<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" version="2.0"><channel><title><![CDATA[Conseil des Ministres]]></title><description><![CDATA[<p dir="auto">Post n°1<br />
Auteur : Ohlig Arch</p>
<div style="text-align:justify"><a rel="nofollow ugc" href="http://star-wars-rpg.soforums.com/t7758-Un-peuple-divise-un-message-d-espoir.htm" target="_blank"><i><u>Évènements précédents...</u></i></a><br /><i>Le bruit des bottes résonnait sur le sol d'acier du Bureau de la Diplomatie. Tous les employés quittaient les lieux, escortés à l'extérieur par plusieurs cohortes de miliciens. Dehors, ils découvraient les rues de Sundari : elles avaient bien changé. La population, souvent mécontente mais toujours épanouie, vivait désormais dans la peur. Entre les attentats et la riposte du Gouverneur, elle se demandait de quoi sera fait le jour suivant. Aujourd'hui, en tout cas, les mines étaient sombres. Chacun montrait ses effets personnels à des gardes armés à tous les carrefours, les places animées étaient le théâtre d'arrestations musclées et de vigies actives. Trois cent trente interpellations depuis le mois dernier et le retour aux affaires d'Ohlig Arch.</i><br /><i></i><br /><i>Dans la pénombre de son bureau, le Néo-Mandalorien observait la ville. Son corps n'était plus marqué, mais son esprit, lui, portait encore les stigmates de l'attaque sur le Parlement.  Et cette rencontre à l'hôpital... Grâce sa constitution solide, le politicien avait pu sortir plus tôt que prévu de convalescence. Dès le premier pied hors de sa chambre, il avait déjà crié ses premiers ordres. Tous les codex, en particulier les exemplaires de l'Ultimatum, devaient être détruits. Des divisions d'académiciens avaient été recrutées et des dizaines de journalistes attendus pour diffuser une contre-propagande aux mensonges diffusés quelques temps plus tôt sur les canaux du Dôme. Ce déchaînement de moyens visait la lutte contre le terrorisme traditionnaliste. </i><br /><i></i><br /><i>Derrière toute cette prose se cachait un homme dont le désir de paix avait tourné à l'obsession. Ohlig Arch ne s'encombrait plus de faux semblants et de procédures, désormais. Depuis son Bureau, devenu une réelle citadelle au milieu de la forteresse de Sundari, il avait commandé la Milice et la Garde. Ordonné qu'on fouillât tous les foyers. Fait démanteler tout arsenal civil non-autorisé. Réquisitionné les véhicules et les armes qui n'avaient pas déjà été saisies. Le mot "guerre" n'était officiellement sur aucune lèvre. Mais dans tous les esprits.</i><br /><i></i><br /><i>Devant un tribunal dont certains doutaient de l'impartialité, MandalMotors avait été condamnée pour faits de traitrise. Si Atin Jnum s'était déjà occupé d'éliminer tous les dirigeants de la firme, le gouvernement néo-mandalorien se chargea de prendre le contrôle des usines, de récupérer toutes les productions qui pouvaient l'être et de mettre en circulation les nombreuses canonnières ainsi récupérées. Celles-ci patrouillaient désormais autour du Dôme de Sundari jour et nuit. Le Grand Garde ayant disparu, plus personne ne pouvait contester l'autorité du Gouverneur et ses décisions radicales. Plus personne, sauf...</i><br /><span style="color:#ffffff"><span style="font-family:monospace, Mono"></span></span><br /><span style="color:#ffffff"><span style="font-family:monospace, Mono"><strong>- Monsieur, vos invités sont arrivés...</strong></span></span><br /><br /><span style="color:#669966"><strong>- Fais-les entrer, CZ.