvrier qui n’avait d’autres responsabilités que celle de plus ou moins fixer un cap et donc les objectifs du jour. </i><br /><br /><span style="color:#339999">- Salut Leto,</span><i> fit le responsable au jeune homme d’un léger sourire.</i><br /><span style="color:#0099cc">- Bonjour chef.</span><br /><span style="color:#339999">- On attend encore le reste de l’équipe et on attaque.</span><br /><br /><i>Cela ne tarda guère. L’essentiel des travailleurs arriva quasi en même temps. Et après un passage express dans le vestiaire pour déposer quelques affaires, l’équipe fut au complet.</i><br /><br /><span style="color:#339999">- Bien,</span> <i>reprit-t-il,</i> <span style="color:#339999">voici les objectifs de la journée. Comme d’hab’, on fera un roulement des pauses pour optimiser le travail. Alors, on va achever la mise en place du mécanisme d’allumage de propulsion. Hier, nous avons commencé à miniaturiser l’engin pour tester le truc, on termine l’assemblage de la miniaturisation puis si c’est ok, on passe à l’assemblage final du mécanisme de mise à feu. Si on a le temps, on commencera à faire la suite, et le début de liaison au combustible. Allez, au travail!</span><br /><br /><i>Tout le petit monde s’agita tout à coup, chaque ouvrier se dirigeant à son poste. Leto en fit de même. Pourtant, avant même qu’il ne prenne le moindre outil, un inspecteur s’approcha de lui, d’un pas militaire. Le jeune homme le regarda d’un air méfiant, qu’allait-on lui demander encore ? Entre le contrôleur avant d’embarquer et l’inspecteur maintenant…</i><i></i><br /><br /><span style="color:#cc6600">- Leto Lazarus de Deponn?</span> <i>Lança-t-il froidement.</i><br /><span style="color:#0099cc">- C’est moi ouais…</span><br /><span style="color:#cc6600">- Un ordre a été transmis de la direction de la coordination industrielle, vous avez été disons... tiré au sort pour assister les ouvriers de l’usine au sud du Chantier à cause d’un accident qui a mis hors d’état productif quelques dizaines de travailleurs. Etant en manque d’effectifs et surtout ayant besoin de matériel industriel pour Deponn, vous avez été désigné pour participer à la transformation des matériaux primaires.</span> <br /><span style="color:#0099cc">- Ah, donc en gros vous êtes en train de me dire qu’au lieu de stopper l’activité industrielle pour assurer des conditions de travail “optimale” - ceci étant un bien grand mot - vous voulez amener d’autres ouvriers à l’abattoir?</span><br /><br /><i>La mine de l’inspecteur se renfrogna, irrité par la remarque de Leto. Son ton se fit plus sec et beaucoup plus autoritaire face à l’attitude du jeune homme qui frôlait l’insolence désormais.</i><br /><br /><span style="color:#cc6600">- Ceci ne peut faire l’objet d’une contestation Leto Lazarus. Les règles sont écrites comme telles en cas d’évènements fortuits, comme ce fut le cas pour l’usine dans laquelle nous allons vous demander de vous diriger dans le quart d’heure qui suit. Nous avons besoin d’une main d’oeuvre pour la maintenance des machines et vous allez vous y rendre par le réseau de transport intérieur. Ceci est un ordre.</span><br /><br /><i>Le révolutionnaire serra les poings. Ses collègues l’observèrent attentivement, tous conscients qu’il était au bord de la rupture. Son coeur battait la chamade et son teint rougissait de colère…. L’usine était l’enfer de l’anneau, le pire endroit où travailler, où les exclus étaient employés de force et subissaient l’esclavage le plus barbare de l’aristocratie. L’environnement y demeurait tellement sauvage, éprouvant, que les inspecteurs n’y mettaient guère les pieds! Seul comptait le résultat, et si la production n’était pas suffisante, alors le groupe en pâtissait. Le contrôle s’effectuait a posteriori du travail, laissant les Exclus et quelques ouvriers seuls face à leurs machines. </i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Je vais m’y rendre de ce pas</span>,<i> reprit Leto calmement tout en rageant intérieurement.</i><br /><span style="color:#cc6600">- Parfait, nous contrôlerons votre arrivée dans l’usine.</span><br /><br /><i>L’inspecteur fit un demi-tour martial puis rejoignit le grand hangar pour s’affairer à sa tâche de contrôle. Leto adressa un regard désespéré à ses collègues.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Je compte sur vous pour récupérer la cargaison, n’est ce pas… Et commencer la diffusion du matériel. Faites ça pendant les pauses, et gardez en pour ce soir.