</strong></span><br /><br /><i>Le droïde secrétaire s'exécuta, ouvrant la porte du bureau d'acier et de verre aux deux silhouettes qui y pénétrèrent. Elles ne purent progresser plus loin, cependant, car deux épais gardes du corps leur barraient la route. Ohlig Arch n'était pas peu fier de ces deux droïdes Z-65. Il savait bien que leur présence ne dissuaderait sans doute pas des assassins de s'en prendre à lui, mais les colosses de métal avaient un effet particulièrement impressionnant sur les civils et les politiciens.</i><br /><span style="color:#ffffcc"></span><br /><span style="color:#ffffcc"><strong>- Quel accueil, Arch. J'en ai les larmes aux yeux.</strong></span><br /><br /><span style="color:#669966"><strong>- C'est "Gouverneur" pour vous, Ministre.</strong></span><br /><br /><i>Le ton était donné. Dreia Trath et Bilee John'do se regardèrent. Leurs fonctions les avaient gardés écartés de la capitale beaucoup trop longtemps. Les questions se pressaient dans leur tête. Ils n'étaient pas sûrs qu'Ohlig Arch seraient la bonne personne pour dissiper leurs inquiétudes. La figure colossale du diplomate adressa un geste à ses molosses, qui s'écartèrent pour laisser entrer la Ministre des Finances et le Ministre de l'Agriculture. Tous deux prirent place autour de l'immense table désormais installée au centre de la pièce. Le Gouverneur, lui, leur tournait toujours le dos et regardait la ville par la fenêtre, le regard perdu dans le lointain.</i><br /><i>Au fil des minutes, le silence se faisait de plus en plus douloureux. John'Do le brisa en frappant l'accoudoir de son siège d'un poing rageur.</i><br /><br /><span style="color:#ffffcc"><strong>- Qu'est-ce qu'on attend ?!</strong></span><br /><br /><span style="color:#669966"><strong>- Il s'agit d'un Conseil des Ministres.</strong></span><br /><br /><i>La voix d'Arch était toujours aussi froide, mais posée. Mais contrairement aux apparences, cette attitude ne trahissait aucun dédain pour le campagnard qu'était le ministre de l'agriculture et du territoire.</i> <br /><br /><span style="color:#ffffcc"><strong>- Et alors ? Nous sommes tous là.</strong></span><br /><br /><i>Il y avait une pointe de tristesse dans la voix du vieil homme. Ils étaient tous présents, mais ils n'étaient que trois. Le Premier Ministre ? Tué lors d'un attentat au siège du gouvernement. Le Ministre de la Paix de Mandalore ? Porté disparu dans l'attentat contre le Parlement. Le Grand Garde ? Aucune trace de lui depuis son départ vers Concordia. Le prédécesseur d'Ohlig Arch à la fonction de Gouverneur avait lui-même connu un sort similaire. Bientôt âgé de soixante-quatre printemps, Bilee John'do avait connu bien des époques. Celle à laquelle il assistait actuellement était la plus sombre depuis la fin de la Guerre Civile.</i><br /><br /><span style="color:#669966"><strong>- Dites-moi, mon ami... Qui possède l'autorité de convoquer un tel Conseil en l'absence d'un Premier Ministre ?</strong></span><br /><br /><i>Les hôtes restèrent silencieux. Ancienne ermite, Dreia Trath devait sa place au gouvernement à sa grande popularité et ses capacités techniques. Quant à John'do, il avait passé plus de temps un blaster à la main à protéger les fermes de Concord Dawn d'attaques de maraudeurs qu'à réellement exercer ses fonctions. Aucun des deux ministres ne connaissait aussi bien l'arsenal juridique et constitutionnel néo-mandalorien qu'Arch.</i> <br /><br /><span style="color:#669966"><strong>- Le Duc. Nous attendons le Duc.</strong></span><br /><br /><i>Les visages affichèrent une expression de surprise. On n'entendait plus parler de Pan Thy'Evre depuis plusieurs semaines. Le chef de l'Etat avait été préservé des polémiques et des apparitions publiques. Sa mort aurait été un horrible coup pour le gouvernement néo-mandalorien. Officiellement. Officieusement, d'aucuns craignaient que quelqu'un se soit servi de cette excuse pour écarter momentanément l'homme des affaires préoccupantes. </i><br /><br /><span style="color:#ffffcc"><strong>- Le... Le Duc ?</strong></span><br /><br /><span style="color:#99cccc"><strong>- Mais pourquoi ici ? Le Palais Ducal n'aurait-il pas mieux convenu à une telle réunion ?</strong></span><br /><br /><i>Ohlig tourna lentement la tête vers les deux ministres. L'unique lumière qui éclairait le bureau, tamisée, donnait à son visage un aspect sinistre que renforçaient ses yeux sans pupille. </i><br /><br /><span style="color:#669966"><strong>- Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, il y a des terroristes dans nos rues. Il n'est pas question d'exposer le Duc et tout son gouvernement à la vue de tous au Palais. Cet endroit est bien plus sûr.</strong></span><br /><br /><span style="color:#99cccc"><strong>- Oui...des gardes à toutes les entrées, des caméras dans les rues, des patrouilles aériennes, un système de cybersécurité renforcé... tout ceci est-il bien raisonnable, Gouverneur ?</strong></span><br /><br /><i>Le chef du Bureau de la Diplomatie faisait maintenant face à ses interlocuteurs. Il congédia CZ vers la salle des données qu'il avait fait préparer dans les locaux de l'étage inférieur. L'espace autrefois réduit dédié à la recherche des Death Watchs occupait maintenant les deux tiers du bâtiment.</i><br /><br /><strong><span style="color:#669966">- Laissez-moi vous résumer la situation. Presque tous nos collègues ministres sont morts. Le Parlement a été dissous jusqu'à nouvel ordre. Les industries de Mandalore sont infestées de traîtres poseurs de bombes. Et par dessus le marché les informations que nous avons des campagnes témoignent de départs massifs des vaisseaux des clans.</span></strong> <i>Ohlig Arch faisait les cent pas, les mains croisées derrière le dos, abaissant et relevant le menton à mesure qu'il parlait.</i> <strong><span style="color:#669966">Maintenant, dites-moi ce qu'il est raisonnable de faire dans une telle situation.</span></strong><br /><br /><span style="color:#99cccc"><strong>- Et ne pas abandonner notre philosophie ne vous a pas traversé l'esprit ?</strong></span> <i>La voix de la vieille Dreia Trath était porteuse d'une sincérité naïve. Si la question n'avait pas été posée par l'une des néo-mandaloriennes les plus sages et expérimentées, elle aurait été risible. Mais dans sa bouche, il s'agissait presque d'une insulte.</i><span style="color:#99cccc"><strong>J'ai bien connu vos parents je peux vous assurer qu'ils n'apprécieraient pas ce que vous faites à Sundari.</strong></span><br /><br /><strong><span style="color:#669966">- Ne rendez pas cette affaire plus personnelle qu'elle ne l'est déjà. Mes parents sont décédés depuis longtemps. Dois-je vous rappeler dans quelles circonstances ?</span></strong><br /><br /><i>Le Gouverneur n'était pas né de la dernière pluie. Une quarantaine d'années avaient forgé un homme de fer qui ne s’émouvait plus de la mention de proches depuis longtemps disparus. Tout au plus, un agacement le prenait, mais il était surtout l'effet de l'insistance de ses hôtes.</i><br /><br /><span style="color:#ffffcc"><strong>- Un cœur de pierre..Bic ni skana'din !</strong></span><br /><br /><strong><span style="color:#669966">- Épargnez-moi vos états d'âme. Nous avons juré de servir ceux qui vivent, pas ceux qui sont morts, n'est-ce pas ?</span></strong><br /><br /><span style="color:#ffffcc"><strong>- Qui vivent... Cloîtrés chez eux, de peur de faire partie de la prochaine rafle...