</span><br /><span style="color:#339999">- Nous le ferons à ta place Leto, ne t’en fais pas pour ça.</span><br /><br /><i>Le jeune homme hocha la tête et parvînt à lâcher un faible sourire à ses compagnons de travail. Soulagé que sans nul doute l’opération du jour n’allait pas être un échec, le garçon prit ses maigres affaires et quitta l’atelier pour la sorte de métro interne qui reliait les différents points de l’anneau.</i> <br /><br /><span style="color:#9999cc">- Où vas-tu comme ça?</span><br /><br /><i>Leto releva la tête alors qu’il allait sortir du grand hangar, et croisa Alya surprise de le voir prendre le chemin de la sortie.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Ah, Alya… Eh bien j’ai été envoyé à l’usine au sud du Chantier…</span><br /><span style="color:#9999cc">- A l’usine?</span> <i>répondit-elle avec surprise.</i><br /><span style="color:#0099cc">- Ouais… j’imagine qu’il s’agit là d’une sorte de … punition pour ce qui s’est passé avec Castiel… Ils en ont mis du temps.</span><br /><br /><i>Alya soupira et prit un air désolé.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Excuse moi Alya, il faut que j’y aille ou ils vont me ponctionner du salaire… </span><br /><span style="color:#9999cc">- Leto…</span><br /><span style="color:#0099cc">- Fais en sorte que mes collègues s’occupent de la cargaison qui arrive à 15 heures, il y a les lectures holographiques à faire diffuser. Ceux qui sont à Maw vont aussi recevoir une cargaison pleine.</span><br /><span style="color:#9999cc">- Je m’en chargerai, compte sur moi…</span><br /><br /><i>Leto fila soudainement laissant Alya seule pour se diriger définitivement vers la circulaire interne de l’anneau orbital. Alors que la foule dans le grand hall badgeait encore et encore, que les bruits électroniques s’enchainaient, se superposaient, s’accumulaient, le jeune homme était le seul à aller en sens inverse, bravant les troupes ouvrières se rendant au travail dans une cacophonie insupportable, seul contre cette immense vague de travailleurs éreintés, épuisés, aliénés par leur travail. Finalement voilà qu’il déviait sur le chemin menant au réseau de transport interne. Il embarqua dans une sorte de train magnétique de très grande vitesse qui allait le mener à l’usine en quelques dizaines de minutes.</i> <br /><br /><i>Assis sur un siège du métro, Leto regardait à travers sa fenêtre de droite la surface planétaire illuminée par le soleil du système. Seule l’ombre de l’anneau déchirait de part en part le continent et l’océan qui l’entourait. D’en bas, voyait-on le soleil traversé par un trait obscur? La curiosité du jeune homme s’éveilla, effaçant la rancune qu’il éprouvait pour ceux qui l’avaient envoyé en enfer. Soupçonnaient-ils ses élans révolutionnaires pour qu’il souhaitent à ce point le faire souffrir, le vider de sa force physique? Leto n’y pensait plus… A vrai dire, il allait transformer ce séjour en une expérience qui allait lui être profitable…</i><br /><br /><span style="color:#66cccc">- Usine Deponn sud.</span><br /><br /><i>La voix mécanique, identique à celle du transport précédent retentissait pour annoncer l’arrivée de Leto sur le site où on l’avait expédié. Etrangement, il sentit la même aigreur dans l’air périphérique à l’usine que dans le vaisseau qui reliait le quartier résidentiel ouvrier au chantier naval. L’accueil n’était cependant pas le même, beaucoup plus métallique et sombre et il faisait déjà une certaine chaleur alors qu’il ne se trouvait pas encore dans l’enceinte. Le garçon marcha quelques minutes avant de pouvoir y pénétrer et bien entendu, un inspecteur l’attendait tranquillement derrière un bureau.</i><br /><br /><span style="color:#cc6633">- Leto Lazarus je présume, </span><i>fit-il en usant du même ton que celui de son précédent collègue. </i><br /><span style="color:#0099cc">- Oui…</span><br /><span style="color:#cc6633">- Bien,</span> <i>il tendit un badge sèchement</i>, <span style="color:#cc6633">section 34-C, vous rattraperez le temps de votre transport en restant une demi-heure de plus.<br /></span><br /><i>Leto serra la machoire et son regard se fit beaucoup plus sombre. L’instant de répit du métro avait été bien trop court.</i><br /><br /><span style="color:#cc6600">- … Quelque chose ne va pas?</span><i> lança l’inspecteur d’une voix enfantine et provocatrice.