</strong></span><br /><span style="color:#99cccc"><strong></strong></span><br /><span style="color:#99cccc"><strong>- ...entre un nouveau Mand'alor fou furieux et un pouvoir tel que le vôtre, verront-ils la différence ?</strong></span><br /><br /><i>Un sourire se dessina sur le visage strict d'Ohlig Arch. Relâchant les épaules, il alla prendre place dans l'épais fauteuil de cuir à l'autre bout du bureau en duracier. La question resta en suspens. Elle ne méritait pas de réponse. De ses quatre doigts griffus, le Gouverneur caressa lentement la cicatrice qui striait sa tempe. </i><br /><i>Devant le mutisme du politicien, les deux ministres se turent eux aussi. Autant parler à une pierre, elle aurait plus de conversation. Et serait sans doute plus sincère. Les minutes s'écoulèrent longuement, rythmées uniquement par les cliquetis des gardes d'acier qui vaquaient à leurs rondes devant la porte de la pièce. Soudain, l'interface de liaison s'alluma et la voix mécanique de CZ retentit contre les murs, comme un écho.</i><br /><br /><span style="color:#ffffff"><span style="font-family:monospace, Mono"><strong>- Monsieur, le Duc est arrivé.</strong></span></span><br /><br /><i>Quelques instants plus tard, la porte de la salle s'ouvrit de nouveau. Bilee John'Do et Trath Dreia se levèrent instantanément pour saluer formellement le nouvel arrivant. L'hôte de marque, cependant, ne ressemblait plus du tout à l'homme qui figurait encore quelques mois en arrière sur toutes les pancartes, dans les rues. Entouré de deux Gardes ducaux lourdement armés, Pan Thy'Evre apparaissait lui-même diminué, minuscule et fatigué. Des cernes larges comme des fossés creusaient ses orbites et son visage impeccablement rasé était creusé par le souci. Il avait abandonné ses vêtements d’apparat pour une armure de cuir noire et il n’abordait plus sa perruque traditionnelle, les cheveux déliés dans sa nuque.</i><br /><br /><strong><span style="color:#669966">- Su cuy'gar, Excellence</span></strong><i>, dit simplement Arch, laissant le soin aux deux ministres d'adresser des salutations plus formelles au chef de l’État.</i> <strong><span style="color:#669966">J'espère que vous avez fait bon voy...</span></strong><br /><br /><span style="color:#6699cc"><strong>- Rangir, Gouverneur !</strong></span> <i>Le Duc se retourna vers les deux gardes qui le suivaient toujours comme il s'approchait de la table.</i> <span style="color:#6699cc"><strong>Et vous, hors de ma vue ! Ne puis-je être tranquille une minute ?</strong></span><br /><br /><i>Malgré les airs qu'il se donnait, le Duc avait décidément le tempérament d'un vrai enfant de Mandalore. Il laissait rarement transparaitre cet aspect de lui, mais une fois les apparences tombées, Pan Thy'Evre savait affirmer ce caractère qui faisait de lui un homme respecté, sans filtre. Le onzième Duc de Mandalore n'avait pas été choisi par hasard ; pour Ohlig, il serait un tout autre client que les deux vieux ministres.</i><br /><i>Les gardes s'écartèrent pour rejoindre les droïdes qui avaient pris place dans le hall d'entrée. La porte se referma derrière eux.</i><br /><br /><span style="color:#99cccc"><strong>- Excellence, nous étions justement en train de discuter de...</strong></span><br /><br /><span style="color:#6699cc"><strong>- C'est très bien</strong></span><i>, coupa le Duc, dont le ton ne laissa pas de place à la contestation.</i> <span style="color:#6699cc"><strong>C'est vous qui allez m'écouter. Je veux un rapport complet sur la situation... et qu'on m'explique pourquoi je suis cloîtré dans ce palais sans nouvelles de l'extérieur depuis deux semaines ! Et tant qu'à faire, dites-moi aussi ce qu'était que ce message dont parlent tous les miliciens !