</i><br /><span style="color:#0099cc">- Tout va bien…</span><br /><br /><i>L’ouvrier lui arracha le badge des mains avant de passer le point de contrôle et pénétrer un lobby de moindre envergure. C’était la première fois pour Leto, une expérience qui allait s’avérer mémorable. Dans son casier prévu pour l’occasion l’attendait sa tenue d’usine, bien moins agréable que celle qu’il vêtissait sur le chantier naval. Il n’était pas encore sur les lignes de production qu’il sentait déjà la chaleur étouffante de celles-ci. Comment bon sang pouvait-on travailler dans cette fournaise? Les Exclus subissait l’impensable, et tout le monde s’en fichait… Leto allait enfin réellement connaître leur condition. </i><br /><br /><i>Il entra sur les fameuses lignes de production. La chaleur s’empara violemment de son corps et en quelques secondes, son front perlait déjà de sueur. Le travail de l’usine consistait avant tout en la maintenance des machines, des lignes, de l’évacuation de la température. Réparations, accélération des cadences au risque de créer des accidents industriels, culte de la rentabilité maximale…. Les petites mains s’agitaient, les travailleurs couraient dans cette chaleur assommante, étouffante. La vapeur captait l’odeur âcre des appareils, des particules produites par les chaines de fabrication, et venait se coller sur la peau, se posait sur les vêtements des ouvriers. On se sentait lourd à peine rentré dans cette usine à l’ambiance mortifère qui conduisait à l’épuisement, qui forçait à l’accident, à la négligence… Et puis le bruit! Un vrombissement permanent accompagnait le travail. Le son du relâchement de la vapeur, celui du contact entre les diverses scies circulaires qui déchiraient le métal encore fragile, le bruit des tapis roulants, celui du fracas des compresseurs, le son de la matière en fusion plongeant dans les bacs à eau, le vacarme des maillets et des aplatissoirs sur les pièces brutes, les cris des travailleurs pour se faire entendre les uns des autres, le sifflement suraigu des appareils électroniques, celui signalant la fin d’une étape du processus de fabrication des fragments… Et cet air acrimonieux, cette ambiance lourde et étouffante, cette atmosphère cramoisie et poussiéreuse qui se couplait à la chaleur fiévreuse de l’usine dans laquelle tous travaillaient. Beaucoup se débarrassaient du haut de leur uniforme, et la plupart avaient leur corps marqué d’un noir charbonneux, stigmate de l’effort fourni au sein des lignes de production. Ils regardaient Leto qui ne savait par où commencer, choqué par cet environnement malsain, maléfique. Comment pouvait-on travailler ici! Réduit en esclavage sans rien dire!</i> <br /><br /><i>Quelques Exclus vinrent soudainement l’accueillir d’un air pressé. Ils parlaient, mais Leto ne saisissait pas tout ce qu’ils disaient. La transpiration s’emparait de son visage et de son corps alors qu’un travailleur lui montrait une vasque où d’étranges vapeurs émanaient. Par réflexe, le jeune homme se pencha dessus. Une sorte d’air acide investît brutalement sa bouche puis son cou et il toussa sèchement avec violence, ponctuant ses expectorations de gémissements rauques en un mouvement de recul réflectif.. Il crachait presque, sa salive ruisselant de ses lèvres. Sa gorge le brûla et sa vue se fit soudainement trouble. Les travailleurs lui filèrent quelques baffes, histoire de lui faire conserver la vivacité de son esprit et petit à petit, il se calma…</i><br /><br /><span style="color:#cccc66">- Je t’ai justement dit de ne pas t’approcher de ça! Roh…</span><br /><span style="color:#0099cc">- Je….</span><br /><br /><i>Quelques larmes avaient filé le long de ses joues pendant qu’il essayait de se débarrasser des vapeurs toxiques qui s’étaient emparées de sa gorge. Leto se redressa.</i><br /><br /><span style="color:#0099cc">- Je… commence par quoi….</span><br /><span style="color:#cccc66">- On va t’amener sur les machines les plus faciles, viens je te montre.</span><br /><br /><i>Quelques minutes après, les voilà devant les outils de maintenance des machines, au point de départ de la chaîne de production. Une bonne heure de formation et d’instructions et c’était parti. Vissages, gestion de la pression, évacuation de la vapeur d’eau, dévissage… Vite! Machine suivante, à réparer. Vissage, traficage, test, relance de l’appareil et de la ligne. Vite! Machine suivant. Déblayage d’engrenages, évacuation des liquides coagulés, vraiment</i>]]></description><link>http://star-wars-rpg.fr/post/173373</link><guid isPermaLink="true">http://star-wars-rpg.fr/post/173373</guid><dc:creator><![CDATA[Le Chroniqueur]]></dc:creator><pubDate>Wed, 25 Feb 2026 18:39:07 GMT</pubDate></item></channel></rss>