</strong></span><br /><br /><i>Le chef de l’État s'était mis à crier. Son visage d'adolescent était rouge et ses sourcils froncés, mais il gardait une certaine noblesse. Si Trath et John'do n'osèrent ouvrir la bouche, Ohlig Arch choisit quant à lui d'attendre que le jeune dirigeant se soit calmé. Pan Thy'Evre partit s'asseoir sur le dernier siège, aux côtés du Gouverneur. Il le déplaça d'un grand coup de pied afin de se mettre en position de présider l'assemblée restreinte.</i><br /><br /><span style="color:#6699cc"><strong>- Parlez, bon sang !</strong></span><br /><br /><span style="color:#ffffcc"><strong>- Euh...tout semble calme sur Concord Dawn. J'ai passé trop de temps là-bas pour en savoir plus sur le reste du Système, malheureusement. L'activité agricole se stabilise et les colons ont finalement repoussé les attaques des bêtes locales avec l'aide de nos financements.</strong></span><br /><br /><span style="color:#99cccc"><strong>- Et en parlant de finances, celles de la planète ne sont pas au plus bas, sans être brillantes. Mais je ne dispose que des chiffres pour Sundari. Keldabe tarde à rendre ses données...</strong></span><br /><br /><i>Le Duc posa son front dans sa main, frappant la table de travail de sa paume.</i><br /><br /><span style="color:#6699cc"><strong>- Je m'en fiche ! Je vous parle de ce qui se passe ici, maintenant, Haar'chak !</strong></span><br /><br /><i>Les regards se tournèrent unanimement vers le Gouverneur, qui n'avait cessé de sourire. L'agacement de son supérieur l'amusait particulièrement. Eût-il été au courant des affaires, la situation aurait-elle été différente ? La politique du Duc se serait-elle avérée plus efficace que la sienne ? En quelques jours, il avait fait démanteler trois cellules Death Watch et doublé l'effectif policier. Il n'avait que faire des protestations de quelques idéalistes. Par le passé, il avait réfléchi comme eux. Il préférait désormais condamner ses concitoyens à la peur plutôt qu'à la mort. La liberté serait le prix de la vie, tant que la menace ne serait pas endiguée.</i><br /><br /><span style="color:#669966"><strong>- Le Parlement ne se réunit plus, faute de représentants. Les quelques élus encore en vie refusent de se mettre en danger en se réunissant à nouveau. Et les effectifs de fonctionnaires sont tellement occupés à gérer les nouvelles mesures que nous n'avons pas le temps d'organiser de nouvelles élections en périphérie. </strong></span><br /><br /><span style="color:#6699cc"><strong>- Eh bien, annulons ces mesures et reprenons la voie qui est la nôtre. Ne cédons rien aux terroristes !</strong></span><br /><br /><i>Le visage d'Ohlig Arch se fit grave. Il n'était plus aussi amusé par les remarques naïves du Duc.</i><br /><br /><span style="color:#669966"><strong>- Excellence... Il n'y aura pas de marche arrière. </strong></span><br /><br /><span style="color:#ffffcc"><strong>- Vous n'avez pas le pouvoir d'en décider seul, Arch. En cas d'urgence, c'est le Duc et le Conseil des Ministres qui...</strong></span><br /><br /><span style="color:#669966"><strong>- C'est précisément pourquoi je dois vous convaincre, n'est-ce pas ?</strong></span><br /><br />John'do s'interrompit, interloqué. Une poignée de secondes s'écoula à nouveau. Pan Thy'Evre semblait sur le point d'éclater, mais il faisait encore confiance au Gouverneur. Après tout, n'était-ce pas lui qui gérait de facto les affaires du gouvernement depuis plusieurs semaines ? Cela n'était pas plaisant à imaginer, mais le diplomate avait fait preuve de grandes qualités au fil des années. En temps de crise, il ne fallait pas tout rejeter. Le risque de voir de nouvelles mesures liberticides était grand, mais celui de voir la structure néo-mandalorienne s'effondrer l'était encore plus.<br /><br /><span style="color:#669966"><strong>- ...J'ai fait ordonner des saisies partout où notre pouvoir s'étend. Le colonel Duin... </strong></span><i>L'affirmation fit tiquer les ministres. Il semblait que l'ancien officier de la milice avait pris du galon sans qu'ils l'apprennent.</i> <span style="color:#669966"><strong>...et ses forces ont acquis de l'équipement dernier cri pour sécuriser le Dôme. Nous serons bientôt en mesure de dresser une Garde régulière efficace, entraînée et expérimentée. Onze membre des Death Watch croupissent déjà dans nos prisons grâce à leur travail, six ont été abattus et quatre-quatre suspects sont actuellement en cours d'interrogation. Avons-nous jamais eu de tels succès par le passé ?</strong></span><br /><br /><span style="color:#99cccc"><strong>- Vous vous réjouissez ? De la création d'une armée régulière à Sundari ? Vous ne pouvez pas décemment cracher sur notre credo, pas sans sourciller !</strong></span><br /><i></i><br /><i>Dreai Trath pointa la bannière néo-mandalorienne qui pendait dans un coin du bureau. Sur son étoffe étaient brodée la devise des Nouveaux Mandaloriens : "Par la Paix, la Vie. Par la Vie, la Liberté. Par la Liberté, la Justice. Par la Justice, la Neutralité". Il ne restait plus grand chose de tout cela à l'heure actuelle. </i><br /><br /><span style="color:#669966"><strong>- ...ce credo n'est possible que si tout Manda'yaim le respecte. Mais regardons la vérité en face : ça n'a jamais été le cas. En dehors de Sundari, la guerre des clans perdure et les campagnes foisonnent d'individus prêts à nous faire la peau à tous. Et les murs du Dôme se fissurent.</strong></span><br /><br /><span style="color:#6699cc"><strong>- Mais les clans peuvent être raisonnés. N'était-ce pas ce que vous disiez toujours, par le passé ?</strong></span><br /><br /><span style="color:#669966"><strong>- C'est vrai. Derrière leurs airs de guerriers écervelés, les chefs sont des êtres rationnels. Mais médiocres et opportunistes. Ils ne sont loyaux qu'envers eux-mêmes et leurs clans, mais ils s'allieraient avec n'importe qui pour peu que cela leur rapporte prestige, armes et crédits. En l'état, nous ne pouvons rien leur offrir de tout cela. Ajoutez à cela les extrémistes Death Watch qui ont refait leur apparition et vous comprendrez pourquoi il ne nous est pas possible de réagir autrement qu'en combattant le feu par le feu.</strong></span><br /><i></i><br /><i>Ohlig Arch sentait que ses interlocuteurs n'étaient pas convaincus. Les clans et les traditionnalistes avaient toujours été un problème. Les officiels commençaient sans doute à se demander si le Gouverneur n'avait pas jeté de l'huile sur le brasier plutôt que de tenter de l'éteindre. La force appelle la force, l'abysse appelle l'abysse. Les Mandaloriens étaient-ils condamnés à s'autodétruire ? Tant que les Nouveaux Mandaloriens riposteraient, il ne pouvait y avoir de solution pacifique à ce conflit.</i><br /><br /><span style="color:#6699cc"><strong>- Il y a quelque chose dont vous ne nous parlez pas, Gouverneur. </strong></span><br /><i></i><br /><i>Le Duc plongea ses yeux fatigués dans les pupilles vides d'Arch. Il tentait de le sonder. Pourquoi n'avait-il pas agi plus tôt, si l'action était la seule réponse ? Etait-ce parce qu'il n'en avait pas les moyens ? Parce qu'il avait été gêné par l'appareil législatif ? Le Duc refusait de penser que son meilleur Diplomate ait de telles visées autocratiques. L'homme n'était ni populaire, ni porté vers le prestige. Mais le pouvoir semblait le fasciner étrangement.</i><br /><br /><span style="color:#669966"><strong>- Vous avez raison. Je ne vous ai pas tout dit.</strong></span><br /><br />Le Gouverneur se leva pour appuyer sur un bouton. Puis le silence monacal du bureau fut brisé par une voix grésillante, issue d'un enregistrement de piètre qualité.<br /><br /><span style="color:#ff6600"><strong>"-Mando'ades, je suis Blad Demeci, chef du clan Mandalorien ancestral Demeci, auteur de l'Ultimatum, héritier de sang du titre de Mand'alor. Certains ont déjà eu écho de mon œuvre. Une partie d'entre vous s'y opposent, quand d'autres me rejoignent, jour après jour, pour son accomplissement..."</strong></span><br /><br /><i>Le visage de Pan Thy'Evre se décomposait. Dans sa vie, il avait déjà prêté l'oreille à des racontars sur quelque ivrogne se proclamant Mand'alor, ou à de vagues récits à propos de chefs de clan zélés désireux de se faire reconnaitre par tous. Mais cela, accompagné de l'image d'un homme dans une beskar'gam dorée d'assez mauvais goût, il ne l'avait encore jamais entendu.</i><br /><br /><span style="color:#6699cc"><strong>- ...Ce type...qui est-il ?</strong></span><br /><span style="color:#669966"></span><br /><span style="color:#669966"><strong>- Voyez par vous-même.</strong> </span><i>Ohlig Arch fit glisser un livre jusqu'aux mains du Duc.</i><span style="color:#669966"><strong> Ceci est ce qu'il appelle "l'Ultimatum". Un torchon rempli d'inepties. Mais il semblerait qu'une bonne partie de la population y soit sensible. Même ici, à Sundari, il s'agit d'un "best-seller". </strong></span><br /><br /><i>Le chef de l'Etat feuilletait les pages de l'ouvrage en ouvrant des larges yeux. Derrière son épaule, Trath et John'do grappillaient les miettes de sa lecture. Mand'alor l'Eternel... un titre ronflant d'une mégalomanie incroyable. Une constitution figée dans le marbre... Un héritage de sang sans aucune élection... Un service militaire plus qu'obligatoire... Un bellicisme affiché... Et c'était ce que le peule mandalorien laisait chez lui avant de s'endormir ? Pan Thy'Evre claqua le livre avant de le rendre au Gouverneur.</i><br /><br /><span style="color:#6699cc"><strong>- Je ne peux pas lire ça.</strong></span><br /><br /><span style="color:#669966"><strong>- Me croyez-vous, maintenant, Excellence ? Pensez-vous encore la marche arrière possible ? Voici ce que nous risquons. Ce que toute Mandalore risque. Rien de moins que la dictature d'un fou.</strong></span><br /><br /><i>Le Duc se prit la tête entre les mains. Un sentiment d'impuissance le gagnait. Eut-il été omnipotent, il aurait résolu la crise autrement. Quelques conseils, de franches discussions entre Mandaloriens civilisés, un peu de bon sens et de tihaar... c'était tout ce qu'il fallait à sa chère Manda'yaim. A la place, il se retrouvait pris entre le marteau et l'enclume, entre la dictature autoritaire d'un homme et la déliquescence d'un système autrefois vertueux.</i><br /><br /><span style="color:#6699cc"><strong>- Il...il existe encore des solutions.</strong></span><br /><br /><i>Ohlig resta silencieux, caressant frénétiquement sa cicatrice d'un air pensif. Il savait quelles pensées occupaient le Mandalorien en face de lui. Il espérait maintenant de tout son cœur qu'ils prononce les bons mots.</i><br /><br /><span style="color:#6699cc"><strong>- ...Ministre John'do, repartez sur Concord Dawn. Prenez un bataillon de la milice et veillez à ce que les fermiers et leurs familles soient en sécurité. Ministre Trath, rendez-vous sur Concordia avec ce que l'on pourra vous fournir comme vaisseaux d'interception. Sécuriser les mines de beskar et faites tout votre possible pour rassembler les colons. Il n'y a pas une minute à perdre.</strong></span><br /><br /><i>Les deux ministres se regardèrent à nouveau. Un chagrin profond se lisait dans leurs yeux. Mais ils n'eurent ni le cran, ni l'envie de contredire Pan Thy'Evre. Si un Néo-Mandalorien convaincu tel que lui en venait à de telles extrémités, c'était qu'il n'y avait sans doute pas d'autres choix. Du reste, ils n'avaient pas l'intention de rester dans la capitale, l'air y devenait irrespirable. S'inclinant sobrement, les deux officiels quittèrent la salle en grande hâte, en espérant ne jamais plus y entrer.</i><br /><i>Le Duc et le Gouverneur restèrent seul à seul. Ohlig Arch laissa un moment à son hôte de se remettre des émotions fortes qui l'avaient occupé un instant, sans doute sous le coup de la fatigue. Pan Thy'Evre ne dormait plus, cela se voyait. Son esprit était fragile, quoiqu'encore déterminé. Mais il faudrait peu de choses pour qu'il rompe. </i><br /><br /><span style="color:#669966"><strong>- Que pensez-vous utile que je fasse, Excellence ?</strong></span><br /><i></i><br /><i>Le duc avait le front baissé, le traits tirés. Il ne releva pas les yeux vers Arch à sa question, mais se leva pour faire le tour de la table et s'approcher de l'étendard de l'oiseau bleu Néo-Mandalorien. </i><br /><br /><span style="color:#6699cc"><strong>- Par la Paix, la Vie...</strong></span><br /><br /><span style="color:#669966"><strong>- Il ne peut y avoir de paix sur Mandalore tant que durera ce conflit. </strong></span><br /><br /><span style="color:#6699cc"><strong>- Par la Vie, la Liberté...</strong></span><br /><br /><span style="color:#669966"><strong>- Il ne peut y avoir de liberté tant que les tyrans feront la loi.</strong></span><br /><br /><span style="color:#6699cc"><strong>- Par la Liberté, la Justice...</strong></span><br /><br /><strong><span style="color:#669966">- Il ne peut y avoir de justice tant que les mots d'un seul homme provoqueront encore des morts.</span></strong><br /><br /><span style="color:#6699cc"><strong>- ...Je sais ce que vous allez dire, Gouverneur. Je connais la fin de la chanson. Le Grand Garde Cortassi m'avait prévenu de vos intentions. Il vous croyait fou. Mais peut-être avez-vous raison. </strong></span><i>Le Duc prit une profonde inspiration.</i><span style="color:#6699cc"> <strong>...Par la Justice, la Neutralité.</strong></span><br /><br /><span style="color:#669966"><strong>- Mandalore n'est pas seule dans la Galaxie. </strong></span><br /><br /><i>Pan Thy'Evre hocha la tête, les yeux perdus dans le lointain. il regardait maintenant Sundari à travers la vitre du bureau de la diplomatie, à la même place qu'Ohlig Arch quelques temps auparavant. Le Gouverneur, pour sa part, tourna les talons et quitta les lieux, laissant le Duc à ses sombres pensées.</i><br /> </div><br /><br /><hr style="width:100%" /><br /><div style="text-align:right"><strong>HRP</strong> : Les véhicules, vaisseaux et troupes mentionnées ont été acquis en HRP (voir compte de la planète.<br /> </div>]]></description><link>http://star-wars-rpg.fr/topic/20443/conseil-des-ministres</link><generator>RSS for Node</generator><lastBuildDate>Thu, 04 Jun 2026 01:20:06 GMT</lastBuildDate><atom:link href="http://star-wars-rpg.fr/topic/20443.rss" rel="self" type="application/rss+xml"/><pubDate>Wed, 25 Feb 2026 18:19:52 GMT</pubDate><ttl>60</ttl></channel></rss>